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Revue de neuropsychologie

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La démence sémantique : un bon modèle clinique de perte du système sémantique ? Volume 14, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2022

Illustrations


  • Figure 1.

  • Figure 2.

  • Figure 3.
Auteurs
1 Service de neurologie, CMRR Haute Bretagne, CHU Pontchaillou, 2 rue Henri Le Guilloux,35033 Rennes cedex, France
2 Normandie Univ, UniCaen, PSL Research University, EPHE, Inserm, U1077, CHU de Caen, Neuropsychologie et Imagerie de la mémoire humaine, 14000 Caen, France
3 Univ Rennes, LP3C (Psychology of Cognition, Behavior & Communication Laboratory), 35000 Rennes, France
4 Univ. Lille, CNRS, CHU Lille, UMR 9193 – SCALab – Sciences cognitives et Sciences affectives, 59000 Lille, France
Correspondance : C. Merck

Dans cet article, nous discutons de la démence sémantique (DS) en tant que modèle clinique de perte du système sémantique. Nous apportons des arguments en faveur d’atteintes sémantiques hétérogènes, selon la nature des connaissances évaluées. Nous nous appuyons plus précisément sur deux récents travaux de notre équipe soulignant que les relations thématiques, organisant les connaissances sur la base de leur complémentarité au sein d’un événement, présentent un statut particulier dans la DS. Ces connaissances apparaissent comme étant résiduelles, plus robustes à la maladie et pouvant être activées de façon exagérée chez les patients DS. En outre, ces résultats étayent l’hypothèse d’un déséquilibre sémantique entre deux types de traitements sémantiques, à savoir les traitements taxonomique et thématique. Cette hypothèse stipule que les deux traitements sémantiques sont maintenus en équilibre chez le sujet sain. Dans la DS, du fait de l’atteinte du traitement taxonomique, le traitement thématique est avantagé. Une telle réorganisation interne vient souligner que la DS constitue un bon modèle clinique de désorganisation des traitements sémantiques et non pas un bon modèle de perte du système sémantique, au sens d’un système unique.