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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Connaissance et utilisation des méthodes contraceptives en milieu rural Sereer au Sénégal Volume 13, numéro 1, Janvier 2003

Auteurs
IEDUB, Université Montesquieu-Bordeaux I, Avenue Léon Duguit, 33608 Pessac Cedex France <che_ndiayeyahoo.fr>. Valérie Delaunay, LPE, Université de Provence/IRD, Centre Saint-Charles, Case 10, 3, place Victor-Hugo, Marseille Cedex 3, France <Valerie.Delaunayup.univ-mrs.fr>. IRD-Hann, Routes des Pères maristes, BP 1386, Dakar, Sénégal <Agnes.Adjamagboird.sn>
  • Mots-clés : Contraception ; Enquête CAP ; Sénégal.
  • Page(s) : 31-7
  • Année de parution : 2003

Cet article présente les résultats d’une enquête rétrospective menée en milieu rural sénégalais (804 hommes de 20 à 69 ans et 1 039 femmes de 15 à 54 ans), avec comme objectif de mieux comprendre la diffusion de la connaissance (spontanée et après description) et de la pratique (passée et actuelle) de la contraception. L’écart observé selon le type de connaissance est important : si 80 % des hommes et 70 % des femmes ont entendu parler de la contraception, seulement 46 % et 23 % d’entre eux (respectivement) citent de manière spontanée une méthode de contraception. Ces proportions tombent à 33 % et 17 % lorsqu’il s’agit uniquement des méthodes modernes. L’information sur le condom atteint surtout les jeunes, scolarisés et ayant une expérience urbaine. Au village, on décèle un processus d’interaction sociale : l’information est meilleure dans les villages animés d’activités économiques et auprès des individus engagés dans une activité commerciale. Celle-ci tend à se diversifier et contourne les processus traditionnels de la transmission du savoir. Néanmoins, la pratique contraceptive reste très faible : 16 % des hommes et 4 % des femmes ont déjà utilisé une méthode. La prévalence contraceptive des femmes est de 1,9 %, toutes méthodes confondues, et de 1,5 % pour les méthodes modernes. Le recours à la pilule, au dispositif intra-utérin (DIU) et aux injections par les individus non-célibataires révèle le caractère ciblé de l’offre dirigée vers les personnes en union. L’utilisation du condom par les jeunes générations reflète sa diffusion récente associée à une sexualité prémaritale assez précoce des garçons. La non-utilisation par les femmes célibataires témoigne de leur difficulté d’accès aux méthodes. Les jeunes générations ne trouvent pas de réponse à leur demande dans les villages où l’offre est essentiellement orientée vers les couples. Les recommandations vont dans le sens d’une ouverture des programmes aux populations adolescentes.