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Médecine et Santé Tropicales

Émergence et diffusion de la résistance aux antibiotiques en Afrique de l’Ouest : facteurs favorisants et évaluation de la menace Volume 27, numéro 2, Avril-Mai-Juin 2017

Illustrations

  • Figure 1
Auteurs
1 Service de bactériologie-virologie, CHU de Souro Sanou, Bobo Dioulasso, Burkina Faso
2 Laboratoire de bactériologie-virologie, CHU de Montpellier, 34295 Montpellier cedex 5, France
3 Mivegec, UMR IRD 224, CNRS 5290, Université de Montpellier, Montpellier, France
4 Centre Hospitalier Universitaire Souro Sanou, Burkina Faso
* Correspondance
  • Mots-clés : résistance, émergence, facteurs favorisants, Afrique de l’Ouest
  • DOI : 10.1684/mst.2017.0678
  • Page(s) : 147-54
  • Année de parution : 2017

L’émergence et la diffusion de la résistance aux antibiotiques représentent une menace majeure de santé publique aussi bien dans les pays développés (PD) que dans les pays en développement (PED). À l’échelle mondiale, la principale cause de cette émergence de résistance est une consommation non raisonnée des antibiotiques. Dans les pays à ressources limitées comme ceux de l’Afrique de l’Ouest, d’autres facteurs, plus spécifiques, socio-économiques et comportementaux, contribuent à exacerber cette menace. L’objectif de cette revue propose une mise à jour des facteurs communs et spécifiques des PED et particulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest, impliqués dans l’amplification de ces phénomènes de résistance aux antibiotiques. Parmi ces éléments : i) certaines pratiques sociétales fréquentes comme l’automédication ; ii) une filière médicale défaillante avec des prescripteurs insuffisamment formés et des outils diagnostiques peu performants ; iii) ou encore, une filière du médicament non contrôlée avec des antibiotiques en vente libre, stockés de manière inadéquate, contrefaits ou/et périmés favorisent l’émergence de la résistance. La menace est particulièrement inquiétante concernant la sécrétion de bêta-lactamase à spectre élargi chez les entérobactéries avec des prévalences variant de 10 à 100 % et de 30 à 50 % respectivement pour la colonisation et les processus infectieux. La même tendance est observée pour la résistance aux carbapénèmes chez les entérobactéries avec des taux de 10 à 30 %, ou encore pour la résistance à la méticilline chez Staphylococcus aureus qui est supérieure à 30 %. Au regard de ces résultats inquiétants, un plan de lutte efficace s’impose dans ces régions. Les stratégies d’interventions doivent être intégrées et doivent cibler simultanément les décideurs, les prescripteurs et les utilisateurs.