John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

Bilinguisme et contrôle exécutif : exploration neurofonctionnelle au moyen des méthodes potentiels évoqués et IRMf Volume 8, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2016

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Université Toulouse 2-Jean Jaurès,
Octogone-Lordat (EA 4156),
Unité de recherche interdisciplinaire,
5, allées Antonio-Machado,
31058 Toulouse cedex, France
2 Université Toulouse 2-Jean Jaurès,
Laboratoire Travail et cognition,
Unité de recherche Cognition, langue, langage et ergonomie (UMR 5263),
5, allées Antonio-Machado,
31058 Toulouse cedex, France
3 Institut des Sciences du cerveau, du comportement et de la cognition de Toulouse (ISC3T), Toulouse, France
* Correspondance
  • Mots-clés : bilinguisme, contrôle des langues, système exécutif, potentiels évoqués, imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle
  • DOI : 10.1684/nrp.2016.0375
  • Page(s) : 126-36
  • Année de parution : 2016

Lors de l’interaction verbale, un locuteur bilingue est en mesure de maintenir le code linguistique dans lequel il souhaite s’exprimer ou d’en changer si la situation le demande. Ces actions font appel à un mécanisme de contrôle qui lui permet de sélectionner un code tout en inhibant le second. Depuis une quinzaine d’années, l’hypothèse selon laquelle le contrôle des langues serait géré par le système exécutif est très présente dans la littérature. Les avancées de la neuro-imagerie fonctionnelle dans les domaines du langage représentent des outils particulièrement intéressants pour tenter d’éclaircir cet aspect. Dans cette revue, nous exposons les principales études ayant utilisé la tâche de dénomination bilingue (switch task) avec des mesures en potentiels évoqués (PE) et imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Nous confrontons les résultats obtenus au moyen de ces deux techniques afin de mieux comprendre la nature et le fonctionnement de ce mécanisme (notamment d’un point de vue de l’inhibition). Les résultats montrent de nombreux points de convergence avec les études utilisant des paradigmes de switch dans des tâches non spécifiques au matériel linguistique, notamment sur la modulation de la composante N200 et l’implication du cortex cingulaire antérieur (CCA) et du cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL). Ces résultats renforcent l’hypothèse de l’implication du système exécutif dans le contrôle bilingue.