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Médecine de la Reproduction

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Évolution du recours à l’IVG en France : de l’enjeu contraceptif à la modification de la norme procréative Volume 14, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2012

Auteurs
Inserm U1018-CESP, Equipe « Genre, santé sexuelle et reproductive », 82 rue du Gal Leclerc, 94276 Le Kremlin Bicêtre, France, CNRS-UMR 7112 CNRS-Paris 8, Cultures et Sociétés Urbaines (CSU), France, Ined, 133, bd Davout, 75020 Paris, France
  • Mots-clés : interruption volontaire de grossesse, grossesse non désirée, contraception
  • DOI : 10.1684/mte.2012.0388
  • Page(s) : 3-10
  • Année de parution : 2012

Cet article, à travers un bilan des recherches sociologiques et épidémiologiques conduites ces dernières années en France, interroge la relative stabilité du recours à l’IVG dans un contexte de large diffusion de la contraception moderne. Ce résultat apparemment paradoxal s’explique par un double mouvement : certes, la contraception a permis de diminuer le nombre de grossesses non prévues mais, quand il y a un échec de la contraception, face à une grossesse non prévue, les femmes choisissent plus souvent d’interrompre leur grossesse qu’il y a trente ans. Ces données rendent d’abord compte des transformations des trajectoires féminines, tant affectives que professionnelles, qui se caractérisent, notamment, par le retard à la première maternité. La contraception moderne qui permet à la femme (et au couple) de décider du meilleur moment de l’arrivée d’un enfant a profondément modifié la norme procréative, c’est-à-dire les conditions socialement valorisées pour avoir un enfant, en vigueur dans les années 1970. Et le respect de cette norme implique pour nombre de femmes, en cas d’échec contraceptif, de recourir à l’IVG si elles ne souhaitent pas entrer si jeunes dans la parentalité ou si les conditions d’accueil d’un enfant ne sont pas jugées satisfaisantes.