John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

Le paradoxe des enfants surdoués Volume 9, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2017

Auteurs
1 CHU de Caen,
Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent,
Avenue Georges-Clemenceau,
14033 Caen cedex 9,
France
2 Université Caen-Normandie,
France
3 UMR-1077 Inserm-EPHE-Unicaen,
France
4 Centre hospitalier intercommunal de Créteil,
Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent,
94010, Créteil, France
5 Université Paris-Est - Créteil,
France
* Correspondance
  • Mots-clés : enfant surdoué, intelligence, psychométrie, psychopathologie, sociologie
  • DOI : 10.1684/nrp.2017.0406
  • Page(s) : 19-26
  • Année de parution : 2017

Qu’on les nomme enfants « intellectuellement surdoués », « précoces », « à haut potentiel intellectuel » ou autrement, les interrogations sur les enfants présentant des aptitudes intellectuelles jugées particulièrement supérieures à la norme suscitent l’intérêt depuis plusieurs décennies dans le domaine de la santé mentale de l’enfant, chez les professionnels de l’enfance et, plus globalement, dans le grand public. Contrairement à une opinion répandue, la littérature internationale ne met pas en évidence une vulnérabilité psychopathologique particulière des enfants ayant un haut quotient intellectuel (QI). Chez les enfants surdoués ayant des problèmes émotionnels ou comportementaux, la prise en compte de l’inhomogénéité intellectuelle pourrait contribuer à distinguer un sous-groupe d’enfants ayant un manque de contrôle émotionnel et/ou des problèmes émotionnels et comportementaux externalisés. L’ensemble de la littérature conduit toutefois à s’interroger sur la pertinence de catégorisations d’enfants dans les rangs non déficitaires du QI. De nouveaux travaux épidémiologiques et cliniques seraient nécessaires pour mieux cerner la notion de surdon intellectuel elle-même, les éventuelles particularités psychopathologiques qu’elle implique et la place des déstabilisations-réorganisations développementales des processus de raisonnement dans la constitution de certaines souffrances psychologiques de l’enfance.