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Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Dissection génétique de la fonction des récepteurs nucléaires des hormones thyroïdiennes Volume 4, numéro 1, Janvier - Février 2002

Auteurs
Laboratoire de Biologie Moléculaire de l'Ecole Normale Supérieure de Lyon, UMR 5665 CNRS, LA 913 INRA, 46 allée d'Italie, 69364 Lyon cedex 07, France.
  • Mots-clés : hormones thyroïdiennes, TR, récepteurs nucléaires.
  • Page(s) : 20-6
  • Année de parution : 2002

Les hormones thyroïdiennes circulantes sont produites par les cellules folliculaires de la thyroïde qui secrètent essentiellement la tétra-iodothyronine (T4). Par l'action des désiodases tissulaires est synthétisée la triiodothyronine (T3), considérée comme étant la forme active car elle assure la signalisation majeure dans la cellule en se liant à des récepteurs nucléaires. La T3 joue un rôle important chez les vertébrés dans deux grands groupes de fonctions : le développement et l'homéostasie [1, 2]. Le modèle qui a permis de mieux caractériser la fonction de la T3 dans le développement est celui de la métamorphose chez les amphibiens [3]. Chez l'homme, la T3 contrôle le développement fonctionnel du système nerveux central, et les hypothyroïdies dues aux carences en iode chez les nouveau-nés sont bien connues pour induire les syndromes de crétinisme [1]. Chez le rat, l'hypothyroïdie induite expérimentalement par blocage chimique de la production de T3 ou par thyroïdectomie conduit également à des retards dans le développement du système nerveux central [4]. D'autres effets de l'hypothyroïdie expérimentale chez le jeune rat ont été aussi caractérisés, comme le retard de la croissance corporelle [1], le retard de la maturation des os longs [5], des muscles [6] et de l'intestin [7]. Le rôle de la T3 dans l'homéostasie physiologique est perceptible tout au long de la vie de l'individu. L'hormone est connue pour contrôler positivement la température corporelle et le rythme cardiaque [8, 9, 10]. L'hyperthyroïdie chez l'homme ou l'animal de laboratoire induit une activation du métabolisme énergétique [2]. La T3 contrôle indirectement sa propre production par une boucle de rétro régulation au niveau de l'axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien [11, 12]. L'hormone circulante induit la répression de la production de TRH (thyrotropin-releasing hormone) au niveau de l'hypothalamus et de TSH (thyroid-stimulating hormone) au niveau de l'hypophyse. La TRH est nécessaire au développement des cellules thyréotropes de l'hypophyse antérieure et à la production de TSH. La TSH contrôle le développement des cellules folliculaires de la thyroïde et la production de T4 dans ces cellules. Au niveau de la thyroïde et des tissus périphériques, la T4 est désiodée en T3 par des enzymes spécifiques dont l'expression est, elle aussi, régulée par la T3. Ainsi, dans tout ce schéma, l'hormone T3 contrôle directement son niveau de production et son taux circulant. La compréhension de ces mécanismes d'action de la T3 a très largement progressé depuis l'identification des récepteurs intracellulaires qui assurent la signalisation par l'hormone [13].