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Médecine et Santé Tropicales

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Retard de diagnostic d’un accès palustre à Plasmodium falciparum chez un militaire en Ouganda : négativité des tests de diagnostic rapide associée à un polymorphisme de l’antigène HRP2 Volume 23, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2013

Auteurs
Unité de recherche en biologie et épidémiologie parasitaires ; unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes ; UMR 6236, Institut de recherche biomédicale des armées, allée du Médecin-Colonel-Jamot, parc du Pharo, BP 60109, 13262 Marseille, France, Centre national de référence du paludisme, Marseille, France, 2 e Régiment étranger de parachutistes, Cabinet médical des armées, Calvi, France, Centre d’épidémiologie et de santé publique des armées, Marseille, France, Medical Support Solutions, Hampshire, Grande-Bretagne, Unité de recherche en pharmacologie et physiopathologie parasitaires - UMR MD3 relation hôte-parasite pharmacologie et thérapeutique, institut de recherche biomédicale des armées, Marseille, France

Les tests de diagnostic rapide (TDR) du paludisme constituent la meilleure alternative lorsque l’examen microscopique n’est pas disponible. Nous rapportons le premier cas de retard de diagnostic de Plasmodium falciparum chez un militaire en Ouganda par négativité des TDR associée à une réduction de répétition de motifs dans le gène codant la P. falciparum histidine rich protein 2 ( pfhrp2). Afin d’expliquer ce résultat des TDR, le gène pfhrp2 a été séquencé en totalité. Dix répétitions du motif AHHAHHAAD de type 2 et quatre répétitions du motif AHHAAD de type 7 ont été mises en évidence. Cet isolat de P. falciparum appartient au groupe des parasites non détectables (< 43 répétitions) par des TDR basés sur la détection de l’antigène HRP2. La prise en charge inadaptée du patient qui en découla aurait pu conduire à son décès. Ce cas confirme le problème posé par la négativité des résultats des TDR en situation d’isolement quant à la stratégie de prise en charge thérapeutique à adopter. De plus, il conviendrait de réaliser des investigations complémentaires en Ouganda et dans d’autres régions d’Afrique afin d’évaluer la présence et la diffusion géographique de telles délétions dans le gène pfhrp2 pour s’assurer de la performance optimale de ces tests de diagnostic rapide.