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L'Orthodontie Française

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Agénésie congénitale des incisives latérales maxillaires : évaluation parodontale et fonctionnelle à long terme après fermeture orthodontique de l'espace avec ingression de la première prémolaire et égression de la canine* Volume 88, numéro 4, Décembre 2017

Auteurs
1 Division of Orthodontics, Department of Surgical and Morphological Sciences, University of Insubria,
Varese, Italy
2 Department of Orthodontics, University of Cagliari,
Cagliari, Italy
3 University of Oslo,
Oslo, Norway
* Auteur pour correspondance : marco@marcorosa.it

Introduction : Les objectifs de cette étude sont d'évaluer, sur une période de 10 ans, chez des sujets présentant les agénésies d'une ou de deux incisives latérales maxillaires, l'éventuelle association entre la fermeture de l'espace orthodontique (avec, pour des raisons esthétiques, ingression de la première prémolaire et égression de la canine) et une éventuelle atteinte parodontale et/ou l'apparition d'une symptomatologie articulaire (troubles temporomandibulaires : DTM). Méthodes : Il s'agit d'une étude de cohorte rétrospective concernant des patients traités par le même orthodontiste. Le groupe expérimental avec agénésie comporte 26 sujets adolescents et jeunes adultes (9 hommes, 17 femmes), traités consécutivement par fermeture d'espace. Le groupe contrôle est composé de 32 patients orthodontiques (12 hommes, 20 femmes) présentant une denture complète et pas d'indication d'extractions. Dans le groupe expérimental, les profondeurs de poche et les saignements au sondage sont enregistrés à six endroits pour chacune des 657 dents (3942 sites parodontaux). Des données comparatives sont recueillies pour le groupe témoin au niveau des premières molaires, des prémolaires, canines et incisives latérales maxillaires, soit un total de 264 dents (1584 sites parodontaux). Mobilité et récession gingivale sont également évaluées. Nous avons demandé aux patients des deux groupes de remplir des questionnaires concernant la symptomatologie articulaire. Résultats : L'évaluation de la cavité buccale dans sa globalité dans le groupe « agénésie » montre une bonne santé parodontale, avec des profondeurs de poche au sondage inférieures à 4 mm, de rares sites de saignement et une mobilité normale des premières prémolaires substituées aux canines. On note quelques petites récessions, principalement sur les molaires et les secondes prémolaires. Les comparaisons entre les deux groupes concernant l'augmentation de profondeur de poche (supérieure ou égale à 4 mm) ou l'accroissement de mobilité ne montrent pas de différences statistiquement significatives au niveau des dents maxillaires. On note moins de saignement au sondage au niveau des sites interproximaux dans le groupe expérimental que dans le groupe contrôle, et ce de façon statistiquement significative. Les dents antérieures du groupe expérimental ne présentent pas plus de récession gingivale que dans le groupe contrôle. En outre, nous n'avons observé aucune différence de symptomatologie articulaire entre les deux groupes. Cela pourrait être dû à la petitesse de l'échantillon et/ou aux inconvénients liés à un protocole basé sur des enquêtes. Ainsi, à long terme, la santé des tissus parodontaux et l'incidence des dysfonctionnements ou des signes de DTM sont similaires dans le groupe de fermeture d'espace d'agénésie et dans le groupe témoin des patients bénéficiant de traitement orthodontique sans extraction. Conclusions : La fermeture orthodontique d'espace d'agénésie d'incisive latérale avec ingression de la première prémolaire et égression de la canine ne génère pas de risque de détérioration du tissu parodontal ou de DTM sur le long terme.