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Rigidité artérielle : quelles techniques et quelle place actuelle dans les méthodes d’évaluation du risque ?


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 19, Numéro 9, 473-8, novembre 2007, Mini-revue

DOI : 10.1684/stv.2007.0204

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Pierre Boutouyrie , AP-HP Hôpital Européen Georges Pompidou, Unité de Pharmacologie Clinique, 75015 Paris, Université Paris-Descartes, Faculté de Médecine René Descartes, Inserm, UMR872, Paris.

Résumé : La rigidité artérielle est un puissant marqueur de risque cardiovasculaire, indépendant des facteurs de risque classique. Plus de 11 études longitudinales internationales ont démontré sa valeur prédictive dans différentes populations. Après avoir fait l’objet d’un consensus international, la mesure de la rigidité aortique par la vitesse de l’onde de pouls est entrée dans les recommandations pour la prise en charge de l’hypertension artérielle de la Société Européenne d’Hypertension. Il est bien noté que la pression artérielle centrale fait l’objet d’un consensus moins établi. Les techniques de mesures sont résumées et leur place respective précisée.

Mots-clés : rigidité artérielle, risque cardiovasculaire, hypertension

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Pierre Boutouyrie

AP-HP Hôpital Européen Georges Pompidou, Unité de Pharmacologie Clinique, 75015 Paris
Université Paris-Descartes, Faculté de Médecine René Descartes, Inserm, UMR872, Paris

Dans les années passées, la rigidité artérielle est apparue comme un maillon essentiel dans le développement des maladies cardiovasculaires. Cet article a pour objectif de faire le point sur les aspects méthodologiques et cliniques de la mesure de la rigidité artérielle et des ondes de réflexion.Les références de cet article seront limitées aux études ayant démontré la valeur prédictive longitudinale pour les événements cardiovasculaires pour les différents paramètres exprimant la rigidité. Pour des références plus détaillées, on pourra utilement se référer à l’article de consensus récemment publié dans European Heart Journal [1].

Étude non invasive de la rigidité artérielle

Contrairement à la rigidité artérielle systémique, laquelle ne peut être obtenue qu’au travers de modèles de la circulation, la rigidité artérielle régionale et locale peut être mesurée directement, de manière non invasive, à plusieurs niveaux de l’arbre artériel. La mesure directe est un avantage majeur par rapport à l’estimation par différents modèles. Les tableau 1, 2 résument les principales caractéristiques des méthodes disponibles, et les recommandations pour la standardisation des mesures.

Mesure de la rigidité régionale

L’aorte est une artère d’intérêt majeur pour la mesure de la rigidité, et ce pour au moins deux raisons. La première est que l’aorte thoraco-abdominale contribue pour la majeure partie de la fonction d’amortissement des gros vaisseaux. La deuxième raison est que la rigidité aortique prédit la mortalité et la morbidité cardiovasculaire dans plus de 11 études longitudinales internationales (tableau 3). Pourtant, tous les sites artériels accessibles à l’investigation revêtent un intérêt. La circulation de l’avant-bras est le site usuel de mesure de la pression artérielle, la circulation des membres inférieurs est communément atteinte par l’athérosclérose, enfin, les vaisseaux du cou sont aussi atteints d’athérosclérose, et contribuent pour une part significative à la fonction d’amortissement.

Tableau I Appareils et méthodes utilisés pour la mesure de la rigidité locale et régionale, ainsi que pour les ondes de réflexion

Appareil

Méthode site de mesure

Rigidité régionale

Complior®

Capteur mécanique

VOP aortique1

Sphygmocor®

Tonomètre

VOP aortique 1

WallTrack®

Doppler

VOP aortique 1

Artlab®

Doppler

VOP aortique 1

Ultrasound systems

Doppler

VOP aortique 1

Rigidité locale

WallTrack®

echo-tracking

CCA2, CFA., BA.

NIUS®

echo-tracking

RA

Artlab®

echo-tracking

CCA2, CFA, BA

Various vascular ultrasound syst.

echo-tracking

CCA2, CFA, BA

MRI device

cine-MRI

Ao

Rigidité systémique (analyse de l’onde de pression)

Area method

Décroissance diastolique de l’onde de pression

HDI PW CR-2000®

Décroissance diastolique de l’onde de pression

SV/PP

Volume d’éjection et pression pulsée

Ondes de réflexion

Sphygmocor®

Index d’augmentation

Pulse trace®

PHotoplethysmographie digitale



Tableau II Recommandations pour la standardisation des mesures

Facteur confondant

En pratique

Température de la salle

Climatisation 22 ± 1 °C

Repos

Au moins 10 minutes en position allongée

Période du jour

Faire les mesures aux mêmes heures pour les mesures répétées

Tabac, alimentation

Abstention dans les 2-3 heures précédant l’examen, notamment pour la caféine

Alcool

Abstention dans les 10 h précédant la mesure

Parler, dormir

Ne pas parler ou s’endormir pendant la mesure

Position

Position allongée préférée. Mentionner si d’autres positions utilisées.

Effet blouse blanche

Les variations de pression peuvent influencer les variations de rigidité

Arythmies cardiaques

Prendre en compte leur effet sur la mesure de rigidité



Tableau III Études longitudinales rapportant la valeur prédictive indépendante de la rigidité artérielle, selon le site de mesure [1]
  • Mesures artérielles (année, pays)
  • Premier auteur


Événements

  • Suivi
  • (années)


  • Patients
  • (n)


  • Âge à l’inclusion
  • (années)


VOP aortique

Blacher (1999, Fr)

Mortalité CV

6,0

IRCD (241)

51

Laurent (2001, Fr)

Mortalité CV

9,3

Hypertension (1980)

50

Meaume (2001, Fr)

Mortalité CV

2,5

Âgés (>70) (141)

87

Shoji (2001, Jp)

Mortalité CV

5,2

IRCD (265)

55

Boutouyrie (2002, Fr)

CI

5,7

Hypertension (1045)

51

Cruickshank (2002, GB)

Mortalité globale

10,7

Diabète (571)

51

Laurent (2003, Fr)

AVC fatals

7,9

Hypertension (1715)

51

Sutton-Tyrrell (2005, USA)

Mortalité CV et ev.

4,6

Âgés (2488)

74

Shokawa (2005, Jp)

Mortalité CV

10

Pop. générale (492)

64

Hansen (2006, Dk)

Mortalité CV

9,4

Pop. générale (1678)

55

Mattace-Raso (2006, Nl.)

Mortalité CV et CI

4,1

Âgés (2835)

72

Rigidité carotidienne

Blacher (1998, Fr)

Mortalité globale

2,1

IRCD (79)

58

Barenbrock (2001, De) *

Ev. CV

7,9

IRCD (68)

43

Roman (2007, USA)

Ev. CV

4,8

Pop. générale (3450)

56

Vitesse de l’onde de pouls

La mesure de la vitesse de l’onde de pouls (VOP) est communément admise comme la référence pour la mesure de la rigidité aortique. Elle est simple, non invasive, robuste et reproductible. La VOP carotido-fémorale est une mesure directe de rigidité, dans un modèle propagatif de l’arbre artériel largement validé. Incluant la majeure partie de l’aorte et des axes ilio-fémoraux, dans la mesure où l’aorte et ses principales branches sont ce que voit réellement le ventricule gauche, et la pression qui y règne s’applique directement aux organes cibles (cœur, rein et cerveau). C’est la rigidité aortique qui est responsable de la majorité des phénomènes physiopathologiques. C’est la raison pour laquelle seule la vitesse de l’onde de pouls carotido-fémorale a été validée pour sa valeur prédictive indépendante pour les événements cardiovasculaires (tableau 3). Les autres vitesses de l’onde de pouls plus périphériques (carotido-brachiale, fémoro-tibiales) n’ont pas de valeur prédictive, tout du moins chez l’insuffisant rénal chronique dialysé [2].

La vitesse de l’onde de pouls carotido-fémorale est l’étalon-or de la mesure de rigidité artérielle.

La VOP est habituellement mesurée entre les « pieds de l’onde », pour des ondes différentes pouvant être la pression artérielle, le flux ou l’onde de distension. Le temps de propagation de l’onde est mesuré, et rapporté à la distance, habituellement mesuré entre les sites par un mètre ruban (figure 1). La meilleure distance pour le calcul de la VOP est toujours discutée. De petites erreurs ont plus d’importance pour de courtes distances. Certains investigateurs recommandent de mesurer soit la distance entre les sites de mesure carotidiens et fémoraux (CF), soit entre le creux sus-sternal et le site fémoral (CSS-F), soit en soustrayant la distance entre la carotide et le creux sus-sternal de la distance entre le creux sus-sternal et la fémorale (CCS-F – C-CCS). S’il est vrai que la dernière méthode donne des valeurs absolues plus proches des valeurs réelles, les erreurs cumulées et le calcul nécessaire augmentent l’incertitude. Si le choix de la méthode a peu d’importance lors des essais cliniques, il en va différemment lors de la comparaison de populations entre elles ou lors de tentatives de méta-analyses ou pour édicter des valeurs de référence. Les recommandations de la Société européenne d’hypertension artérielle prennent une valeur de 12 m/s, comme seuil de haut risque, valeur basée sur la mesure directe de distance carotido-fémorale.

La faisabilité de la mesure approche les 100 %, et sa reproductibilité à court terme est d’environ ± 0,5 m/s. Cependant, cette mesure peut être moins précise dans certaines situations pathologiques : syndrome métabolique et obésité, forte poitrine, mégadolicoartères, affectant principalement la mesure de distance [3].

Ondes de réflexion

L’onde générée par le cœur est partiellement réfléchie sur des sites de réflexion, constitués par les bifurcations artérielles, les résistances périphériques et les disparités de calibre artériel. Ces ondes de réflexion viennent se superposer à l’onde de pression générée par le cœur, ce qui est bénéfique si le retour des ondes survient en diastole (sujet jeune), et délétère s’il survient en systole car l’augmentation de la pression diastolique participe à la perfusion coronaire, alors que l’augmentation de la pression systolique s’accompagne d’une surcharge de travail ventriculaire. La quantification des ondes de réflexion se fait par une analyse mathématique de l’onde de pression centrale (ou carotidienne).

Méthodes basées sur des capteurs de pression

Les capteurs de pression peuvent mesurer simultanément les deux ondes. Le système Complior® (Art-tech Medical, Pantin, France) utilise deux sondes simultanément appliquées sur la peau. Le temps de transit est déterminé par méthode d’autocorrélation [3]. L’investigateur dispose d’une évaluation en temps réel de la qualité des courbes. Trois sites peuvent être explorés simultanément. Cependant, seule la mesure carotido-fémorale a été validée pour la prédiction du risque (tableau 3). Cet appareil a été utilisé dans la plupart des études épidémiologiques. Les caractéristiques des sondes ne permettent pas l’analyse fine de l’onde de pression. Plusieurs appareils de même type sont en développement.

Les ondes de pression peuvent être mesurées de manière successive en se calant sur l’ECG. Dans le système Sphygmocor® (Atcor, Sydney, Australie), une sonde de haute fidélité Millar® permet de mesurer les pouls carotidiens et fémoraux, et de calculer le temps de transit en se calant sur l’onde R de l’ECG [4]. En plus de la mesure de la VOP, cet appareil permet la mesure de la pression centrale et des ondes de réflexion. Il est possible de faire choisir l’algorithme de calcul de la VOP. L’inconvénient de cette technique est que toute instabilité dans la fréquence cardiaque ou la pression artérielle peut induire des artefacts dans la mesure de la VOP.

Méthodes basées sur des sondes Doppler et autres méthodes

Les ondes de distension artérielles peuvent être utilisées. Elles correspondent très précisément aux ondes de pression, et ont l’avantage de ne pas nécessiter de compression artérielle. Elles peuvent être obtenues par technique d’échotracking de haute précision, et de ce fait sont extrêmement précises. De même que pour le Sphygmocor®, cette technique nécessite le recalage sur l’ECG pour mesurer le temps de transit.

Il est possible d’utiliser deux sondes Doppler, l’une appliquée sur la crosse de l’aorte par voie sus-sternale, l’autre sur l’aorte terminale au niveau ombilical [5]. L’avantage de cette technique est de prendre en compte uniquement l’aorte thoracique et abdominale dans la mesure de la VOP. Les désavantages sont la difficulté d’identifier le pied de l’onde, l’imprécision dans la position du volume d’échantillonnage. Cette technique a été utilisée pour démontrer la valeur prédictive de la rigidité aortique chez le diabétique.

Les autres techniques indirectes ou imprécises quant à la détermination anatomique de la zone explorée n’ont pas fait l’objet de validations aussi extensives que les techniques de référence sus-citées.

Applications cliniques et valeur prédictive pour les événements cliniques

La rigidité artérielle et les ondes de réflexion sont maintenant reconnues comme la principale cause d’hypertension systolique, notamment chez le sujet âgé. La rigidité artérielle représente de plus une atteinte d’organe cible à part entière, au même titre que l’hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) et la microalbuminurie. Elle est prédictive pour la mortalité cardiovasculaire [6], les infarctus [7] et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) fatals [8], indépendamment des facteurs de risque cardiovasculaire (CV) classiques, et indépendamment de l’épaisseur intima-média carotidienne [9]. Plus de 11 études internationales démontrent la valeur prédictive dans diverses populations (tableau 3 et [1]) C’est la raison pour laquelle La Société européenne d’hypertension artérielle a inclus la VOP carotido-fémorale dans ses recommandations récemment parues [10]. La valeur seuil de 12 m/s correspond au tertile supérieur de risque dans la plupart des études épidémiologiques (voir paragraphe précédent pour la mesure de la distance).

D’un point de vue physiologique, la rigidité aortique conditionne la charge hémodynamique du VG, toute augmentation de rigidité se traduisant par un excès de travail systolique, et une réduction de la perfusion diastolique. L’augmentation de la pression pulsée centrale est un puissant facteur de remodelage artériel et cardiaque [11, 12], contribuant à la genèse de l’athérosclérose. La pression pulsée centrale a un effet délétère direct sur les petites artères de résistance rénales et cérébrales, et peut être impliquée dans l’origine des démences [13], des accidents vasculaires cérébraux [8] et de l’insuffisance rénale chronique [14]. Enfin, la rigidité artérielle sert de mémoire à long terme de l’effet cumulé des différents facteurs de risque cardiovasculaire au cours du temps.

Pour toutes ces raisons, la rigidité artérielle doit faire partie des outils pour évaluer le risque cardiovasculaire des patients, et surveiller l’effet des interventions sur la réduction de ce risque.

Différentes interventions (amaigrissement, régime peu salé, réduction de la consommation d’alcool, poudre d’ail, chocolat noir (voir article suivant), traitement hormonal de la ménopause, mais surtout les antihypertenseurs), sont à même d’améliorer la rigidité artérielle. La question de savoir si l’amélioration de la rigidité artérielle s’accompagne d’une réduction de la morbidité et mortalité cardiovasculaire reste ouverte. À l’heure qu’il est, seule l’étude de Guérin chez l’insuffisant rénal chronique dialysé a démontré que les patients améliorant leur rigidité aortique avec une intervention graduelle améliorent aussi leur pronostic [15]. L’étude ASCOT-CAFE, récemment publiée [16], montre que le meilleur pronostic des patients traités par l’association périndopril-amlodipine est associé à une réduction plus marquée de la pression artérielle centrale que pour l’association aténolol-hydrochlorothiazide. Il reste à démontrer dans une étude de grande ampleur que ceci est vérifié.

Conclusion

La rigidité artérielle, mesurée par la vélocité de l’onde de pouls carotido-fémorale prédit le risque cardiovasculaire au-delà des facteurs de risque classiques. Elle représente une atteinte d’organe cible à part entière, et son évaluation devrait faire partie du bilan cardiovasculaire proposé, notamment aux patients considérés comme à risque faible ou moyen par les algorithmes de risque traditionnels. De multiples interventions thérapeutiques améliorent la rigidité artérielle. Cependant, d’autres études sont nécessaires pour juger si cette amélioration est proportionnelle à l’amélioration du pronostic.

Références

1 Laurent S, Cockcroft J, Van Bortel L, et al. Expert consensus document on arterial stiffness : methodological issues and clinical applications. Eur Heart J 2006 ; 27 : 2588-605.

2 Pannier B, Guerin AP, Marchais SJ, Safar ME, London GM. Stiffness of capacitive and conduit arteries : prognostic significance for end-stage renal disease patients. Hypertension 2005 ; 45 : 592-6.

3 Asmar R, Benetos A, Topouchian J, et al. Assessment of arterial distensibility by automatic pulse wave velocity measurement. Validation and clinical application studies. Hypertension 1995 ; 26 : 485-90.

4 Van Bortel LM, Balkestein EJ, van der Heijden-Spek JJ, et al. Non-invasive assessment of local arterial pulse pressure : comparison of applanation tonometry and echo-tracking. J Hypertens 2001 ; 19 : 1037-44.

5 Cruickshank K, Riste L, Anderson SG, Wright JS, Dunn G, Gosling RG. Aortic pulse-wave velocity and its relationship to mortality in diabetes and glucose intolerance : an integrated index of vascular function? Circulation 2002 ; 106 : 2085-90.

6 Laurent S, Boutouyrie P, Asmar R, et al. Aortic stiffness is an independent predictor of all-cause and cardiovascular mortality in hypertensive patients. Hypertension 2001 ; 37 : 1236-41.

7 Boutouyrie P, Tropeano AI, Asmar R, et al. Aortic stiffness is an independent predictor of primary coronary events in hypertensive patients : a longitudinal study. Hypertension 2002 ; 39 : 10-5.

8 Laurent S, Katsahian S, Fassot C, et al. Aortic stiffness is an independent predictor of fatal stroke in essential hypertension. Stroke 2003 ; 34 : 1203-6.

9 Mattace-Raso FU, van der Cammen TJ, Hofman A, et al. Arterial stiffness and risk of coronary heart disease and stroke : the Rotterdam Study. Circulation 2006 ; 113 : 657-63.

10 Mancia G, De Backer G, Dominiczak A, et al. 2007 Guidelines for the Management of Arterial Hypertension : The Task Force for the Management of Arterial Hypertension of the European Society of Hypertension (ESH) and of the European Society of Cardiology (ESC). J Hypertens 2007 ; 25 : 1105-87.

11 Boutouyrie P, Bussy C, Lacolley P, Girerd X, Laloux B, Laurent S. Association between local pulse pressure, mean blood pressure, and large-artery remodeling. Circulation 1999 ; 100 : 1387-93.

12 Boutouyrie P, Laurent S, Girerd X, et al. Common carotid artery stiffness and patterns of left ventricular hypertrophy in hypertensive patients. Hypertension 1995 ; 25 : 651-9.

13 Hanon O, Haulon S, Lenoir H, et al. Relationship between arterial stiffness and cognitive function in elderly subjects with complaints of memory loss. Stroke 2005 ; 36 : 2193-7.

14 Briet M, Bozec E, Laurent S, et al. Arterial stiffness and enlargement in mild-to-moderate chronic kidney disease. Kidney Int 2006 ; 69 : 350-7.

15 Guerin AP, Blacher J, Pannier B, Marchais SJ, Safar ME, London GM. Impact of aortic stiffness attenuation on survival of patients in end-stage renal failure. Circulation 2001 ; 103 : 987-92.

16 Williams B, Lacy PS, Thom SM, et al. Differential impact of blood pressure-lowering drugs on central aortic pressure and clinical outcomes : principal results of the Conduit Artery Function Evaluation (CAFE) study. Circulation 2006 ; 113 : 1213-25.


 

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