John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

L’amnésie dissociative Volume 9, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2017

Auteur
1 Cabinet Plein-Ciel,
75, rue Bataille,
69008 Lyon,
France
2 EA3082,
Laboratoire d’étude des mécanismes cognitifs (EMC),
Université Lyon 2,
69500 Bron France
* Correspondance
  • Mots-clés : amnésie dissociative, amnésie fonctionnelle, amnésie rétrograde, identité, stress
  • DOI : 10.1684/nrp.2017.0431
  • Page(s) : 213-7
  • Année de parution : 2017

Les situations d’amnésie dissociative, lacunaire ou globale, avec ou sans fugue dissociative, sont souvent observées au décours d’événements neurologiques bénins durant lesquels l’état de conscience se modifie sans aucune anomalie sur l’imagerie structurale. L’amnésie est fonctionnelle ou dynamique et s’oppose à une amnésie lésionnelle. L’amnésie essentiellement rétrograde avec ou sans perte d’identité survient volontiers dans le contexte de traumatisme psychique (connu ou non). Les patients peuvent récupérer ou non, parfois lorsqu’ils sont engagés dans une situation proche de celle précédant l’amnésie ou de façon spectaculaire. L’observation de ces situations suggère que les traces mnésiques dans un contexte biologique et émotionnel particulier puissent être rendues non accessibles du fait d’un contrôle du lobe frontal empêchant leur récupération. Nous rapportons six vignettes courtes et préconisons, après un bilan paraclinique indispensable mais limité au strict nécessaire, d’écouter et d’accompagner ces sujets par des entretiens réguliers le plus près possible de l’installation de l’amnésie.