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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Carence en vitamine A et consommation alimentaire chez les enfants de 6 à 84 mois en milieu rural malien Volume 5, numéro 2, Mars-Avril 1995

Auteurs
Direction nationale de la Santé publique, BP 1746, Bamako, Mali, Centre international de l’enfance, Bois de Boulogne, 75016 Paris, France, Laboratoire de nutrition Orstom, BP 5045, 34032 Montpellier cedex, France, Institut national de recherche en Santé publique, BP 1771, Bamako, Mali.
  • Page(s) : 77-83
  • Année de parution : 1995

Une enquête transversale a été réalisée au Mali pendant la saison sèche dans le cadre de l’extension d’un projet sanitaire déjà en place. En décembre 1991, un échantillon aléatoire de 2 631 enfants a été sélectionné à partir d’un sondage en grappes dans une région rurale malienne (arrondissement de Koutiala) relativement favorisée sur le plan agricole. Un sous-échantillon de 262 mères a été constitué : elles ont été interrogées sur leurs connaissances et leur attitude face à des signes de carence en vitamine A. La prévalence des signes cliniques était de 2 % pour la cécité nocturne, 0,3 % pour les taches de Bitot et 0,2 % pour les cicatrices cornéennes. La cécité nocturne était plus répandue après l’âge de 3 ans. L’étude de la consommation hebdomadaire d’aliments riches en vitamine A réalisée sur un sous-échantillon de 519 enfants a révélé que seuls 3,3 % d’entre eux consommaient moins de sept fois dans la semaine des aliments riches en vitamine A et que 2,7 % n’en consommaient aucun. Selon les seuils admis, la carence en vitamine A ne représente donc pas un problème de santé publique dans la région d’étude. Toutefois, ces résultats ne s’accordent pas avec les résultats de l’enquête clinique. Ces données permettent de déterminer la prévalence de la carence mais se révèlent insuffisantes pour déterminer des stratégies d’intervention. On ne fait pas grand usage des méthodes épidémiologiques simples et peu coûteuses telles que les études cas/témoins dans les pays en développement. Ces méthodes pourraient être appliquées pour parvenir à une meilleure estimation des facteurs de risques sociaux, culturels et biologiques et, partant, mieux définir les interventions.