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Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Formes familiales isolées de cancer médullaire de la thyroïde (FMTC) : nouvelles corrélations phénotype-génotype Volume 3, numéro 4, Juillet - Août 2001

Auteurs
Service d'Endocrinologie, CHU Timone, 254, rue St Pierre, 13385 Marseille cedex 05, France.

La néoplasie endocrinienne multiple de type 2 (NEM2) est une affection rare (prévalence estimée à 0,2/1000), héréditaire, de transmission autosomique dominante dont la pénétrance est voisine de 100 %. Il existe trois variants phénotypiques de la maladie : - la NEM de type 2A (syndrome de Sipple) est le variant le plus fréquent (60 % des NEM2) ; elle associe un cancer médullaire de la thyroïde (CMT) présent dans 100 % des cas, à un phéochromocytome (phéo) dans 20 à 50 % des cas et à une hyperparathyroïdie primaire (HPT) dans 5 à 20 % des cas. - la NEM de type 2B (syndrome de Gorlin), représentant 5 % des NEM2, qui associe au CMT constant, un phéo dans 50 % des cas, une dysmorphie marfanoïde et une ganglioneuromatose cutanéo-muqueuse et digestive. - les formes familiales isolées de CMT (FMTC) pour lesquelles les autres composantes de la maladie sont absentes initialement et tout au long de l'évolution et qui représentent environ 35 % des NEM2. Depuis 1993, le gène de prédisposition à la NEM2 est connu : il s'agit du proto-oncogène RET. Plusieurs mutations de ce gène ont été décrites et des corrélations entre le phénotype de la maladie et le génotype ont pu être établies. L'analyse du proto-oncogène RET, réalisée en routine dans un certain nombre de laboratoires, permet le dépistage de nouvelles formes familiales lorsqu'elle est pratiquée à titre systématique devant tout CMT et permet l'identification des sujets à risque dans une famille connue. Dans ce dernier cas, les conséquences pratiques sont importantes puisque l'identification de la mutation chez un apparenté va entraîner une prise en charge spécifique et en premier lieu poser l'indication d'une thyroïdectomie. Le spectre des mutations de RET identifiées dans les FMTC/NEM2 s'est considérablement élargi ces dernières années, en particulier pour les FMTC. L'augmentation de l'incidence du CMT (par le dosage plus systématique de la calcitonine en particulier, d'une part, et la généralisation de l'analyse génétique de RET à tout CMT d'autre part, recommandés par le Groupe d'étude des tumeurs à calcitonine (GETC), ont ainsi permis d'augmenter la fréquence de détection d'une mutation de RET et d'établir de nouvelles corrélations phénotype-génotype, dont le détail et les conséquences pratiques seront précisés dans cet article.