ARTICLE
Auteur(s) : Sumio Fukui, Bertrand Poussier, Claude
Laurian
Chirurgie vasculaire, Hôpital St Joseph, 185 rue Raymond
Losserand, 75014 Paris
Observation
Mr. K., 66 ans, était pris en charge pour une dissection
de l’aorte thoracique descendante douloureuse malgré un traitement
médical antihypertenseur.
Le 17 octobre 2006, l’apparition de douleurs thoraciques
gauches brutales conduisait à une hospitalisation. Une HTA était
connue, bien équilibrée par une bithérapie. La douleur était isolée
sans symptôme ischémique viscéral, ni des membres inférieurs.
Un premier scanner confirmait le diagnostic de dissection de
l’aorte thoracique descendante, la perfusion des artères viscérales
était conservée, aucune porte d’entrée n’était identifiée.
18 octobre 2006 : le malade était hospitalisé dans une
unité cardiovasculaire. Des douleurs thoraciques persistaient
malgré un bon contrôle tensionnel, l’examen était par ailleurs
normal.
Une échographie transthoracique montrait un épanchement
péricardique modéré, l’ETO retrouvait une aorte ascendante et une
crosse non disséquée.
Une IRM montrait l’intégrité des troncs supra-aortiques, un
chenal de dissection non circulant s’étendant jusqu’au pied de
l’artère sous-clavière gauche, la porte d’entrée n’était pas
individualisée.
Le 25 octobre 2006, un nouveau scanner était réalisé en
raison de la persistance de douleurs dorsales. Il montrait une
sténose de la vraie lumière au niveau de l’aorte thoracique
moyenne, une fausse lumière thrombosée s’étendant jusqu’au pied de
l’artère sous-clavière, les artères viscérales étaient
vascularisées par la vraie lumière, la dissection s’étendait
jusqu’aux iliaques. On notait peu de modifications par rapport aux
données initiales, pas d’identification de la porte d’entrée.
Au 16e jour de l’épisode initial, le patient était
hospitalisé dans une 3e structure en raison de la
persistance du syndrome douloureux dorsal.
L’état clinique était stable, la radiographie montrait
l’élargissement du médiastin. Le traitement associait un
bêtabloquant et 3 antihypertenseurs.
Le scanner avec reconstruction centrée sur la zone suspecte
montrait 2 portes d’entrée bien individualisées sur les
reconstructions 2D et 3D (figures 1et 2).
L’option retenue était la mise en place d’une endoprothèse
couverte, adaptée au diamètre de l’aorte proximale et distale.
Commentaires
La prise en charge d’une dissection de l’aorte thoracique implique
l’identification de la ou des portes d’entrée.
L’échographie transœsophagienne permet d’identifier une
dissection de la crosse et de l’aorte thoracique descendante, mais
elle autorise rarement à affirmer le siège de la porte
d’entrée.
Le scanner sans reconstruction permet le diagnostic de la
dissection aortique, de son extension et de l’atteinte des artères
viscérales.
Seules les reconstructions 2D ou 3D rendent possible
d’identifier avec certitude la topographie des portes d’entrée,
souvent atypiques, c’est-à-dire à distance de l’artère
sous-clavière gauche.
Cette information précise est indispensable pour décider d’un
traitement endovasculaire de couverture de la ou des portes
d’entrée.
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