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Médecine thérapeutique

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La prescription des psychotropes dans le camp de réfugiés syriens d’Azaatari Volume 23, numéro 6, Novembre-Décembre 2017

Tableaux

Auteurs
1 Pole de la pharmacie HMIMV, faculté de médecine et de pharmacie, université Mohammed V Rabat, Maroc
2 Service de psychiatrie HMIMV, faculté de médecine et de pharmacie, université Mohammed V Rabat, Maroc
3 Département de pharmacologie-toxicologie, faculté de médecine et de pharmacie, université Mohammed V Rabat, Maroc
* Tirés à part
  • Mots-clés : hôpital médico-chirurgical de campagne, médicaments psychotropes, troubles psychiatriques, camp Azaatari, réfugiés, traumatisme psychique
  • DOI : 10.1684/met.2017.0668
  • Page(s) : 403-8
  • Année de parution : 2017

Un hôpital médico-chirurgical (HMC) multidisciplinaire marocain a été déployé pour porter assistance aux réfugiés syriens dans le camp Azaatari en Jordanie. Il a été ouvert en août 2012, près de la frontière syro-jordanienne, dans la périphérie de la ville d’Almafraq. L’objectif principal de notre travail est le suivi des prescriptions des psychotropes dans ce camp, afin de tenter de les réduire et d’améliorer la prise en charge des situations cliniques à l’origine de ces prescriptions. Matériels et méthodes : cette étude a été réalisée à partir des dossiers médicaux des patients admis à l’unité de soutiens médicaux psychologiques à l’HMC de campagne Azaatari (Jordanie) depuis 2012. Résultats : jusqu’au 31 août 2016, la cellule de soutien médico-psychologique marocaine a prodigué des soins à 714 994 consultants dont 8 121 femmes et enfants ; 4 348 patients consultaient pour des troubles anxieux dont 1 632 consultants présentaient des états de stress post-traumatique, 4 048 patients consultaient pour des troubles de l’humeur, 1 800 pour des troubles psychotiques chroniques, 1 798 patients consultaient le psychiatre pour des affections neurologiques diverses et 3 000 patients pour divers troubles fonctionnels ou de la personnalité, ou encore des conduites addictives. L’analyse globale des prescriptions montre que 59 % des patients reçoivent des neuroleptiques, 22 % des benzodiazépines, 17 % des hypnotiques et 10 % des antidépresseurs. Conclusion : l’évolution des prescriptions privilégie progressivement l’utilisation des neuroleptiques atypiques. Leur meilleure tolérance s’accompagne d’une moindre prescription de correcteurs anticholinergiques, mais les neuroleptiques à visée sédative sont très souvent associés. Les coprescriptions fréquentes d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, d’hypnotiques et de thymorégulateurs, confirment la complexité du traitement pharmacologique en psychiatrie.