John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

Les techniques de sclérose et d’écho-sclérose Volume 6, numéro 9, Novembre 2000

Auteur
123, avenue Charles-de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine, France.
  • Mots-clés : insuffisance veineuse, sclérothérapie, écho-sclérose.
  • Page(s) : 742-7
  • Année de parution : 2000

La sclérothérapie est une des méthodes pour le traitement des varices des membres inférieurs. Elle permet grâce à l’injection d’une solution chimique de supprimer les dilatations variqueuses qui peuvent être à l’origine de complications trophiques. Dès 1920 Jean Sicard utilise pour la première fois en France une solution de salicylate de soude pour scléroser des varices. À la même époque, des Autrichiens et des allemands développent cette même technique de traitement. Après la Seconde Guerre mondiale, Raymond Tournay crée l’école française de phlébologie, en proposant de débuter les injections du haut vers le bas. En Suisse, SIGG préfère le traitement de bas en haut en y associant la compression élastique. L’école anglaise de FEAGAN consiste à réaliser les injections au niveau des veines perforantes pour terminer par les zones de reflux des crosses des veines grande et petite saphène. Depuis cette époque, le traitement sclérosant des varices a évolué. Les produits, les concentrations et les doses sont mieux standardisés. Les zones d’injection sont devenues plus précises grâce au contrôle écho-guidé que nous utilisons depuis 1988 [1]. Malgré son ancienneté, la sclérothérapie garde une place dans le traitement des varices des membres inférieurs à l’aube de ce xxie siècle. Nombreuses sont les études qui ont montré la fréquence élevée des récidives variqueuses postopératoires, compte tenu de la complexité de la maladie veineuse chronique. La chirurgie des varices ne se résume pas au stripping, le tronc saphénien n’étant incontinent que sur une seule partie de son trajet. Pour les insuffisances veineuses de calibre inférieur à 8 mm, il est possible de proposer en première intention un traitement par injection sclérosante. En cas d’échec une cure chirurgicale avec crossectomie et éveinage est toujours possible, l’axe saphénien demeurant perméable. La maladie veineuse est une affection chronique et évolutive devant laquelle il faut avoir une certaine humilité. Chaque cas est particulier et correspond à une topographie différente du réseau variqueux. L’examen écho-doppler seul est capable d’identifier les différentes sources de reflux et d’établir une cartographie des dilatations veineuses pathologiques. Encore plus aujourd’hui qu’il y a 50 ans, nous pensons qu’il n’y a pas qu’une seule méthode de traitement des varices mais qu’elles peuvent être indiquées en fonction de chaque cas clinique et le plus souvent associées. Dans cette optique, la sclérothérapie garde une place en première intention dans le traitement des varices de petit calibre, dans le traitement complémentaire après chirurgie et surtout pour le traitement d’entretien.