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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La peste à Madagascar: données épidémiologiques de 1989 à 1995 et programme national de lutte Volume 7, numéro 1, Janvier-Février 1997

Auteurs
Direction de la lutte contre les maladies transmissibles, ministère de la Santé, Madagascar, Service de lutte contre la peste, Direction de la lutte contre les maladies transmissibles, ministère de la Santé, Antananarivo, Madagascar, Institut Pasteur de Madagascar, Antananarivo.
  • Page(s) : 53-60
  • Année de parution : 1997

Après un bref rappel sur le cycle épidémiologique et l’historique de la peste à Madagascar, cette étude fait état des résultats d’une analyse détaillée des 5 927 cas déclarés de peste de 1989 à 1995 (846 cas annuels en moyenne). Parmi ceux-ci, 1 337 cas (soit, en moyenne, 191 cas par an) sont des cas confirmés (isolement d’une souche de bacille de Yersin) ou probables de peste (présence de bacilles à Gram négatif à coloration bipolaire à l’examen microscopique). Depuis 1994, on note une tendance à l’augmentation du nombre de cas confirmés et probables (252 cas en 1995). La plupart des cas surviennent entre octobre et avril, sur les plateaux, dans un triangle dont les angles sont représentés par le lac Alaotta, le lac Itasy et la ville de Fianarantsoa. Le port de Majunga a vécu deux épidémies exceptionnelles en 1991 et en 1995. La peste bubonique est la forme clinique la plus fréquente (91,3%) avec une localisation surtout inguinale (67,8%). Le taux moyen de létalité est de 19% des cas confirmés ou probables (14,8% dans les formes buboniques et 57,1% dans les formes pulmonaires.) Les cas de peste bubonique sont plus fréquents dans la tranche d’âge 5-14 ans en comparaison avec la répartition de la population générale, alors que les cas de peste pulmonaire sont plus fréquents dans la tranche d’âge des 15 ans et plus. Le sex ratio est en faveur des hommes pour la forme bubonique (sex ratio m/f de 1,3). Le programme national de lutte contre la peste est actuellement renforcé afin d’améliorer la prise en charge précoce des cas, le diagnostic spécifique de la maladie, les mesures de prévention des épidémies, la surveillance épidémiologique et, enfin, la connaissance du rongeur, des puces et du bacille.