John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique

MENU

Comment je traite… une première poussée de rectocolite hémorragique Volume 23, numéro 5, Septembre-Octobre 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5

Tableaux

Auteurs
1 Service d’hépato-gastro-entérologie et d’assistance nutritive, pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation, hôpitaux universitaires de Strasbourg, hôpital de Hautepierre, 1 avenue Molière, 67098 Strasbourg Cedex, France
2 Inserm U1113, Laboratoire Voies de signalisation du développement et du stress cellulaire dans les cancers digestifs et urologiques, faculté de médecine, université de Strasbourg, 3 avenue Molière, 67200 Strasbourg, France
3 Université de Thiès, UFR des sciences de la santé (anciennement 10e Riaom), BP 967, Thiès, Sénégal
4 Centre hospitalier régional de Thiès, service de médecine interne, 1 avenue Malick SY Prolongée, BP A34, Thiès, Sénégal
5 Fédération de médecine translationnelle de Strasbourg (FMTS), université de Strasbourg, faculté de médecine, 4 rue Kirschleger, 67085 Strasbourg Cedex France
* Tirés à part
  • Mots-clés : rectocolite hémorragique, traitement, 5-aminosalicylés, corticoïdes, immunosuppresseurs, biothérapies
  • DOI : 10.1684/met.2017.0652
  • Page(s) : 300-10
  • Année de parution : 2017

Le traitement d’une première poussée de rectocolite hémorragique (RCH) reste appuyé sur les molécules conventionnelles que sont les dérivés 5-aminosalicylés (5-ASA) et, en cas d’échec ou dans les poussées d’emblée sévères, les glucocorticoïdes. Le choix du traitement de première intention est bien codifié, prenant en compte (i) la sévérité de la poussée (légère ou modérée, sévère, colite aiguë grave) d’une part, et (ii) l’extension des lésions d’autre part. Dans les poussées légères à modérées, les dérivés 5-ASA représentent le traitement de première intention, sous forme de suppositoires quand l’atteinte est limitée au rectum, de lavements lorsque l’atteinte inflammatoire dépasse la charnière rectosigmoïdienne mais ne dépasse pas l’angle gauche, et par voie orale quand la RCH est étendue au-delà de l’angle gauche. Il est important de noter que les 5-ASA topiques sont plus efficaces, le sont plus rapidement, et sont mieux tolérés que les formes locales de corticoïdes, et qu’avant de conclure à l’échec d’un traitement par 5-ASA, il faut se donner deux à quatre semaines de traitement (sauf bien entendu si l’état clinique du patient se dégrade). Dans les formes distales (ne dépassant pas l’angle gauche), il est de plus en plus recommandé d’adjoindre des 5-ASA oraux au traitement local ; inversement, dans les formes étendues, quand le syndrome rectal est un symptôme fortement invalidant pour le patient, une forme topique peut améliorer rapidement la réponse en termes de symptômes. Dans les formes sévères, quelle que soit l’extension de la RCH, ou en cas d’échec des 5-ASA, les glucocorticoïdes par voie orale (40 mg/j à 1 mg/kg/j sans dépasser 80 mg/j) constituent le traitement de première intention d’une première poussée, par voie orale la plupart du temps, par voie intraveineuse en cas de colite aiguë grave (situation qui ne sera pas traitée ici). Là aussi, en cas de syndrome rectal, l’association d’un traitement topique par 5-ASA peut améliorer le confort du patient.