John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Endocrinologie

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Carence iodée et grossesse Volume 6, numéro 5, septembre-décembre 2004

Auteur
Service d’endocrinologie, diabétologie et médecine de la reproduction, hôpital l’Archet 1, 151 route de Saint-Antoine de Ginestière, 06200 Nice
  • Mots-clés : carence iodée, grossesse, hypothyroïdie, déficit neuropsychologique
  • Page(s) : 293-9
  • Année de parution : 2004

L’iode est un oligo-élément essentiel, indispensable pour la production des hormones thyroïdiennes. Les besoins en iode augmentent au cours de la grossesse, de manière à faire face à la production d’hormones thyroïdiennes maternelles et fœtales (dès la 12 e semaine d’aménorrhée). Il est clair que la France reste une zone de carence iodée relative, comme l’a montré l’étude Suvimax. Cette situation est défavorable au cours de la grossesse en raison des répercussions potentielles sur le neuro-développement fœtal. En dehors de la situation extrême des crétinismes endémiques par carence iodée majeure, il est maintenant bien admis qu’une carence iodée mineure ou modérée peut conduire à un goître puis à une hypothyroïdie fruste maternelle et fœtale conduisant à un déficit neurologique mesurable chez l’enfant, particulièrement si la mère est prédisposée à une dysthyroïdie. Les besoins quotidiens en iode chez la femme enceinte sont estimés à 200 μg. Une étude pilote réalisée dans notre service chez des femmes explorées au début du 3 e trimestre pour dépister un éventuel diabète gestationnel a permis de constater que l’iodurie qui reflète bien l’apport iodé, est le plus souvent inférieure à 100 μg/L en l’absence de prise de vitamines de grossesse fortifiée en iode, confirmant donc la carence en iode dans notre population. Dans ce contexte, une supplémentation systématique des femmes enceintes est recommandée dès le début de grossesse.