John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

MENU

Peut-on prédire la neuropathologie d’une aphasie progressive primaire ? Volume 3, numéro 4, Décembre 2011

Auteur
CMRR et neuropsychologie, Pôle de psychiatrie et neurologie, CHU, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 9 & Laboratoire de psychologie et neurocognition, Université Pierre Mendes France, Grenoble, UMR CNRS 5105

L’aphasie progressive primaire (APP) est un syndrome caractérisé par la survenue progressive et l’aggravation insidieuse de troubles du langage, qui restent longtemps isolés, secondaires à des lésions dégénératives localisées aux régions périsylviennes gauches. Environ deux tiers des cas sont sous-tendus par des lésions de dégénérescence lobaire frontotemporale (DLFT) et un tiers par des lésions de maladie d’Alzheimer (MA). Trois grands sous-types cliniques ont été individualisés, pour lesquels des critères de diagnostic actualisés ont été proposés en 2011 : la forme non fluente agrammatique (APNF), la forme sémantique (apparentée à la démence sémantique, DS) et la forme logopénique (AL). La distinction de ces syndromes est pertinente, puisque les lésions qui en sont responsables sont différentes : MA pour l’AL, pathologie tau pour l’APNF, pathologie TDP43 pour la DS. Cependant, à un niveau individuel, ces prédictions peuvent être prises en défaut. De plus, dans les phases de début de l’APP, l’anomie domine et il n’est pas possible d’appliquer la classification en sous-types. Dans le cadre d’une procédure de recherche, l’utilisation de marqueurs des lésions (protéines amyloïdes et tau dans le LCR, marqueurs des plaques en TEP) s’avérera donc nécessaire pour augmenter la valeur prédictive.