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Revue de neuropsychologie

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Modélisations récentes du rôle du temps et de l’interférence en mémoire de travail : implications cliniques Volume 4, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2012

Auteurs
Institut de recherche en sciences psychologiques (IPSY), université catholique de Louvain (UCL), place Cardinal-Mercier, 10, B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgique, Unité de psychologie de la sénescence (UPS), université de Liège (ULg), Belgique

La littérature dans le domaine de la mémoire de travail a été largement dominée, ces dernières décennies, par le modèle multicomponentiel de Baddeley et Hitch [4]. Néanmoins, de nouveaux cadres théoriques, loin de rejeter les postulats de leurs prédécesseurs mais cherchant davantage à appréhender la mémoire de travail d’un point de vue fonctionnel, font depuis peu l’objet de validations empiriques prometteuses. Dans cet article, nous proposons une revue de ces avancées théoriques et de leurs implications pour la clinique neuropsychologique. En effet, si l’examen du fonctionnement normal et pathologique de la mémoire de travail tient une place importante en neuropsychologie, la démarche diagnostique repose néanmoins sur l’utilisation d’un nombre réduit de paradigmes dont l’opérationnalisation, en outre, pourrait faire l’objet d’une réévaluation au regard de ces nouvelles modélisations. Dans l’optique d’améliorer la compréhension des mécanismes à l’origine de l’oubli en mémoire de travail, les avancées théoriques actuelles conduisent à privilégier l’élaboration de paradigmes plus simples mais mieux calibrés sur le plan de leur décours temporel afin d’affiner l’analyse du rôle respectif des opérations de maintien, de traitement et de leurs interactions et donc de mieux comprendre quels sont les niveaux altérés dans le cas d’une pathologie.