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Médecine thérapeutique

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Protoxyde d’azote et vitamine B12 : modalités pratiques d’utilisation au long cours Volume 26, numéro 5, Septembre-Octobre 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Service de médecine interne, diabète et maladies métaboliques, clinique médicale B, hôpitaux universitaires de Strasbourg, France
2 Équipe EA 3072 « Mitochondrie, stress oxydant et protection musculaire », faculté de médecine, université de Strasbourg, France
* Tirés à part

Le protoxyde d’azote est un gaz incolore, inodore, utilisé assez largement par les services d’urgences (intra- ou extrahospitaliers) dans le cadre de la traumatologie adulte ou enfant ainsi que dans les cabinets dentaires. Il entre notamment dans la composition du mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote (MEOPA), où les deux gaz entrent à parts égales. Son utilisation dans le cadre du traitement des douleurs chroniques, en particulier neuropathiques, semble prometteuse. Le principal inconvénient du protoxyde d’azote est son cortège d’effets indésirables à type de nausées et de vomissements, ainsi que son accumulation dans une atmosphère confinée, notamment dans le cadre d’une utilisation au bloc opératoire. Dans le cadre d’une utilisation chronique, une toxicité neurologique et hématologique a été rapportée, en rapport avec une carence fonctionnelle en vitamine B12 (cobalamine) [1, 2]. Le protoxyde d’azote oxyde en effet de façon irréversible l’atome de cobalt présent au sein de la vitamine B12 et inactive partiellement la méthionine synthétase, aboutissant à un syndrome neuroanémique comme décrit dans la maladie de Biermer. Dans ce contexte, cet article se propose de définir les modalités pratiques de l’utilisation du protoxyde d’azote au long cours au regard du statut en vitamine B12 de chaque individu.