JLE

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

MENU

Complications des avortements provoqués illégaux à Bamako (Mali) de décembre 1997 à novembre 1998 Volume 10, numéro 4, Juillet - Août 2000

Auteurs
Hôpital national du Point G, Service de gynécologie-obstétrique, Bamako, Mali.
  • Page(s) : 243-7
  • Année de parution : 2000

Dans une étude rétrospective descriptive, menée pendant une période de un an dans le service de référence de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Gabriel-Touré à Bamako, nous avons analysé 1 081 dossiers de patientes qui se sont présentées dans le service à la suite d’une complication d’avortements spontanés ou provoqués. Nous avons isolé et étudié 189 cas d’avortements provoqués illégaux. Les patientes étaient jeunes (avec un âge moyen de 21,8 ans), d’un bas niveau socio-économique, et n’avaient pour la plupart (71,4 %) aucun enfant vivant. Pour 19,5 % d’entre elles l’âge gestationnel était inférieur à 12 semaines et compris entre 13 et 16 pour 47,6 %. Les manœuvres abortives ont été pratiquées par des tradipraticiens (3,7 %), des médecins généralistes (9 %), des infirmiers du premier cycle (10,5 %) et des infirmiers d’États et sages-femmes (57,1 %). Dans plus de la moitié des cas (71,4 %) l’avortement a eu lieu au domicile du praticien. Plusieurs méthodes abortives ont été utilisées (curetage, sondage utérin, etc.). Dans 44,4 % des cas, les femmes ont gardé un mutisme complet sur le motif de l’avortement. Les autres ont évoqué des raisons scolaires dans 20,63 % des cas et la crainte des parents dans 13,22 %. Les métrorragies (51,3 %), les hyperthermies (35,4 %) les douleurs (9,52 %) et les troubles neurologiques (3,1 %) ont été les principaux motifs de consultation. Trois types de complications ont été identifiés : les hémorragies (47 %), les complications infectieuses (33,3 %), les intoxications médicamenteuses (4,2 %). La mortalité maternelle a été de 10 %. La prise en charge des patientes a nécessité des traitements chirurgicaux (allant du curetage à l’hystérectomie) et médicaux avec une durée moyenne d’hospitalisation de 10 jours