John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Pédiatrie

La génétique de la maladie coeliaque Volume 4, numéro 4, Juillet - Août 2001

Auteurs
INSERM Génétique Epidémiologique et Structure des Populations Humaines, Bâtiment Gregory Pincus, 80 rue du Général Leclerc, 94276 Le Kremlin Bicêtre cedex, France
  • Mots-clés : maladie cœliaque, susceptibilité génétique, composante HLA, liaison génétique.
  • Page(s) : 263-7
  • Année de parution : 2001

La maladie cœliaque est une affection de l'intestin grêle responsable d'une malabsorption alimentaire due à une intolérance aux protéines du gluten contenues dans certaines céréales telles que le blé, le seigle et l'orge [1]. Les éléments nocifs du gluten responsables de la pathologie sont les gliadines, riches en résidus proline et glutamine. Il s'agit d'une maladie fréquente dont la prévalence est estimée dans les pays européens à entre 1 pour 300 et 2 pour 1000 [2, 3]. Cependant, la prévalence réelle de la maladie serait sous-estimée, en raison des formes cliniques pauci- ou asymptomatiques de la maladie. Du point de vue génétique, la maladie cœliaque est une maladie multifactorielle. Les facteurs de risque génétique ou les gènes de prédisposition ne sont pas délétères comme les mutations des gènes responsables des maladies monogéniques. Il s'agit plutôt d'allèles de susceptibilité qui augmentent le risque de maladie chez certains individus. Chaque facteur pris isolément peut être fréquent dans la population générale et c'est la combinaison de certains d'entre eux et de leur interaction avec les facteurs environnementaux qui induira le processus pathogène. L'ensemble des résultats présentés dans cet article montre qu'il est difficile de mettre en évidence des facteurs de risque génétique dans une maladie multifactorielle, même si l'on connaît l'un des facteurs du milieu environnemental (le gluten) et l'une des composantes génétiques de prédisposition (la composante HLA). Notons que, parmi les maladies auto-immunes, la maladie cœliaque est celle pour laquelle les molécules HLA impliquées sont les mieux connues et pour laquelle les individus à risque sont les plus clairement délimités. Les études de recherche aléatoire de liaison génétique ont montré que, mis à part la région HLA, il n'y a pas de facteur de risque génétique à effet fort dans la susceptibilité à la maladie cœliaque. Elles suggèrent seulement la présence d'un facteur à effet modéré dans la région 5q qui reste à être identifié. Concernant l'approche gène candidat, l'implication du rôle de CTLA-4 et de la chaîne lourde des immunoglobulines de type Ig reste à confirmer, et la démonstration de leur implication fonctionnelle doit être mise en évidence, afin de comprendre les mécanismes impliqués dans le développement de la maladie cœliaque. Seules, des collaborations à large échelle impliquant de nombreuses équipes permettent de progresser. C'est dans cet esprit que s'est formé un réseau européen sur la maladie cœliaque (anglais, finlandais, français, italiens et norvégiens) visant à étudier la génétique, la physiopathologie et l'épidémiologie. Les interactions de ces différentes disciplines et des méta-analyses de l'ensemble des données devraient permettre de mieux comprendre le mécanisme étiologique de la maladie et de mettre en place des mesures préventives.