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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Économie des systèmes de santé des pays en développement : quelle contribution des travaux publiés en français ? Volume 6, numéro 6, Novembre-Décembre 1996

Auteurs
Université de Bourgogne, Inserm U357, hôpital de Bicêtre, 78, rue du Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre, France, Centre international de l’enfance, carrefour de Longchamp, Bois de Boulogne, 75016 Paris, France.
  • Page(s) : 360-5
  • Année de parution : 1996

L’économie de la santé n’est pas très répandue en milieu francophone. Lorsqu’il s’agit des pays en développement, les travaux sont encore plus rares et limités, le plus souvent, à l’Afrique subsaharienne. Peu de chercheurs et de spécialistes originaires des pays en développement y contribuent. Les universités proposent des analyses générales, les experts et les consultants des études centrées sur l’action ou l’aide à la décision immédiate. Cet article analyse quelques causes de ce sous-développement et propose un bref panorama des productions depuis quinze ans. Trois domaines semblent avoir été privilégiés : l’analyse des coûts et du financement des programmes verticaux (programmes de vaccination en particulier), les questions d’approvisionnement et de prix des médicaments essentiels et, enfin, les effets et les conséquences de l’application du recouvrement des coûts. Les travaux de recherche sont souvent l’œuvre d’experts et de consultants travaillant pour des bailleurs de fonds ou des organisations internationales. Leurs hypothèses, méthodes et conclusions sont souvent marquées par les intérêts et les logiques de fonctionnement des commanditaires des études et analyses. Dans de nombreux cas, les soucis du pragmatisme et du court terme l’emportent sur la rigueur théorique et l’éthique. La question de la place de l’État et du marché dans l’organisation et le financement des systèmes et des politiques de santé occupe une place importante et différencie les économistes publiant en Français des autres même si, depuis le rapport de 1993 de la Banque mondiale, les oppositions sont beaucoup moins tranchées et tout le monde reconnaît les « spécificités », y compris économiques, du secteur de la santé.