John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Pédiatrie

Observance et transition de l’adolescence à l’âge adulte Volume 20, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2017

Illustrations

  • Figure 1

C’est un paradoxe pour la prise en charge par les pédiatres des adolescents porteurs de maladie chronique : s’allier et se séparer.

Une belle alliance professionnelle au cœur des enjeux du soin aux adolescents

Retravailler la distance avec ces jeunes semble très subtil tant ils sont pris dans l’ambivalence de leur revendication d’autonomie mais aussi de leur demande – parfois ambiguë – de protection

La question de l’observance renvoie le pédiatre à son travail de prescripteur, prescrire des traitements mais aussi du savoir-faire en montrant du savoir-être.

L’adolescent attend de son pédiatre bienveillant qu’il prenne une place dans la triangulation avec ses parents, car c’est la même traversée qu’ils vont connaître, s’allier et se séparer. Mais il n’est pas à la place de ses parents !

L’ultime objectif, devenir un adulte, conduira à se distancier de ce jeune pour le confier avec sans doute des regrets non exprimables et non exprimés à un médecin d’adultes

L’adolescent revendique « quand j’aurai 18 ans… » mais cet anniversaire fatidique est-il le moment de lui faire accomplir ce passage ? Ou faut-il effectuer avec lui une patiente approche jusqu’à ce qu’il soit prêt à la transition ?

Le risque en effet d’une transition ratée pourrait être le décrochage du soin qui n’est sans doute pas si fréquent.

Faut-il retravailler l’observance avant de « passer le patient » au collègue adulte ? C’est ce que les pédiatres néphrologues suisses ont observé en comparant deux séries de jeunes greffés rénaux, moins de perte de greffon après reprise d’un programme « d’éducation thérapeutique ».

L’observance n’est pas réduite à un processus cognitif mais ce temps de transition comporte une démarche de réappropriation de son histoire médicale, une réannonce de la maladie surtout si celle-ci a débuté dans l’enfance.

Pour le médecin, l’objectif est de respecter l’adolescent dans son adolescence avec cette part d’incertitude, de conduites d’essais, de défis, de subtil déséquilibre entre autonomie et dépendance mais aussi le plus souvent de résilience inventive tellement dynamique et créatrice. Ce n’est pas tous les jours facile ! L’OMS a publié des fiches de conseils aux professionnels de santé qui suivent des adolescents. Leur pertinence nous a amené à insérer en annexe un exemple de ces fiches ! (figure 1)

 

Les articles regroupés dans ce numéro nous ferons parcourir les différents aspects de l’observance au cours des maladies chroniques ; asthme, mucoviscidose, cancers, drépanocytose. L’amélioration de l’observance vaccinale est aussi un enjeu national important On abordera le problème de la Transition vécue par les adolescents et les soignants. L’organisation des soins est rarement homogène dans cette période partagée entre la proximité pédiatrique et la médecine adulte. Certaines pathologies (cancers par exemple) justifient la création d’unités mixtes dites Adolescents Jeunes Adultes (AJA).

Un recul est nécessaire pour chercher une « alliance thérapeutique » : c’est le « pas de côté » proposé par l’interprétation psychologique mettant en avant tous les enjeux de cette période.

On peut souhaiter que la lecture de cette revue encourage les praticiens à dépasser ainsi leurs modes d’exercice ou leurs spécialités pour aller vers une médecine plus globale (Global Adolescent Health) plus adaptée à la période de l’adolescence.

Cette revue s’adresse aussi à tous les soignants impliqués auprès d’adolescents malades.

Liens d’intérêts

les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêts en rapport avec l’article.