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Médecine de la Reproduction

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Les ovocytes sont-ils de moins bonne qualité en cas d’endométriose ? Volume 22, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2020

Auteur
1 Service de biologie de la reproduction, Cecos, hôpital Tenon, AP-HP, Sorbonne Université, Paris, France
2 Centre de recherche Saint-Antoine Inserm - UMR S938, hôpital Saint-Antoine, Paris, France
* Tirés à part

L’endométriose est une pathologie inflammatoire chronique œstrogénodépendante qui touche les femmes en âge de procréer et pour laquelle de nombreuses questions restent sans réponse. L’existence d’une altération de la qualité ovocytaire est globalement suggérée par les données disponibles dans la littérature. Les études sur l’environnement folliculaire en cas d’endométriose mettent en évidence une stéroïdogenèse altérée, une augmentation du stress oxydant et de l’inflammation. Les ovocytes prélevés chez des femmes atteintes d’endométriose auraient plus de risque de ne pas être capables de maturation, de présenter une morphologie altérée, un contenu mitochondrial plus faible ou des profils transcriptomiques modifiés. En fécondation in vitro, les taux de blastoformations sont comparables à ceux relevés dans les autres causes d’infertilité, mais un nombre inférieur d’ovocytes recueillis a été mis en évidence. Les résultats obtenus dans le modèle du don d’ovocytes vont également dans le sens d’une qualité moindre des ovocytes, sans anomalie de réceptivité de l’endomètre. Néanmoins, ces conclusions sont controversées et de nombreuses questions restent sans réponse. L’éventuelle influence des phénotypes et/ou des stades de la pathologie sur la qualité des ovocytes a été très peu explorée, de même que les potentiels effets des traitements médicaux et/ou chirurgicaux antérieurs. Ces limites soulignent la nécessité de poursuivre les efforts de recherche par de nouvelles études de grande envergure sur le sujet.