John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

Actualité du préservatif féminin en Afrique Volume 7, numéro 6, Décembre 1997

Résumé : Élaboré dans les années 80, le préservatif féminin fait son apparition en Afrique sub-saharienne. Avec le préservatif masculin, il est la seule méthode à l’heure actuelle ayant la double fonction de contraception et de prophylaxie antivénérienne (VIH inclus). L’article rappelle ce que l’on connaît du préservatif féminin en matière d’innocuité, de tolérance et d’efficacité. Dix études d’acceptabilité menées dans neuf pays africains entre 1990 et 1996 sont décrites : leurs échantillons sont petits (moins de cent femmes par catégorie), la plupart recrutés sélectivement, leurs méthodes et leurs analyses varient d’une étude à l’autre. Malgré leurs limites (en particulier, une tendance à négliger les taux et les motifs de déperdition des femmes) et quelques données singulières, insuffisamment explicitées, elles partagent les mêmes conclusions générales : une bonne acceptabilité de ce type de préservatif chez certains groupes de femmes, l’acceptabilité masculine étant encore insuffisamment documentée. Le préservatif féminin apporte un nouveau choix dans les méthodes contraceptives « barrières » et dans les méthodes de prévention du sida et certaines femmes font ce choix. La méthode apporte une protection plus sûre, plus large et mieux contrôlée par la femme que celles qui existent déjà. Cependant, la réaction du partenaire au préservatif féminin représente une incertitude que la femme gère selon la nature de sa relation avec l’homme, sa perception des risques de MST/sida, ses objectifs personnels, ses motivations en matière de procréation, ses capacités de communication, etc. Il faut tenter de se départir des stéréotypes, des simplifications ou des avis excessifs, dans un sens comme dans un autre, qui risquent de nuire à cette nouvelle méthode et aux efforts que fait la femme pour l’adopter. Compte tenu de la forte prévalence du VIH à l’est, au centre et maintenant à l’ouest du continent africain, compte tenu des changements féminins en matière de contraception et de l’acceptabilité du préservatif féminin par certaines femmes, son accessibilité évolue en Afrique grâce au financement d’organismes internationaux sous l’égide d’ONUSIDA et sous l’impulsion d’initiatives locales. L’article conclut en proposant de compléter le dossier « efficacité », de favoriser l’introduction de la méthode et d’améliorer son accès là où elle commence à être implantée, au moyen d’études d’intervention qui apporteront les données de base nécessaires au suivi de l’utilisation à long terme.