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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Intérêt du mini‐pfannenstiel dans le diagnostic précoce de la grossesse extra‐utérine en milieu africain Volume 13, numéro 3, Juillet 2003

Auteurs
Clinique gynécologique et obstétricale, CHU de Dakar, BP 15 745, Fann, Dakar, Sénégal <ctcisséyahoo.fr>

Objectif : Évaluer l‘intérêt de la minilaparotomie exploratrice sous anesthésie locale dans la résolution des problèmes diagnostiques devant une suspicion de grossesse extra‐utérine en milieu sous‐équipé. Population d‘étude et méthode : il s‘agit d‘une étude prospective concernant une série continue de patientes prises en charge pour suspicion de grossesse extra‐utérine (GEU) non rompue à la clinique de gynécologie‐obstétrique du CHU de Dakar, entre le 1 er janvier 2000 et le 31 décembre 2002. Résultats : La suspicion de grossesse extra‐utérine non rompue était retenue chez 44 patientes. Le profil des patientes est celui d‘une nullipare ou paucipare âgée de 30 ans et présentant des facteurs de risque de GEU dans un tiers des cas. Les principaux motifs de consultation étaient les métrorragies et les douleurs pelviennes. La triade métrorragies ‐‐ douleurs pelviennes ‐‐ masse latéro‐utérine n‘était au complet que dans 29,5 % des cas. Une échographie était réalisée dans tous les cas, le dosage des β‐HCG sériques n‘étant accessible que dans 38,6 % des cas. Le diagnostic était considéré comme certain lorsque l‘échographie visualisait un sac latéro‐utérin doté d‘une activité cardiaque (6 cas), probable devant l‘association d‘une masse latéro‐utérine et d‘un dosage des β‐HCG positif (16 cas) et possible si l‘échographie était le seul examen accessible et montrait une masse latéro‐utérine suspecte (22 cas). Une laparotomie était réalisée lorsque le diagnostic était certain ou probable alors qu‘une minilaparotomie exploratrice était effectuée en cas de diagnostic considéré comme possible. La suspicion était confirmée globalement dans 79,5 % des cas. Le taux d‘échec de la laparotomie était de 18,7 % contre 27,2 % pour la minilaparotomie exploratrice, mais la différence observée n‘était pas statistiquement significative (p ∓ 0,80). Conclusion : Pour diagnostiquer précocement une grossesse extra‐utérine, la minilaparotomie sous anesthésie locale est une alternative valable et adaptée pour pallier la faible accessibilité au dosage des β‐HCG sériques et à la cœlioscopie en milieu africain.