John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

À gauche, à droite, à gauche, à droite… Le point sur les effets des mouvements oculaires horizontaux sur les performances cognitives Volume 8, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2016

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 LAPCOS, MSHS-Sud Est, 3 boulevard François-Mitterrand, 06357 Nice cedex 4, France
2 Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (SUPEA), 57 avenue de la Californie, 06200 Nice, France
3 Institut de neuroscience et psychologie, University of Glasgow, University Avenue, Glasgow G12 8QQ, United Kingdom
* Correspondance
  • Mots-clés : mouvements oculaires, saccades, mémoire, attention, hémisphères cérébraux, EMDR
  • DOI : 10.1684/nrp.2016.0395
  • Page(s) : 233-44
  • Année de parution : 2016

Regardez à gauche, maintenant regardez à droite, puis à gauche, à droite… C’est en substance ce qui est demandé au participant dans la condition expérimentale d’intérêt d’une étude qui explore les effets de séries de mouvements oculaires saccadiques horizontaux (MOH) sur la performance cognitive, mnésique principalement. Des séries brèves (environ 30 secondes) de MOH précédant une tâche de mémoire épisodique semblent améliorer la performance mnésique, en particulier chez les sujets fortement droitiers. Mais les quelques travaux menés selon ce devis général n’ont pas permis à ce jour de conclure, tantôt montrant un effet positif des MOH sur la performance mnésique, et plus particulièrement sur la récupération en mémoire épisodique verbale, tantôt échouant à mettre en évidence cet effet. Parce que la question de savoir si et comment les MOH peuvent moduler l’efficience cognitive nous paraît d’un intérêt indéniable et sur le plan théorique et sur le plan clinique, nous nous proposons de faire le point. L’article présente les éléments essentiels sur les bases cérébrales des saccades, un schéma d’expérience classique, les principaux résultats de la littérature et les différentes hypothèses en présence concernant les mécanismes cérébraux et cognitifs sous-jacents, encore très préliminaires. Cette synthèse souligne qu’il convient de suspendre notre jugement : les travaux encore peu nombreux, menés dans un nombre restreint d’équipes, n’ont pas produit de résultat robuste et seulement esquissé une compréhension des mécanismes d’action. Nous présenterons une démarche de recherche de type « collaboration contradictoire » qui nous a paru particulièrement pertinente dans ce contexte. Enfin, comme il nous a semblé indispensable de prendre en considération les connexions entre cet axe de recherche sur les effets des mouvements oculaires sur le fonctionnement cognitif et cérébral et les études nombreuses sur l’efficacité des approches psychothérapeutiques qui utilisent ces mouvements, nous proposerons quelques considérations sur l’approche thérapeutique par Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR).