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Médecine et Santé Tropicales

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L’infection à Mycobacterium ulcerans (ulcère de Buruli) au Gabon de 2005 à 2011 Volume 23, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2013

Auteurs
Ministère de la Santé publique, BP 5258 Libreville, Gabon, Institut de médecine tropicale d’Antwerpen, Belgique, Représentant régional Fairmed, Yaoundé, Cameroun
  • Mots-clés : ulcère de Buruli, Mycobacterium ulcerans, Gabon
  • DOI : 10.1684/mst.2013.0259
  • Page(s) : 450-7
  • Année de parution : 2013

Dans les années soixante, les premiers cas d’ulcère de Buruli (UB) ont été décrits au Gabon. Entre 2005 et 2011, des cas cliniquement suspects d’UB ont été recherchés dans les neuf provinces du Gabon et les lésions prélevées pour confirmation microbiologique. Sur un total de 301 cas dépistés, 120 (39,9 %) sont positifs pour Mycobacterium ulcerans par la technique de réaction de polymérisation en chaîne (PCR) et 181 (60,1 %) sont négatifs par PCR. Les cas confirmés proviennent principalement de la province du Moyen-Ogooué, et particulièrement des localités situées le long du fleuve Ogooué (117 cas positifs par PCR, soit 52,5 % dans cette province). Les taux de détection pour 100 000 habitants dans cette province varient entre un maximum de 94,7 cas en 2005 à un minimum de 28 cas en 2007, étant donné qu’en 2006 il n’y a pas eu de dépistage actif. Trois cas PCR + sont également dépistés dans la province de l’Estuaire. Les caractéristiques des cas d’UB confirmés (PCR +) sont identiques à celles décrites dans d’autres pays africains, la majorité des patients ayant moins de 15 ans et les lésions siégeant principalement sur les membres supérieurs et inférieurs. En revanche, le groupe des cas suspects (PCR -) se différencie du groupe PCR + car la majorité des patients a entre 15 et 49 ans, que les lésions siègent plus fréquemment aux membres inférieurs et que les formes ulcérées sont plus fréquentes. Certains PCR - sont probablement atteints d’autres pathologies, d’où l’importance du diagnostic différentiel de l’UB. Le taux de guérison des cas confirmés par PCR de notre étude a été de 88 % avec l’association antibiotique rifampicine-streptomycine recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Notre étude démontre que l’UB est endémique au Gabon et y constitue un problème de santé publique. Les malades consultent tardivement avec les lésions souvent étendues. Les campagnes de sensibilisation devraient être poursuivies afin d’assurer une prise en charge plus précoce des patients. L’influence du VIH sur l’UB au Gabon devrait aussi faire l’objet d’une attention particulière.