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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Enquête de prévalence parasitaire chez les enfants d’âge scolaire en Guinée (1995) Volume 6, numéro 6, Novembre-Décembre 1996

Auteurs
Service d’épidémiologie clinique et Centre des maladies tropicales. Hôpital général de Montréal, 1650, avenue Cedar, Montréal, Québec, Canada J5R 4Y9, Santé scolaire, ministère de la Santé, Guinée-Conakry, Département d’épidémiologie et de biostatistique, Université McGill, Montréal, Québec, Département de l’Afrique de l’Ouest, Banque Mondiale, Washington DC, États-Unis.
  • Page(s) : 377-81
  • Année de parution : 1996

Une enquête nationale a permis d’estimer la prévalence des infections helminthiques en Guinée-Conakry et a servi de base à l’établissement d’un programme d’intervention sanitaire en milieu scolaire qui comprend la distribution d’antihelminthiques, de suppléments vitaminés avec iode et fer, ainsi qu’un enseignement sanitaire. Ce programme, appuyé par la Banque mondiale, a débuté à l’automne 1995. L’enquête s’est déroulée d’avril à juin 1995 dans les quatre zones géographiques naturelles du pays (basse Guinée, moyenne Guinée, haute Guinée et Guinée forestière). Deux préfectures par zone, deux sous-préfectures par préfecture et cent foyers par sous-préfecture ont été sélectionnés. Un seul enfant âgé entre 10 et 14 ans par foyer participait à l’enquête. Les huit cents enfants sélectionnés ont fourni un échantillon de selles et d’urine. La présence des helminthes dans les échantillons de selles a été recherchée après concentration par la méthode Kato-Katz, celle de Schistosoma haematobium dans les urines par examen direct au microscope. Les prévalences obtenues sont les suivantes : ankylostomidés 43,9 % ; Schistosoma mansoni 25 % ; S. haematobium 19,9 % ; Trichuris trichiura 13,5 % ; Ascaris lumbricoides 9,5 % ; Strongyloides stercoralis 6,4 % et Taenia spp. 3,8 %. Au total, 70 % des enfants souffraient d’au moins une infection helminthique. Alors que la plupart d’entre eux (63 %) présentaient une ou deux infections, seuls 8 % avaient des infections causées par trois helminthes différents ou plus. Les garçons étaient plus infectés que les filles (74,3 contre 65,2 %). Le modèle de régression logistique ajusté comprenait la sous-préfecture, le sexe et la fréquentation scolaire. Les prévalences d’A lumbricoides, de S. mansoni et des ankylostomidés étaient plus élevées en Guinée forestière que dans les autres zones. Ce dernier helminthe était néanmoins présent dans toutes les zones (prévalence entre 26 et 71 %). La distribution des autres parasites variait de façon marquée selon les zones. Trichuris a été trouvé le plus souvent à Conakry (52 %), Strongyloides à Boké (16 %), Taenia à Labé, Schistosoma en haute Guinée et Guinée forestière. Ces résultats démontrent l’importante prévalence des infections helminthiques dans ce pays ainsi que leur forte variation régionale. Ils pourront être utilisés lors de la planification et de l’implantation d’un futur programme d’intervention.