John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

MENU

Effets antidiabétiques des thiazolidinediones Volume 7, numéro 9, Novembre 2001

Auteurs
Service de diabétologie, de nutrition et maladies métaboliques, Département de médecine, CHU Sart-Tilman, B-4000 Liège, Belgique.
  • Mots-clés : antidiabétiques oraux, diabète de type 2, glitazones, pioglitazone, rosiglitazone, troglitazone.
  • Page(s) : 672-9
  • Année de parution : 2001

Le diabète de type 2 est une maladie complexe et hétérogène, caractérisée à la fois par des troubles de la sécrétion et de l'action de l'insuline. L'insulinorésistance y joue un rôle majeur, non seulement dans sa contribution à l'hyperglycémie [1], mais aussi, et peut-être surtout, dans la survenue d'un syndrome plurimétabolique d'accompagnement (souvent appelé syndrome X) [2]. En effet, de nombreux patients diabétiques de type 2, pour l'immense majorité avec un excès pondéral (adiposité à prédominance abdominale), présentent une hypertension artérielle, une dyslipidémie ou encore divers troubles hémostatiques ou fibrinolytiques, tous facteurs susceptibles d'accélérer l'athérosclérose et la survenue des complications cardio-vasculaires [2, 3]. De nombreuses études ont démontré que la plupart des patients diabétiques de type 2 décèdent d'un accident cardio-vasculaire, surtout coronarien. Il paraît donc essentiel de développer des stratégies visant à enrayer cette histoire naturelle et il est possible que cet objectif puisse être atteint en ciblant directement l'insulinorésistance [4] plutôt que spécifiquement l'hyperglycémie [5, 6]. De nombreux travaux, dont la célèbre étude United Kingdom Prospective Diabetes Study (UKPDS), ont montré que les traitements antidiabétiques actuels ne sont qu'imparfaitement efficaces pour contrôler la glycémie de la plupart des patients diabétiques de type 2, ou alors seulement de façon transitoire [7]. La même étude UKPDS a montré que la seule amélioration du contrôle de la glycémie, en tout cas avec un sulfamide ou l'insuline, ne suffit pas à améliorer significativement le pronostic cardio-vasculaire de ces patients [7]. Il est dès lors important de rechercher de nouvelles approches thérapeutiques pour prendre en charge de façon optimale les patients diabétiques de type 2 [8]. Une nouvelle classe pharmacologique développée au Japon, les thiazolidinediones (TZDs) ou glitazones, a fait l'objet d'une attention toute particulière lorsqu'il a été démontré que ces médicaments étaient capables d'améliorer la sensibilité à l'insuline [9-11]. Les TZDs sont donc présentées comme des médicaments « insulinosensibilisateurs ». Elles ont été essentiellement développées pour le traitement du diabète de type 2, mais pourraient avoir d'autres indications à l'avenir [12]. Le présent travail se limitera à analyser les effets antidiabétiques des thiazolidinediones, c'est-à-dire les effets qui, de loin, ont été les mieux étudiés aboutissant à la reconnaissance officielle de cette nouvelle classe thérapeutique dans le traitement du diabète de type 2. Nous décrirons d'abord les résultats, en terme d'efficacité sur le contrôle glycémique, des grands essais cliniques réalisés avec les trois principales thiazolidinediones, la troglitazone, la rosiglitazone et la pioglitazone. Ensuite, nous analyserons brièvement les effets indésirables décrits avec ces molécules, en particulier le risque d'hépatotoxicité et de décompensation cardiaque, ayant abouti soit à la non commercialisation en Europe et au retrait (en mars 2000) du marché américain de la troglitazone soit, récemment, à la limitation en Europe des indications de la rosiglitazone et de la pioglitazone.