John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

Brûlures digestives d’origine caustique par double voie simultanée haute et basse : un mode inhabituel d’autolyse à Abidjan Volume 18, numéro 4, octobre-novembre-décembre 2008

Auteurs
Service de Chirurgie Générale et Digestive du CHU de Yopougon 21 BP 632 Abidjan 21 Côte d’Ivoire, Service de Gastro-entérologie du CHU de Yopougon 21 BP 632 Abidjan 21 Côte d’Ivoire
  • Mots-clés : œsophage, estomac, côlon, rectum, brûlure caustique, suicide
  • DOI : 10.1684/san.2008.0135
  • Page(s) : 205-8
  • Année de parution : 2008

Les auteurs rapportent un mode inhabituel d’autolyse chez deux patientes au CHU de Yopougon. Après avoir ingéré par voie haute de l’acide sulfurique, la patiente de 26 ans s’était ensuite administrée, par voie rectale, le même produit. Elle avait présenté des douleurs abdominales, des vomissements et une diarrhée faites de selles striées de sang dans un contexte subfébrile à 37,9 °C. L’abdomen était non chirurgical. La fibroscopie digestive haute, réalisée à j5 de l’incident, a mis en évidence une œsophagite érosive. La coloscopie réalisée à j26 a mis en évidence une panrectocolite ulcérée et hémorragique. À j30, la patiente est décédée dans un tableau de convulsions généralisées. Une autre patiente, âgée de 31 ans, s’était administrée simultanément par les mêmes voies, buccale et rectale, une quantité non déterminée du même acide sulfurique. À l’admission aux urgences, elle présentait des douleurs abdominopelviennes diffuses, sans défense ni contracture. La température était à 37,8 °C. La fibroscopie digestive haute avait découvert une œsophagite de stades IIB et IIIA, une gastrite IIIA et IIIB. À j9, une laparotomie exploratrice avait été réalisée devant l’installation d’une péritonite généralisée avec choc septique. La patiente était décédée en fin d’intervention. Ce mode inhabituel d’autolyse provoque des tableaux cliniques graves malgré leur sereine apparence. Le pronostic est sombre, d’une part, du fait de la double localisation des lésions et, d’autre part, de la toxicité du produit et de la sous-évaluation de sa gravité.