John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie

Les insuffisances ovariennes prématurées d’origine auto-immune Volume 19, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2017

Auteur
Service d’endocrinologie et médecine de la reproduction,
IE3M, centre de référence des maladies endocriniennes rares de la croissance et du développement,
47-83 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris
* Tirés à part
  • Mots-clés : insuffisance ovarienne précoce, auto-immunité, polyendocrinopathie auto-immune, ovarite auto-immune
  • DOI : 10.1684/mte.2017.0645
  • Page(s) : 39-43
  • Année de parution : 2017

L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP) auto-immune, définie comme une ovarite auto-immune, diffère des IOP idiopathiques par sa présentation clinique et biologique, en rapport avec la particularité de son atteinte et de son évolution. Sa prévalence est d’environ 4-5 % des cas d’IOP dans les séries. L’auto-immunité ovarienne est responsable d’une infiltration et d’une destruction sélective de cellules thécales des grands follicules en croissance avec, initialement, une préservation des cellules de la granulosa de ces follicules. Le tableau hormonal et échographique est typique, associant des ovaires multifolliculaires, des taux élevés de gonadotrophines avec un rapport hormone lutéinisante (LH)/hormone folliculostimulante (FSH) supérieur à 1, des taux bas de stéroïdes contrastant avec des taux élevés ou normaux des marqueurs des cellules de la granulosa, inhibine B et hormone antimüllérienne (AMH). Le diagnostic de certitude, du fait de l’absence de pratique de biopsie ovarienne, repose sur ce tableau, associé à la positivité des anticorps anti-21-hydroxylase et/ou au contexte (insuffisance surrénalienne auto-immune, polyendocrinopathie auto-immune déjà connue). La prise en charge de ces patientes ne diffère pas de celles des patientes avec IOP idiopathiques.