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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Infection à VIH et modifications des relations sociales : étude auprès de 188 personnes infectées par le VIH à Ouagadougou (Burkina Faso) Volume 15, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2005

Auteurs
Département de santé publique, (UFR/SDS), Université de Ouagadougou 01 BP 5705 Ouagadougou 01 Burkina Faso, Département de médecine et spécialités médicales, (UFR/SDS), Université de Ouagadougou Burkina Faso, Département de Santé publique, (UFR/SDS), Université de Ouagadougou Burkina Faso, Département de médecine et spécialités médicales, (UFR/SDS), Université de Ouagadougou Burkina Faso, (UFR/SDS), Université de Ouagadougou Burkina Faso

L’infection par le VIH suscite chez les malades, les familles, la communauté et les soignants des représentations diverses modifiant les relations sociales. Afin d’analyser les rapports interpersonnels au sein des familles de personnes vivant avec le VIH (PVVIH), nous avons entrepris au cours de l’année 2001 dans une population de PVVIH suivies dans un centre de traitement ambulatoire à Ouagadougou, une étude transversale descriptive avec les objectifs suivants : 1°) décrire les modifications des relations sociales entre les PVVIH et le reste de leur famille ; 2°) répertorier les difficultés rencontrées par les PVVIH au sein de leur famille ; 3°) identifier les différentes formes de discriminations dont sont victimes les PVVIH au sein de leur famille. L’inclusion systématique des PVVIH au niveau du centre de traitement a permis d’interroger 188 PVVIH dont 122 femmes et 66 hommes, âgés de 19 à 55 ans. Sur accord préalable de chaque PVVIH, 66 membres des familles ont été également interrogés. Selon les PVVIH, les principaux événements significatifs vécus depuis la divulgation de leur statut sérologique étaient l’absence de contact sexuel avec le ou la partenaire (16,5 %), le rejet par la famille (9,6 %), les moqueries, critiques et mépris (6,4 %). Les auteurs de ces discriminations étaient les frères et sœurs (25 %), les autres membres de la famille (20,8 %), les voisins (20,8 %), la belle-famille (16,7 %), le ou la conjoint€ (4,2 %). Parmi les PVVIH, 74,5 % ont informé leur famille de leur séropositivité. Le malade a été considéré comme victime par 82,1 % des familles interrogées et comme coupable par 17,9 %. Depuis cette information, 21,5 % des familles ont changé leurs rapports avec la PVVIH. Malgré les campagnes d’information et de sensibilisation, l’infection par le VIH reste chargée d’émotion et de préjugés, sources de tous les comportements discriminatoires. Des efforts de sensibilisation sont toujours nécessaires pour faire mieux accepter les PVVIH par leur entourage familial.