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Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

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Le syndrome de Diogène et les situations apparentées d'auto-exclusion sociale. Enquête descriptive Volume 8, numéro 2, juin 2010

Auteurs
Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, Centre hospitalier Broca, APHP, Paris, Université Paris Descartes, Laboratoire de psychologie et neuropsychologie cognitive, Paris, Cabinet libéral, Paris, Point Paris Emeraude 15.16, Paris
  • Mots-clés : syndrome de Diogène, personnes âgées, événements de vie, traumatismes psychologiques, démence, psychose
  • DOI : 10.1684/pnv.2010.0215
  • Page(s) : 141-53
  • Année de parution : 2010

IntroductionLes syndromes dits de Diogène (SD) incluent habituellement au moins quatre signes : la personne ne demande rien alors qu'elle aurait besoin de tout ; elle a une relation inhabituelle aux objets ; sa relation aux autres est de type misanthropie et, enfin, elle présente une négligence corporelle.Méthode et populationEnquête rétrospective observationnelle concernant les SD chez les personnes de plus de 50 ans dans le XV e arrondissement de Paris ; 600 questionnaires ont été envoyés aux professionnels concernés.Résultats136 questionnaires représentant 121 personnes ont été reçus, soit une fréquence de 1,6 cas pour 10 000 habitants. Les cas de SD étaient caractérisés par une typologie comportant 25 % de SD complets et 75 % de SD partiels se répartissant selon 14 types. L'âge des sujets allait de 52 à 95 ans (m = 77,8 ± 9,9) et 71 % étaient des femmes ; 89 % des sujets vivaient seuls avec, dans 65 % des cas, l'aide ponctuelle d'un tiers. Toutes les catégories professionnelles étaient représentées. Des symptômes d'un trouble psychiatrique étaient présents dans la moitié des cas et ceux d'une démence dans un quart des cas ; 7 % étaient alcooliques. Un quart des personnes toutefois ne présentait pas de pathologie associée (SD primaires). Un passé d'événement de vie traumatique dans l'enfance a été retrouvé dans 12 % des cas.ConclusionLa prévalence de SD était comparable aux données de la littérature et le nombre de cas peut être estimé à un peu plus de 1 000 pour la ville de Paris. La diversité des tableaux observés explique les données contradictoires de la littérature sur la pertinence de ce syndrome pour lequel nous proposons quatorze types différents qu'il est possible de regrouper selon les symptômes et l'existence d'une pathologie psychiatrique associée. Dans un quart des cas, aucune pathologie psychiatrique n'était associée (Diogènes primaires), mais une personnalité considérée comme “exceptionnelle” était notée ainsi qu'un événement traumatique de l'enfance dans 12 %.