John Libbey Eurotext

Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement

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Hallucinations visuelles : le syndrome de Charles Bonnet Volume 1, numéro 2, Juin 2003

Auteur
Service de neurologie, Hôpital Henri Mondor, 94010 Créteil cedex
  • Mots-clés : syndrome de Charles Bonnet, hallucination visuelle, ophtalmopathie
  • Page(s) : 121-7
  • Année de parution : 2003

On désigne habituellement sous le nom de syndrome de Charles Bonnet (SCB) les hallucinations visuelles (HV) associées à une atteinte oculaire. En fait, il n‘existe pas de définition consensuelle du SCB, l‘existence d‘une ophtalmopathie et l‘absence de troubles cognitifs étant, ou non, des critères diagnostiques obligatoires. Le SCB est fréquent, touchant entre 12 % et 15 % des patients consultant pour une ophtalmopathie. Les HV sont variées, mais souvent stéréotypées chez une même personne. Elles sont intermittentes, élémentaires ou complexes, mettant alors souvent en scène des personnages, et elles sont toujours critiquées. Les principaux facteurs de risque sont un âge élevé et la sévérité du déficit visuel. L‘imagerie fonctionnelle a permis d‘établir que les HV complexes du SCB sont associées à une activation anormale de certaines aires visuelles extra‐striées, différentes selon le contenu hallucinatoire. Cette activité spontanée anormale résulterait d‘une hyperexcitabilité elle‐même secondaire à la désafférentation. Le plus souvent, aucun traitement n‘est nécessaire et il suffit de rassurer les patients. Certains antiépileptiques auraient une action favorable. On peut rapprocher du SCB les HV survenant dans le champ hémianopsique après atteinte des voies visuelles rétrochiasmatiques. Enfin, un déficit visuel apparaît comme un facteur favorisant les HV au cours des psychoses tardives et de certaines affections neurodégénératives telles que la maladie d‘Alzheimer.