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Médecine et Santé Tropicales

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Étude de la faisabilité et de la pertinence de la check-list au bloc opératoire pour un pays en développement : exemple d’un hôpital français à Djibouti Volume 23, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2013

Auteurs
Hôpital d’instruction des armées Laveran, 3 rue Fondère, 13004 Marseille, Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital Bouffard, Djibouti, Service de chirurgie, hôpital Bouffard, Djibouti, Service d’anesthésie et de réanimation, hôpital d’instruction des armées Saint-Anne, Toulon
  • Mots-clés : bloc opératoire, check-list, langage, sécurité, Djibouti
  • DOI : 10.1684/mst.2013.0257
  • Page(s) : 417-20
  • Année de parution : 2013

Introduction. La check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » est obligatoire pour la certification des blocs opératoires français. Elle permet une diminution de la morbidité et de la mortalité périopératoire. L’objectif de cette étude prospective a été d’évaluer les modalités de renseignement de cette check-list au bloc opératoire de l’hôpital militaire français à Djibouti (Afrique). Méthodes. L’étude s’est déroulée en trois phases : une phase d’évaluation rétrospective des check-lists sur une période de deux mois pour déterminer leurs taux de réalisation (proportion de check-lists renseignées) et de complétude (proportion de check-lists remplies intégralement), puis une phase d’information à tout le personnel du bloc opératoire. Enfin, une phase d’évaluation prospective de un mois qui a eu pour but d’évaluer la qualité du renseignement des check-lists, les raisons de leur éventuelle non-conformité par le remplissage d’un questionnaire supplémentaire par le personnel. Tout événement grave éventuellement détecté par la check-list a été rapporté et analysé. Résultats. Le taux de réalisation initial des check-lists a été de 49 % des interventions réalisées ; le taux de complétude était de 24 %. Après la séance d’information et pendant la durée de l’étude, le taux de réalisation a été de 100 % et le taux de complétude de 99 %. Des problèmes de langage ont été identifiés dans 53 % des cas et un interprète a été présent dans 81 % de ces cas. Un problème grave a été détecté par notre check-list chez 3 % des patients. Conclusion. Les taux de réalisation et de complétude étaient initialement inférieurs à ceux des blocs opératoires de France métropolitaine, mais une politique d’information a permis d’obtenir rapidement une quasi-exhaustivité. Les problèmes de langage ont été fréquents, mais un interprète a été souvent disponible. Ces résultats sont inversés par rapport aux pays industrialisés, où les problèmes de langages sont moins fréquents mais où le recours à un interprète est plus difficile. Nous avons pu constater dans notre pratique l’aptitude de la check-list à dépister un événement grave.