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L'Orthodontie Française

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Traitements très précoces, précoces ou bien expectative armée ? Réflexion à partir du suivi d’un cas de classe III avec excès vertical Volume 84, numéro 1, 85e réunion scientifique de la S.F.O.D.F.

Auteur
* Auteur pour correspondance : j.h.faure@free.fr

Le débat sur la date optimale de prise en charge d’une dysmorphie maxillo-faciale est loin d’être clos, les choix possibles sont le traitement très précoce avant la denture mixte, pendant la petite enfance; seulement en denture mixte stable; seulement en denture adulte complète; en croissance achevée ou quasi-achevée. Les options d’intervention précoce sont pénalisées par la difficulté d’un diagnostic à poser très tôt (parfois impossible à porter en l’absence de tout signe d’appel annonçant une très forte dysmorphie évolutive), la difficulté d’un pronostic à long terme toujours imprécis, l’insuffisante de la maturité psychologique requise, le manque de moyens d’ancrage, la nécessité de toutes façons d’un traitement en deux étapes donc plus long, le caractère de « test thérapeutique » qui, en cas d’échec, induira déception et perte de confiance. Les options de traitement plus tardif sont plus sécurisantes pour l’orthodontiste comme pour le patient, mais elles constitueraient pour certains une perte de chance et une condamnation a priori à plus d’extractions et plus d’orientations chirurgicales. La présentation d’un cas de classe III hyperdivergente où les hésitations à intervenir à divers stades de croissance, conduisent finalement à un traitement chirurgical tardif, illustre bien pour nous ce problème du choix de la date d’intervention.