John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

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Pour une nouvelle stratégie de prélèvement d’organes : une priorité de santé publique Volume 4, numéro 7, Août-Septembre 1998

Auteurs
  • Mots-clés : transplantation rénale, prélèvement d’organes, santé publique, épidémiologie, coûts de production de soins, établissement français des greffes.
  • Page(s) : 589-93
  • Année de parution : 1998

Le traitement de l’insuffisance rénale terminale représente un défi en matière de santé publique. En 1992, il mobilisait déjà 8 milliards de francs, soit 1 % du budget de l’assurance maladie [1]. D’après les données du registre de l’ERA-EDTA pour 1995 [2], l’incidence de l’insuffisance rénale terminale traitée serait, pour la France, de 112 par million d’habitants et par an, soit 6 515 nouveaux cas, et la prévalence instantanée de 580 par million d’habitants, soit 33 713 cas prévalents. Quant à l’augmentation annuelle de l’incidence, elle serait de 5 %, et celle de la prévalence de 8 % [3]. Il faut donc prévoir un accroissement des soins à dispenser aux patients insuffisants rénaux. Ces premiers éléments d’analyse plaident en faveur d’une stratégie renouvelée en matière de prélèvement d’organes, intégrée dans la logique du traitement de l’insuffisance rénale terminale et du défi qu’elle constitue pour les années à venir, en particulier compte tenu du vieillissement de la population. L’impulsion d’une telle dynamique de renforcement du prélèvement aurait de surcroît un impact bénéfique sur les autres défaillances d’organes. Un rapprochement avec la direction des hôpitaux est indispensable pour que cette esquisse devienne un véritable projet de politique de santé dans le domaine du traitement des défaillances d’organe au stade terminal. Il s’agit bien ici de soigner plus, mieux et au moindre coût. Ce projet doit être articulé avec la mise en place d’un système d’information destiné à piloter en profondeur ces modifications de l’offre de soins dans le domaine de l’insuffisance rénale chronique terminale (voir l’article de Landais et al. dans ce numéro). L’allocation de moyens pour la greffe, dans une telle dynamique, ne devrait pas être envisagée indépendamment de celle concernant la dialyse.