John Libbey Eurotext

Médecine et Santé Tropicales

XXIIIes Actualités du Pharo, Marseille 4-6 octobre 2017 Le financement de la santé dans les pays à ressources limitées Les arboviroses : regards croisés Volume 27, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2017

http://www.gispe.org/html/actus2017.html

Voilà désormais 6 ans que le Groupe d’intervention en santé publique et en épidémiologie (Gispe), association créée en 1995, organise les « Actualités du Pharo » espérant par cette rencontre annuelle faire perdurer cet espace de rencontres et d’échanges scientifiques dans la continuité de l’esprit né en 1994 à l’École du Pharo, creuset de formation des médecins militaires et civils appelés à servir outre-mer, de ces journées marseillaises.

En 2012, avec la première édition sous l’égide du Gispe dont le thème était « Vers l’élimination du paludisme », le défi était important car il y a une grande différence dans les moyens mis en œuvre pour cette conférence entre ceux du service de santé des armées et ceux d’une association disposant de ressources limitées. Mais la réussite de ces journées ne se dément pas et elle le doit aux fidèles participants – parfois venus de loin en mobilisant souvent leurs moyens propres – pour être présents la première semaine du mois d’octobre dans la cité phocéenne, dont le monument sur la corniche Kennedy rappelle que Marseille est la porte de l’Orient. Et sans doute par-là, celle des zones tropicales où sévissent des maladies éponymes.

Depuis deux ou trois ans, l’affluence des journées est d’environ 200 participants, et en 2016 la session consacrée aux « Crises et urgences sanitaires » a été particulièrement appréciée. Comme avec la Société de pathologie exotique qui sponsorise le prix de thèse des universités françaises et publie dans son bulletin les résumés des conférences invitées, le Gispe lie des partenariats forts entre autres avec l’université Sédar Senghor (USSA) d’Alexandrie, soutenant le travail d’étudiants en master de Santé publique pour qu’ils présentent des soumissions de communications. En outre, l’USSA sponsorise le prix des communications affichées, posters toujours très présents à chaque édition (45 attendus en 2017). En 2016, l’Agence française de développement (AFD) a donné un écho supplémentaire à ces journées en commandant au Gispe un carnet technique dédié aux communications données pendant les journées et en assurant la diffusion dans son réseau. L’aventure continue donc ! Elle répond à la fois à une attente dans le monde des acteurs de la santé publique tropicale francophone et à une nécessité de valoriser les expériences et les projets qui se mettent en place au Sud, désormais, souvent dans une coopération Sud-Sud avec l’appui du Nord.

En s’associant fidèlement aux Actualités du Pharo, la revue Médecine et santé tropicales, reste le partenaire-clé de ces rencontres et la troisième livraison de l’année est très attendue des lecteurs qui y trouvent les résumés des communications orales et affichées, retenues par le comité scientifique des Actualités du Pharo.

Bonne lecture.

Pour le Comité scientifique et d’organisation Jean-Marie Milleliri

j-m.milleliri@wanadoo.fr

Communications orales

Session Financement de la santé

CO-FinSan1

Peut-on conditionner la délivrance des fonds internationaux pour la lutte contre le sida, paludisme et tuberculose, à l’exécution par les gouvernements des pays en développement d’un plan de santé publique ?

Millet P.

Université, CHU Bordeaux, 33000 Bordeaux, France

pascal.millet@u-bordeaux.fr

Mots-clés : santé mondiale, financement, fonds multilatéraux, pays en développement, politique

Un plan de santé publique est basé sur le constat de problèmes sanitaires que le plan doit proposer de résoudre. Concernant les pays à ressources limités, les problèmes sanitaires sont si nombreux qu’ils doivent être « priorisés », en commençant par la prise en charge des maladies les plus courantes responsables d’une morbidité et mortalité importante dans une population d’enfants, d’adultes et de personnes âgées, qui dispose de très faibles revenus. Chaque classe d’âge présente des pathologies prioritaires, infectieuses, cardiovasculaires, chroniques évolutives, et les thérapies pour lutter contre ces maladies se retrouvent sous forme générique dans la liste des médicaments essentiels publiés et mis à jour par l’OMS. Aujourd’hui, la place occupée par le VIH/sida et le paludisme n’est plus prioritaire compte tenu à la fois de l’évolution des facteurs climatiques, de la croissance économique (même faible dans la majorité des pays lorsqu’ils ne sont pas en situation de conflit) et des efforts financiers internationaux investis pour juguler ces pandémies. Si nous voulons éviter une stagnation, ou pire, une recrudescence de ces maladies, elles doivent être à présent rapidement intégrées dans un système prenant en charge la santé des populations dans un ensemble cohérent, disposant des structures et ressources humaines en relation avec la démographie, la géographie, et l’économie de chaque pays. Si nous prenons l’exemple de la lutte contre le paludisme à Madagascar, et de la tendance de certaines régions du pays vers l’élimination nous nous rendons vite compte que l’absence de structures de santé et de ressources humaines capables de prendre en charge les pathologies les plus courantes, constituera un frein majeur au contrôle pérenne du paludisme dans ce pays. C’est pourquoi il apparaît urgent de conditionner les financements pour lutter contre les maladies prioritaires, à des actions concrètes de la part des gouvernements des pays concernés, quitte à utiliser une partie des fonds internationaux au soutien partiel de la structuration des soins de santé, sans pour autant chercher à financer uniquement des projets innovants en santé publique, mais en restant sur une définition simple de l’action sanitaire et en assurant une bonne formation de base et un profil de carrière aux professionnels de santé.

CO-FinSan2

Vers la couverture santé universelle (CSU) : le challenge de la couverture du secteur agricole et informel en Afrique

Ouattara O., N’Diaye P.

Consultant, 03 BP 118 Bamako, Mali

ouattara.oumar@gmail.com

Mots-clés : couverture sanitaire universelle, secteur informel et agricole, financement de la santé, Afrique

En réponse aux demandes grandissantes pour plus de solidarité et d’équité dans le secteur de la santé, la couverture sanitaire universelle (CSU) apparaît comme un mécanisme salvateur pour l’atteinte des soins de santé de qualité sans que la barrière financière soit un obstacle. Les défis pour parvenir à une CSU sont multiples et complexes. En effet, tendre vers la CSU implique tellement de réformes dans le secteur de la santé qu’il n’est pas évident que les gouvernements soient prêts à s’y engager. Pourtant, la plupart des pays africains endossent la perspective de parvenir à une couverture sanitaire universelle pour l’ensemble de leur population.

Si la couverture du secteur formel (salarié et fonctionnaire) est relativement aisée, celle des secteurs agricoles et de l’économie informelle est plus complexe. En effet les pays africains sont confrontés à au moins une triple problématique par rapport à la couverture de ces deux secteurs : (i) identification des individus et des ménages, (ii) détermination du niveau de revenu et (iii) collecte des cotisations.

Plusieurs pays africains ont fait le choix du développement des mutuelles de santé pour couvrir les secteurs agricole et informel. Dans cette présentation nous nous appesantirons sur les modèles du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. Le Sénégal et le Mali disposent d’une stratégie de financement de la santé, le Burkina est en train d’adopter la sienne. Ces 3 pays ont décidé de développer dans chacune de leurs communes administratives une mutuelle de santé. Le Sénégal et le Mali ont décidé de subventionner à hauteur de 50 % les cotisations des ménages à l’assurance-maladie universelle. Cette décision amènera un État comme le Mali a déboursé 84,1 milliards de FCFA pour atteindre 45 % de couverture maladie.

Le Sénégal a fait le choix de mettre en place un fonds national de solidarité pour couvrir le développement des mutuelles et subventionner les cotisations des mutualistes. L’objectif pour le Sénégal est de permettre à 75 % des Sénégalais de disposer d’une assurance de base. Au 31 décembre 2016, 673 mutuelles avaient été mises en place dont certaines ont dépassé 57 % de taux de pénétration.

Au Mali, les ressources financières n’ont pas suivi et les résultats de la phase pilote sont loin des attentes.

Avoir une couverture nationale en mutuelle de santé pour atteindre l’objectif de la couverture sanitaire universelle est un challenge qui au-delà de l’engagement politique nécessite des moyens financiers importants. Les états disposent-ils de ces moyens ? La mutualité reste-t-elle une bonne stratégie ? Telles sont les questions auquel nous tenterons de répondre dans cette présentation.

CO-FinSan3

Financement de la lutte contre le diabète au Mali : acquis et enjeux futurs

L’Heveder R., Besançon S.

ONG Santé Diabète 17, avenue Malherbe 38100 Grenoble, France

ronan.lheveder@santediabete.org

Mots-clés : diabète, couverture sanitaire universelle, financement, formation, organisation de santé communautaire

Les maladies non transmissibles (MNTs) représentent 68 % des décès dans le monde et d’ici 2020, la 1re cause de mortalité en Afrique. Ces pandémies ont un coût humain, et économique important. Pour l’OMS, une hausse de 10 % des MNTs entraîne une perte annuelle de 0,5 % de taux de croissance. Pourtant moins de 2 % des fonds internationaux dédiés à la santé leur sont consacrés !

Avec une prévalence de 5,1 % (population adulte) et l’incidence mondiale la plus importante, l’Afrique subit durement les conséquences d’une modification des modes de vie. Pourtant, les réponses financières et institutionnelles ne correspondent pas aux défis posés.

Malgré cette absence de moyens et d’intérêts, des initiatives émergent notamment par le renforcement des systèmes de santé, le soutien de la société civile locale. Ces activités, portées principalement par l’ONG Santé Diabète, permettent entre autres de former des personnels de santé en nombre suffisant et d’établir une offre de soins satisfaisante. Elles favorisent aussi l’implantation de politiques efficaces de prévention, un diagnostic précoce évitant des complications, le diabète étant la 1re cause de cécité, de mise sous dialyse ou d’amputation non traumatique.

Au Mali, cette réponse progresse : une politique nationale de lutte contre les MNTs et le diabète est née en 2015 et s’accompagne d’une offre de soins structurée incluant une réduction des coûts (baisse du prix de l’insuline de 48 % et division par 10 de celui des antidiabétiques oraux). Aujourd’hui 31 consultations à travers le pays prennent en charge plus de 15 000 patients. Malgré ce travail réalisé par l’État, l’absence de financements de cette politique par les partenaires techniques et financiers complique son pilotage. Le coût financier de la maladie, principalement à la charge des patients, représente un frein important à un bon traitement. Ainsi son coût moyen est de 1050 euros par an et 56 % des ménages avec des personnes atteintes de diabète y consacrent plus de 40 % de leurs revenus.

Il faut urgemment développer des mécanismes innovants de financement de cette politique. Pour que tous les individus aient accès aux services de santé sans encourir de difficultés financières, il est nécessaire que le diabète et les maladies chroniques soient inclus dans le panier de soins de la couverture santé universelle mentionnée dans les objectifs de développement durable des Nations unies afin que celle-ci ne soit pas limitée à l’aide médicale obligatoire (AMO) et au Ramed qui ne couvrent que 17 % de la population malienne.

CO-FinSan4

Pérennité d’un projet-pilote de financement basé sur les résultats : étude de cas dans la région de Koulikoro au Mali

Seppey M., Ridde V., Touré L., Coulibaly A.

Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (IRSPUM), Pavillon 7101, avenue du Parc CP 6128, H3C 3J Montréal (Québec), Canada

math.seppey@gmail.com

Mots-clés : pérennisation, financement de la santé, résultats, Afrique, gestion de projet

Contexte. Le financement basé sur les résultats (FBR) est un type de financement de plus en plus utilisé dans les systèmes de santé en Afrique. Au Mali, un projet pilote de FBR a été implanté avec l’aide d’ONG internationale afin d’améliorer l’offre et la qualité des soins, en ciblant des services payés à la performance. Aucune étude n’a encore été publiée pour comprendre le processus de pérennisation d’un tel programme en Afrique ou pour évaluer la pérennité de ses résultats; ceci étant le but de la recherche et de cette communication.

Méthodologie. La pérennisation a été analysée à travers ses différents déterminants, phases, niveaux et contextes. Ces composantes ont été explorées par différents événements critiques permettant d’obtenir une notion partagée par les différentes parties prenantes de ce qu’est la pérennité du projet. Six centres de santé communautaire et deux centres de référence ont été choisis comme sites suivant différents critères : contexte rural/urbain, niveau de participation au projet, roulement du personnel, etc. Quarante-neuf entretiens ont été conduits avec les différentes parties prenantes (prestataires de soins, gestionnaires, membres de la direction et du projet) à divers niveaux administratifs (aires de santé, district, régional et national). Une analyse thématique suivant un cadre conceptuel de la pérennité a été effectuée à l’aide du logiciel QDA Miner.

Résultats. Les résultats montrent que le niveau de pérennité du projet est faible pour plusieurs raisons. Concernant les déterminants de pérennité, l’investissement de ressources s’est arrêté à la fin du projet, peu de partage culturel se déroulait autour du FBR, peu de nouvelles tâches ont perduré et le projet n’était pas totalement adapté/approprié pour/par tous les acteurs. Peu d’événements critiques permettent de retracer les différentes phases de pérennisation, cependant, un manque de planification au niveau de la pérennité du projet est constaté.

Discussion. Des questions peuvent donc être posées quant à l’approche par projet et les gains potentiels qui pourraient être effectués grâce à une meilleure compréhension et opérationnalisation du concept de pérennité. L’efficience de la motivation des agents de santé par des primes de résultats devrait aussi être évaluée en comparaison avec d’autres types de motivation tels qu’une meilleure supervision ou une amélioration du milieu de travail et du milieu de vie de ces agents de santé.

Session Médecine tropicale

CO-MedTrop1

Évaluation nutritionnelle des personnes vivant avec le VIH sous thérapie antirétrovirale bénéficiaires de l’assistance alimentaire sur ordonnance (Bangui, RCA, janvier-juin 2016)

Zarambaud Bohy-Ngombet R.-G., Lahaye F.-M, Delmont J.

Université Senghor, 1, place Ahmed Orabi, EL Mancheya, BP 415, 21111 Alexandrie, Égypte

rzarambaud@yahoo.fr

Mots-clés : PVVIH, traitement antirétroviral, assistance alimentaire, Bangui, République centrafricaine

Contexte. L’insécurité alimentaire et la malnutrition constituent un des obstacles au succès thérapeutique des PVVIH dans les pays à ressources limitées. L’assistance alimentaire sur ordonnance est intégrée dans la prise en charge globale de ces PVVIH en Centrafrique. Cependant, peu d’études ont été réalisées sur les effets bénéfiques de cette aide alimentaire. Le but de notre étude était d’évaluer l’état nutritionnel et immunologique des bénéficiaires de l’assistance alimentaire sur ordonnance à Bangui.

Méthode. Étude rétrospective sur dossiers des PVVIH adultes malnutris sous thérapie antirétrovirale (TAR) supplémentés pendant six mois avec du mélange de farine de soja et maïs enrichie en micronutriments (CSB++), du sucre et de l’huile. Nous avons évalué l’indice de masse corporelle, la proportion de l’anémie et des lymphocytes TCD4 ainsi que les facteurs sociodémographiques associés à la malnutrition. L’analyse des données était faite avec le logiciel Epi-info 7.

Résultats. Au total, 316 patients ont été inclus dans l’étude avec une moyenne d’âge de 37 ans (+/- 7 déviation standard) et 79 % de femmes. Six mois après l’assistance alimentaire, la proportion de la maigreur était passée de 84 % à 42 % et celle des sujets anémiques était passée de 83 % à 52 % avec une différence statistiquement significative (p < 10-6).

Au bout de six mois d’assistance alimentaire, le genre masculin était significativement associé à la malnutrition chez les PVVIH de notre série (p = 0,04).

Conclusion. L’assistance alimentaire améliore l’état nutritionnel clinique des PVVIH sous TAR. Le traitement étiologique de l’anémie est un facteur important à ce succès nutritionnel. Des études de cohorte pour analyser l’impact de l’assistance alimentaire sur les paramètres biochimiques de l’état nutritionnel, de l’état immunitaire ainsi que de la qualité de vie des PVVIH sous TAR à Bangui-RCA permettront d’apporter des informations plus élaborées sur les effets bénéfiques de cette supplémentation alimentaire.

CO-MedTrop2

Les manifestations neurologiques de la leptospirose : étude prospective de 25 cas

Afiri M., Amara_Korba A., Aid Kaid D.

Service des maladies infectieuses, CHU Nedir Mohamed, Tizi-Ouzou, Algérie

drafiri@yahoo.fr

Mots-clés : leptospirose, atteinte neurologique, MAT, L. icterohaemorrhagiae

Objectif. La leptospirose présente un large spectre de manifestations cliniques depuis le syndrome pseudo-grippal de bon pronostic, jusqu’à l’atteinte pluriviscérale dont la forme clinique typique est le syndrome de Weil. L’atteinte neurologique est fréquente, polymorphe et indépendante du sérogroupe. Cette étude avait pour objectifs de décrire les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, radiologiques et évolutives de 25 cas de leptospirose avec atteinte neurologique.

Patients et méthode. Il s’agit d’une analyse prospective des données épidémiologiques, cliniques, radiologiques et évolutives de 25 patients pris en charge au sein du service des maladies infectieuses du centre hospitalier universitaire de Tizi-Ouzou pour leptospirose avec atteinte neurologique, du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2013. La certitude diagnostique était sérologique par le « microagglutination test » (MAT).

Résultats. Le sex ratio H/F était de 1,5, l’âge moyen de 38 ans (14-75). Les circonstances de contamination étaient professionnelles chez 8 patients (éleveur de bovins, n = 3, ouvrier des sablières, n = 3, agriculteur, n = 2), indéterminées mais potentiellement liées à des activités de jardinage (n = 13), à la récolte des olives (n = 1) et récréatives (bains en rivière, n = 3).

Le début était brutal marqué par une fièvre constante, associée à un syndrome algique diffus dans 24 % des cas (n = 6). Nous avons colligé 12 méningites (48 %), 5 méningo-encéphalites (20 %), 6 encéphalites (24 %) et 2 paralysies faciales périphériques (8 %). Le sérogroupe icterohaemorrhagiae prédominait (n = 12). Sous traitement, l’évolution était favorable dans 92 % des cas (n = 23). Le taux de létalité était de 8 % (n = 2).

Conclusion. Le diagnostic de leptospirose doit être évoqué au cours de manifestations neurologiques évoluant dans un contexte fébrile et myalgique, qu’il s’agisse de méningite, d’encéphalite ou de méningo-encéphalite.

CO-MedTrop3

Évaluation du risque de paludisme urbain par utilisation d’un indicateur immuno-épidémiologique: biomarqueur salivaire d’exposition de l’homme aux piqûres des anophèles

Traoré D.-F., Sagna A., Zoh D., Asssi S.- B., N’Cho K.-B., Poinsignon A., Adja A.-M., Dagnogo M., Remoué F.

Institut Pierre Richet, Institut national de santé publique, 01 BP 1500, Bouaké 01, Côte d’Ivoire

francois-dipomin.traore@ird.fr

Mots-clés : paludisme, biomarqueur, exposition, salive, anticorps

Le paludisme urbain peut être aujourd’hui considéré comme un problème de santé publique « émergent » et son évaluation et son suivi sont ainsi essentiels dans l’objectif d’une lutte efficace contre le paludisme. L’objectif de cette étude est d’évaluer le niveau d’exposition des populations humaines aux piqûres d’anophèles, donc du risque de paludisme, dans la ville de Bouaké, Côte d’Ivoire, par l’utilisation d’un biomarqueur immuno-épidémiologique. Ce biomarqueur, précédemment validé par de nombreuses études dans différents contextes épidémiologiques de paludisme, est basé sur la mesure quantitative de la réponse anticorps (Ac) spécifique à un peptide de la salive d’Anopheles (gSG6-P1) chez les individus exposés.

Deux études transversales pluridisciplinaires ont été réalisées dans 3 quartiers de la ville de Bouaké (Kennedy, Dar-es-salam, N’Gattakro) durant deux périodes supposées différentes dans la transmission du paludisme : saison des pluies (août 2014) puis saison sèche (mars 2015). À chaque période, des données entomologiques (taux d’agressivité des moustiques Anopheles) et sociologiques (questionnaire) sont recueillies. Les prélèvements de sang collectés chez les enfants de 6 mois à 14 ans (n = 801) ont permis d’effectuer les dosages immunologiques (Elisa) des Ac IgG dirigés contre le peptide salivaire gSG6-P1.

En saison des pluies, le niveau des réponses IgG anti-gSG6-P1 de l’ensemble des individus était significativement plus élevé que celui observé en saison sèche (p < 0,0001) et aucune différence significative n’a été obtenue entre les quartiers. En revanche, en saison sèche, le niveau des IgG spécifiques variait en fonction des quartiers et selon la tranche d’âge (p = 0,029, enfants de 0-14 ans et p = 0,001, enfants < 5 ans).

L’utilisation du biomarqueur salivaire a permis de révéler une forte exposition aux anophèles, donc au risque de paludisme, en milieu urbain de Bouaké et ceci aussi bien en saison des pluies qu’en saison sèche. En saison sèche, cette exposition aux vecteurs du paludisme, semble également dépendre du quartier urbain ce qui suggère que, au sein d’une même ville, les risques de paludisme pourraient être variables selon les quartiers d’habitation. Le biomarqueur salivaire constitue un outil pertinent qui pourrait orienter les campagnes de lutte en milieu urbain vers les quartiers les plus à risque de paludisme.

CO-MedTrop4

Épidémie de toxoplasmose dans les forces armées en Guyane

Pommier de Santi V., Simon S., Pottier E., Demar M.-P., Boukhari R., Berlioz-Arthaud A., Dardé M.-L., Briolant S.

Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées (Cespa), BP 40029 13568 Marseille cedex 02, France

v.pommierdesanti@gmail.com

Mots-clés : épidémie, Toxoplasma gondii, Guyane, militaires

Introduction, objectif. Une épidémie de toxoplasmose a touché de juin à août 2012 une compagnie de militaires en forêt guyanaise. L’hypothèse d’une source d’exposition commune et persistante a été avancée. Nous présentons les résultats de l’enquête épidémiologique et environnementale conduite.

Matériel et méthode. Une enquête de cohorte rétrospective avec sérologie systématique a permis d’identifier tous les sujets réellement exposés. Des inoculations sur souris ont été réalisées pour isoler puis typer la souche de Toxoplasma gondii. Une enquête environnementale a été menée pour identifier par PCR T. gondii sur des échantillons du site en forêt.

Résultats. L’épidémie a touché trois sections sur quatre déployées successivement sur le site. Le taux d’attaque était de 28 pour 100 (22/78). Un malade a présenté une atteinte viscérale, une péricardite. Les inoculations sur souris n’ont pas permis d’isoler T. gondii.

Au total 31 % (24/78) des sujets ont été exposés : 21 primo-infections, 1 réinfection symptomatique, 2 réinfections asymptomatiques. En analyse multivariée, les facteurs de risque identifiés étaient un contact direct avec des chats (OR = 6,0 [1,6-23,0]) et la consommation de gibier (OR = 3,8 [1,3-11,2]). Les analyses environnementales ont permis de retrouver de l’ADN de T. gondii dans l’eau prélevée au fond du puits de forage et dans du sable. Un microsatellite en faveur d’une souche atypique de T. gondii a été retrouvé.

Conclusion. L’épidémie est probablement liée à la consommation de gibier et à la présence d’une portée de chatons sur le site. Ces derniers ont contaminé secondairement l’environnement par leurs excrétas. L’ampleur et la sévérité de l’épidémie sont en faveur d’une souche atypique amazonienne de T. gondii.

CO-MedTrop5

Trente ans de leishmaniose cutanée dans le foyer de Tadla-Azilal, Maroc. Étude rétrospective et analyse du risque

Abou-Elaaz F.-Z., Bouhout S., Benka A., Bahi L., Himmi O., Riyad M., Sereno D., Maaroufi A., Guernaoui S.

Équipe de recherche pour la gestion des zones humides, Institut scientifique de Rabat, Université Mohammed V, Rabat, Maroc

fatimazohraa78@gmail.com

Mots-clés : Leishmaniose, Leishmania tropica, foyer épidémique, risque, Maroc

La leishmaniose cutanée (LC) due à Leishmania tropica est largement répandue au Maroc. Le premier cas de cette parasitose a été enregistré, en 1987, chez un enfant marocain vivant en France, ayant séjourné à Tanant (Province d’Azilal, Centre du Maroc) (Marty et al., 1989). Depuis, la région de Tadla-Azilal constitue toujours un foyer endémique avec des flambées épidémiques récurrentes. Selon les dernières statistiques disponibles, 512 cas de LC y ont été enregistrés en 2015.

Nous avons donc décidé de retracer l’histoire de la maladie afin d’analyser le risque de flambées épidémiques de LC dans ce foyer important du Centre marocain. Les données brutes ont été fournies par la Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies (DELM) à Rabat. Dans cette région, 3883 cas de LC ont été diagnostiqués par les services de santé marocains entre 2009 et 2015. Nous remarquons qu’il existe une différence de distribution des cas selon le sexe du patient. En effet 53,97 % des cas touchent les femmes, la différence entre les deux sexes étant statistiquement significative (p < 0,05).

Par contre, nous n’observons pas de différence liée à la structure d’âge chez les patients des deux sexes. Enfin la fréquence de la maladie varie nettement, au sein d’une même localité, d’une année à l’autre.

Nous observons une saisonnalité des cas de LC. En effet, dans les zones montagnardes, les manifestations cliniques sont enregistrées sur deux périodes ; de décembre à mars et d’avril à juin. Par contre, dans le Piémont, les cas de LC sont diagnostiqués uniquement de décembre à juin. Enfin nous observons que la dynamique spatio-temporelle des cas de LC est associée à une propagation de ces cas depuis les zones montagnardes vers le piémont.

CO-MedTrop6

Étude critique de dix années de lutte dans deux importants foyers de bilharziose urinaire en Basse-Casamance au Sénégal : moyens mis en œuvre, résultats

Basset D., Basset A., Stengel C., Frutoso M.-F., Massie M.-S., Badiane F.

Actions médicales Kassoumaye (AMK), 13 avenue des Pyrénées, 31280 Mons, France

dbasset@dbmail.com

Mots-clés : bilharziose urinaire, Casamance, dépistage, traitement, éducation pour la santé

La découverte d’un grand nombre d’hématurie macroscopique a conduit au démarrage d’un dépistage massif des enfants de 6 à 14 ans dans les villages du département d’Oussouye, en Basse-Casamance au Sénégal, afin d’en affiner la prévalence. Le dépistage et le traitement des cas positifs se sont déroulés en deux étapes, de 2001 à 2005 puis de 2010 à 2015. Confirmant les études menées en 2003 par les autorités sénégalaises, la prévalence globale (16 %) était assez faible dans ce département. Par contre, une très forte prévalence a été identifiée dans deux gros villages, Diembering et Cabrousse, respectivement 45,60 et 67,44 %, avec une dynamique de transmission élevée (incidence de 26 %) entre deux saisons des pluies, période de transmission.

La méthode de dépistage choisie a été la bandelette colorimétrique en ne tenant compte que des dépistages supérieurs à une croix et en ne tenant pas compte des jeunes filles en période de règles. Le traitement-minute était basé sur le praziquantel à la dose d’un comprimé pour 15 kg de poids ; une campagne d’éducation expliquant la transmission était associée. La reconstruction d’un poste de santé a permis l’installation d’un laboratoire de brousse et d’affiner nos résultats. La récolte des mollusques a permis d’identifier Bulinus truncatus comme hôte intermédiaire. Les résultats des 5 premières années ont montré une diminution des deux tiers de la prévalence (15,48 % et 30,28 % respectivement).

La lutte a été reprise en 2010 montrant que l’absence d’intervention pendant cinq années avait, sans surprise, permis une augmentation de la prévalence à 26,69 % et 49,81 % respectivement, le taux de transmission ayant peu évolué (24 %). La reprise de la lutte a été décidée en associant, cette fois, une plus importante campagne de communication pour changer les comportements sous forme de saynètes, de jeux de carte, de chansons et de concours de dessin.

Il a fallu tenir compte de la forte tradition des Diolas, ethnie majoritaire de la région pour mieux comprendre leur perception envers cette maladie. Cette dernière est en lien étroit avec un fétiche guerrier, le « Kataf » du javelot.

Bien que fragiles, les résultats de cette deuxième campagne ont été spectaculaires, abaissant la prévalence à 12,74 % à Diembering et 7,03 % à Cabrousse, renforcés depuis 2013 par la campagne de traitement de masse par les autorités sanitaires sénégalaises.

CO-MedTrop7

Épidémiologie du choléra pédiatrique en Haïti sur la période 2010-2016

Osei L., Rebaudet S., ArunaAbedi A., Barrais R., Boncy J., Lucien A., Edwige M., Gaudart J., Beaulieu S., Bulit G., Delaigue S., Moore S., Piarroux R.

UMR MD3, 27, boulevard Jean-Moulin, CS 30064, 13385 Marseille cedex 5, France

lindsay.osei@gmail.com

Mots-clés : choléra, enfants, Haïti, épidémiologie

Une épidémie de choléra s’est déclarée en Haïti en octobre 2010 suite à l’introduction de cette bactérie par un contingent de casques bleus en provenance du Népal, pays alors frappé par une importante épidémie. Peu de données sont disponibles dans la littérature sur l’épidémiologie du choléra chez les enfants de moins de 5 ans et peu d’études ont porté sur l’impact spécifiquement pédiatrique du choléra. L’objectif de notre étude est de décrire la situation épidémiologique du choléra entre octobre 2010 et décembre 2016, notamment chez les patients de moins de 5 ans.

Méthode. Étude épidémiologique sur registres de cas suspects de choléra (cohorte historique). Les données étudiées sont cliniques (nombre de cas et décès), biologiques (cultures de Vibrio cholerae), de pluviométrie et démographiques. Cette étude s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le ministère de la Santé publique et de la population haïtien, Unicef Haïti et l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille pour la lutte contre le choléra.

Résultats.Au 31 décembre 2016, 818 589 cas suspects ont été déclarés au niveau national. La proportion d’enfants de moins de 5 ans entre février 2011 et décembre 2016 est de 17,67 % (102 173 cas suspects sur 579373). Le taux de positivité des cultures est inférieur pour les patients de moins de 5 ans (39,52 % vs 59,67 %) avec un taux d’échantillonnage de cultures comparable. Le taux de létalité est également inférieur chez les patients de moins de 5 ans (0,50 % vs 0,92 %). Nous présenterons également des résultats de la distribution hétérogène des cas sur au niveau spatial et temporel, ainsi que les zones de persistance des cas de choléra lors des périodes de faible transmission.

CO-MedTrop8

Transmission résiduelle du paludisme à Saharevo sur les marges est des hautes terres de Madagascar

Ravaoarisoa E., NoroRaholimalala E., Raherinjafy R., Andriamiandranoro T., Jahevitra M., Razanatsiorimalala S., Andrianaranjaka V., Randrianarivelojosia M.

Institut Pasteur de Madagascar, BP 1274, AmbatofotsikelyAvaradoha, Antananarivo (101), Madagascar

Elisa@pasteur.mg

Mots-clés : PfCSP, transmission résiduelle, paludisme, Saharevo, Madagascar

À Madagascar, le paludisme est hypoendémique dans les marges des hautes terres centrales. Le recours à la sérologie est indiqué dans ces zones pour compléter les indicateurs parasitologiques pour la surveillance épidémiologique du paludisme. Ainsi, après l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides et de la combinaison artésunate + amodiaquine recommandée par la politique de lutte contre le paludisme depuis 2006, nous avons évalué l’intensité de la transmission des plasmodies à Saharevo, sur le versant Est des marges des hautes terres centrales. Le dépistage de l’infection plasmodiale chez les villageois a été effectué de 2009 à 2012. Parmi les 1023 échantillons analysés, aucune infection plasmodiale n’a été détectée ni par le test de diagnostic rapide sur site, ni en laboratoire par la microscopie, ni par PCR en temps réel (0 % [IC95 %: 0-0, 47]). Ces résultats démontrent une diminution drastique de la transmission de Plasmodium dans ce village en tenant compte des résultats de 1994 à 2005. Sur les échantillons de sang collectés de 2009 à 2012, la présence des anticorps contre Plasmodium falciparum circumsporozoïte (PfCSP) a été détectée par Elisa. Le taux de séropositivité était de 18 % à 21 %. La médiane de la réponse dirigée contre PfCSP, exprimée en unité arbitraire, était proportionnelle à l’âge (p < 0,001 ; test de Kruskal-Wallis). La séroprévalence étant de 1 % [IC95 % : 0, 17-3, 9] chez les enfants de moins de 5 ans, de 4 % [IC95 % : 2,2-6,2%] chez les 5 à 15 ans et de 36 % [IC95 % : 31,2-40,7%] chez les plus de 15 ans, nos résultats confirment la baisse de transmission de Plasmodium dans le village. Cependant, les villageois de plus de 15 ans, qui effectuent fort probablement des déplacements hors du village semblent être exposés à des piqûres infectantes d’anophèles. La méthode sérologique pour la surveillance de la transmission résiduelle du paludisme dans les marges des hautes terres demeure utile et utilisable pour mieux surveiller le risque de retour du paludisme dans ces zones à Madagascar.

CO-MedTrop9

Hétérogénéité de l’infection plasmodiale dans le district de Mananjary, dans une région d’hyper endémie de paludisme à Madagascar

Randriamiarinjatovo D., Andrianaranjaka V., Rabearivony A., Raholimalala E.-N., Raherinjafy R., Ratovoson R., Ravaoarisoa E., Randrianarivelojosia M.

Institut Pasteur de Madagascar, BP 1274, AmbatofotsikelyAvaradoha, Antananarivo (101), Madagascar

vandrianaranjaka@pasteur.mg

Mots-clés : sud-est de Madagascar, Mananjary, paludisme, taux d’infection, Plasmodium

Dans la région de la côte sud-est de Madagascar, où se trouve le district de Mananjary, la transmission de Plasmodium est pérenne et plus intense par rapport au reste du pays. Au cours des cinq dernières années, différents foyers d’épidémie de paludisme ont été identifiés dans cette région. Afin d’améliorer la stratégie de lutte, nous menons une étude pour mesurer l’efficacité de la prise en charge à domicile du paludisme à Mananjary. Un dépistage actif de l’infection plasmodiale a été effectué auprès des villageois dans 10 communes, au début de l’étude, pendant la période de pluie de décembre 2016 à févier 2017. Sur les 3887 premières analyses effectuées sur les 5214 échantillons collectés, la proportion de TDR positif était de 6 % [IC 95 % : 5,5-6,8 %]. La prévalence de l’infection plasmodiale mesurée par PCR était de 8,9 % [IC 95 % : 8,1-9,9] et variait de 2,1 % à 16 % selon les communes. Les enfants de 5 à 14 ans ont été les plus infectés. Parmi les 347 infections plasmodiales détectées, 338 (97,4 %) sont à Plasmodium falciparum, 6 (1,7 %) à P. vivax, 2 (0,6 %) à P. malariae et 1 (0,3 %) à P. ovale. La circulation des espèces sensibles au traitement dont P. ovale et P. malariae serait évocateur de la régression dans la lutte contre le paludisme. Nos résultats ont notamment mis en évidence l’hétérogénéité de la prévalence de l’infection plasmodiale dans le district de Mananjary. Ce qui justifie l’option « tester et traiter » pour éliminer le paludisme dans le sud-est de Madagascar. Aussi, la situation du paludisme est alarmante à Mananjary et a priori dans l’ensemble de la région du Sud-Est. Sans les interventions idoines, dont le traitement des cas, la recrudescence du paludisme est à craindre après le passage du cyclone suivi d’une augmentation des précipitations dans la région.

CO-MedTrop10

Faible taux d’infection plasmodiale chez les écoliers à Tsararano (Marovoay, Madagascar) pendant la saison de pluie en 2017

Rabearivony A., Randriamiarinjatovo D., Ndiath O., Rakotondranaivo T., Raholimalala E.-N., Jahevitra M., Raherinjafy R., Andrianaranjaka V., Randrianarivelojosia M.

Institut Pasteur de Madagascar, BP 1274, AmbatofotsikelyAvaradoha, Antananarivo (101), Madagascar

milijaon@pasteur.mg

Mots-clés : infection plasmodiale, paludisme, écoliers, Marovoay

Afin d’évaluer les impacts des stratégies de lutte contre le paludisme à Madagascar, la mesure de l’intensité de transmission des plasmodies est nécessaire. Ainsi, dans le cadre du projet « Diversité génétique des populations anophéliennes à Marovoay », le taux d’infection plasmodiale chez les écoliers à Tsararano a été évalué pendant la période de pluie en mars 2017. La PCR en temps réel a été utilisée pour détecter et identifier les espèces de Plasmodium présentes. Sur les 510 élèves de 5 à 14 ans (moyenne d’âge : 9,9 ± 2,3 ans), consentants et qui ont participé à l’enquête, 10 ont été infectés (1,9 % ; IC95 : 0,1-3,7%) et ces infections ont été tous à Plasmodium falciparum. Ces résultats sont encourageants sachant que l’objectif du gouvernement Malagasy est d’éliminer le paludisme en tant que problème de santé publique. Nos études antérieures ont bien mis en évidence des taux d’infection plasmodiale (mesuré en microscopie) de 20 à 40 % selon les villages dans la pleine de Marovoay lors des enquêtes en population en 1998 – bien avant l’utilisation des moustiquaires à imprégnation de longue durée (MILD) dans la politique nationale de lutte contre le paludisme. Ces résultats de 2017 seront discutés dans notre présentation en tenant compte de la dernière campagne nationale de distribution de MILD et de l’aspersion intra-domiciliaire d’insecticides.

Session Arboviroses

CO-Arbo1

Les moustiques vecteurs d’arboviroses aiment les hommes et leurs villes

Darriet F.

Institut de recherche pour le développement (IRD), UMR Mivegec, 911 avenue Agropolis, BP 64501, Montpellier, France

frederic.darriet@ird.fr

Mots-clés : Aedesaegypti, Aedesalbopictus, arboviroses, villes, pullulation

La dengue, le chikungunya et le Zika sont trois arboviroses transmises à l’homme par les moustiques Aedes aegypti (L.) et Aedes albopictus (Skuse) (Diptera : Culicidae). Deux milliards et demi de personnes vivent dans des régions de fortes endémies de dengue. Ces vingt dernières années, le virus chikungunya a de même étendu son aire d’endémicité à pratiquement toutes les îles et continents de la planète. Depuis 2015, le virus Zika s’est à son tour propagé dans plus de vingt pays en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Ae. Aegypti et Ae. albopictus sont aujourd’hui des moustiques inféodés aux villes et à leurs milliards d’habitants. Les femelles pondent leurs œufs dans une multitude de collections d’eau claires, principalement « hors sol », domestiques et péri-domestiques. La plupart de ces contenants fabriqués puis dispersés par l’homme dans les villes et les campagnes peuvent être éliminés facilement. La destruction mécanique de tous ces petits réservoirs est d’ailleurs une action citoyenne d’autant plus importante à promouvoir que certains d’entre eux contiennent des engrais, dont il a été montré qu’ils généraient une action attractive à l’encontre des femelles de moustiques à la recherche d’un lieu de ponte. Les fertilisants sont utilisés partout, que ce soit en agriculture, horticulture, dans les jardins et les plantes en pot d’intérieur ou d’extérieur. Les collections d’eau qui en renferment sont donc nombreuses et variées mais les soucoupes sous les pots de fleurs sont assurément les récipients les mieux placés pour en receler des quantités attractives pour les moustiques. Les engrais augmentent de surcroît la qualité nutritionnelle des gîtes larvaires en favorisant la croissance des algues et des bactéries. Pour que ces gîtes « à risques » ne produisent donc plus de moustiques, il peut être ajouté à l’engrais qui fertilise les milieux de croissance des plantes, un larvicide chimique (diflubenzuron, pyriproxyfen) ou biologique (spinosad) qui tue les larves dès l’éclosion des œufs. Une mesure de lutte antivectorielle individuelle d’autant plus pertinente que les aires de distribution d’Ae. Aegypti et d’Ae. Albopictus ne cessent de s’étendre à l’ensemble des régions tropicales et tempérées. Les moustiques profitent de la misère humaine et de la pollution des villes et des campagnes pour pulluler et transmettre à l’homme des virus toujours plus virulents. Une constatation pas vraiment réjouissante quand on sait que cinq milliards de personnes vivront dans les villes à l’horizon 2030, soit 62 % de la population mondiale.

CO-Arbo2

Biomarqueur immuno-épidémiologique d’exposition de l’homme aux piqûres des Aedes : du concept aux applications Nord/Sud

Rémoué F., Poinsignon A., Mathieu-Daude F., Boulanger D., Sagna A.

Institut de recherche pour le développement (IRD), UMR Mivegec, 911 avenue Agropolis, BP 64501, Montpellier, France

franck.remoue@ird.fr

Mots-clés : biomarqueur, exposition, Aedes, anticorps, salive

L’étude des relations immunologiques homme-vecteur pourrait aboutir à plusieurs applications pour le contrôle des maladies à transmission vectorielle. En effet, certaines protéines salivaires des arthropodes hématophages peuvent induire une réponse immunitaire spécifique chez des populations humaines exposées aux piqûres d’arthropodes vecteurs. Une hypothèse est que la réponse anticorps (Ac) de l’homme spécifique aux protéines/peptides salivaires totales des Aedes vecteurs pourrait être un biomarqueur épidémiologique mesurant le niveau d’exposition de l’homme aux piqûres de ces vecteurs d’arboviroses.

Des séquences peptidiques, issues d’une protéine salivaire spécifique de Aedes aegypti ont été sélectionnées en combinant une approche immuno-protéomique et bioinformatique, et en tenant compte de : i) leurs propriétés antigéniques potentielles et ii) l’absence de réactivité croisée avec d’autres arthropodes ou organismes. Il a été ainsi évalué par Elisa, les taux des Ac IgG spécifiques anti-peptide salivaire chez les populations dans des contextes différents d’exposition aux Aedes majeurs (Ae. aegypti et Ae. albopictus). À l’heure actuelle, et parmi les peptides identifiés, un seul peptide (N-term-34 kDa) a été validé comme candidat biomarqueur pertinent pour évaluer l’exposition de l’homme aux Aedes, ceci aussi bien au Nord (France) qu’au Sud. Plusieurs études ont démontré les principales applications de ce biomarqueur spécifique : 1) évaluation du risque de transmission des arboviroses dans des contextes urbains et ruraux (Afrique de l’Ouest et Asie du Sud-Est) et 2) mesure de l’efficacité de la lutte anti-vectorielle sur le contact homme-vecteur (Ae. albopictus, Île de la Réunion).

Ce nouveau biomarqueur « salivaire » de l’exposition de l’homme aux piqûres des Aedes pourrait être utilisé comme un indicateur épidémiologique du risque de transmission des arboviroses. Il pourrait également représenter un indicateur direct et individuel pour évaluer l’efficacité des stratégies de lutte anti-vectorielle mise en place contre ce vecteur au Nord et au Sud. Une innovation technologique importante de ce biomarqueur est que cet outil est actuellement dans une étape de développement en test de diagnostic rapide sous forme de bandelette auto-réactive.

CO-Arbo3

Intervention communautaire de lutte contre la dengue à Ouagadougou : théorie d’intervention et fidélité d’implantation

Saré D., Pérez D., Somé P.-A., Kafando Y., Barro A., Ridde V.

Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal (Irspum), Pavillon 7101, avenue du Parc CP 6128, H3C 3J, Montréal (Québec), Canada

dianesare@yahoo.fr

Mots-clés : intervention communautaire, dengue, arbovirose, évaluation de la fidélité, Burkina Faso

Contexte. Alors que la lutte contre le paludisme est au cœur des actions de santé au Burkina Faso, la récente épidémie de dengue implique des interventions nouvelles. Aucune intervention de lutte contre la dengue et son vecteur (Aedes) n’a encore jamais été organisée au Burkina Faso. Cette étude présente la démarche de planification et de mise en œuvre d’une intervention innovante de lutte contre la dengue dans la capitale Ouagadougou.

Intervention. Deux zones ont été retenues pour l’intervention parce qu’elles ont des caractéristiques socio-environnementales comparables en ce qui concerne les maladies fébriles et la présence des vecteurs. Une sélection aléatoire a permis d’assigner l’intervention au secteur 22 et le secteur juvénat a été retenu comme zone contrôle. L’intervention comportait quatre composantes : mobilisation et organisation, planification opérationnelle, action communautaire et suivi/évaluation. La théorie sous-jacente est que l’interaction entre ces composantes permettrait d’améliorer les connaissances de la population sur la dengue et la capacité de la communauté à contrôler les vecteurs et, par conséquent, elle réduirait le fardeau des maladies associées.

Justification du choix des activités. Le choix des activités à mener et la planification opérationnelle ont été faits à partir des données probantes et avec la communauté. La liste des activités retenues était celles jugées acceptables, adaptées et potentiellement efficaces.

Fidélité et adaptation. L’évaluation de la fidélité de l’implantation a été faite en utilisant des données de plusieurs sources, l’observation, l’analyse des documents liés à l’intervention et des entrevues semi-structurées avec les parties prenantes. Les données collectées ont été organisées et analysées à l’aide de QDA Miner. Cette analyse a montré que la majorité des activités planifiées ont pu être réalisées. Les adaptations au contexte ont été faites au niveau de l’exécution et du suivi des activités. La mise en œuvre de l’intervention a été réalisée selon sa théorie originale.

Conclusion. Cette intervention contre la dengue est une première au Burkina Faso. Malgré les difficultés anticipées, elle a pu être réalisée, ce qui démontre sa faisabilité dans le contexte africain.

CO-Arbo4

Dengue : situation actuelle et risque épidémique en Côte d’Ivoire

Akre M., Guindo-Coulibaly N., Adjogoua E.-V., AkranAgbaya V., Kpan M.-D., Assouho K.-F., Kouadio N., Yobo M.-C., Sylla Y., Adou K.- A., Fournet F., Yapi A., Poinsignon A., Rémoué F.

Institut Pierre Richet, Université Felix-Houphouët Boigny, 08 BP 3800 Abidjan 08, Côte d’Ivoire

maurice.akre@ird.fr

Mots-clés : dengue, Aedes, indices stégomyiens, arboviroses, Côte d’ivoire

Introduction. Depuis plusieurs décennies, la santé humaine est menacée par l’apparition de pathologies connues sous l’appellation d’arboviroses qui sont transmis par des moustiques du genre Aedes. En Côte d’Ivoire, ces pathologies continuent de sévir avec des épidémies à répétition de dengue à Abidjan. L’absence de données précises pour une meilleure prise en charge de ces infections nécessite de faire un état des lieux. Ce présent travail envisage d’évaluer le risque de transmission de la dengue par une approche pluridisciplinaire en zones urbaines de la Côte d’Ivoire.

Matériel et méthode. Les enquêtes ont été réalisées à Abidjan, Bouaké et Aboisso. Les investigations entomologiques ont consisté à faire des prospections larvaires dans 100 ménages et à la récolte de moustiques par les méthodes de pondoirs pièges et de pièges-collants. Une évaluation clinique de la prévalence de la dengue a été effectuée chez 750 enfants de 2 à 14 ans et cela par site et à l’aide des TDR et les Elisa. Tous les ménages et les personnes impliquées dans l’étude ont été géoréférencés.

Résultats. Sur l’ensemble des trois villes la faune culicidienne est fortement dominée par la présence d’Aedes aegypti (65 à 100 %). Dans la région d’Abidjan les principaux gîtes larvaires d’Aedes aegypti sont les récipients de stockage d’eau et les pneus, tandis qu’à Bouaké et Aboisso ce sont plutôt les récipients de stockage d’eau et les récipients abandonnés.

À Abidjan, les indices stégomyiens sont élevés. Ces indices sont compris entre 5 et 8 sur l’échelle de densité OMS. À Bouaké les indices sont compris entre 5 et 6, tandis qu’Aboisso ces indices atteignent la valeur de 7 sur l’échelle de densité OMS. Ce qui dénote un réel risque d’émergence d’une épidémie d’arboviroses. Sur un ensemble de 150 enfants fébriles testés à l’aide d’un TDR contre la dengue, 6 étaient positifs en IgG et 1 en Ag NS1 à Abidjan. À Aboisso, 1 cas sur 80 enfants testés a été révélé positif en IgG.

Conclusion. Le vecteur de la dengue est présent, il s’agit de Ae. aegypti, principal vecteur interhumain. Les habitudes et le comportement des populations humaines créent des gîtes et des conditions favorables au développement de Aedes aegypti dans la ville. Les indices stégomyiens et les échelles de densité traduisent l’existence d’une densité d’Aedes aegypti suffisante pour provoquer une flambée épidémique d’arboviroses. Le virus de la dengue est présent et circule en Côte d’Ivoire.

CO-Arbo5

Étude de la circulation de RVF et CCHV (deux virus de fièvres hémorragiques) dans une population pygmée du Cameroun

SimoNemg F.-B., YaongaWansi G.-M., Njouom R., Demanou M.

Centre Pasteur du Cameroun, Yaoundé, Cameroun

demanou811bis@gmail.com

Mots-clés : Elisa, RVF, CCHV, Pygmées, Cameroun

Introduction. Les arbovirus sont les agents responsables d’une morbidité et d’une mortalité significatives chez les humains et les animaux domestiques à l’échelle mondiale. Bien qu’il existe plusieurs types de cycles de vie, de nombreux arbovirus ont essentiellement un cycle selvatique. Les Pygmées sont les premiers habitants de la forêt. Au Cameroun, très peu de données existent sur les arbovirus chez les Pygmées. Depuis 2004, le centre Pasteur du Cameroun (CPC) est le laboratoire de référence pour la surveillance de la fièvre jaune. Et en 2013, le CPC a lancé le premier projet de surveillance sentinelle des arbovirus. Cependant, toutes ces activités de surveillance n’impliquent pas les populations pygmées, qui visitent rarement les hôpitaux et dont le mode de vie augmente le risque d’exposition aux arbovirus.

Objectif. Évaluer l’endémicité des Bunyaviridae tels que le virus de la fièvre de la vallée du Rift (RVF) et le virus de la fièvre hémorragique de Crimée Congo (CCHF) dans la population pygmée du Cameroun.

Matériel et méthode. Une étude transversale a été menée dans différents camps pygmées au Cameroun entre 2005 et 2010. Des échantillons de sérum provenant de volontaires ont été recueillis et les sérums ont été préparés par centrifugation. Au total, 137 échantillons obtenus à partir des Pygmées Baka ont été inclus dans cette étude. Ces sérums ont été testés pour la détection des immunoglobulines G (IgG) anti-CCHF et anti-RVF; en utilisant respectivement la technique Elisa-Sandwich et Elisa indirect du National Institute of Communicable Diseases (NICD) d’Afrique du Sud.

Résultats. Sur les 137 échantillons de sérum testés, 17 (12,4 %) étaient positifs aux anticorps IgG anti-RVF, et 6 (4,4 %) étaient positifs aux anticorps IgG anti-CCHF synonymes d’infections anciennes de ces personnes par ces arbovirus. En outre, 2 (1,46 %) sérums étaient positifs en anticorps anti-CCHF et anti-RVF suggérant une réactivité croisée entre ces deux virus.

Conclusion. Les Bunyaviridae sont endémiques dans les camps pygmées au Cameroun et nous rappellent qu’il faut prendre en considération cette population négligée lors de la mise en œuvre des activités de santé publique au Cameroun. Nous recommandons qu’une surveillance clinique et virologique des infections par les arbovirus chez les Pygmées soit envisagée afin d’isoler et de caractériser les souches circulantes.

CO-Arbo6

Description clinique du tableau Zika, étude de cohorte ZIFAG

De Laval F., d’Aubigny H., Labrousse T., Matheus S., Rousset D., Briolant S.

Base de Défense de Guyane, Direction interarmées du service de santé en Guyane, Quartier La Madeleine, CS 56019, 97306 Cayenne cedex, France

f_de_laval@hotmail.com

Mots-clés : ZIKV, Zika, tableau clinique, qualité de vie, Guyane

La maladie à virus Zika (ZIKV) est principalement exprimée par un syndrome dengue-like (fièvre, éruption cutanée, douleur), parfois avec des complications neurologiques (syndrome de Guillain-Barré) ou des malformations fœtales en cas d’infection pendant la grossesse.

Nous avons réalisé une étude de cohorte longitudinale d’un an avec un suivi rapproché des patients infectés par ZIKV (ZIKV RT-PCR positive sur sang ou urine). L’objectif était d’améliorer la description des caractéristiques cliniques et biologiques de la maladie au cours de sa phase aiguë et d’évaluer ses conséquences sur la qualité de vie pendant la première année.

Quarante-huit patients ont été inclus (sex ratio = 4, âge moyen = 38, absence de comorbidité). Les premiers résultats après neuf mois de suivi ont mis en évidence que la période clinique aiguë était plus longue que celle déjà décrite. Les durées moyennes de l’éruption cutanée et de l’asthénie étaient de 12 et 18 jours. Certains patients souffraient de signes cliniques persistants (principalement des arthralgies) pendant plusieurs semaines. Aucune complication n’a eu lieu. Six patients avaient une perturbation biologique mineure (lymphopénie ou perturbation hépatobiliaire). Finalement la qualité de vie n’a pas diminué.

CO-Arbo7

Fièvre de la vallée du Rift, du Mali à l’Europe

Tong C., Javelle E., Dia A., Letourneur F., Dubourg R., Comby F., Grau M., Brosier C., Briolant S., Leparc-Goffart I., Pommier de Santi V.

Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées (Cespa), BP 40029, 13568 Marseille cedex 02, France

tong.christelle@gmail.com

Mots-clés : fièvre de la Vallée du Rift, Mali, PCR, importation, militaires

Contexte. Dans un contexte d’épidémie de Fièvre de Vallée du Rift (FVR) au Niger, le Centre national de référence des arbovirus a alerté le 26 octobre 2016 le Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées sur un cas probable de FVR chez un militaire français déployé à Abeïbara au Mali. Manquant de spécificité, le diagnostic, posé par PCR (Polymerase Chain Reaction) sur papier buvard, nécessitait une confirmation sérologique.

Matériel et méthode. Les objectifs de l’investigation étaient de confirmer le cas probable, rechercher d’autres cas et identifier des facteurs d’exposition au virus. Une recherche active autour du cas probable et une enquête transversale parmi les régiments exposés avec prélèvements sanguins et questionnaires ont été réalisées.

Résultats. Le cas probable a été infirmé par une sérologie FVR négative. Trois militaires ont été confirmés positifs parmi les six cas suspects. Les deux premiers, déployés à Abeïbara, avaient présenté mi-septembre un syndrome dengue-like pendant plusieurs jours. Le virus a été détecté dans leur sang total jusqu’à 67 jours après la date de début des signes (DDS). Le troisième cas, resté à Gao, a été symptomatique le 4 octobre. Aucun contact direct avec des animaux ni consommation de viande locale n’ont été rapportés pour le premier et le troisième cas, contrairement au second qui avait touché et consommé de la chèvre. Tous trois ont rapporté une exposition vectorielle.

L’enquête transversale a inclus 99 sujets. Aucune infection récente au virus de la FVR n’a été retrouvée. Leurs principales expositions à risque en septembre et octobre étaient la présence d’animaux autour ou dans le camp (98 % des sujets), une exposition vectorielle (85 %), la consommation de viande locale (72 %), l’abattage d’un animal (28 %).

Conclusion. Cette étude décrit pour la première fois des cas humains de FVR au Mali, confirmant la circulation du virus dans ce pays. Pour ces cas, l’hypothèse d’une transmission vectorielle est possible de même que celle par contact avec des animaux infectés. La persistance du virus dans le sang total plus de deux mois après la DDS fait craindre un risque d’importation dans des pays indemnes, dès lors que des vecteurs compétents y sont présents.

CO-Arbo8

Épidémie de la fièvre de la vallée du Rift au Niger en 2016 : véritable défi pour les laboratoires

Lagare A., Sani O., Alkasoum I., Ali Elh M., Bassira I., Sambo M., Sidikou F., Zaneidou M., Bello M., Kadadé G., Testa J., Mainassara H.

Cermes, 634 bd de la nation, BP 10887, Niamey, Niger

lagare@cermes.org

Mots-clés : fièvre de la vallée du Rift, Niger, Elisa, rRT-PCR

Introduction. La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une arbovirose zoonotique qui sévit en Afrique subsaharienne et dans la péninsule arabique. Le virus de la FVR (VFVR) est transmis soit par la piqure de moustiques, soit par contact avec des produits biologiques provenant des animaux infectés. L’infection se caractérise chez les animaux par des avortements et une mortalité élevée des petits. Chez les humains, la maladie est le plus souvent asymptomatique. En septembre 2016, le Niger a déclaré pour la première fois des foyers de la FVR dans la région de Tahoua particulièrement dans le département de Tchintabaraden situé sur la frontière Nord avec le Mali.

Méthode. Des échantillons de sang prélevés chez les cas suspects humains et animaux ont été confirmés avec l’expertise de l’institut Pasteur de Dakar (IPD). À la suite d’un transfert de technologie de l’IPD, le Centre de recherche médicale et sanitaire (Cermes) et le Laboratoire central d’élevage (Labocel) ont continué d’assurer le diagnostic. Les techniques de confirmation des cas étaient l’Elisa et la rRT-PCR. En plus des tests différentiels pour la recherche d’autres virus responsables des fièvres hémorragiques, le séquençage des segments S et M du VFVR a été réalisé par l’IPD.

Résultats. Au total 399 cas suspects humains ont été prélevés entre août et décembre 2016 dont 17 cas (4,3 %) ont été confirmés positifs au VFVR. Parmi les cas confirmés, 65 % étaient de sexe masculin et l’âge moyen était de 32 ans (IC = 0,95). Les résultats des tests différentiels n’ont révélé aucun cas positif. Au total, 33 cas de décès humains (8,3 %) ont été enregistrés. Sur 6 prélèvements animaux, 3 ont été confirmés positifs au VFVR par l’IPD. Les analyses des séquences ont révélé une similarité entre les souches du Niger et celles qui avaient circulé au Sénégal en 2014 et en Mauritanie en 2015.

Conclusion. Cette première épidémie de la FVR a été un grand défi en termes de diagnostic biologique. En plus des cas de décès humains, des pertes importantes dans le cheptel ont été enregistrées. Les multiples actions de riposte avec l’appui des partenaires, notamment la prise en charge précoce des cas humains et la campagne de vaccination du cheptel ont permis de stabiliser l’évolution de la maladie. Cependant, la vigilance doit être de mise à travers les stratégies de contrôle des vecteurs et une surveillance active de la maladie chez les animaux.

CO-Arbo9

Facteurs de risque de la dengue sévère au Burkina Faso

Sondo K.-A., Diendéré E.-A., Zoungrana J., Poda A., Gnamou A., Sawadogo G., Ouédraogo S.-M., Ouédraogo Traoré R.

Service des maladies infectieuses et tropicales, CHU Yalgado Ouédraogo, Ouagadougou, Burkina Faso

sondoapoline@yahoo.fr

Mots-clés : dengue sévère, âge, dengue primaire, hypertension artérielle, drépanocytose

La dengue est l’arbovirose la plus répandue et la plus fréquente dans le monde et représente de nos jours un réel problème de santé publique. Cependant, il s’agit jusque-là d’une maladie insuffisamment connue et les facteurs de risque des formes sévères restent toujours l’objet de controverses. À l’instar d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le Burkina Faso a rapporté des épidémies successives depuis 2013.

L’objectif de ce travail a été d’étudier la prévalence des cas de dengue par gravité (classification OMS) et les facteurs associés à la dengue sévère chez les patients diagnostiqués et prise en charge à Ouagadougou.

Les patients ont été recrutés dans 15 centres de santé (hôpitaux de districts, CHU et structures de santé privées) qui disposaient de tests de diagnostic rapide de la dengue (SD Bioline). Tous les patients pris en charge pour une dengue confirmée sur la base d’un TDR rapportant les 3 marqueurs antigéniques et sérologiques (AgNS1, IgM et IgG) ont été inclus dans cette étude transversale descriptive et analytique. L’étude a duré 15 mois, de novembre 2015 à janvier 2017.

Huit cent trente-cinq (835) patients ont été inclus. On notait une prédominance masculine (51,7 %) et le sex ratio était de 1,07. Le pic de l’épidémie a été observé au mois de novembre 2016 (38,5 % des patients). L’âge s’étendait de 1 à 83 ans avec une médiane à 30,5 ans ; 93 patients (11,4 %) étaient âgés de moins de 15 ans, 662 patients (80,8 %) avaient un âge compris entre 16 et 60 ans. Deux cent soixante-douze (33,5 %) patients ont présenté une dengue sans signes d’alerte, 539 patients (66,5 %) ont présenté une dengue avec des signes d’alerte et pour 245 patients (30,2 %), une dengue sévère a été notifiée. Vingt-quatre patients (9,8 %) sont décédés. En analyse univariée, l’âge supérieur à 15 ans (OR = 3,50 [1,77-6,92]), le sexe masculin (OR = 1,91 [1,40-2,60]) la drépanocytose (OR = 2,79 [1,27-6,14]), l’HTA (OR = 2,78 [1,70-4,55]), la dengue primaire (OR = 2,27 [1,14-4,48]) sont des facteurs associés à la dengue sévère. Ces mêmes facteurs apparaissaient indépendamment associés à la dengue sévère après ajustement sur les autres caractéristiques démographiques et de santé. La prise d’AINS, la co-infection avec un paludisme, la présence d’un diabète n’étaient pas associés à la survenue de formes sévères.

Ces données permettront d’identifier les patients présentant des facteurs de risque de gravité de la maladie et contribueront à réduire le nombre de décès lié à cette maladie.

CO-Arbo10

Épidémie de Zika dans les territoires français d’Amérique : bilan de la surveillance

Ledrans M., Andrieu A., Ardillon V., Aubert L., Barrau M., Carvalho L., Cassadou S., Daudens-Vaysse E., Dorléans F., Emeville E., Gay N., Gentil C., Petit-Sinturel M., Suivant C., Diavolo A., Quet F., Six C.

Santé publique France, CIRE Antilles, ZAC de l’Etang Z’Abricot, Pointe des Grives, CS 80656, 97263 cedex, France

caroline.six@santepubliquefrance.fr

Mots-clés : fièvre jaune, épidémie, carte postale illustrée, stegomya, Nouvelle-Orléans

Depuis décembre 2015, les territoires français d’Amérique (TFA) : Guyane, Martinique et Guadeloupe avec les îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy), ont été confrontés à une épidémie à virus Zika de grande ampleur, étendue sur la zone caribéenne, en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Les cellules d’intervention en région (CIRE) Antilles et Guyane ont mis en place un dispositif de surveillance spécifique et non spécifique dont l’objectif principal était de décrire l’évolution temporospatiale de cette épidémie et son niveau de sévérité.

Cette surveillance s’est appuyée sur l’estimation hebdomadaire du nombre de consultations en médecine de ville (réseau de médecins sentinelles et SOS médecins) et des passages aux urgences, pour suivre l’évolution temporelle dans chacun des territoires. Elle s’est accompagnée d’une surveillance ciblée sur les femmes enceintes et sur les anomalies cérébrales détectées avant et après la naissance, ainsi que sur les complications neurologiques, dont les syndromes de Guillain-Barré (SGB), observées en population générale.

Le nombre cumulé de cas cliniquement évocateurs de Zika estimé du début de l’émergence jusqu’à ce que les critères de fin d’épidémie aient été atteints a été d’approximativement 9800 en Guyane, 36 000 cas en Martinique, 30 500 en Guadeloupe et îles du Nord. La durée de l’épidémie a été respectivement de 36, 39 et 22 semaines pour chacun de ces territoires.

Le nombre cumulé de femmes enceintes positives Zika a été de plus de 2000 en Guyane avec 19 malformations congénitales (dont 1 chez un nouveau-né), d’environ 800 en Martinique avec 22 malformations (7 nouveau-nés), 800 en Guadeloupe et dans les îles du Nord avec 18 malformations (5 nouveau-nés).

Le nombre de SGB détectés (imputables ou non au Zika) a été respectivement de 7 cas (dont 2 hospitalisés en service de réanimation), de 29 (7 en réanimation) et de 40 (8 en réanimation).

Le dispositif de surveillance mis en place aux Antilles-Guyane a permis de détecter la circulation du virus dans les TFA et de suivre la dynamique de l’épidémie, dont les impacts se font encore sentir. Les connaissances scientifiques et médicales autour du Zika se sont développées tout au long de l’épidémie et ont nécessité des adaptations régulières des professionnels de santé et des autorités sanitaires sur la réponse à apporter. Ce contexte particulier a nécessité d’appréhender des risques sanitaires infectieux inhabituels, de créer les partenariats nécessaires avec de nouveaux acteurs (experts et cliniciens spécialisés) et de renforcer notablement les liens avec la recherche.

Communications affichées

Session Financement de la santé

CA-FinSan1

Analyse du fonctionnement de l’initiative de gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans après une année de mise en œuvre au centre hospitalier national d’enfants Albert Royer et dans le district sanitaire de Pikine (Dakar, Sénégal)

Leye M., Seck I., Odou B.-E., Faye A., Tal Dia A.

Service de médecine préventive et santé publique, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal

mamadou.leye@yahoo.fr

Mots-clés : gratuité des soins, enfants de 0 à 5 ans, couverture maladie universelle, Sénégal

Objectif. L’objectif de ce travail est d’analyser le fonctionnement de l’initiative de gratuité chez les enfants de 0 à 5 ans dans le district sanitaire (DS) de Pikine et le centre hospitalier national d’enfants Albert Royer (CHNEAR).

Méthodologie. Une étude analytique, quantitative et qualitative a été menée du 15 octobre au 15 novembre 2014 au niveau de l’agence de la couverture sanitaire universelle (CMU), du CHNEAR, et du DS de Pikine, en ciblant ainsi différents niveaux de la pyramide sanitaire dans la région de Dakar. Un recrutement exhaustif a été mené dans ces différents sites, ciblant cinq populations, à savoir le responsable de l’initiative, les responsables des formations sanitaires, les prestataires de soins, les contrôleurs de gestion et les bénéficiaires. L’analyse des données a permis d’obtenir les résultats suivants.

Résultats. Au niveau du CHNEAR, on comptait 7054 enfants bénéficiaires dont les 20,4 % étaient des cas référés provenant de la périphérie. Sur les 23 618 cas traités dans le DS de Pikine, les affections respiratoires étaient les plus fréquentes (46,5 %) suivies des gastro-entérites (19,4 %). Cette prise en charge gratuite des bénéficiaires était estimée à 34 295 610 FCFA dans le DS de Pikine, avec des taux de remboursement de 100 % sauf au 1ier trimestre où il était de 84,62 %. Le problème du remboursement s’est posé au CHNEAR car sur les 14 108 000 FCFA qu’a coutés la gratuité, seulement 10,29 % était remboursés. Seuls 7 des 12 médicaments prioritaires pour la santé infanto-juvénile, étaient disponibles au niveau du dépôt du centre de santé (CS) de Pikine, avec des taux de rupture de 5,18 à 49,59 %. Les acteurs du niveau opérationnel enrôlés (responsables des formations sanitaires et prestataires) déclaraient n’avoir pas été associés au processus décisionnel d’élaboration. L’initiative a été lancée à l’échelle sans projet pilote préalable. Le déplacement vers les formations sanitaires (28,57 %) et les fréquentes ruptures de stock de médicaments (23,81 %) constituaient les plaintes essentielles des bénéficiaires. Les prestataires évoquaient comme difficultés, l’augmentation de la charge de travail (30,77 %), les tensions entre usagers et soignants du fait des incompréhensions relatives au contenu du paquet offert (23,08 %).

Conclusion. Le paquet offert limité, l’insuffisance du plateau technique et les fréquentes ruptures de stock de médicaments, étaient les principales faiblesses dans la mise en œuvre de cette initiative. Accroître le financement en déployant des financements alternatifs innovants assurerait une initiative plus efficiente de façon pérenne.

CA-FinSan2

Analyse de la mise en œuvre du financement basé sur les résultats dans trois hôpitaux de districts de la région de Koulikoro au Mali

Zitti T., Coulibaly A., Touré l., Ridde V.

ONG Miseli, BP E5448 Bamako, Mali

tonyjonan@yahoo.fr

Mots-clés : financement basé sur les résultats, Mali, hôpital, mise en œuvre, santé communautaire

Pour améliorer la performance du système de santé, le gouvernement malien a initié le projet « Renforcement de la santé de la reproduction » (PRSR) financé par la Banque mondiale. Le projet de financement basé sur les résultats, mis en œuvre dans la région du Koulikoro au Mali est une composante du PRSR. Notre recherche a pour but d’analyser pour la première fois au Mali la mise en œuvre du FBR dans trois hôpitaux (centre de santé de référence (CSRéf)) de la région de Koulikoro.

Il s’agit d’une recherche qualitative qui repose sur une étude de cas multiples, explicative et contrastée avec plusieurs niveaux d’analyse imbriqués. Nos cas sont trois CSRéf (de Dioïla, Ouelessebougou et Koulikoro) parmi les 10 de la région de Koulikoro. Nous avons réalisé 36 entretiens, soit 12 entretiens par hôpital avec les principaux acteurs (membres du conseil de cercle, personnel de santé). Nous avons utilisé la revue documentaire et l’observation non participante durant 12 jours par hôpital.

La mise en œuvre du FBR est plus facile dans le district sanitaire de Diola comparativement aux districts de Koulikoro et de Ouelessebougou, car il avait bénéficié du projet pré-pilote du FBR contrairement au deux autres.

Dans les trois hôpitaux de district, le FBR a permis l’instauration d’un cahier de présence. Ce qui a permis à la plupart du personnel des trois hôpitaux de district de mieux respecter les horaires de travail dans les structures.

Le FBR n’a pas permis d’améliorer la gouvernance et la gestion de ces hôpitaux de district. Les réunions ne se tiennent toujours pas de manière périodique, c’est-à-dire au moins une fois par mois.

Parmi le personnel de ces trois hôpitaux de district, tout le monde n’est pas au même niveau d’information par rapport au FBR. Le personnel le plus qualifié, à savoir les gestionnaires et les médecins, maîtrise mieux le FBR par rapport au reste du personnel (manœuvres, sage-femmes, etc.).

Le FBR a permis d’améliorer la salubrité dans ces hôpitaux de district. Celui de Ouelessebougou a par exemple recruté du personnel d’hygiène supplémentaire pour mieux assurer l’hygiène de l’hôpital et lors de l’évaluation des indicateurs celui de Diola a obtenu un score de 100 %.

Pendant la mise en œuvre du FBR, la Direction régionale de la santé a procédé à la vérification des indicateurs auprès des hôpitaux de district. Tandis que les hôpitaux de district ont procédé à la vérification des centres de santé communautaire (CSCOM).

CA-FinSan3

Quelles difficultés et perspectives de développement pour un centre de référence de la drépanocytose en Afrique, fonctionnant grâce au bénévolat ? Cas du centre de référence de Lubumbashi en RDC

Boma Muteb P., Muhau Pfutila P., Ngoie Mubutuke J., Panda Mulefu J.

Institut de recherches en sciences de la santé, 9, avenue Chef Katanga, Lubumbashi, République démocratique du Congo

pauliboma@hotmail.com

Mots-clés : drépanocytose, centre de référence, financements, bénévolat, développement

La création des centres de référence de la drépanocytose a permis d’améliorer significativement l’espérance et le confort de vie des drépanocytaires en occident. Sur ce, la réunion des experts de l’OMS et de la Fédération internationale des Thalassémies, tenue à Chypre en novembre 2007, a recommandé aux États africains, zones de forte prévalence de la drépanocytose, entre autres stratégies, la création de ces centres.

Depuis 2008, des pays comme le Benin, le Congo Brazza, le Mali et le Sénégal sont parvenus à mettre en place de tels centres grâce à des partenariats public privés avec un engagement fort de ces États.

En RDC, où l’on enregistre le quart des naissances annuelles de drépanocytaires rapportées en Afrique, même cette méthode de financement novatrice est presqu’inopérante à cause du faible niveau d’investissement de l’État et d’une dépendance criante de l’aide extérieure pour le financement du secteur de la santé. En effet, le principal Centre de référence de la drépanocytose de Kinshasa, placé sous la tutelle du ministère de la Recherche scientifique, fonctionne depuis sa création en 1974, avec de maigres allocations de l’État supplées par l’appui de quelques mécènes. Une structure privée, bénéficiant du soutien de partenaires extérieurs, organise également le suivi des drépanocytaires au sein d’une unité spécialisée dans le service de pédiatrie. Cependant, le coût des soins et son accessibilité géographique difficile, limitent sa fréquentation par la majorité des malades qui se rabattent sur la structure de l’État aux moyens limités. Dans les provinces, les structures de soins existantes sont des cabinets médicaux mis en place par des associations de lutte contre la drépanocytose qui ne disposent pas des cadres adaptés ni des matériels.

En 2011, a été créé le centre de référence de la drépanocytose de Lubumbashi (CRDL), installé depuis 2014 au sein du principal hôpital général de Lubumbashi, comme une extension du centre de Kinshasa. L’équipement et le fonctionnement de ce centre dans lesquels l’État ne s’est pas investi, reposent, depuis sa création, sur des cotisations d’agents bénévoles accompagnés par un soutien matériel d’une ONG locale de lutte contre la drépanocytose et des contributions des bienfaiteurs notamment des firmes pharmaceutiques. Devant la précarité financière des familles, le centre soigne ses malades grâce à quelques initiatives de lutte contre l’inégalité d’accès aux soins.

Ce travail rapporte les difficultés de ce centre qui a enregistré et géré, depuis sa création, plus de 2000 drépanocytaires et décrit ses perspectives de développement.

Session Médecine tropicale

CA-MedTrop1

L’infection VIH/sida chez l’enfant : à propos de 11 cas recensés au service des maladies infectieuses de Tlemcen (Algérie)

Benchouk S., Chabni N., Badla Y., Brahimi H., Benabdellah A.

Centre hospitalo-universitaire, Faculté de médecine, université Abou Bekr Belkaid, Tlemcen, Algérie

samiabenchouk@yahoo.fr

Mots-clés : VIH, sida, enfant, Tlemcen, tuberculose

Introduction. La transmission maternofœtale des virus VIH est devenue en quelques années le mode de contamination quasi exclusif de l’enfant, du moins dans les pays où le dépistage des produits sanguins est effectif. En l’absence de prophylaxie, le risque de transmission varie de 25 à 35 %. Le pronostic a été amélioré ces dernières années par la thérapeutique antirétrovirale

Objectif. Décrire le profil épidémioclinique de l’infection VIH chez l’enfant et évaluer le pronostic à long terme sous traitement antirétroviral.

Méthodologie. Nous avons réalisé une étude rétrospective descriptive portant sur 11 dossiers d’enfants dont 8 vivants et suivis à ce jour, les autres sont décédés et/ou perdus de vue. Les modalités de suivi sont clinique et biologique (hémogramme, charge virale) tous les 3 mois.

Résultats. L’âge au moment du diagnostic > 5 ans dans 63 % des cas (5 mois-11 ans, moyenne de 5,5 ans), avec un sex ratio de 2,66. L’âge moyen est de 5,5 ans. La transmission verticale dans 100 % des cas. Au moment de la prise en charge, 72.7 % des patients étaient au stade C (sida maladie) et 27,8 % au stade B. Les symptômes sont dominés par les candidoses buccales (72 %), la lymphoadénopathie généralisée persistante (60 %), les infections pulmonaires (60 %). L’amaigrissement avec un retard staturopondéral (95 %) et la fièvre (92 %), les diarrhées chroniques (40 %), la tuberculose (36%), les manifestations cutanées (30 %), les manifestations neurologiques (18 %) étaient les signes les plus évocateurs. Les combinaisons thérapeutiques antirétrovirales ont permis une bonne tolérance chez l’ensemble des enfants, sauf pour 2 (vomissements incoercibles). L’observance était mauvaise dans 18 % des cas, causant des échecs thérapeutiques. Nous avons eu 2 décès, enfants vus à un stade tardif.

Conclusion. Nous devons insister sur l’élimination de la transmission mère enfant du VIH par le dépistage élargi à toutes les femmes enceintes.

CA-MedTrop2

Surveillance des maladies émergentes au Mali : rôle du laboratoire mobile et du centre d’infectiologie Charles Mérieux, Mali

Kouriba B., Sangaré A.-K., Traoré B., Timbiné G., OuweMissi Oukem O., Diallo S., Doumbo O.

Centre d’infectiologie Charles-Mérieux, rue du Dr Charles Mérieux, BP E2283, Bamako, Mali

bourema.kouriba@cicm-mali.org

Mots-clés : fièvres hémorragiques, surveillance, laboratoire mobile, CICM, Mali

Introduction. Les maladies émergentes et ré-émergentes constituent actuellement une menace majeure dans monde. Depuis l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, les autorités sanitaires des pays de cette région ont mis en place une surveillance épidémiologique accrue en ce qui concerne les pathologies virales émergentes et ré-émergents. Le Mali a fait face à l’épidémie de la maladie à virus Ebola et cela a conduit le ministère de la Santé à créer un centre opérationnel d’urgence qui a permis avec d’autres facteurs socioculturels et climatiques de maîtriser l’épidémie en 2014.

Le centre d’infectiologie Charles Mérieux du Mali (CICM) a bénéficié d’un laboratoire mobile et d’un transfert de technologie qui ont permis de contribuer au diagnostic des fièvres hémorragiques. Ce travail a pour objectif de présenter les résultats des activités de dépistage des pathogènes viraux émergents et de montrer la contribution du CICM dans la surveillance épidémiologique nationale.

Matériel et méthode. De décembre 2014 à novembre 2016, 10 chercheurs et techniciens maliens ont été formés aux techniques moléculaires de diagnostic des virus Ebola, Lassa, de la fièvre de la vallée du Rift, de la fièvre hémorragique Crimée Congo et de la dengue.

Les échantillons de cas suspects de fièvres hémorragiques étaient systématiquement prélevés et acheminés à travers le système national de surveillance au CICM. Les prélèvements étaient principalement venus des localités du nord : Ménaka, Douentza, Goundam, Mopti ; du centre : Barouéli et Bla ; du sud : Bamako et Kati et de l’ouest : Nioro.

L’équipe du centre procédait à l’inactivation des échantillons dans la boite à gants du laboratoire mobile. Les échantillons inactivés ont été testés par qRT-PCR. L’immunofluorescence indirecte a été effectuée pour la fièvre de la vallée du Rift. Certains échantillons ont été envoyés au laboratoire de référence des arboviroses à Marseille pour contrôle de qualité.

Résultats. Des cas de virus émergents et ré-émergents ont été diagnostiqués dans certains prélèvements. Ces cas ont été confirmés par le laboratoire de référence.

Les résultats montrent que certains virus comme la dengue, le virus de la fièvre de la vallée du Rift et le virus de la fièvre hémorragique Crimée Congo, circulent au Mali.

Conclusion. Ces résultats ont permis au ministère de la Santé et l’Hygiène publique de renforcer la surveillance et de mettre en place une stratégie de communication pour le changement de comportement en directions des populations concernées afin d’endiguer les épidémies naissantes.

CA-MedTrop3

Profil épidémiologique des morsures à risque rabique au niveau du SEMEP du CHU d’Oran (2011-2016)

Derkaoui A.-B., Moumen F., Bendjelid F., Messid Bouziane Meflah H., Besbes F.-Z., Nait Bahloul N., Guetarni N., Ammour F., Ahmed Fouatih Z.

CHU d’Oran, Faculté de médecine d’Oran, 1 avenue Ahmed Ben Bella, Oran, Algérie

derkaoui1979@yahoo.fr

Mots-clés : risque rabique, Oran, morsures, vaccination, sérothérapie

La rage est une zoonose largement répandue à travers le monde. Plus de 55 000 personnes meurent de rage chaque année, 95 % des décès sont enregistrés dans 2 continents : 31 000 en Asie et 24 000 en Afrique. Plus de 40 % des cas sont des enfants de moins de 15 ans, le chien représente le vecteur principal de la rage humaine.

En Algérie, la rage est un problème de santé publique, elle a toujours fait partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire. En 1985, elle a été identifiée comme maladie prioritaire par le Comité national de lutte contre les zoonoses.

Cette étude tente de dresser le profil épidémiologique des morsures à risque rabique au niveau du CHU d’Oran ainsi que leur prise en charge.

CA-MedTrop4

Les maladies à déclaration obligatoire au CHU d’Oran de 2016 au troisième trimestre 2017

Bendjelid F., Derkaoui A.-B., Messid Bouziane Meflah H., Besbes F.-Z., Nait Bahloul N., Guetarni N., Ammour F., Ahmed Fouatih Z.

CHU d’Oran, Faculté de médecine d’Oran, 1 avenue Ahmed Ben Bella, Oran, Algérie

kifarah22@yahoo.com

Mots-clés : maladies à déclaration obligatoire, Oran, situation épidémiologique

Parmi les taches assignées au service d’épidémiologie et de médecine préventive (Semep) la notification des maladies à déclaration obligatoire (MDO) qui obéit à divers textes législatifs tient une place importante. Le Semep doit collecter les données, les traiter et les transmettre à la tutelle et mener des enquêtes épidémiologiques dans certaines situations. Lors de cette présentation, le bilan des activités du Semep du CHU d’Oran sera présenté avec un récapitulatif des cas suspects de fièvre de West Nile et de Zika depuis le lancement des dispositifs d’alerte.

CA-MedTrop5

Constitution d’un réseau de référents en hygiène hospitalière au sein de l’hôpital central de Yaoundé

C. Guitart, L. Di Trapani, N. Djandja Nanda, C. Essome, A. Menounga, A. Bourgeois, C. Mourlan

Service de prévention et contrôle des infections, 9st floor, HUG, Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1205 Genève, Suisse

chloeguitart@gmail.com

Mots-clés : hygiène hospitalière, référents, formations

Dans le cadre de la lutte contre les infections associées aux soins (IAS), les équipes de l’hôpital central de Yaoundé (HCY) en partenariat avec le CHU de Montpellier œuvrent pour la promotion des précautions standard (PS) en hygiène hospitalière depuis plusieurs années. La constitution d’un réseau de référents en hygiène a pour objectif de relayer les recommandations du service d’hygiène afin d’en assurer leurs mises en pratiques au niveau des soins.

En novembre et décembre 2016, le chef de service d’hygiène hospitalière est allé à la rencontre de chaque major des services afin de nommer les référents. Une fiche de poste, des formations ainsi qu’une évaluation de chaque référent ont été préparées en coopération entre les intervenants du CHU de Montpellier, l’équipe du service d’hygiène hospitalière de Yaoundé et la direction de l’HCY.

Au total 42 référents ont été nommés, les formations se sont déroulées sur 3 sessions de un jour. Chaque formation reprenait les bases théoriques des PS, des applications pratiques en utilisant des outils créés sur place par l’équipe d’hygiène tels que des films des erreurs, un jeu de cartes des PS et une boîte à coucou pour l’hygiène des mains. Une session a été consacrée au rôle du service d’hygiène au sein de l’hôpital ainsi que celui des référents. Au total 78 personnes ont participé dont 29 référents correspondant à 69 % des nommés, 31 majors soit 73,8 % de l’effectif, 12 infirmiers et 6 autres. À la fin des formations une session était organisée pour l’évaluation des référents en vue de l’obtention d’un diplôme signé par le directeur. Dix-huit référents ont été évalués (62,1 % des participants) et la moyenne générale s’élevait à 6,9/10. Un diplôme ainsi qu’une fiche de poste leur a été distribués.

Au final une majorité des référents ont participé en vue de l’obtention du diplôme valorisant leur nouveau statut. Les notes étaient élevées et les participants étaient enjoués d’acquérir de nouvelles connaissances dans ce domaine. Bien que le manque de compensation financière liée à cette nouvelle fonction constitue un frein possible à la mise en application, la création d’un réseau de référents permet une meilleure sensibilisation du personnel soignant et un lien entre les équipes de soins et le comité d’hygiène. Par cette initiative, l’HCY se montre, une fois de plus novateur dans la lutte contre les IAS dans les pays en développement.

CA-MedTrop6

Approche nutritionnelle dans la prise en charge de l’ulcère de Buruli : les expériences du centre de santé Saint-Michel de Zoukougbeu et de l’hôpital général de Djekanou en Côte d’Ivoire

Koffi D., Konan G., Delmont J.

Université Senghor d’Alexandrie, Alexandrie, Égypte

didieyao48@gmail.com

Mots-clés : Ulcère de Buruli, malnutrition protéino-énergétique, interdits alimentaires, cicatrisation, Côte d’Ivoire

La population des enfants des pays tropicaux en voie de développement se caractérise par des fréquences élevées de malnutrition protéino-énergétique (MPE) et de carence en micronutriments. Cette population d’enfants est également exposée à l’ulcère de Buruli, dont ils sont la cible dans 50 % des cas.

La prise en charge de cette maladie mutilante causant de larges plages d’ulcération cutanée s’avère parfois longue et difficile dans un contexte de malnutrition chronique. À cela s’ajoutent les comportements alimentaires des patients atteints de l’ulcère de Buruli, qui ne favorisent pas la cicatrisation rapide des ulcères.

Il ressort de la présente étude (51 enfants) que les patients sont en déficit d’aliments pouvant les aider à mieux cicatriser et consomment très peu de fruits pourtant riches en vitamines et en minéraux. Seulement 7,84 % des Ivoiriens consomment des fruits et légumes et 29 % des feuilles vertes, pourtant riches en vitamines et en minéraux. Toutes ces privations ont pour conséquence une accentuation des carences nutritionnelles chez les patients : en début de traitement 54 % souffrent d’anémie, 45 % sont en insuffisance pondérale et 13,72 % et 23,33 % de malnutrition aiguë sont recensées respectivement à Djekanou et à Zoukougbeu parmi les sujets atteints de l’ulcère de Buruli.

L’étude met aussi en lumière le lien entre un bon état nutritionnel et la cicatrisation de l’ulcère de Buruli en Côte d’Ivoire, en étudiant dans deux centres distincts des patients atteints de l’ulcère de Buruli bénéficiant d’une prise en charge nutritionnelle et des patients atteints de l’ulcère de Buruli sans prise en charge nutritionnelle. Il en résulte que les patients de l’ulcère de Buruli bénéficiant d’une prise en charge nutritionnelle ont un temps d’hospitalisation plus court (moins de 6 mois) et guérissent plus rapidement dans 85 % des cas. Ils présentent moins de séquelles fonctionnelles (7 % des cas) que ceux qui ne bénéficient pas d’une prise en charge nutritionnelle.

CA-MedTrop7

Prise en charge des dermo-hypodermites bactériennes nécrosantes et non nécrosantes de la face en zone tropicale : revue d’une série de 4 observations

Diendéré E.-A., Sondo K.-A., Ouédraogo G.-A., Da L., Diallo I., Zoungrana J., Poda A., Sawadogo M., Ouédraogo S.-M., Ouédraogo Traoré R.

Service des maladies infectieuses et tropicales, CHU Yalgado Ouédraogo, Ouagadougou, Burkina Faso

ericarno@hotmail.fr

Mots-clés : antibiothérapie, Burkina Faso, dermo-hypodermite, infections bactériennes, urgences médico-chirurgicales

Les dermo-hypodermites (DHD) bactériennes aiguës nécrosantes et non nécrosantes sont des infections bactériennes aiguës des tissus situés entre l’épiderme et les muscles. Les localisations de la face sont peu fréquentes et posent parfois des difficultés diagnostiques avec d’autres dermatoses faciales courantes. Chez l’adulte, la porte d’entrée dentaire est de loin la plus fréquente suivie des portes d’entrées ORL et cutanées. Nous rapportons dans cet article 4 cas de DHD de la face à porte d’entrée cutanée, hospitalisés dans le service des maladies infectieuses et tropicales du CHU Yalgado Ouédraogo (CHUYO) de Ouagadougou. L’objectif est de faire un état des lieux de leurs étiologies et complications et de relever les difficultés à leur prise en charge dans un pays à ressources limitées. Le parcours du patient à travers la filière de soins est long pour cette affection qui demeure avant tout une urgence médicale ou médicochirurgicale. L’imagerie, essentielle pour le diagnostic des greffes valvulaires et des complications redoutables que sont la fasciite nécrosante et la médiastinite, n’est généralement disponible que dans les hôpitaux de niveau tertiaire. L’antibiothérapie est le plus souvent inadaptée ou insuffisante. Les anti-inflammatoires, largement utilisés, contribuent selon plusieurs auteurs aux formes graves et à une surmortalité. Les agents de santé dans les pays à ressources limitées doivent être mieux sensibilisés et des directives édictées pour reconnaître les signes de cette affection et aider à l’orientation précoce des patients en milieu spécialisé. L’éducation de la population sur l’hygiène des lésions cutanées doit être une priorité pour réduire les complications.

CA-MedTrop8

Coinfection tuberculose.VIH : aspects épidémiocliniques et diagnostics

Ouyahia A., Rais M., Gasmi A., Diab N., Mechakra S., Guenifi W., Lacheheb A.

Université Ferhat Abbas El Bez 1, Faculté de médecine, Sétif, Algérie

ouyahiaam@yahoo.fr

Mots-clés : coinfection, VIH, tuberculose, diagnostic, morbi-mortalité

La tuberculose (TB) est la maladie opportuniste la plus fréquente chez les patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Le risque de développer une infection à Mycobacterium tuberculosis est accru d’un facteur 7.

Objectif. Cette étude rétrospective a pour objectifs de décrire le profil épidémiologique, clinique, diagnostic et évolutif de la tuberculose à l’ère du sida au service des maladies infectieuses du CHU de Sétif.

Malades et méthode. Les données ont été recueillies rétrospectivement à partir des 584 dossiers de patients VIH positifs hospitalisés entre le 1er janvier 1996 et mars 2017.

Résultats.Soixante (60) cas de coïnfection tuberculose/VIH ont été colligés, la tuberculose occupe de ce fait la première place parmi les infections opportunistes avec un taux de survenue de 10,3 %, une prédominance masculine de 75,8 % et l’âge moyen des patients est de 37 ans. La maladie est révélatrice de l’infection à VIH dans 86,7 % des cas ; 96,7% des patients ont consulté à un stade tardif de l’infection rétrovirale.

Les principaux signes cliniques notés à l’admission sont la fièvre (98,3 %), l’amaigrissement (71,9 %), la toux (85 %) et la dyspnée (83,3 %).

Les principales localisations sont : pulmonaire (88,3 %), pleurale (10,9 %), ganglionnaire (13,3 %), péritonéale (5,0 %), cérébroméningée (6,7 %), péricardique (1,7 %), cutanée chez un seul patient ; l’atteinte exclusivement pulmonaire a été notée chez 79,2 % des patients. L’IDR à la tuberculine était négative dans 80 % des cas. Le diagnostic était bactériologique (mise en évidence de BAAR dans les crachats et/ ou par tubage gastrique) dans 45 % des cas, et histologique dans 21,7 % des cas. Tous les malades ont bénéficié d’un traitement anti tuberculeux comprenant l’isoniazide, la rifampicine et le pyrazinamide ± l’ethambutol (selon la localisation) pendant deux mois, suivi de l’association rifampicine-isoniazide pendant 4 à 7 mois.

Nous déplorons le décès de 15 patients dont la cause était directement liée à la tuberculose.

Conclusion.L’infection à VIH constitue un important facteur de risque de tuberculose. Un demi-million de cas de tuberculose sont chaque année attribuables à l’infection à VIH et 10 % des décès au cours de l’infection à VIH sont directement imputés à la tuberculose, une concertation permanente entre les programmes nationaux de lutte contre le sida et le programme de lutte contre la tuberculose est de ce fait indispensable.

CA-MedTrop9

La maladie de Kaposi chez le PvVIH : à propos des cas suivis à Sétif (Algérie) entre 2002 et 2017

Ouyahia A., Rais M., Gasmi A., Mechakra S., Guenifi W., Lacheheb A.

Université Ferhat Abbas El Bez 1, Faculté de médecine, Sétif, Algérie

ouyahiaam@yahoo.fr

Mots-clés : néoplasie, Kaposi, morbi-mortalité, chimiothérapie, classification STI

La maladie de Kaposi (MK) est une infection émergente due à HHV8, elle représente actuellement la néoplasie la plus fréquente au cours de l’infection par le VIH. Elle est d’emblée multifocale pouvant toucher aussi bien la peau, les muqueuses et les viscères.

Objectif. Le but de cette présentation est de rapporter les aspects épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutifs de cette néoplasie.

Malades et méthode. Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les cas de MK parmi les 526 PvVIH suivis au service des maladies infectieuses du CHU de Sétif dans l’ère de la trithérapie de janvier 2002 à mars 2017.

Résultats. Sept (7) cas (1,3 %) de maladie de Kaposi sont notés chez nos PvVIH, avec une prédominance masculine (85,7 %), la moyenne d’âge est 32 ans. La transmission du VIH est sexuelle dans 100 % des cas, 3 patients sont HSH. Les différentes localisations sont : cutanée (100 %), muqueuse buccale (71,4 %), digestive (14,3 %), pulmonaire (28,5 %), péricardique (14,3 %).

Selon la classification de TIS 4 patients étaient en S0T0 et 3 en S1T1. Le score de Stebbing était à 10 chez 42,8 % patients et 7 chez 57,1 % patients. L’évolution favorable sous ARV seuls est notée dans 28,6 % des cas, cependant 71,4 % cas ont nécessité une chimiothérapie associée. Le décès attribuable à la maladie de Kaposi est survenu chez 3 patients dans un délai inférieur à 6 mois.

Conclusion. La MK au cours du VIH/sida est relativement fréquente et le pronostic reste sévère. La MK révélatrice du sida fait ressortir la réalité du retard diagnostique de l’infection par le VIH. Nous soulignons la limitation de nos moyens thérapeutiques, en effet bien que les antirétroviraux puissent améliorer le pronostic de certaines formes, certaines situations nécessitent une chimiothérapie antinéoplasique qui reste très coûteuse et inaccessible.

CA-MedTrop10

Co-infection leishmaniose viscérale-VIH : difficultés diagnostiques et thérapeutiques. Expérience du service des maladies infectieuses du CHU de Sétif (Algérie)

Ouyahia A., Rais M., Gasmi A., Mechakra S., Guenifi W., Lacheheb A.

Université Ferhat Abbas El Bez 1, Faculté de médecine, Sétif, Algérie

ouyahiaam@yahoo.fr

Mots-clés : coinfection, VIH, leishmaniose, ponction moelle, morbi-mortalité

La leishmaniose est une maladie parasitaire vectorielle due à l’infection par un protozoaire du genre Leishmania. C’est une pathologie grave, potentiellement mortelle, touchant 200 000 à 400 000 personnes par an. 90 % des cas sont recensés dans 6 pays du monde (l’Inde, le Népal, le Bengladesh, le Soudan, l’Éthiopie et le Brésil), mais il existe également un important foyer de leishmaniose viscérale (LV) autochtone sur le pourtour méditerranéen.

Leishmania infantum est l’espèce responsable de la leishmaniose viscérale (LV) dans le bassin méditerranéen où la maladie est endémique.

Bien qu’elle ne soit pas considérée comme maladie classant au stade sida, la LV reste une véritable infection opportuniste chez les patients infectés par le VIH en effet la coinfection provoque une double immunodéficience, car ces deux affections ciblent le même type de cellules.

Objectif. Le but de cette présentation est de rapporter les aspects épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutifs de cette coinfection.

Malades et méthode. Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les cas de coinfections parmi les 585 PvVIH suivis au service des maladies infectieuses du CHU de Sétif de janvier 1986 à mars 2017.

Résultats. La coinfection concerne 6 patients parmi les 585 PvVIH suivis à notre niveau représentant 1,2 % des PvVIH, 83,3 % sont de sexe masculin, avec un âge moyen de 36 ans. La symptomatologie clinique associe fièvre (100 %), hépatomégalie (83,3 %), splénomégalie (100 %). Au plan biologique la pancytopénie est retrouvée chez tous nos patients (100 %). Le taux de CD4 réalisé chez 5 patients était inférieur à 100/mm3 dans 100 % des cas. Le diagnostic de certitude a été réalisé par la mise en évidence de leishmanies dans la moelle dans 100 % des cas. La sérologie était positive chez 33,3 % des sujets et une PCR pratiquée chez un seul patient était positive. Cinquante pour cent des patients ont bien évolué sous glucantime associé aux antirétroviraux, cependant 50 % ont nécessité l’amphotéricine B après échec du glucantime. Un seul cas de rechute a été noté ; nous déplorons un décès attribuable à la leishmaniose chez le patient qui a rechuté.

Conclusion. Cette présentation souligne la complexité de la prise en charge de la co-infection VIH/leishmaniose viscérale. Les effets pathogéniques de l’infection VIH et de la LV se potentialisent majorant la morbi-mortalité, avec une moindre efficacité des traitements de première intention et des risques de rechute liés à des « zones sanctuaires » inaccessibles aux traitements.

CA-MedTrop11

Co-infection par le VIH et les hépatites virales C et B : état des lieux au CHU de Tlemcen (Algérie)

Chabni N., Benchouk S., Meguenni K.

Université Abou Bekr Belkaid, faculté de médecine, 12, rue Hamri Ahmed, BP 123, Tlemcen, Algérie

chabni.nafissa@gmail.com

Mots-clés : VIH, hépatites, VHC-VHB, coinfection, Algérie

Introduction.La présente étude vise à estimer la fréquence de la coïnfection des virus des hépatites B et C avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) chez les personnes vivant avec le VIH.

Méthode. Il s’agit d’une étude rétrospective, menée dans le service des maladies infectieuses du CHU de Tlemcen. Ont été inclus tous les sujets séropositifs au VIH. Les données ont été collectées à partir des dossiers médicaux. L’analyse des données a été faite par le logiciel Epi 2000.

Résultats. Parmi 187 personnes vivant avec le VIH, âge moyen de 42 ± 11,5 ans et un sex ratio de 1,17, sept cas de coïnfection VIH-VHB (3 cas) et VIH-VHC (4 cas) ont étaient colligés, soit 3,7 % avec un sex ratio de 1,33 et une moyenne d’âge de 49 ± 8,4 ans. Selon la classification OMS, 5 cas étaient au stade C et 2 au stade B. Trois décès ont été notés (2 cas d’infection VHC et un d’infection VHB). Tous les patients avaient bénéficié de la recherche des marqueurs avec deux virus mutants retrouvés. Une hépatite chronique active ou une cirrhose étaient présentes chez deux cas. Tous les patients ont bénéficié d’un traitement selon le schéma conventionnel.

Conclusion. Cette étude estime précisément la prévalence du VHC chez les patients infectés par le VIH. La co-infection avec l’hépatite B ou C est l’un des défis majeurs de la prise en charge du VIH depuis l’amélioration de l’accès aux antirétroviraux en Algérie.

CA-MedTrop12

Prévalence de la syphilis chez les demandeurs de sérologie dans le CHU de Tlemcen (septembre 2015-mars 2016)

Chabni N., Bousselham A., Berrayah S., Berrezak H.

Université Abou Bekr Belkaid, Faculté de médecine, 12, Rue Hamri Ahmed, BP 123, Tlemcen, Algérie

chabni.nafissa@gmail.com

Mots-clés : syphilis, prévalence, sérologie, Tlemcen, Algérie

Introduction. La syphilis est une maladie vénérienne cosmopolite, infectieuse et sexuellement transmissible. Dans la plupart des cas, la maladie se soigne facilement mais, non traitée, elle peut entraîner de graves complications. Actuellement, il existe des moyens efficaces de diagnostic qui reposent essentiellement sur la sérologie comme la technique TPHA, VDRL, Elisa. Notre objectif principal est de déterminer la prévalence de la syphilis chez les demandeurs de sérologie.

Matériel et méthode. Il s’agit d’une étude descriptive transversale réalisée dans le laboratoire de microbiologie du CHU Tlemcen pendant 7 mois (de septembre 2015 à mars 2016) chez les demandeurs de sérologie syphilis adressés au service de microbiologie du CHU de Tlemcen hospitalisés ou à titre externe. L’étude consistait à faire systématiquement le TPHA sur les sérums de l’ensemble de nos patients.

Résultats. Cette étude a porté sur 1000 sérums de patients des deux sexes dont l’âge moyen était de 37,74 ans ± 0,47. Le sex ratio était de 1,03. Les dépistages concernant les malades hospitalisés en dermatologie représentaient 30 % des cas. Le nombre de malades séropositifs était de 23. L’âge moyen est de 54 ans avec unsex ratio de 0,77. Le service de psychiatrie représente 50 % des malades hospitalisés séropositifs, suivi par le service de dermatologie (25 %). Les malades TPHA+/VDRL+ étaient en nombre de 4 (17,39 %), 7 (30,43 %) TPHA+/VDRL-, 5 (21.74 %) TPHA+/EIA+. Aucun sujet n’a été diagnostiqué dans le cadre d’un bilan prénuptial ou pour surveillance de la grossesse. Aucun cas de co-infection Syphilis et VIH n’a été détecté.

Conclusion. La syphilis continue à servir dans notre région.Comme, il n’existe pas de vaccin pour l’instant, la prévention est basée sur le dépistage précoce, clinique et sérologique, de la maladie et le traitement des malades afin de stériliser leurs lésions riches en tréponèmes.

CA-MedTrop13

Encéphalite rabique : 10 cas

Afiri M., Hayet B., Benali A., Achour N., Keltouma L., Brahimi N., Chikhaoui K., Berdous F.

Service des maladies infectieuses, CHU Nedir Mohamed, Tizi-Ouzou, Algérie

drafiri@yahoo.fr

Mots-clés : encéphalite rabique, lyssavirus, enzootie, rage canine

Introduction. Anthropozoonose due à un virus du genre Lyssavirus, la rage est mortelle une fois déclarée. Elle se maintient ou progresse dans la plupart des pays en voie de développement. En Algérie, elle sévit en état d’enzootie.

Objectif. Décrire les caractéristiques épidémiologiques et cliniques des cas de rage humaine.

Matériel et méthode. Les données épidémio-cliniques étaient recueillies rétrospectivement sur dossier des patients hospitalisés dans le service des maladies infectieuses du 1/1/2003 au 31/12/2016 pour rage déclarée.

Résultats. L’étude concernait 10 cas de rage humaine déclarée suite à une morsure par un chien dans 90 % des cas (n = 9) et un chat dans 10 % des cas (n = 1). Tous ces animaux n’étaient pas vaccinés contre la rage et 9 (90 %) d’entre eux étaient errants.

Le sex ratio H/F était de 4, l’âge moyen de 47,2 (10 -80) ans. Tous les patients résidaient en zone rurale et n’avaient pas bénéficié d’un traitement préventif post-exposition. Le délai moyen entre la morsure et l’encéphalite était de 45,2 (27-120) jours. Les principaux signes cliniques observés étaient : agitation psychomotrice (n = 6), délire (n = 2), hydrophobie (n = 10), photophobie (n = 3), aérophobie (n = 7). La durée moyenne de survie de la rage déclarée était de 5,1 (2-10) jours.

Conclusion. Zoonose dont l’évolution est fatale et dont le traitement est préventif, la rage reste difficile à éradiquer dans notre pays. Sa prévention repose sur un travail de sensibilisation, des enquêtes et des études ainsi que sur l’élimination de la rage animale notamment canine.

CA-MedTrop14

Tuberculose multifocale chez l’immunocompétent : à propos de neuf cas

Rais M., Ouyahia A., Gasmi A., Guenifi W., Amoura N., Lacheheb A.

Service des maladies infectieuses, Faculté de médecine université Ferhat Abbas CHU de Sétif, Algérie

raismoun@yahoo.fr

Mots-clés : tuberculose multifocale, immunocompétent, atteinte pulmonaire, BCG

Introduction. La tuberculose constitue un problème majeur de santé publique dans le monde et en Algérie La tuberculose multifocale est définie par l’atteinte d’au moins deux sites extra-pulmonaires associée ou non à une atteinte pulmonaire. Elle ne représente que 10 % des tuberculoses extra-pulmonaires et survient surtout chez des sujets immunodéprimés.

Patients et méthode. Nous rapportons une étude rétrospective portant sur 9 cas de tuberculose multifocale chez des patients immunocompétents, colligés au service des maladies infectieuses CHU de Sétif (Algérie) de janvier 2016 à décembre 2016

Résultats. Parmi 43 cas de tuberculose colligés entre le 1er janvier 2016 et le 31 décembre 2016 neuf (09) patients avaient une tuberculose multifocale, soit 21 % des patients. Il s’agissait de 4 femmes et 5 hommes, d’âge moyen 52 ans (26-83 ans). Nos patients étaient tous correctement vaccinés par le BCG. Un bilan à la recherche d’une éventuelle immunodépression fait chez tous les patients était négatif. Le contage tuberculeux a été retrouvé dans un cas. L’intradermoréaction à la tuberculine a été réalisée chez tous les cas. Elle était positive chez 44,4 % des patients.

Il s’agissait d’une tuberculose ganglionnaire dans 3 cas, péritonéale dans 3 cas, splénique dans 3 cas, ostéo-articulaire dans 6 cas, cérébroméningée dans 2 cas, hépatique dans 3 cas, pleurale dans 2 cas, et musculaire dans 4 cas. Le diagnostic a été retenu sur les données histologiques dans 66,6 % des cas et la preuve bactériologique a été obtenue dans 33,3 % des cas. Le traitement antibacillaire a été prescrit chez tous nos malades, à l’exception d’un patient décédé précocement dans un tableau de détresse respiratoire. L’évolution était favorable dans 77,7 % des cas, les rechutes n’ont pas été observées, un décès est survenu dans 2 cas.

Conclusion. La tuberculose multifocale est une maladie à diagnostic difficile. Elle peut toucher les immunocompétents mais son pronostic est souvent bon. Un traitement antituberculeux doit être instauré le plus rapidement possible pour éviter les séquelles.

CA-MedTrop15

Automédication chez des enfants de moins de 15 ans hospitalisés dans les CHU de Lomé au Togo

Awisoba A., Pothoo Y., Nyansa A.-T., Lahaye F.-M., Rapp C.

CMETE, 10 rue du colonel Driant, 75001 Paris, France

rappchristophe5@gmail.com

Mots-clés : automédication, effets secondaires, enfants, retard diagnostique, Togo

Introduction. En Afrique subsaharienne, l’automédication demeure un problème de santé publique. Chez les enfants vulnérables, cette pratique est à l’origine de retard de diagnostic et d’effets secondaires fréquents. Au Togo, les données disponibles sur la pratique de l’automédication chez les enfants sont rares.

Objectif. Identifier les causes et les conséquences de la pratique de l’automédication chez les enfants de moins de 15 ans.

Méthodologie. Il s’agit d’une étude descriptive réalisée du 18 juin au 18 juillet 2016 dans deux centres hospitalo universitaires de Lomé. Les parents ou accompagnants d’enfants hospitalisés durant la période ont été interrogés à l’aide d’un questionnaire, validé auprès d’un échantillon de dix patients, sur l’automédication et ses déterminants. Les données ont été saisies et analysées dans la base de données SPSS Statistics.

Résultats. Deux cent quatre parents ou accompagnants ont été inclus. La prévalence de l’automédication était de 85 % (n = 175). Un médicament sur deux était acheté en dehors d’une pharmacie. La fièvre, les céphalées et la douleur abdominale étaient les trois principaux symptômes faisant recourir à l’automédication. Les antalgiques et antipyrétiques étaient utilisés dans 92 % des cas. Un anti-infectieux (antibiotique, antipaludique, antiparasitaire) était auto-administré dans près de la moitié des cas. Dans près de la moitié des cas, l’auto-administration concernait des drogues traditionnelles ou de la phytothérapie. La pratique de l’automédication était plus fréquente dans les familles nombreuses. Parmi les conséquences de l’automédication, la présence d’une anémie justifiant une transfusion était constatée chez 39 % des enfants hospitalisés. La pauvreté, l’absence de couverture médicale et un faible niveau d’instruction étaient significativement associés à la pratique de l’automédication. L’âge des parents et l’accessibilité géographique des médicaments n’avaient pas d’influence sur l’automédication.

Conclusion. La pratique de l’automédication est courante chez les enfants au Togo. La mise en place d’une couverture médicale, l’éducation thérapeutique, l’alphabétisation et la lutte contre la contrefaçon et la vente illicite des sont les mesures à mettre en œuvre pour diminuer cette pratique.

CA-MedTrop16

Évaluation de la couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois et étude de ses déterminants en République démocratique du Congo

Kasongo J., Testa J., Kamal F., Lahaye F.-M., Rapp C.

Université Senghor, Alexandrie, Egypte

kasdecca@gmail.com

Mots-clés : Congo, couverture vaccinale, enfants, PEV, vaccins

Contexte. La vaccination demeure un pilier de la prévention des maladies infantiles en Afrique subsaharienne. En RDC, malgré les efforts du PEV, le taux de couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois estimé à moins de 50 %, reste très insuffisant.

Objectif. Déterminer le taux de couverture vaccinale des enfants de 12 à 23 mois et étudier les principaux obstacles à la vaccination.

Méthode. Réalisation d’une enquête transversale par sondage en grappe à deux degrés, dans la zone de santé de Kabinda en RDC. La technique de collecte des données a été l’entretien individuel au domicile des mères des enfants. La variable dépendante était le statut vaccinal (carnet de santé) et les variables indépendantes comprenaient les caractéristiques sociodémographiques individuelles et des ménages, les connaissances des enquêtées sur la vaccination. Une analyse bi-variée et une analyse multivariée par régression logistique ont été effectuées à l’aide du logiciel SPSS.

Résultats. 374 répondants ont été inclus. Le taux de couverture vaccinale était de 61,5 %. Les principaux obstacles à la vaccination étaient la peur des effets secondaires (vaccin pentavalent), la pauvreté et la mauvaise organisation du système de soins. Les facteurs associés à une faible complétude vaccinale étaient la méconnaissance des maladies du PEV (ORa = 3,2 [1,9-5,4]) et du calendrier vaccinal (ORa = 1,7 [1,2-2,3]), la distance supérieure à 5 km (ORa = 5,9 [1,1-32,9]), la faible implication des conjoints (ORa = 3,0 [1,8-5,1]) et les accouchements à domiciles (ORa = 3,2 [1,9-5,2]).

Conclusion. Parmi les mesures susceptibles d’améliorer la couverture vaccinale, la sensibilisation des ménages sur la gestion des effets secondaires vaccinaux et l’intégration des vaccins dans le paquet minimum d’activité de soins primaires apparaissent prioritaires.

CA-MedTrop17

Étude des connaissances, perceptions et pratiques du personnel paramédical sur l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action dans la lutte contre le paludisme au Burundi

Nyabenda F., Nizigiyimana D., Lahaye F.-M., Rapp C.

Université Senghor, Alexandrie, Egypte

rappchristophe5@gmail.com

Mots-clés : Burundi, connaissances, MILDA, paludisme, pratiques

Contexte. En dépit de la réduction de son incidence en ASS, le paludisme demeure un problème de santé publique au Burundi ou il reste la première cause de morbi-mortalité. Au Burundi, les moustiquaires imprégnées d’insecticides (Milda) représentent le moyen de lutte prioritaire contre le paludisme avec un taux de couverture de 60 % en 2012. Les Milda sont distribuées dans les communautés par des personnels paramédicaux chargés de sensibiliser et d’éduquer les populations. Les données sur l’appropriation et la qualité des messages délivrés par ces personnels sont rares.

Objectif. Étudier les connaissances, perceptions et pratiques des personnels paramédicaux sur l’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action dans la Province de Kayanza au Burundi.

Méthode. Une enquête transversale descriptive et analytique a été réalisée du 1er au 17août 2016 auprès du personnel paramédical impliqué dans la distribution des Milda. La personne à inclure dans l’étude devait participer directement ou indirectement à la distribution des Milda le jour de la visite de l’enquêteur. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire standardisé portant sur les caractéristiques socio-démographiques des sujets, les connaissances, perceptions et pratiques concernant les Milda. Les données ont été saisies à l’aide du logiciel Cspro 6.3 et analysées à l’aide du logiciel STATA 11.

Résultats. Cent quarante-deux prestataires (homme, femme), d’âge moyen 34,6 ans (extrêmes : 25 et 61 ans) ont participé à l’étude. Plus de 60 % avaient eu une formation sur la gestion des Milda. Les modalités d’entretien des Milda n’étaient pas maitrisées par tous les personnels [lavages (15 %), séchages (32 %) et produits de lavages (11 %)]. La majorité (90 %) utilisait la Milda pour se protéger contre le paludisme à leur domicile mais le taux de couverture du foyer familial était inférieur à 50 %. L’âge, le sexe, le niveau de formation n’avaient pas d’influence sur l’utilisation des Milda par les membres de la famille. Afin d’améliorer la distribution des Milda, les prestataires ont proposé de faire une sensibilisation efficace (70 %) et d’éviter les ruptures de stock (61 %).

Conclusion. En dépit d’un niveau de connaissances satisfaisant, les perceptions et les pratiques de lutte anti-vectorielle des personnels impliqués dans la distribution des Milda sont imparfaites.

CA-MedTrop18

Imagerie du Mal de Pott avec complications neurologiques chez l’adulte

Brahimi H., Benchouk S., Bensenane M., Benabdellah A.

Université Abdou Bakr Belkaid, CHU de Tlemcen, Tlemcen, Algérie

ritana_05@hotmail.fr

Mots-clés : spondylodiscite tuberculeuse, imagerie, complications neurologiques, Tlemcen

Introduction. La spondylodiscite tuberculeuse ou tuberculose discovertébrale ou mal de Pott, correspond à une atteinte vertébrale initiale, s’étendant au disque intervertébral voire à la vertèbre adjacente. Actuellement en recrudescence, le mal de Pott touche essentiellement les personnes âgées et celles présentant un déficit immunitaire ou encore les sujets ayant des antécédents tuberculeux.

Le pronostic favorable de ces infections est dû au progrès des traitements anti-infectieux et performance de l’imagerie pour un diagnostic précoce.

Objectif. Illustrer l’apport de l’imagerie dans l’exploration du mal de Pott avec complications neurologiques.

Matériel et méthode. Notre travail est une étude rétrospective et descriptive, réalisée sur une période de 10 ans (2007 à 2016) à l’hôpital de Tlemcen, service des maladies infectieuses. Il concerne 38 cas ayant des complications neurologiques en rapport avec le mal de Pott.

Résultats. Notre série est composée de 20 hommes et de 18 femmes avec un sex ratio de 1,12 et une moyenne d’âge de 52 ans 23,7 % des cas provenant hors de la wilaya. Le délai moyen de diagnostic était de six mois, 31,6 % de nos patients présentaient une paraplégie, 21 % des patients avaient une paraparésie et 10,5 % présentaient un syndrome pyramidal. Le bilan radiologique a permis de déceler 23,7 % de localisation dorsale, 42,1 % de localisation lombaire et 34,2 % de localisation dorsolombaire. Tous nos patients présentaient des signes radiologiques traduisant une spondylodiscite. Près de 8 % (7,89 %) des cas ont présenté des abcès du psoas, l’évolution était favorable pour la majorité des cas avec 26,31 % de séquelles à type de bloc pottique.

Conclusion. Le mal de Pott présente 55 % de l’ensemble des tuberculoses ostéo-articulaires. Cette pathologie est souvent diagnostiquée tardivement, ce qui explique la fréquence des troubles neurologiques pottiques trouvés dans notre série. La TDM permet un bilan lésionnel osseux complet et un diagnostic précoce et elle est d’un apport important dans le suivi thérapeutique du mal de Pott. La biopsie discovertébrale scanno-guidée apporte le diagnostic de certitude. L’IRM est un examen très performant pour les lésions médullaires.

CA-MedTrop19

Pneumocystose pulmonaire au cours de l’infection à VIH : expérience du service des maladies infectieuses du CHU de Tlemcen (Algérie)

Brahimi H., Bensaad M., Benchouk S., Benyahia D., Benabdellah A.

Université Abdou Bakr Belkaid, CHU de Tlemcen, Tlemcen, Algérie

ritana_05@hotmail.fr

Mots-clés : pneumocystose, infection à VIH, chimio prophylaxie, Tlemcen

Introduction et objectif. La pneumopathie à Pneumocystis jiroveci (PJ) est l’infection opportuniste la plus fréquente chez les personnes immunodéprimées elle est souvent une manifestation inaugurale du sida. L’évolution est le plus souvent mortelle par insuffisance respiratoire en l’absence d’un traitement efficace et précoce.

L’objectif de notre étude est d’identifier le profil épidémiologique, clinique et évolutif de la pneumocystose chez les patients vivants avec le VIH.

Patients et méthode. Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive des malades vivants avec le VIH, ayant été hospitalisés pour pneumocystose pulmonaire, au niveau du service des maladies infectieuses du CHU de Tlemcen, sur une période d’étude allant de janvier 2004 à septembre 2015.

Résultats. On a recensé 20 cas, avec un sex ratio de 2,75 et les extrêmes d’âge entre 6 mois et 73 ans. Le motif de consultation dominant était une toux dyspnéisante dans 90,4 %, la fièvre était présente dans 85,9 % des cas. On a noté l’absence de chimio prophylaxie primaire dans la majorité des cas.

Le scanner thoracique a mis en évidence des images en verre dépoli extensives avec pneumo médiastin dans 66,7 % des cas, néanmoins un seul cas était confirmé, avec mise en évidence du pneumocyste dans le liquide broncho alvéolaire. L’évolution était favorable chez seulement 35 % des cas.

Conclusion. La pneumocystose pulmonaire reste une maladie grave, constituant une part importante de la morbi-mortalité des patients porteurs du VIH, cependant la chimio prophylaxie et les progrès thérapeutiques ont permis de diminuer considérablement sa survenue et d’augmenter ainsi l’espérance de vie des patients.

CA-MedTrop20

Complétude vaccinale des enfants de 12 à 23 mois et étude des déterminants : cas de la zone de santé de Kabinda, RD Congo (2016)

Kasongo J., Testa J., Kamal F., Lahaye F.-M., Rapp C.

Université de Kabinda, Kabinda, République démocratique du Congo

kasdecca@gmail.com

Mots-clés : statut vaccinal, enfants, vaccination, complétude vaccinale, déterminants

Contexte. La situation sanitaire du nouveau-né et de l’enfant est actuellement marquée par l’excès de mortalité pour des causes évitables. Selon l’EDS RDC 2014, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont respectivement de 58 et 104 pour 1000 naissances. La zone de santé de Kabinda n’échappe pas à la règle. Elle présente un risque majeur de survenue des maladies évitables par la vaccination. Les enfants complètement vaccinés représentent moins de 40 % dans la province de Lomami où se trouve Kabinda. Cette faible proportion d’enfants complètement vaccinés est liée aux facteurs socioculturels et sanitaires selon la littérature. Afin de réduire cette morbi-mortalité infanto-juvénile, la vaccination est l’une des interventions les plus puissantes et les plus efficaces en termes de coût. Les objectifs de ce travail consistent à faire ressortir la couverture des enfants complètement vaccinés et de déterminer les facteurs associés à la complétude vaccinale des enfants de 12 à 23 mois.

Méthode. Nous avons mené une enquête transversale par sondage en grappe à deux degrés, à visée descriptive et analytique. La technique de collecte des données était l’entretien individuel aux domiciles des répondants. La variable dépendante était le statut vaccinal. Les variables indépendantes comprenaient les connaissances des enquêtées sur le PEV ainsi que les caractéristiques sociodémographiques individuelles et des ménages. Nous avons utilisé la régression logistique pour modéliser la probabilité d’être vacciné en utilisant le logiciel SPSS.

Résultats. Au total, 374 répondants ont été inclus. La couverture vaccinale pour les enfants incomplètement vaccinés était de 38,5 %. Les facteurs associés à cette faible complétude vaccinale étaient la faible connaissance des maladies PEV (ORa = 3,2 [1,9-5,4]) et du calendrier vaccinal (ORa = 1,7 [1,2-2,3]), la distance supérieure à 5 km (ORa = 5,9 [1,1-32,9]), la faible implication des conjoints (ORa = 3,0 [1,8-5,1]) et les accouchements à domicile (ORa = 3,2 [1,9-5,2]).

Conclusion. À l’issue de nos observations, nous avons constaté que la couverture vaccinale était insuffisante au regard de l’objectif fixé par la zone de santé. Les facteurs ressortis ci-dessus, essentiellement la méconnaissance des parents, les accouchements à domicile et la longue distance, sont identiques à ceux trouvés par d’autres auteurs congolais et africains (Boko, Simon Franck, Ouedraogo…). L’application effective de l’approche « atteindre chaque zone de santé » (ACZ) intégrée au paquet minimum d’activités (PMA) constitue la solution la plus efficace pour améliorer cette couverture.

CA-MedTrop21

Co-infection cryptococcose et VIH : à propos de 13 cas

Brahimi H., Bensaad M., Benchouk S., Benyahia D., Benabdellah A. Djaballah S., Aissat A., Iamara M., Mebarki M., Chabani F., Belhadj R., Boudelf H., Meskine W. Khliel T., Semmeni M., Karaouzane M., Amrane A., Achour N.

Hôpital El Hadi Flici, Alger, Algérie

asmaasaad@hotmail.fr

Mots-clés : VIH, cryptococcose, co-infection, Algérie

La cryptococcose est une infection opportuniste fréquente chez le patient infecté par le VIH, le classant au stade sida maladie.

Objectif. Analyse des aspects cliniques et évolutifs de 13 cas de cryptococcose diagnostiquée au service B de l’hôpital El Hadi Flici durant la période allant du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2016 pour une cohorte de 670 PVVIH.

Résultats. L’âge moyen de nos patients est de 43 ans, avec une prédominance masculine et un sex ratio à 12, la cryptococcose a révélé l’infection par le VIH chez dix patients, elle était isolé sept fois et trois fois il y avait un échappement viro-immunologique.

Des infections opportunistes associées sont notées chez 5 patients : un Kaposi cutané, trois candidoses bucco œsophagiennes et une rétinite à CMV. L’atteinte neuroméningée domine dans 10 cas avec un liquide céphalospinal pathologique dans 50 % des cas avec hypoglycorachie. On note une cryptoccocose disséminée (méningoencéphalite, hématogéne et cutanée). Plus de cinquante pour cent (53,8 %) de nos patients avaient un taux de CD4 inferieur à 50 et 15,35 % entre 100 et 200.

Le diagnostic a été posé par l’identification du cryptoccoque à l’examen direct 7 fois, l’antigénorachie positive 10 fois et l’antigénemie positive dans 7 cas.

L’amphotéricine B a été instaurée en première intention suivie par le fluconazole en curatif puis en prophylaxie secondaire. L’évolution a été favorable dans 10 cas, on déplore deux rechutes après arrêt de la prophylaxie et un décès.

CA-MedTrop22

Manifestations déroutantes : anguillulose chronique

Djaballah S., Lounis R., Semmani M., Amrane A., Achour N.

Hôpital El Hadi Flici, Alger, Algérie

asmaasaad@hotmail.fr

Mots-clés : parasitose, anguillulose, rhumatisme, gastrite, crise d’asthme

Nous rapportons le cas d’une anguillulose chronique chez une patiente de 80 ans originaire de Jijel, ville côtière et demeurant à Alger depuis 60 ans, habitat citadin, ayant exercé des travaux d’agriculture et de poterie au jeune âge à Jijel.

La patiente présentait depuis plus de 10 ans des crises asthmatiformes, un rhumatisme non étiqueté étiologiquement et une gastrite avec duodénite non spécifique, rebelle au traitement anti HP avec alternance de diarrhées, constipation.

La patiente a été hospitalisée pour un quatrième épisode d’infection urinaire à germe indéterminé, qui s’est manifesté par des douleurs hypogastriques, brulures mictionnelle, dysurie, fièvre, frissons et hyperleucocytose à 30 000, avec à l’examen cytobactériologique des urines : leucocyturie sans bactériurie.

Dans le cadre de l’exploration étiologique de la cause des récidives d’infections urinaires, une coproculture avec parasitologie des selles a objectivé des larves rhabditoïdes d’anguillule, la sérologie de la toxocarose est revenue positive (Elisa, Western blot),

La patiente a reçu de l’ivermectine en dose unique, la parasitologie des selles de contrôle un mois après traitement affirme la guérison, et on a noté une nette régression des douleurs articulaires, aucune crise asthmatiforme en une année et une reprise du confort digestif.

CA-MedTrop23

Situation épidémiologique du tétanos en Algérie de 2004 à 2015

Guétarni N., Bendjelid F., Moumen F., Belkacem L., Messid H. Derkaoui A. Ahmed Fouatih Z.

Service d’épidémiologie et de médecine préventive, CHU d’Oran, Algérie

guetarni_31@yahoo.fr

Mots-clés : tétanos, épidémiologie, Algérie

Introduction. Le tétanos est une maladie à déclaration obligatoire en Algérie. Il fait partie des maladies évitables par la vaccination. Celle-ci est réalisée dès l’âge de 3 mois au niveau des PMI. Après 6 ans, le programme de santé scolaire prend le relais jusqu’à l’âge de 18 ans. En outre, la vaccination des femmes enceintes est assurée dans le cadre du suivi prénatal. Ces vaccinations se font gratuitement au niveau de toutes les structures de base de santé publique. La conduite à tenir devant un risque tétanique, reposant sur la sérovaccination, fait l’objet d’une instruction ministérielle.

Objectif. L’objectif du travail est de dresser un tableau sur la situation épidémiologique du tétanos néonatal et non néonatal en Algérie et dans le département d’Oran, de connaître les circonstances de survenue et le statut vaccinal des personnes atteintes.

Méthode. Les relevés épidémiologiques annuels ont constitué la source de données pour la situation nationale. En ce qui concerne le département d’Oran, le registre des maladies à déclaration obligatoire a constitué la base de données.

Résultats. De 2004 à 2011, 21 cas de tétanos néonatal ont été enregistrés au niveau national avec 7 décès (33.3 %) et 43 cas de tétanos non néonatal avec 18 décès (41.9 %). Il est à noter que la proportion des cas de tétanos néonatal a commencé à baissé depuis 2002 et en 2011 aucun cas n’a été déclaré. Dans le cas du tétanos non néonatal, la majorité des expositions au risque tétanique n’ont pas fait l’objet de vaccination ni de sérothérapie. Concernant les cas de tétanos néonatal, la vaccination des mères n’a pas été effectuée en prénatal pour la majorité des cas. Et les soins traditionnels du cordon ombilical par l’application du Khôl, ont souvent été rapportés.

Conclusion. Du fait de la mise en œuvre du programme élargi de vaccination, le tétanos néonatal a été éliminé de l’Algérie et le processus de certification de l’élimination est engagé avec l’OMS. Par contre, le tétanos non néonatal persiste encore, ce qui nécessite l’intensification de la lutte.

CA-MedTrop24

Profil épidémiologique de l’infection par le VHB prise en charge dans le centre hospitalo-universitaire de Tlemcen situé à l’Ouest algérien (2001-2016)

Chabni N., Benchouk S., Meguenni K., Manaâ R., Benabderrahmne H., Fatmi A.

Faculté de médecine de l’université Abou Bekr Belkaid, Tlemcen, Algérie

chabni.nafissa@gmail.com

Mots-clés : hépatite virale B, épidémiologie, Tlemcen, Algérie

Introduction. L’hépatite B représente un problème de santé publique majeur dans les pays industrialisés comme dans les pays en voie de développement. L’Algérie est un pays de moyenne endémicité (prévalence de 2-7 %) avec environ 700 000 personnes infectées, qui constituent un véritable réservoir favorisant la transmission de ce dernier. L’objet de notre étude est de décrire le profil épidémiologique des hépatites virales B dans notre pays.

Méthode. Il s’agit d’une étude descriptive à recueil rétrospectif s’étalant sur une période de 16 ans. Les patients porteurs du virus de l’hépatite B inclus dans l’étude ont été recrutés à partir de l’unité information sanitaire du centre hospitalier et universitaire de Tlemcen située à l’Ouest. La saisie et l’analyse des données ont été faites sur le logiciel Epi info.

Résultats. Au total, 515 cas de porteurs du virus de l’hépatite virale B ont été enregistrés durant la période de l’étude (32,4 % de l’ensemble des hépatites). L’âge moyen de ces patients était de 42 ± 0,7 ans avec un sex ratio de 2. Le service de gastrologie a hospitalisé 80 % des cas suivis par le service des maladies infectieuses et 34 de ces patients sont au stade cirrhotique. Les malades originaires hors wilaya de Tlemcen représentent 34,5 %. La vaccination anti hépatite B a été introduite dans le programme élargi de vaccination en 2005. La contamination lors des soins reste le mode le plus évoqué au cours de l’interrogatoire des malades.

Conclusion. L’hépatite virale B reste un problème de santé publique en Algérie malgré les efforts fournis pour lutter contre cette infection. Il s’agit d’une épidémie silencieuse dès lors que la plupart des personnes contaminées par le VHB ignorent pendant longtemps leur infection, se trouvent, ainsi, exposées à un risque élevé de développer une maladie chronique grave du foie et peuvent transmettre sans le savoir l’infection aux autres, d’où l’intérêt de renforcer les actions d’information, d’éducation et de communication sur les hépatites B et les moyens de prévention et surtout améliorer la couverture vaccinale.

CA-MedTrop25

Le profil épidémiologique des cas pédiatriques de VIH/sida au Centre de référence de l’Ouest algérien

Ammour F., Messid Bouziane M., Elketroussi F., Benrabah L., Gutérani N., Nait Bahlou N., Ahmed Fouath Z.

CHU d’Oran, BP 142, Achaba Hanifi Usto, Oran, Algérie

fatimaammour@yahoo.fr

Mots-clés : VIH/sida, pédiatrie, épidémiologie, Oran, Algérie

Introduction. Les premières observations d’enfants atteints de sida dans le monde date de 1983, en 2013, l’OnuSida, a estimé que 3,2 millions [2,9 millions-3,5 millions] d’enfants de moins de 15 ans vivent avec le VIH, dont près de 90 % en Afrique. L’Algérie est un pays qui fournit peu de renseignements sur la notification de cette maladie, la prévalence reste faible, estimée à 1 pour 1000 habitants. Au CHU d’Oran, selon les déclarations, le nombre d’enfants de moins de 15 ans diagnostiqués VIH positifs en 2014 est de 25 cas, avec une moyenne d’âge de 4,02 ± 0,8 ans.

Objectif. Décrire le profil épidémiologique des cas pédiatriques de VIH/sida pris en charge au centre de référence de l’Ouest algérien de 2010 à 2014.

Méthodologie. Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective, menée auprès des cas pédiatriques de l’infection VIH/sida traités et suivis au centre de référence de l’Ouest algérien (service des maladies infectieuses CHU Oran).

Résultats. Le nombre de cas colligé durant la période de 2010-2014 est de 118 cas, le ratio de masculinité est 1,22, l’âge moyen global est d’environ 3 ans. Pour 77 % des cas diagnostiqués la transmission est verticale. 44 % des cas ont été diagnostiqués suite à un dépistage familial après la découverte de l’infection à VIH chez l’un des deux parents, 42% des cas ont présenté des signes cliniques évoquant l’infection à VIH et orientant le diagnostic. 41 % des patients infectés par HIV, sont diagnostiqués au stade 3 de la maladie. Plus de 50 % des cas ont été pris en charge dans un délai inférieur à 6 mois après le diagnostic.

Conclusion. Notre étude a permis de définir le profil épidémiologique et clinique de l’infection à VIH chez les enfants au centre de référence de l’Ouest algérien qui se caractérise par : i) mode de transmission essentiellement vertical (de la mère à l’enfant) ; ii) stratégie de prévention de la transmission mère enfant absente ; iii) absence de suivi des cas selon les recommandations de l’OMS.

En 2012, l’Algérie a adopté un plan stratégique de lutte qui nécessite aujourd’hui une évaluation.

CA-MedTrop26

Le soutien sanitaire du « Raid des 7 bornes », sur les traces du médecin de marine Jules Crevaux en Guyane

Barthes N., Boudsocq J.-P., Comat G.

Antenne médicale de La Cavalerie, quartier général de Castelnau, 12230 La Cavalerie, France

nicolasbarthes@wanadoo.fr

Mots-clés : Guyane française, légion étrangère, forêt tropicale, expédition, médecine des armées

Afin de reconnaître et de mieux définir la frontière sud de la Guyane française avec le Brésil, une expédition conjointe en autonomie et à pied a été réalisée durant l’été 2015 par des militaires du 3régiment étranger d’infanterie et des scientifiques civils. Au cours de ce périple sans précédent de 42 jours et de 320 kilomètres en environnement hostile et isolé, réalisé grâce à une prouesse technique et logistique de grande ampleur, trois binômes médecin-infirmier se sont succédé afin d’assurer le soutien médical de cette mission. De la sélection des personnels au soutien sur le terrain en passant par l’organisation de la logistique santé, le service de santé des armées a apporté son expertise technique en s’inspirant des précédentes missions et expéditions de grande ampleur et de l’expérience des personnels du service de santé basée sur le territoire. Cette présentation relate les difficultés rencontrées lors du déroulement de la mission sur le plan médical, expose les pathologies rencontrées ainsi que le bilan réalisé en fin de mission avec les personnels ayant terminé ce raid.

CA-MedTrop27

Retour d’expérience sur la gestion de la pharmacie de l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné au Gabon

Desenfant L.

PAH, les Pharmaciens humanitaires, 84 rue de Charonne, 75011 Paris, France

laure.desenfant@wanadoo.fr

Mots-clés : approvisionnement, produits pharmaceutiques, circuit du médicament, humanitaire, pharmacie hospitalière, Gabon

En quelques années, le système de santé gabonais a été profondément modifié par la mise en place d’une caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Les établissements de santé ont dû adapter leurs organisations pour être conformes à cette création. L’accès à des soins de qualité a ainsi été amélioré, bien que des progrès restent à faire en ce qui concerne notamment l’accès aux médicaments.

Dans ce contexte, une mission pharmaceutique humanitaire d’un an a été réalisée au sein de la pharmacie de l’hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné. Un état des lieux, adapté aux ressources qu’offre un hôpital de brousse, a permis d’auditer le circuit d’approvisionnement en produits pharmaceutiques, et le circuit du médicament interne à l’hôpital. Des mesures d’amélioration ont été proposées.

Ce retour d’expérience illustre l’un des enjeux majeurs de la pharmacie humanitaire de développement : mettre en place des projets durables dans le temps, adaptés aux moyens disponibles. De plus, le système de santé africain n’est pas transposable au système européen puisque les patients payent une grande partie de leur traitement. Les référentiels utilisés et la réflexion adoptée dans la gestion de la pharmacie hospitalière sont donc nécessairement différents dans ces deux systèmes.

CA-MedTrop28

Étude des aspects épidémiocliniques de l’hépatite virale A sur une période de 5 ans à Batna (Algérie)

Mokrani K., Mahdjoub H., Aït Hamouda R., Tebbal S.

Service des maladies infectieuses, Faculté de médecine, Batna, Algérie

k5mokrani@yahoo.fr

Mots-clés : hépatite, VHA, adultes, formes graves, Algérie

Introduction. L’hépatite virale A (HVA) est une maladie étroitement associée à un mauvais assainissement et à une hygiène déficiente. Selon les estimations de l’OMS on enregistre 1,4 millions de cas d’hépatite A par an. Les infections par le virus de l’hépatite A (VHA) sont d’autant plus fréquentes et plus précoces que le niveau d’hygiène est bas.

Nous rapportons les aspects épidémio-cliniques de 28 patients hospitalisés pour HVA dans un service de maladies infectieuses sur une période de 5 ans.

Matériel et méthode. Étude rétrospective avec analyse de dossiers de 28 patients adultes hospitalisés dans un service des maladies infectieuses pour HVA, sur une période de 5 ans du 1er janvier 2007 au 3 décembre 2011.

Résultats. Il s’agit de 16 hommes et 12 femmes d’âge moyen 20 ans (15 à 35 ans), 14 patients (50 %) sont d’origine rurale, 75 % des patients (21) sont approvisionnés en eau de robinet, des cas similaires sont rapportés 9 fois dont 2 cas survenus dans le cadre d’une épidémie de fièvre typhoïde. Le délai moyen d’évolution est de 11,9 jours (2 à 60 jours). L’ictère est présent chez 27 patients et un syndrome hémorragique est noté 4 fois. Aucun malade n’a présenté une encéphalopathie ou des signes extra-hépatiques. Une leucopénie est notée 3 fois et une pancytopénie 2 fois, cytolyse > 10 fois la normale dans 25 cas, TP < 50 % = 8 cas. Présence d’IgM anti-VHA pour 28 cas, sérologies hépatite virale B et C réalisées chez 12 malades (négatives dans tous les cas). Évolution favorable dans tous les cas, pas de rechute; un malade a présenté une forme prolongée. Durée d’hospitalisation moyenne = 13,55 jours.

Conclusion. Le VHA est responsable de la moitié des infections hépatiques dans le monde. L’amélioration des conditions d’hygiène dans notre pays au cours des dernières années a engendré la survenue de la maladie à un âge plus tardif. Cette situation épidémiologique nouvelle risque de poser des problèmes d’ordre individuel et collectif : i) du point de vue individuel, on peut craindre de voir augmenter la fréquence des formes symptomatiques et compliquées d’hépatite A ; ii) au plan collectif, la disparition de l’immunité dans la population expose à la survenue d’épidémies en cas d’altération même modeste des conditions d’hygiène.

CA-MedTrop29

Profil épidémiologique des cas de paludisme au centre hospitalier universitaire d’Oran (Algérie)

Messid Bouziane Meflah H., Bendjelid F., Besbes F.-Z., Derkaoui A.-B., Nait Bahloul N., Guétarni N., Ammour F., Ahmed Fouatih Z.

Service d’épidémiologie et de médecine préventive, CHU d’Oran, 1 place Roux, Oran, Algérie

nadiadr11@yahoo.fr

Mots-clés : paludisme, épidémiologie, Oran, Algérie

Introduction. En Algérie, le paludisme autochtone, qui était endémique sur toute la partie Nord avant 1978 a disparu grâce à une lutte longue, acharnée et très coûteuse sur le plan financier. Actuellement, Le paludisme autochtone sévit à l’état sporadique au niveau du Sud algérien qui est devenu vulnérable et réceptif par : i) la présence d’un biotope favorable au développement des anophèles (collections d’eau, climat favorable) ; ii) une population non prémunie ; iii) le flux migratoire de porteurs de parasites surtout subsahariens. Le paludisme fait partie de la liste des maladies à déclaration obligatoire selon un arrêté ministériel datant de 1990.

Objectif. Décrire le profil épidémiologique des cas de paludisme déclarés au service d’épidémiologie et de médecine préventive et pris en charge au CHU Oran de janvier 2014 au 27 mai 2017.

Matériel et méthode. Dépouillement des fiches de déclaration parvenues des différents services du CHU d’Oran au service d’épidémiologie et de médecine préventive. Cette étude a pris en considération tous les cas déclarés de janvier 2014 au 27 mai 2017.

Résultats. Le nombre total de cas déclarés de 2014 au 27 mai 2017 est de 68 cas. Cent pour cent des cas déclarés sont des cas de paludisme importé, 54 % des patients sont de nationalité étrangère (Cameroun dans 60 % des cas). Le sex ratio est de 0,19 (57 hommes et 11 femmes). La tranche d’âge la plus touchée est celle de 21-30 ans (pour les 2 sexes). On a également notifié 2 cas de moins de 2 ans.

Conclusion. Le paludisme en Algérie est de type instable, avec des foyers sporadiques, influencé par les changements climatiques. Le plan d’action 2006 de l’Institut national de la santé publique tient compte de toutes les données de la situation épidémiologique du paludisme en Algérie, Il consiste à évaluer et surveiller le risque paludogène au niveau de chaque strate épidémiologique, ciblant particulièrement les Wilayas à haut risque (Tamanrasset, Adrar, Illizi, Ghardaïa, Ouargla au sud du pays).

CA-MedTrop30

Étude descriptive des cas de PFA (paralysies flasques aigues) pris en charge au CHU d’Oran (Algérie)

Besbes F.-Z., Messid Bouziane Meflah H., Bendjelid F., Derkaoui A.-B., Bouzidi A.-Z., Nait Bahloul N., Guétarni N., Ammour F., Ahmed Fouatih Z.

Service d’épidémiologie et de médecine préventive, CHU d’Oran, 1 place Roux, Oran, Algérie

nadiadr11@yahoo.fr

Mots-clés : PFA, poliomyélite, épidémiologie, surveillance, Algérie

Introduction. Dans le cadre des stratégies d’éradication, l’Algérie a mis en place un programme national de surveillance sensible, qui détecte les cas de paralysies flasques aiguës (PFA) chez les enfants de ≤ 15 ans, en soumettant des échantillons coprologiques à des examens virologiques visant à détecter les cas de poliomyélite paralytique.

Objectif. Décrire l’épidémiologie des PFA (paralysies flasques aiguës) prises en charge au CHU Oran durant l’année 2016.

Méthodologie. Étude descriptive rétrospective menée à partir de tous les cas de PFA pris en charge par le CHU Oran durant l’année 2016 et déclarés au Semep. Saisie, analyse des données sur logiciel EPI info 3.5.3.

Résultats. Nombre de cas de PFA : 12 cas. Âge moyen : 5 ,83 ans. Localisation de la paralysie : i) symétrique : 75 % ; ii) asymétrique : 25 %. Taux de couverture de vaccination antipolio (plus de 3 doses) : 83 %.

Conclusion. La surveillance des PFA est le « gold standard » pour le contrôle de la circulation du polio virus sauvage et, pour cette raison, elle doit être précise à la fois dans la continuité de toutes les démarches de détection, d’investigation et de suivi, mais aussi d’enregistrement et de sécurisation des informations et des données qui en découlent.

CA-MedTrop31

Sensibilisation à l’hygiène hospitalière du personnel du centre hospitalier préfectoral (CHP) de Kpalimé, Togo

Cucherat P., Di Trapani L., Henry E., Awumé G., Ayikoé E.

PAH, Les Pharmaciens humanitaires, 60 rue de Varize, Chartres, France

pierre.cucherat@wanadoo.fr

Mots-clés : hygiène hospitalière, précautions standards, hôpital, Togo

La lutte contre les infections associés aux soins (IAS) représente une priorité de santé publique tant les conséquences en termes de morbidité, de mortalité et de coûts économiques sont importants. Si le taux de prévalence des IAS se situe entre 5 et 8 % dans les pays développés elle peut aller jusqu’à 25 % dans les pays en voie de développement.

Même s’il n’y a pas de données officielles pour le Togo en terme d’IAS, celles-ci sont d’évidence élevées compte tenu du manque de ressources (matériels, équipements, disponibilité de solutions hydro-alcoolique (SHA) pour l’hygiène des mains (HDM)) et de personnel suffisamment formé à l’application des précautions standards et complémentaires (PS/PC).

C’est dans ce contexte qu’un pharmacien est intervenu à deux reprises au CHP pour une durée totale de 6 mois, avec l’objectif d’aider à améliorer les pratiques de soins. L’accent a été porté sur la formation, d’abord à l’HDM spécifiquement, puis à l’ensemble des PS/PC. Une évaluation des connaissances a été réalisée pour la seconde formation.

Quatre sessions de formation à l’HDM ont été organisées réunissant près de 60 % du personnel soignant (84/144) ainsi que 10 sessions concernant PS/PC réunissant environ 80 % de l’effectif total du personnel (208/270).Pour les PS/PC, les moyennes pré- et post-test étaient respectivement 9,2/20 et 12,9/20. Le pourcentage moyen de progression des notes est de 110 %, chez les personnes ayant complété les tests avant et après formation.

Dans l’ensemble les formations ont été bien assimilées compte-tenu de la progression des notes pour la grande majorité des personnes ayant réalisé les deux tests, mais celles-ci restant faibles, le besoin de réitérer ce type d’actions est à souligner.

Cependant, l’amélioration effective des pratiques d’hygiène au CHP de Kpalimé nécessitera de renforcer certains points logistiques et organisationnels sensibles tels que la sécurisation du circuit des déchets hospitaliers, la disponibilité des SHA et des équipements de protection individuelle (EPI) ainsi que la création de chambres d’isolement pour les malades contagieux.

CA-MedTrop32

Participation à la mise en place de la norme qualité ISO 15189:2012 au Laboratoire de biologie médicale (LBM) du centre hospitalier préfectoral (CHP) de Kpalimé, Togo

Cucherat P., Henry E., Cals M.-J., Akutsa K., Somdou F.

PAH, Les Pharmaciens humanitaires, 60 rue de Varize, Chartres, France

pierre.cucherat@wanadoo.fr

Mots-clés : biologie médicale, démarche qualité, laboratoire, Togo

Début 2015, la Direction des laboratoires du ministère de la Santé du Togo demandait aux Laboratoires de biologie médicale (LBM), aussi bien publics que privés, de mettre progressivement en place la norme ISO 15189: 2012 « Exigences concernant la qualité et les compétences ». L’objectif principal pour chaque LBM est d’élaborer un système de gestion de la qualité et d’évaluer ses propres compétences en vue d’améliorer la fiabilité des résultats d’examens et la satisfaction des clients (patients mais aussi prescripteurs).

PAH, les pharmaciens humanitaires, appuyés par Biologie sans frontière, ont apporté un soutien à la mise en œuvre de cette norme par l’intervention d’un pharmacien au CHP. Cette action s’est réalisée en deux temps, sur une durée totale de six mois,

À l’issue des deux périodes, 15 logigrammes ont été élaborés, 34 documents qualité ont été rédigés dont un concernant le fondement de la gestion documentaire, 100 % du personnel du laboratoire a été formé d’abord au système de gestion de la qualité puis à la biosécurité au LBM. Lors de la 1re formation, 82 % des participants ont amélioré leur note entre pré- et post-test, cependant 30 % n’ont pas obtenu la moyenne suite au post-test, ce qui souligne la difficulté d’appropriation de ces nouvelles notions et un besoin de formation continue. La seconde formation a, quant à elle, été mieux appréhendée avec seulement une personne qui n’a pas obtenu la moyenne, mais améliorant tout de même sa note de 3 points.

Cette intervention a permis d’aborder la notion de gestion de la qualité au LBM grâce à la mise en place de différents outils documentaires et de renforcer les connaissances du personnel par l’organisation de formations. Le travail accompli par le groupe qualité du LBM du CHP est remarquable mais devra être poursuivi et renforcé pour arriver au stade de l’accréditation à la norme ISO 15189.

L’implémentation de la norme suit désormais une démarche proposée par l’OMS basée sur un avancement en quatre phases (LQSI = Laboratory Quality Stepwise Implementation) afin de donner une structure logique au processus de mise en œuvre de la norme.

CA-MedTrop33

Profil épidémiologique des femmes agressées physiquement et/ou sexuellement au sud du Sénégal

Leye M., Seck I., Faye A., Tal Dia A.

Service de médecine préventive et santé publique, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal

mamadou.leye@yahoo.fr

Mots-clés : gratuité des soins, enfants de 0 à 5 ans, couverture maladie universelle, Sénégal

Objectif. L’objectif de ce travail est d’étudier le profil épidémiologique des femmes violentées physiquement et/ou sexuellement au sud du Sénégal.

Méthodologie. Il s’agit d’une étude descriptive et analytique qui s’était déroulée du 10 avril au 10 mai 2017au sud du Sénégal. Un recrutement exhaustif des dossiers des victimes de violences sexuelles enregistrés de 2006 à 2015 au niveau des tribunaux de grande instance de Kolda et de Ziguinchor au sud du Sénégal a été réalisé. Les données ont été saisies et analysées sur EPI Info 3.3.2.

Résultats. Au terme de la collecte, 456 fiches ont été enrôlées dont 74,6 % dans la région de Ziguinchor. Les célibataires et les mariés représentaient respectivement 53,5 % et 44,6 % de la population enquêtée. Chez les agresseurs, le sexe masculin était prédominant soit 88,2 %. Les âges médians des victimes et agresseurs étaient respectivement de 22 ans et 32 ans. Les violences étaient physiques et sexuelles respectivement dans 31,9 % et 77,3 %. Pour les violences sexuelles, les viols représentaient 55,2 % des cas, les attouchements sexuels 17,1 %, les détournements de mineurs 11,8 %, les tentatives de viols 5,0 %, attentats à la pudeur 10,9 %. Quant aux violences physiques, les coups et blessures volontaires étaient notées chez les victimes dans 31,9 % des cas. Les agressions ont eu lieu aux domiciles de la victime et de l’agresseur respectivement dans 35,0 % et 36,0 %. Elles étaient solitaires dans 93,3 % des cas. Les agresseurs étaient connus par leurs victimes dans 93,0 % des cas. Pour les cas de viols, la pénétration vaginale représentait 99,1 % ; seul un cas de pénétration anale a été notifié. Le délai médian de consultation était de 1 jour. La durée moyenne d’incapacité temporaire de travail était de 18,9 (±12,7) jours. Comme complications des violences, 30,5 % des victimes présentaient une incapacité physique et 3 décès ont été notés.

Conclusion. Ces résultats démontrent l’ampleur des violences au sud du Sénégal mais le nombre de cas recensés démontre la sous-dénonciation des agressions physiques et/ou sexuelles auprès des autorités sanitaires et judiciaires. Le renforcement de la sensibilisation auprès des communautés contribuera à la lutte efficace contre les violences faites aux femmes.

CA-MedTrop34

Évaluation des activités de dépistage du cancer du col de l’utérus dans une région de l’Ouest algérien entre 2007 et 2011

Boublenza L., Beldjillali H., Hadef K., Chabni N., Moulessehoul S., Meguenni K.

Lamaabe, Département de biologie, Université Abou Bakr Belkaid, Tlemcen, Algérie

boublenzalamia@hotmail.com

Mots-clés : cancer du col, dépistage, frottis, Tlemcen

Le cancer du col utérin est le deuxième cancer féminin en Algérie avec une incidence de 15,1 pour 100 000 femmes. Il constitue une véritable menace pour la santé publique.

Dans le but de contribuer à l’évaluation des activités de dépistage de ce cancer, 9182 frottis effectués à Tlemcen (Ouest algérien) entre 2007 et 2011 ont fait l’objet de cette analyse rétrospective.

Cette étude a montré que le taux de participation au dépistage est en progression avec 34 % des frottis enregistrés en 2011. Un pourcentage de 85 % implique les femmes qui se sont présentées au dépistage pour la première fois à un âge avancé, plus de 50 % l’ont effectué après 40 ans. La qualité des frottis était satisfaisante à 83 %. Les changements réactionnels bénins représentent 43 %, alors que les anomalies des cellules épithéliales représentent 5,1 %. L’analyse descriptive de ces anomalies a montré un taux de 40,6 % pour les cellules atypiques de signification indéterminée, les lésions de bas grade représentent 36,8 %, alors que les lésions de haut grade 13,3 %. Pour les cas cancéreux, les carcinomes épidermoïdes représentent 1,5 % et les adénocarcinomes 1,9 %.

Les résultats enregistrés sur ces cinq années ont montré que malgré l’augmentation du taux de participation au dépistage, il reste en deçà des objectifs visés par le programme national lancé depuis 2001, puisque le taux de couverture des femmes ayant effectué au moins un frottis sur les cinq dernières années par rapport à la population cible est de 3,2 % seulement.

CA-MedTrop35

Caractéristiques de l’infection HPV chez des femmes à risque dans l’Ouest algérien

Boublenza L., Masdoua N., Hassaine H., Ngou J., Nahet A., Segondy M., Razik F., Regagba D., Sadouki N., Mouhammedi D.

Lamaabe, Département de biologie, Université Abou Bakr Belkaid, Tlemcen, Algérie

boublenzalamia@hotmail.com

Mots-clés : HPV, VIH1, col de l’utérus, Algérie

Cette étude a pour objectif de caractériser les infections à Papillomavirus (HPV) et les lésions du col utérin dans l’Ouest algérien.

Au total, 96 prélèvements cervicaux de femmes à risque d’infection HPV (séropositives au VIH-1 ou présentant une pathologie gynécologique) ont été testés pour la recherche de HPV et l’analyse cytologique.

Soixante pour cent des femmes présentaient une infection à HPV. Le taux de HPV à haut risque (HR-HPV) parmi les femmes infectées était de 84,5 % et celui des lésions intraépithéliales était de 29,3 %. La fréquence d’infection HPV était significativement plus élevée chez les patientes séropositives au VIH-1. Une association entre la présence de HR-HPV et la polygamie du partenaire était observée. Parmi les patientes séropositives pour le VIH-1, une association entre les anomalies cytologiques et l’utilisation de contraceptifs oraux a été observée.

Le taux de HPV étant élevé dans cette population à risque, une surveillance gynécologique étroite et un dépistage régulier de ces patientes sont indispensables.

CA-MedTrop36

Épidémiologie moléculaire de la circulation de l’hépatite virale delta au Togo

Anyovi F., Gerber A., Diagbouga S., Bricler S., Karou S., Le gal F., Lahaye F.-M., Rapp C., Simpore J., Gordien E.

Centre de recherche biomoléculaire Pietro Annigoni (Cerba), Laboratoire de biologie moléculaire et de génétique (Labiogene), Université de Ouagadougou, Burkina Faso

rappchristophe5@gmail.com

Mots-clés : hépatite B, hépatite delta, génotype, épidémiologie moléculaire, Togo

Contexte. Les infections par les virus de l’hépatite B (VHB) et de l’hépatite delta (VHD) constituent un problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne. L’infection par le VHB est endémique au Togo et il n’y existe pas de données disponibles sur la prévalence du VHD.

Objectif. Évaluer la séroprévalence du VHD et déterminer sa distribution génotypique parmi les sujets porteurs de l’Ag HBs au Togo.

Matériel et méthode. Cette étude rétrospective a porté sur 119 échantillons de sérum provenant de patients porteurs de l’Ag HBs recrutés au sein de l’ONG ASADH (Togo). Les anticorps anti-VHD ont été détectés par Elisa tandis que l’ARN du VHD a été détecté par la RT-PCR. Le séquençage suivi par des analyses phylogénétiques et la PCR spécifique du génotype VHD ont été utilisés pour caractériser respectivement les génotypes du VHD et VHB. La sérologie et le séquençage ont été réalisés.

Résultats. Parmi les 119 échantillons de sérum de porteurs de l’Ag HBs, 10 (8,4 %) étaient associés à la présence de l’ARN du virus de l’hépatite delta. La charge virale moyenne VHD était de 5,9 ± 1,2 copies/mL. Des anticorps anti VHD étaient mis en évidence chez 17 (14,3 %) patients, 70,6 % des échantillons positifs pour l’ARN du VHD étaient des hommes et 23,5 % des femmes (p < 0,05). Aucune association statistiquement significative n’était observée entre la séroprévalence du VHD, les facteurs démographiques et les facteurs de risques. Les analyses phylogénétiques réalisées montraient une prédominance du génotype 1 du VHD et du génotype E du VHB chez les sujets porteurs de l’Ag HbS positifs ayant l’ARN du VHD détectable.

Conclusion. En conclusion, notre étude montre une prévalence élevée de l’infection par le virus delta (VHD) chez les porteurs de l’antigène HbS et la prédominance du génotype 1 du VHD au Togo. Ces données soulignent le besoin de renforcer la vaccination chez les nouveaux-nés et les donneurs de sang sans marqueurs d’hépatite B. Le dépistage de l’hépatite delta chez les sujets infectés par le virus de l’hépatite B doit être amélioré.

Session Arboviroses

CA-Arbo1

Surveillance des maladies émergentes au Mali : rôle du laboratoire mobile et du centre d’infectiologie Charles Mérieux, Mali

Kouriba B., Sangaré A., Traoré B., Ouwe Missi Oukem O., Diallo S., Doubo O.

Centre d’infectiologie Charles Mérieux, rue du Dr Charles Mérieux, BP E2283, Bamako, Mali

bourema.kouriba@cicm-mali.org

Mots-clés : fièvres hémorragiques, surveillance, laboratoire mobile, CICM, Mali

Introduction. Les maladies émergentes et ré-émergentes constituent actuellement une menace majeure dans le monde. Depuis l’épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, les autorités sanitaires des pays de cette région ont mis en place une surveillance épidémiologique accrue en ce qui concerne les pathologies virales émergentes et ré-émergentes. Le Mali a fait face à l’épidémie de la maladie à virus Ebola et cela a conduit le ministère de la Santé à créer un centre opérationnel d’urgence qui a permis avec d’autres facteurs socioculturels et climatiques de maîtriser l’épidémie en 2014.

Le Centre d’infectiologie Charles Mérieux du Mali (CICM) a bénéficié d’un laboratoire mobile et d’un transfert de technologie qui ont permis de contribuer au diagnostic des fièvres hémorragiques. Ce travail a pour objectif de présenter les résultats des activités de dépistage des pathogènes viraux émergents et de montrer la contribution du CICM dans la surveillance épidémiologique nationale.

Matériel et méthode. De décembre 2014 à novembre 2016, 10 chercheurs et techniciens maliens ont été formés aux techniques moléculaires de diagnostic des virus Ebola, Lassa, de la fièvre de la vallée du Rift, de la fièvre hémorragique Crimée Congo et de la dengue.

Les échantillons de cas suspects de fièvres hémorragiques étaient systématiquement prélevés et acheminés à travers le système national de surveillance au CICM. Les prélèvements venaient principalement des localités du Nord : Ménaka, Douentza, Goundam, Mopti ; du Centre : Barouéli et Bla ; du Sud : Bamako et Kati et de l’Ouest : Nioro.

L’équipe du centre procédait à l’inactivation des échantillons dans la boîte à gants du laboratoire mobile. Les échantillons inactivés ont été testés par qRT-PCR. L’immunofluorescence indirecte a été effectuée pour la fièvre de la vallée du Rift. Certains échantillons ont été envoyés au laboratoire de référence des arboviroses à Marseille pour contrôle de qualité.

Résultats. Des cas de virus émergents et ré-émergents ont été diagnostiqués dans certains prélèvements. Ces cas ont été confirmés par le laboratoire de référence.

Les résultats montrent que certains virus comme la dengue, le virus de la fièvre de la vallée du Rift et le virus de la fièvre hémorragique Crimée Congo circulent au Mali.

Conclusion. Ces résultats ont permis au ministère de la Santé et l’Hygiène publique de renforcer la surveillance et de mettre en place une stratégie de communication pour le changement de comportements en direction des populations concernées afin d’endiguer les épidémies naissantes.

CA-Arbo2

Cinétique de ZIKV dans le sperme de 12 patients infectés

De Laval F., Matheus S., Labrousse T., Rousset D., Briolant S.

Base de défense de Guyane, Direction interarmées du service de santé en Guyane, Quartier La Madeleine, CS 56019, 97306 Cayenne cedex, France

franck.de-laval@intradef.gouv.fr

Mots-clés : Zika, ZIKV, sperme, cinétique, infectiosité

La plupart des études publiées sur la détection d’ARN de ZIKV dans le sperme sont basées sur des échantillons de sperme unique d’un seul patient infecté par ZIKV et un suivi complet depuis l’apparition des symptômes jusqu’à négativation de ZIKV dans le sperme et sont rarement réalisées chez plusieurs patients.

Pour déterminer la durée de la persistance du ZIKV dans le sperme, nous avons analysé la cinétique des charges virales de douze patients infectés par ZIKV qui ont donné séquentiellement des échantillons de sperme jusqu’à négativation.

Quatre patients (33 %, IC 95 %, 10-65) n’ont pas excrété ZIKV dans le sperme alors que sept autres l’ont excrété au moins un mois (58 %, IC 95 %, 30-86). La durée de détection maximale était de 45 jours.

Ces résultats suggèrent que la durée moyenne de l’excrétion de ZIKV dans le sperme est plus courte que celle rapportée. Dans notre étude, aucune association n’a été observée entre la charge virale dans le sperme et dans le sérum (test de Fisher exact, p = 0,55), ce qui suggère une réplication locale indépendante du ZIKV dans les glandes testiculaires ou séminales.

CA-Arbo3

Séroprévalence des arbovirus (dengue, West Nile et encéphalite à tiques) chez les donneurs de sang de Bamako

Ba A., Chiaroni J., de Lamballerie X., Gallian P.

Centre national de transfusion sanguine, BP E344, Bamako, Mali

balhassane@hotmail.fr

Mots-clés : séroprévalence, arbovirus, donneurs de sang, sécurité transfusionnelle, Bamako

Les arboviroses sont responsables d’une part importante des infections émergentes et sont en expansion dans le monde. Elles constituent une menace croissante pour la santé et un nouveau challenge pour la sécurité transfusionnelle. Elles sont toutes potentiellement transmissibles par transfusion car elles peuvent toutes avoir une phase de virémie asymptomatique. Les facteurs influençant leur transmission sont multiples, liés aux virus, aux vecteurs, aux réservoirs anomaux, aux activités humaines et d’ordre environnemental. Le risque transfusionnel consiste à prélever un donneur de sang présentant plusieurs caractéristiques : donneur vivant ou ayant séjourné dans une zone à risque et lors de la période de circulation virale ; donneur prélevé lors de la phase virémique avec souvent des charges virales faibles ; donneur asymptomatique lors de l’interrogatoire pré-don. Pour contribuer à améliorer le niveau de la sécurité transfusionnelle au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) de Bamako, nous avons déterminé la séroprévalence des Arbovirus chez les donneurs et étudié les caractéristiques socio-épidémiologiques associées.

Nous avons mené une étude transversale descriptive au CNTS de Bamako en collaboration avec l’Établissement français du sang de Marseille et le laboratoire des virus émergents (UMR 190) d’Aix-Marseille Université. Des questionnaires ont été introduits chez 637 donneurs de sang après avoir été sélectionnés pour le don. Ces questionnaires prenaient en compte les caractéristiques sociodémographiques et épidémiologiques des donneurs de sang. Les analyses sérologiques ont utilisé les techniques Elisa pour déterminer les anti-IgG (dengue, West Nile et TBE).

Les résultats sérologiques des Arbovirus (dengue, West Nile et TBE) ont montré 61 % des échantillons positifs pour les anticorps IgG anti-Dengue, 51 % pour les anticorps IgG anti-WN et 33 % pour les anticorps IgG anti-TBE IgG. Ces résultats devraient être complétés par des analyses complémentaires (séroneutralisation) et les analyses statistiques des questionnaires administrés aux donneurs de sang.

Ces résultats prouvent la circulation de ces virus au Mali d’une part ; et d’autre part permettront d’améliorer les mesures de sélection des donneurs de sang et nécessiteront l’élaboration de recommandations prenant en compte le risque de contamination associée à une transfusion et le risque pour l’approvisionnement en produits sanguins.

CA-Arbo4

RT-PCR pour détection du virus de la fièvre de la vallée du Rift dans les pools de moustiques collectés pendant l’épizoo-épidémie de 2016 dans la région de Tahoua, République du Niger

Maïga M.-A., Fall G., Diallo D., N’Diaye E., Izamne M., Hadiza S., Sidikou F., Diallo M., Testa J.

Centre de recherche médicale et sanitaire (Cermes), boulevard de la nation, BP 10887, Niamey, Niger

maiga.abdoulaziz@cermes.org

Mots-clés : RT-PCR, pools de moustiques, fièvre de la vallée du Rift, épizoo-épidémie, Niger

Introduction. La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une maladie virale (virus : Phlebovirus, Bunyaviridae) transmise par les moustiques à l’homme et au bétail. En août 2016 au Niger, elle a provoqué une épizoo-épidémie dans la région de Tahoua (sud-ouest). Afin d’identifier les moustiques impliqués dans la transmission, une investigation entomologique a été réalisée.

Méthodologie. La collecte a été menée en octobre 2016 sur les sites les plus touchés: Tchintabaraden, Tasnala et Ergawan. Les techniques de piège lumineux, pyréthrage et aspiration ont été utilisées pour capturer des moustiques adultes. Des larves ont été collectées et suivies jusqu’à émergence. Après identification morphologique, les moustiques ont été poolés et broyés dans du milieu de culture L15 à 20 % de sérum du veau fœtal. Après centrifugation, l’ARN a été extrait à partir du surnageant en utilisant le kit Qiagen. La RT-PCR en temps réel a été faite pour rechercher le virus de la FVR.

Résultats. Sur 394 insectes collectés (306 moustiques, 88 phlébotomes), ont été identifiés 217 An gambiae s.l dont 43 gorgés (Tchintabaraden = 12, Tasnala = 31) et 11 semi-gravides (Tchintabaraden = 11), 20 An rufipes dont 6 gorgés (Tasnala = 6), 1 An rhodesiensis, 1 Aedes dalzieli, 31 Culex perexiguus dont 1 gorgé (Tasnala = 1), 28 Culex quinquefasciatus dont 7 gorgés (Tchintabaraden = 7), 2 Culex ethiopicus, 1 Culex antennatus, 4 Culicoides, 1 Mansonia, et 88 Phlebotomes dont 1 gorgé (Tchintabaraden = 1).

Les résultats de la RT-PCR ont été négatifs pour tous les 34 pools.

Conclusion. Cette collecte n’a pas permis d’identifier les vecteur(s) impliqué(s) dans la transmission de la maladie au Niger. Cela, même avec des moustiques et phlébotomes compétents pour le virus de la FVR au laboratoire. Une surveillance entomologique active permettrait de caractériser le(s) vecteur(s) afin de connaître le cycle de transmission vectorielle et mener ainsi une lutte anti vectorielle appropriée.

CA-Arbo5

Dengue primaire et survenue des formes sévères : quelle relation ?

Diendéré E.-A., Sondo K.A., Zoungrana J., Diallo I., Poda A., Gnamou A., Sawadogo G., Ouédraogo S.-M., Sangaré L.

Service des maladies infectieuses et tropicales, CHU Yalgado, Ougadougou, Burkina Faso

ericarno@hotmail.fr

Mots-clés : dengue primaire, dengue secondaire, dengue sévère, classification OMS, Burkina Faso

La dengue est une maladie préoccupante du fait de la survenue des formes graves. Plusieurs hypothèses ont tenté d’expliquer les mécanismes physiopathologiques qui concourent à l’apparition des formes graves, parmi lesquelles l’hypothèse immunologique des anticorps facilitants. Selon cette hypothèse, l’infection secondaire expliquerait la dengue sévère avec syndrome de choc mais ne pourrait expliquer les autres formes graves notamment les atteintes organiques. De plus, de nombreuses études rapportent des formes graves au cours de la dengue primaire. L’objectif de ce travail a été d’étudier les prévalences des différentes formes de sévérité selon la classification OMS 2013 et de préciser lesquelles sont indépendamment associées à l’infection primaire ou secondaire.

Cette étude a concerné 15 centres de santé de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso). Les patients qui ont consulté pour des signes d’appel de dengue et qui ont bénéficié d’un test de diagnostic rapide (TDR) ont été inclus dans cette étude transversale qui a duré 15 mois, de novembre 2015 à janvier 2017. Le TDR utilisé était le SD Bioline permettant de rechercher les 3 marqueurs (AgNS1, IgM et IgG).

Sur les 835 patients inclus, 51,7 % étaient de sexe masculin. L’âge s’étendait de 1 à 83 ans avec un âge médian à 30,5 ans. Trente-cinq patients (4,3 %) présentaient une dengue primaire et 776 (95,7 %) patients présentaient une dengue secondaire. Deux cent quarante-cinq patients (30,2 %) présentaient au moins un critère de sévérité et 24 d’entre eux (9,8 %) sont décédés. La fuite plasmatique évaluée par une hémoconcentration avec hématocrite >45 % était présente chez 56 patients (6,9 %). L’hémorragie sévère définie comme une localisation multiple de l’hémorragie et/ou une hémorragie sévère nécessitant une transfusion a été notifiée chez 86 patients (28,0 %), la thrombopénie sévère inférieure à 20 000 plaquettes était objectivée chez 37 patients (4,6 %). Les complications organiques définies par une les ALAT > 1000, les ASAT > 1000, les troubles de la conscience, l’insuffisance rénale avec une élévation de créatininémie > 120 μmol/l, étaient respectivement rapportées chez 106 patients 14 (1,7 %), 29 (3,6 %), 52 (15,4 %), (13,0 %). Onze patients (1,4 %) ont présenté un état de choc hypovolémique. En analyse univariée, l’hémorragie sévère était statistiquement plus fréquente au cours de la dengue primaire (OR = 2,65 [1,16-6,03]). En outre, la dengue primaire se présentait comme un facteur de risque indépendant de survenue du décès (OR = 4,42 [1,01-19,28]). Ces données remettent en cause l’hypothèse immunologique et suggèrent la nécessité de poursuivre la recherche pour une meilleure compréhension de cette maladie.

CA-Arbo6

Sérologie positive pour le virus Tonate chez un légionnaire du 3régiment étranger d’infanterie de Kourou présentant des polyarthralgies chroniques et une polyarthrite

Boudsocq J.-P., Barthes N., Karkowski L.

Bataillon des marins de pompiers de Marseille (BMPM), Marseille, France

jeanpaul.boudsocq@gmail.com

Mots-clés : arbovirose, alphavirus, Tonate, arthralgies chroniques, arthrite

Introduction. La mise en évidence du virus Tonate, alphavirus appartenant au complexe des encéphalites équines du Vénézuéla est rare (la plus grande cohorte rétrospective compte 30 patients inclus sur une période de 11 ans). Généralement ce virus se manifeste par des signes cliniques peu spécifiques (fièvre modérée, frissons, asthénie, céphalées, douleurs retro-orbitaires, myalgies, lombalgies, arthralgies, toux, douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées) et peut se compliquer d’une encéphalite.

Observation. Pendant l’épidémie de virus Chikungunya, nous avons pris en charge entre septembre 2014 et mars 2015 au centre médical interarmées de Kourou un légionnaire qui a présenté, dans un contexte fébrile, une polyarthrite et des polyarthralgies chroniques.

Concernant la recherche des arboviroses chez ce patient, les sérologies dengue, Chikungunya, encephalite de St-Louis et Mayaro) sont négatives tandis que la sérologie du virus Tonate est positive (IgM) sur 2 prélèvements réalisés à un mois d’intervalle.

Discussion. Les manifestations cliniques à type de polyarthrites ou de polyarthralgies chroniques semblent ne pas avoir été décrites dans les cas d’infections à virus Tonate. Le bilan complémentaire à visée virologique et rhumatologique que nous avons réalisé n’étant pas exhaustif, il nous est impossible de conclure formellement à un lien entre ces polyarthralgies chroniques/polyarthrite et la probable infection par un virus Tonate. De plus la possibilité de réactions croisées avec d’autres arboviroses ou de réactivation du virus Tonate lors d’autres épisodes infectieux n’est pas à écarter.

Conclusion. Cette observation permet de poser la question de l’ensemble des manifestations cliniques possibles du virus Tonate. La découverte de polyarthralgies chroniques et/ou d’une polyarthrite fébrile dans un contexte d’arbovirose doit inviter le clinicien à recherche plus systématiquement le virus Tonate en zone endémique, même en cas d’autres épidémies d’arboviroses. Des études cliniques prospectives devraient permettent de mieux préciser la présentation clinique du virus Tonate.

CA-Arbo7

Dengue hémorragique d’importation. À propos du premier cas diagnostiqué au CHU de Tizi-Ouzou (Algérie)

Bouchaïb H., Ckekaoui K., Brahimi N., Derrar Faouzo, Hachid A., Afiri M.

Service des maladies infectieuses, CHU Tizi-Ouzou, 15, rue Lamali Ahmed, Tizi-Ouzou, Algérie

bouchaibhayet@yahoo.fr

Mots-clés : dengue, hémorragie, importation, Tizi-Ouzou, Algérie

Introduction. La dengue est une arbovirose endémique dans les pays tropicaux. Quatre virus du groupe des flaviviridiae peuvent être en cause ; ils sont transmis par des moustiques du genre Aedes. Généralement bénigne, elle peut avoir des complications graves. En Algérie, il s’agit d’une maladie d’importation. Le premier cas importé a été enregistré le 2 avril 2015, dans la wilaya de Batna dans l’Est algérien.

Matériel et méthode. Étude observationnelle rétrospective du premier patient atteint de dengue, diagnostiqué et suivi au sein du service de maladies infectieuses du chu de Tizi-Ouzou.

Résultats. Il s’agit d’un homme âgé de 64 ans, diabétique, de retour la veille des Seychelles ou il a séjourné durant 12 jours. Il était fébrile et a présenté 2 épisodes d’épistaxis. L’examen physique a retrouvé un purpura pétéchial diffus, une hyperhémie cutanée au niveau du tronc ainsi que de nombreuses lésions d’inoculation au niveau des membres inférieurs. Sur le plan biologique, il présentait une thrombopénie avec neutropénie, une cytolyse hépatique manifeste ainsi qu’une insuffisance rénale aigue. Les hémocultures, le frottis sanguin et la goutte épaisse étaient négatifs ainsi que la ponction de moelle.

Le diagnostic a été fait par la sérologie de la dengue qui s’est révélée positive à IgM, confirmant un épisode de dengue aiguë. L’évolution, d’abord marquée par la survenue d’une arythmie cardiaque par fibrillation auriculaire au 9e jour, a été favorable secondairement.

Conclusion. Ce cas doit nous rappeler que le diagnostic de dengue, devrait toujours être évoqué chez tout patient fébrile de retour de voyage d’un pays tropical.

CA-Arbo8

Charge virale ZIKV plus longue et élevée dans le sang capillaire que dans le sang veineux

Matheus S., De Laval F., Martinez-Lorenzi E., Rousset D., Briolant S.

Base de défense de Guyane, Direction interarmées du service de santé en Guyane, Quartier La Madeleine, CS 56019, 97306 Cayenne cedex, France

franck.de-laval@intradef.gouv.fr

Mots-clés : ZIKV, sang capillaire, sang veineux, charge virale, infectiosité

ZIKV a été détecté au Brésil en 2015 et s’est depuis répandu aussi rapidement que le virus Chikungunya à travers l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et les îles des Caraïbes, malgré une virémie plus courte et plus faible et une période de réplication plus longue dans le vecteur. La virémie a toujours été mesurée dans le sang veineux, alors que les moustiques piquent dans le sang capillaire cutané.

Pour comparer la virémie dans les deux compartiments sanguins, nous avons évalué la cinétique des charges d’ARN de ZIKV dans des échantillons séquentiels de sérum du sang capillaire veineux et cutané recueillis auprès de 16 patients infectés par ZIKV aux jours 1-11 après le début des symptômes.

Les charges d’ARN de ZIKV dans les compartiments de sang capillaires et veineux étaient corrélées (p<0,0001) mais étaient significativement plus élevées dans les capillaires (p = 0,0001). La durée médiane de la détection de ZIKV après le début des symptômes était significativement plus longue dans le sang capillaire que dans le sang veineux (p = 0,016). La durée de la virémie était plus longue dans le capillaire que dans le sang veineux chez 11 patients (69 %, 95 IC 46-92), égale dans les deux compartiments chez quatre patients (25 %) et plus longue dans le sang veineux chez un seul patient (6 %).

Cette persistance dans les capillaires a déjà été signalée dans la dengue. Cela pourrait être utile dans le diagnostic moléculaire de l’infection, en particulier sur le terrain, à partir de gouttes de sang capillaire sur buvard. Ces résultats suggèrent aussi que les patients symptomatiques infectés par le ZIKV devraient être protégés plus longtemps des piqûres de moustiques pour limiter la transmission vectorielle. Enfin, nos résultats soulèvent la question du rôle de la microcirculation dans la physiopathologie de ZIKV et sa dynamique de transmission.

CA-Arbo9

Évaluation des facteurs de risque d’exposition aux piqûres d’Aedes albopictus en France métropolitaine par l’utilisation d’un biomarqueur immunologique

Poinsignon A., Boulanger D., Binetruy F., L’Ambert G., Elguero E., De Lamballerie X., Remoué F.

Institut de recherche pour le développement (IRD), Unité Mivegec, 911 avenue Agropolis 34394 Montpellier, France

anne.poinsignon@ird.fr

Mots-clés : Aedes albopictus, piqûre, salive, biomarqueur, facteurs de risque

Espèce particulièrement invasive responsable d’une forte nuisance, le moustique-tigre (Aedes albopictus) est également un vecteur potentiel pour de nombreuses arboviroses d’importance médicale (dengue, Chikungunya, Zika). Identifié pour la première fois à Menton en 2004, il a, depuis, progressivement colonisé plusieurs départements de la France métropolitaine. Afin d’identifier les facteurs de risque d’exposition à ses piqûres sur notre territoire, nous avons recherché chez des personnes résidant dans des départements colonisés ou non, les anticorps sériques IgG dirigés contre des extraits de glandes salivaires (EGS) de cette espèce. Cette réponse anticorps anti-salive a déjà démontré dans d’autres contextes sa valeur de biomarqueur d’exposition spécifique aux piqûres d’Aedes, espèce aegypti ou albopictus, représentant ainsi un indicateur du réel contact homme-moustique. Les sérums testés provenaient d’une cohorte de donneurs de sang prélevés en septembre 2012 dans 24 départements des régions PACA, Corse, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes sous l’égide de l’EFS. Les donneurs avaient rempli un questionnaire socio-démographique détaillant notamment les conditions environnementales de leur vie au quotidien.

Une date de colonisation par Ae. albopictus antérieure à 2009 a été associée à une augmentation significative de la réponse IgG anti-salive, que ce soit à l’échelle de la commune (+152 %) ou du département (+87 %). Au niveau individuel, les facteurs les plus souvent associés à une augmentation de l’exposition aux piqûres ont été le type de logement (appartement > maison individuelle), l’absence de jardin et la sensation d’être piqué pendant la journée plutôt que la nuit. La taille du jardin est apparue proportionnelle à la baisse du nombre de piqûres. La concentration humaine induite par l’habitat collectif et ainsi l’augmentation de l’attractivité des moustiques est une des hypothèses permettant d’expliquer ces résultats plutôt surprenants.

Cette étude a montré l’intérêt de l’utilisation du biomarqueur immunologique mesurant le contact homme-Aedes pour l’identification des facteurs de risque d’exposition à Aedes albopictus en France métropolitaine.

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Le dispositif de surveillance et d’alerte de la fièvre de West Nile en Algérie

Bendjelid F., Messid Bouziane Meflah H., Derkaoui A.-B., Besbes F.-Z., Nait Bahloul N., Guétrani N., Ammour F., Ahmed Fouatih Z.

CHU d’Oran, Faculté de médecine d’Oran, 1 Ahmed Ben Bella, Oran, Algérie

kifarah22@yahoo.com

Mots-clés : fièvre de West Nile, dispositif de surveillance et d’alerte, situation épidémiologique, Algérie

Depuis 2014, l’Algérie a mis en œuvre un dispositif de surveillance et d’alerte de la fièvre de West Nile vu l’existence de signes qui plaident en faveur de la circulation du virus sur le territoire national. Lors de cette présentation, le dispositif sera présenté avec les résultats de la surveillance qui débute chaque année en avril et prend fin en novembre.

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Épidémie de fièvre jaune à la Nouvelle Orléans en 1905, autour d’une carte postale ancienne illustrée

Milleliri J.-M., Rey J.-L.

Gispe, 82 bd Tellène, 13007 Marseille, France

j-m.milleliri@wanadoo.fr

Mots-clés : fièvre jaune, épidémie, carte postale illustrée, stegomya, Nouvelle-Orléans

En 1905, la Nouvelle-Orléans connaît une épidémie de fièvre jaune qui fait 8399 cas dont 908 décès. Il s’agira de la dernière manifestation de fièvre jaune aux États-Unis. Une carte postale ancienne illustrée tirée de la collection de l’auteur est présentée car elle documente cette épidémie. Il s’agit d’une carte postale postée de la Nouvelle-Orléans pour La Havane. La carte illustrée représente un homme habillé en chasseur qui écrase un moustique tigre dont la dénomination de l’époque est Stegomya fasciata (actuellement Aedes albopictus). La légende de la carte est « It's all up with you Stegomya » (c’en est fini avec toi Stegomya). La carte a été adressée le 28 octobre 1905 à destination du Dr. José Martinez Fortun sur l’île de Cuba. Ce médecin cubain (1882-1960) est connu comme un historien de la médecine. Cette carte postale est donc un témoin historique de cet épisode épidémique et des acteurs qui l’ont connu et combattu. Cette communication est l’occasion d’évoquer les découvertes de la fin du xixe siècle sur la transmission de la fièvre jaune par le moustique, travaux de Carlos Finlay et de Walter Reed. La présentation de cette carte postale est également l’opportunité de rappeler la mission menée au Brésil en 1901 par l’équipe française d’Emile Marchoux, Alexandre Salimbeni et Paul-Louis Simond pour apporter leur appui à la lutte contre une épidémie qui sévissait à Rio de Janeiro.