John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

Interférons : des mécanismes d’action aux applications cliniques en hépatologie Volume 4, numéro 4, Avril 1998

Auteurs
  • Mots-clés : interférons, antiviraux, cytokines, hépatites virales, virus des hépatites B, C ou D.
  • Page(s) : 323-31
  • Année de parution : 1998

Les interférons (IFN) sont des moyens de défense naturels contre des agents « étrangers », microbiens ou tumoraux. Leurs propriétés les transforment en protéines des échanges de signaux intercellulaires, comme les hormones, les lymphokines ou les cytokines. Outre leurs propriétés antivirales, ils participent à la régulation de nombreuses fonctions essentielles, notamment du métabolisme et de la prolifération cellulaire, de la réponse aux hormones, de l’immunité et du contrôle du déclenchement et de la croissance tumorale. Le traitement des hépatites virales a été transformé au cours des dix dernières années par l’introduction et la diffusion de l’interféron. Cette diffusion s’est amplifiée principalement du fait de l’endémie virale C qui est aujourd’hui l’un des principaux problèmes de santé publique puisqu’elle concerne plus de 500 000 Français. Ainsi l’interféron alpha (IFN-a), qui associe des propriétés antivirales, immunomodulatrices et antiprolifératives, trouve-t-il une place de choix dans le traitement des hépatites chroniques. Les infections par les virus des hépatites B, C ou D se caractérisent en effet par un risque d’évolution vers la chronicité à l’origine d’une hépatite chronique, exposant à un risque de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire. Le traitement par interféron alpha a une efficacité indiscutable quoique encore insuffisante pour le contrôle des hépatites chroniques virales. Les profils des réponses varient selon le type du virus, suggérant des mécanismes d’action différents, et selon le stade de la maladie. De façon à éviter la cascade hépatite chronique/cirrhose/carcinome hépatocellulaire, il apparaît aujourd’hui justifié de dépister les très nombreux porteurs chroniques d’une infection virale B, C ou D de façon à leur proposer au plus tôt un essai thérapeutique par interféron, dont l’inefficacité fera discuter d’autres associations thérapeutiques si l’activité histologique de l’hépatopathie le justifie.