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L’anticoagulation de la fibrillation atriale


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 18, Numéro 7, 357-66, Septembre 2006, Mini-revue


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Selim Abbey, Jérôme Lacotte, Laura Romero, Françoise Hidden-Lucet, Robert Frank , Département de Cardiologie, Centre hospitalier Nord Laennec, 44093 Nantes cedex 1, Département de Cardiologie, AP-HP, hôpital Pitié-Salpêtrière, 75651 Paris cedex 13.

Résumé : La fibrillation atriale (FA) est associée à un risque important d’accidents thromboemboliques qui en sont la complication la plus fréquente. De nombreuses études ont montré l’efficacité du traitement anticoagulant par antivitamines K tant en prévention primaire que secondaire, bien supérieure à celle par antiagrégants plaquettaires isolés. Cette efficacité est tempérée par un risque hémorragique qui est réduit par un monitorage de l’INR entre 2 et 3. Les facteurs de risque embolique associent, outre un antécédent thromboembolique, l’âge après 65 ans, l’insuffisance cardiaque, les valvulopathies mitrales, les prothèses valvulaires et des comorbidités, parmi lesquelles l’hypertension artérielle et le diabète. L’échocardiogramme est l’un des outils importants de cette stratification en montrant la taille de l’oreillette gauche, la présence de contraste spontané, la cinétique de l’auricule gauche où peuvent se développer des thrombi, et la dilatation ventriculaire gauche. A l’opposé, la FA idiopathique avant 65 ans paraît beaucoup moins emboligène, ne nécessite pas systématiquement une anticoagulation orale, et peut être traitée par l’aspirine. Par contre, avant une cardioversion pour une FA de plus de 48 heures ou de durée indéterminée, l’anticoagulation de 3 semaines par antivitamines K avant et au moins 4 semaines après est fortement recommandée. L’ETO permet de vérifier pour des FA plus brèves l’absence de thrombus intra-atrial, mais ne dispense pas de l’héparine pendant la cardioversion, et de l’anticoagulation orale après. Des recommandations internationales basées sur ces facteurs de risque ont été éditées, mais restent mal connues et sont suivies à un degré variable selon les enquêtes publiées.

Mots-clés : fibrillation atriale, anticoagulation

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Selim Abbey1, Jérôme Lacotte2, Laura Romero2, Françoise Hidden-Lucet2, Robert Frank2

1Département de Cardiologie, Centre hospitalier Nord Laennec, 44093 Nantes cedex 1
2Département de Cardiologie, AP-HP, hôpital Pitié-Salpêtrière, 75651 Paris cedex 13

La fibrillation atriale (FA) est le trouble du rythme cardiaque soutenu le plus fréquent. Elle est caractérisée par une activité auriculaire anarchique, rapide et désorganisée, à l’origine de la perte de la systole atriale. Depuis une conférence de consensus, on définit les différents types de FA de la façon suivante. Le premier épisode est le premier épisode détecté. Cet épisode est qualifié de paroxystique si la résolution est spontanée ou de persistant si une cardioversion chimique ou électrique est nécessaire. Si la FA dure plus de 7 jours, elle est définie comme persistante. Le terme de FA permanente est admis soit après échec de la cardioversion, soit lorsqu’il a été décidé de respecter cette FA [1].La prévalence de la FA augmente avec l’âge : inférieure à 1 % dans la population de moins de 60 ans, elle dépasse 6 % chez les personnes âgées de plus de 80 ans, atteignant dans l’étude ATRIA plus de 9 % de cette tranche d’âge [2]. La tolérance clinique et la valeur pronostique de la FA sont très variables d’un individu à l’autre. Elle peut se compliquer de cardiomyopathies rythmiques en cas de cadence ventriculaire rapide, et surtout d’accidents thromboemboliques, quel que soit le type de l’arythmie. Ces accidents forment la complication la plus fréquente. Dans l’étude française ALFA portant sur une population suivie en activité libérale, l’incidence des accidents thromboemboliques était de 2,4 % sur un suivi moyen de 8,4 mois [3]. Cette incidence augmente avec l’âge, le risque embolique passant de 1,5 % an pour les patients dans la tranche d’âge de 50-59 ans à 23,5 %/an pour les 80-89 ans dans l’étude de Framingham [4]. La FA est associée par ailleurs à des accidents vasculaires cérébraux (AVC) silencieux, comme l’a montré l’étude SPINAF [5], où un scanner cérébral a systématiquement été effectué au début et à la fin de l’étude en l’absence de signes cliniques évocateurs. A l’inclusion, on découvre un ou plusieurs AVC silencieux chez 14,7 % des patients, et l’incidence des nouveaux AVC est de 1,3 % an après un suivi d’environ 3 ans. Enfin, le risque embolique en cas de FA paroxystique semble être identique à celui de la FA soutenue, même lorsque la durée de l’épisode est inférieure à 72 heures [6, 7]. Par contre, il n’y a pas de données concernant la durée minimale de FA capable d’entraîner un tel risque, probablement dépendant du terrain et certainement supérieure à plusieurs heures, jusqu’à 48 heures [1] si l’on se réfère aux recommandations sur la régularisation de la FA paroxystique.Il ne sera pas question ici du flutter auriculaire qui est une autre arythmie atriale, souvent associée à la fibrillation, considérée comme moins emboligène lorsqu’il est isolé, du moins en dehors d’une cardiopathie associée, mais auquel on applique en général les mêmes stratégies d’anticoagulation [1, 8].Les stratégies antiarythmiques médicamenteuses existantes, que l’on tente de réduire la FA ou de simplement ralentir le rythme ventriculaire semblent avoir peu d’effet pour diminuer le risque embolique, du fait de la faible efficacité des traitements pharmacologiques pour maintenir en rythme sinusal permanent les patients régularisés. Cela a été en particulier montré par deux études récentes incluant des patients à haut risque thromboembolique [9, 10] et suivis « en intention de traiter ». Les incidents sont plus fréquents quand l’INR cible n’est pas atteint ou quand le traitement anticoagulant est arrêté, que les patients soient dans le groupe simplement ralenti, ou dans celui régularisé. Ces deux études incitent donc à anticoaguler au long cours les patients à risque embolique élevé (voir plus loin) qui sont en FA, qu’elle soit paroxystique ou chronique et quelle que soit la stratégie thérapeutique adoptée. L’arrêt des anticoagulants ne peut se concevoir qu’en l’absence de facteurs de risque, avec la certitude de l’absence de récidive, plutôt chez des patients très symptomatiques en FA, et après une durée prolongée, peut-être un an de rythme sinusal sous traitement.

Physiopathologie des complications thromboemboliques

Le mécanisme de formation d’un thrombus le plus souvent incriminé, parmi les trois composantes de la triade de Virchow, est la stase sanguine dans l’oreillette gauche et surtout dans son auricule avec un flux ralenti. C’est en effet là que les thrombi sont le plus souvent retrouvés par l’échographie trans-œsophagienne (ETO) chez 10 % des patients en FA et encore plus chez ceux qui ont fait un accident thromboembolique récent. On visualise de plus dans 55 % des cas la présence d’un contraste spontané (CS) dans l’oreillette gauche [11] Celui-ci est secondaire à l’augmentation de l’agrégation érythrocytaire due à la stase sanguine liée à la perte de la systole atriale efficace. Il est constaté chez 75 à 80 % des patients dont les vitesses des flux dans l’auricule sont inférieures à 20 cm/s. Le risque de développer un tel contraste est majoré quand les vitesses sont inférieures à 35 cm/s (risque relatif (RR) = 28:1) et son intensité semble corrélée avec les vitesses les plus basses [12]. Le CS ne paraît pas être diminué par le traitement antithrombotique [13], bien qu’il soit un marqueur de risque thromboembolique chez les patients non anticoagulés. Ainsi Leung [14] a suivi pendant 3 ans 272 patients en FA non valvulaire, et le taux d’événements thromboemboliques est 4 fois plus élevé (12 % versus 3 % par an) lorsqu’existe un CS à l’ETO. En analyse multivariée, le CS apparaît alors dans cette étude comme le seul facteur prédictif indépendant d’événement thromboembolique. L’étude SPAF III montre cette même relation entre la survenue d’AVC ischémiques et la présence de contraste spontané, de vitesses basses dans l’auricule, et de présence de thrombi in situ. Mais elle met en évidence un facteur de risque indépendant supplémentaire, la présence d’un athérome aortique important, avec des plaques épaisses, de plus de 4 mm, ulcérées et mobiles [11].

Cette thrombose est favorisée par un état d’hypercoagulabilité, puisque les marqueurs d’hémostase sont significativement augmentés chez les patients en FA. Le taux de fibrinogène est corrélé avec le contraste spontané, et les D-dimères sont plus élevés dans les populations en FA que chez les témoins. Ces facteurs se normalisent avec le retour en rythme sinusal [15-18].

Prévention primaire

L’objectif de la prévention primaire est d’éviter la survenue d’accidents thromboemboliques. Le risque dépend des patients, et il faut l’évaluer pour identifier ceux qui bénéficieront le plus du traitement anticoagulant avec un risque hémorragique minimal.

Le risque embolique (tableau I)

( Tableau I )Un certain nombre de facteurs de risque (FDR) cliniques ont étés décrits à partir d’une méta-analyse de cinq essais randomisés de prévention primaire [19]. Ce sont l’âge, supérieur à 65 ans, les antécédents d’accidents ischémiques transitoires (AIT) ou d’AVC, l’hypertension artérielle (HTA), et le diabète (risque de 4,3 à 8,1 %). L’absence de ces facteurs permet d’individualiser un groupe de patients à bas risque embolique, estimé à moins de 1 % par an. Ces FDR sont comparables à ceux déduits des études SPAF [20]. Il s’agit de l’âge supérieur à 75 ans lorsqu’il s’agit de femmes, d’une HTA avec pression systolique supérieure à 160 mmHg, d’antécédents d’AIT ou d’AVC, mais aussi de décompensation cardiaque dans les trois derniers mois (risque = 7,1 %, IC 5,4 à 9,5 %). Entre 65 et 75 ans, en l’absence d’autres facteurs, le risque paraît intermédiaire.

L’échocardiographie est certainement l’examen qui permet de mieux apprécier le risque embolique. Nous avions vu plus haut que ce risque [10] augmentait avec la présence à l’ETO de contraste spontané auriculaire gauche, de vélocités diminuées des flux au niveau de l’auricule, et d’un athérome aortique important. Cet examen va en outre rechercher une valvulopathie notamment mitrale, mesurer la taille de l’oreillette gauche (OG), et étudier la fonction ventriculaire gauche. La dysfonction ventriculaire gauche systolique est un facteur de risque important (RR = 2,5) identifié par une méta-analyse de 3 essais [21]. Elle est définie dans l’étude SPAF III par une fraction de raccourcissement inférieure à 25 % en échographie transthoracique (ETT). Cette même étude trouve en outre qu’un diamètre antéro-supérieur de l’OG supérieur à 25 mm/m2[20] est un facteur de risque indépendant supplémentaire. Dans cette population, 38 % des patients considérés cliniquement à faible risque embolique (embolie < 2,5 % an) étaient en fait à haut risque selon les données de l’ETT (risque > 5 % an). L’ETO possède une meilleure résolution que l’ETT pour étudier les oreillettes, les auricules et l’aorte. Ce n’est pas un examen à réaliser de manière systématique mais ses résultats permettent de mieux apprécier le risque embolique en particulier avant cardioversion puisqu’il permet de mieux visualiser la présence d’un thrombus.
Tableau I Score CHADS à partir des paramètres cliniques (Gage BF, Waterman AD, Shannon W. JAMA 2001 ; 285 : 2864)

Insuffisance cardiaque congestive

1

Hypertension

1

Age ≥ 75

1

Secondaire à un AIT ou toute embolie

2

Score CHADS2

% événements par an

NPATa

Warfarine

Sans warfarine

0

0,25

0,49

417

1

0,72

1,52

125

2

1,27

2,50

81

3

2,20

5,27

33

4

2,35

6,02

27

5 ou 6

4,60

6,88

44

aNombre de patients à traiter par la warfarine pour éviter un accident.

Les traitements

L’aspirine

Les résultats des différentes études évaluant l’efficacité de l’aspirine versus placebo sont divergents. Les différences sont en partie expliquées par des posologies utilisées, différentes d’un essai à l’autre. Dans l’étude AFASAK [22], 75 mg/jour permettaient une baisse non significative des embolies de 18 %, alors que, dans l’étude SPAF-I, 325 mg/jour entraînaient une diminution significative de 44 %. La méta-analyse de ces deux études de prévention primaire conclut à une réduction de 36 % du risque d’AVC (IC 95 %, p = 0,03) et de 28 % d’un critère combiné associant AVC, embolies systémiques et décès (IC 95 %, p = 0,02), bien que la réduction des AVC avec séquelles et de la mortalité n’ait pas été significative [19]. La méta-analyse de Heart [23] sur 6 essais (3 de prévention primaire et 3 de prévention secondaire), comparant l’aspirine au placebo trouve une baisse de 22 % de l’incidence des AVC. La réduction du risque absolu y est de 1,5 % par an en prévention primaire et de 2,5 % par an en prévention secondaire ( (figure 1) ). En particulier, l’analyse des études SPAF-II et SPAF-III montre, pour l’une, qu’un traitement par aspirine à 325 mg/L est particulièrement efficace pour les patients âgés de moins de 65 ans et, pour l’autre, pour ceux âgés de moins de 75 ans, en l’absence des facteurs de risque cités précédemment [24]. Parmi les autres agents antiplaquettaires, le clopidogrel pourrait avoir un intérêt majeurs, mais son effet n’a été montré qu’associé à l’aspirine dans une étude préliminaire sur une petite série de 30 patients [25]. Par contre, on a annoncé récemment au congrès de l’AHA de novembre 2005 que l’étude ACTIVE W qui reprenait ce protocole à plus grande échelle (6 500 patients) a été interrompue prématurément à la moitié des inclusions, du fait d’un risque supérieur d’AVC du groupe aspirine plus clopidogrel (5,6 % par an) par rapport à la warfarine (3,9 %), sans interrompre le bras ACTIVE A (7 500 patients), avec contre-indication aux antivitamines K, ou les refusant comparant l’association à l’aspirine seule.

Les antivitamines K

Le traitement par AVK à posologie ajustée pour obtenir un INR entre 1,5 et 4 a été comparé au placebo dans la méta-analyse de Heart [23], qui réunit 2 900 patients âgés en moyenne de 69 ans et suivis pendant une moyenne de 1,8 an. L’efficacité de cette stratégie est significative en prévention primaire comme en prévention secondaire ( (figure 2) ). Les principaux résultats sont résumés dans le tableau II( Tableau II ).

Ce bénéfice du traitement est toutefois pondéré par les complications hémorragiques, puisque l’incidence d’hémorragie intracérébrale est de 0,3 % par an dans le groupe AVK contre 0,1 % an dans le groupe placebo. Le risque relatif d’hémorragie non cérébrale majeure est de 2,4. Pour diminuer ce risque, trois essais ont comparé des doses d’AVK ajustées à l’INR, à des doses fixes ou à de petites doses d’AVK (INR cible = 1,1 à 1,4), mais la méta-analyse montre alors la supériorité de l’emploi des AVK à dose titrée, avec 38 % d’accidents emboliques en moins.
Tableau II Taux de prévention des AVC par les AVK [23]

Prévention primaire

Prévention secondaire

Total

INR cible

2-2,6

2,9

Taux d’AVC dans la population témoin

4,6 %/an

12,3 %/an

Réduction du risque relatif d’AVC

59 %

68 %

62 %

Réduction du risque d’AVC ischémique

65 %

Réduction du risque absolu

2,7 %/an

8,4 %/an

NNT

37

12

Mortalité totale

26 %

Comparaison des AVK avec l’aspirine

Les traitements par AVK et aspirine étaient comparés dans la même méta-analyse [23], sur 2 837 patients âgés en moyenne de 71 ans et suivis pendant 2,2 ans. Les AVK réduisent le risque total d’AVC (ischémiques et hémorragiques) de 36 % et le risque d’AVC ischémiques de 46 % par rapport à l’aspirine ( (figure 2) ). Mais ces résultats sont également pondérés par le risque de saignement majoré sous traitement anticoagulant. Le risque relatif d’hémorragies cérébrales est de 2,1 et d’hémorragies autres que cérébrales de 2 en cas de traitement par AVK.

Les associations AVK et aspirine

Deux études ont comparé les AVK seules avec une stratégie thérapeutique comportant une association d’aspirine (300 à 325 mg/j) avec des AVK faiblement dosées. L’étude SPAF III qui a inclus des patients à haut risque embolique a été précocement arrêtée puisque les analyses intermédiaires montraient après un an de suivi une diminution significative des complications emboliques dans le groupe AVK seul (RR = 74 %, p < 0,001) [20]. Le risque hémorragique était comparable dans les deux groupes. L’étude AFASAK qui incluait des patients à bas risque a été interrompue suite à ces résultats. L’analyse finale ne montrait pas de différence significative entre les deux stratégies [22].

Le risque hémorragique

Les hémorragies sont les complications les plus fréquentes du traitement antithrombotique et dépendent de ses modalités. En prévention primaire, une méta-analyse de 5 essais a montré que l’incidence d’hémorragie majeure (définie par une hémorragie cérébrale ou un saignement nécessitant une hospitalisation ou la transfusion de 2 culots globulaires) était de 1 % dans les groupes placebo et aspirine, et de 1,3 % dans le groupe AVK [19]. Par rapport à l’aspirine, les patients traités par AVK ont un risque relatif de 2,1 d’hémorragies cérébrales, et de 2 pour les hémorragies autres que cérébrales, qu’il s’agisse d’études de prévention primaire et secondaire. Le risque absolu d’hémorragie est augmenté de 0,2 % par an. En termes d’événements, cela correspond respectivement, à 0,2 contre 0,5 hémorragies cérébrales et 1,2 hémorragies majeures contre 2,2 pour 100 patients-année. L’identification des patients à risque hémorragique élevé apparaît primordiale. Dans une étude prospective [26], Beyth a identifié les facteurs suivants : l’âge > 65 ans (RR = 2,7), des antécédents d’AVC (RR = 2,6) ou d’hémorragie digestive (RR = 2,5), avec au moins une comorbidité, c’est à dire un antécédent d’infarctus du myocarde récent, un hématocrite < 30%, une créatininémie > 133 μmol/l, ou un diabète. L’incidence cumulée d’hémorragies majeures à 48 mois était de 53 % pour les patients à haut risque (≥ 3 FDR), 12 % pour les patients à risque modéré (1 ou 2 FDR) et 3 % pour les patients sans FDR. Une autre étude [27] a utilisé d’autres FDR (âge, sexe, néoplasie), et les patients ont été classés en risque élevé, modéré, ou bas. La fréquence d’hémorragies majeures était respectivement de 7 %, 4 %, et 1 % après un suivi de 3 mois. Enfin, la durée de traitement par AVK [28, 29] ou l’intensité de l’anticoagulation [30] sont des facteurs de risque supplémentaires. Ainsi, le risque relatif d’hémorragie est de 1,6 quand l’international normalized ratio (INR) se situe entre 4 et 4,9, et de 3,6 quand il est supérieur à 5. Ce risque est faible quand l’INR est inférieur à 3 [10].

Une nouvelle classe d’anticoagulants inhibiteurs directs de la thrombine

Elle est actuellement représentée par le ximélagatran, en cours d’évaluation dans la prévention du risque embolique de la FA. Il peut être administré à dose fixe et ne nécessite pas de contrôle de posologie. Deux études, SPORTIF III et SPORTIF V, la première en ouverte, l’autre en double aveugle ont enrôlé respectivement 3 407 et 3 922 patients, dans une étude de non-infériorité avec la warfarine (INR cible = 2 à 3) pendant un suivi de 12 à 26 mois [31, 32]. Cette étude a montré un effet globalement comparable sur les complications emboliques, avec une légère supériorité du ximégalatran dans l’étude ouverte (1,6 versus 2,3 %), et inversement de la coumadine dans l’étude en aveugle (1,2 versus 1,6 %) (tableau III)( Tableau III ). Par ailleurs, il a montré une diminution significative des accidents hémorragiques sous ximélagatran (1,9 %) par rapport aux AVK (2,5 %). La mortalité était identique dans les 2 groupes mais on a constaté une augmentation transitoire des transaminases dans le groupe traité par le nouvel antithrombotique. Cette augmentation est régressive même en l’absence d’arrêt du traitement. La signification clinique de cette élévation est encore à l’étude, ce qui retarde actuellement la commercialisation de cette molécule dans l’indication de la fibrillation atriale.
Tableau III Recommandations du traitement antithrombotique des patients en FA selon la stratification du risque thromboembolique [1]

Caractéristiques des patients

Traitement antithrombotique

Classe de recom-mandations

Age < 60 ans sans cardiopathie (FA isolée)

Aspirine (325 mg/j) ou rien

I

Age < 60 ans, cardiopathie, ni HTA, ni FE < 35 %

Aspirine (325 mg/j)

I

Age ≥ 60 ans, ni HTA, ni FE < 35 %

Aspirine (325 mg/j)

I

+ diabète ou coronaropathie

AVK (INR = 2-3) ± aspirine 80-160 mg/j

  • I
  • IIb


Age ≥ 75 ans, surtout les femmes

AVK (INR = 2)

I

Insuffisance cardiaque, FE ≤ 35 %, thyréotoxicose, HTA

AVK (INR = 2-3)

I

Cardiopathie rhumatismale, (sténose mitrale), prothèse valvulaire mécanique, ATCD thromboembolique, thrombus persistant à l’ETO

AVK (INR = 2,5-3,5 ou plus)

I

Prévention secondaire

L’objectif de la prévention secondaire est d’éviter la récidive d’accidents thromboemboliques chez les patients en FA. L’étiologie évoquée de prime abord en cas d’AVC chez un patient en FA est une origine thromboembolique cardiaque. Cependant, la relation de cause à effet est difficile à établir puisque les facteurs de risque de FA et d’athérosclérose sont parfois les mêmes et se confondent. En cas de FA, l’ETO permet de rechercher la présence de thrombus intra-auriculaire et/ou de plaques d’athéromes sur l’aorte, même si le résultat modifie peu l’attitude thérapeutique au long cours [11]. Dans l’étude EAFT [33], 1 007 patients en FA avec un antécédent d’accident ischémique transitoire ou d’AVC mineur datant de moins de 3 mois, ont été randomisés en 2 groupes. Dans le groupe 1, les patients sans contre-indications aux AVK recevaient après randomisation un anticoagulant (INR = 2,5 à 4) ou de l’aspirine (300 mg/j) ou encore un placebo. Dans le groupe 2, les patients qui avaient une contre-indication aux AVK recevaient après randomisation de l’aspirine (300mg/j) ou un placebo. Après un suivi moyen de 2,3 ans, par rapport au placebo, les AVK ont diminué de 47 % le taux annuel d’événements majeurs (décès d’origine vasculaire, AVC non fatal, IDM non fatal ou embolie systémique) et de 66 % le taux annuel d’AVC invalidants ou mortels. Cela correspond à environ 90 AVC évités pour 1 000 patients traités pendant 1 an. L’incidence des hémorragies graves était de 2,8 % par an. L’aspirine a diminué de 17 % le risque annuel d’événements majeur mais de manière non significative. En terme absolu, 40 événements vasculaires ont été prévenus pour 1 000 patients traités pendant 1 an. Le risque d’hémorragie majeure est de 0,9 % par an. Ainsi, par rapport à l’aspirine, les AVK ont diminué significativement (de 40 %) les événements majeurs et de 62 % les AVC, mais ont été à l’origine de plus de complications hémorragiques. Les AVK représentent le traitement de référence en prévention secondaire après la phase aiguë (tableau I). Leur efficacité optimale est obtenue pour un INR entre 2 et 3,9. Le bénéfice est surtout optimal quand ce dernier se situe entre 2 et 2,9 ; par contre, il est nul lorsqu’il est inférieur à 2 [30].

Le traitement optimal en phase aiguë d’un AVC (< 14 jours) reste encore controversé. Le risque de récidive pendant cette phase chez les patients en FA est d’environ 5 % dans une méta-analyse reprenant les 3 principales études, sans que l’étiologie de l’AVC ne soit différenciée [34]. L’essai IST a comparé un traitement par héparine administrée par voie sous-cutanée avec 2 posologies fixes différentes, sans contrôle de l’efficacité, à l’aspirine et au placebo. Dans le sous-groupe des patients en FA, les cas d’AVC fatals sont plus importants (17 % contre 8 %) à 2 semaines. Cette différence est en partie expliquée par l’âge, les facteurs de comorbidités des patients et la sévérité des AVC plus importants dans ce sous-groupe. Le traitement par l’héparine a permis une baisse significative des récidives d’AVC (2,3 contre 4,9 %) mais ce bénéfice était contre-balancé par l’augmentation des AVC hémorragiques (2,8 contre 0,4 %). Ce traitement n’a pas modifié le critère associant mortalité et AVC. Une autre étude a comparé au placebo l’utilisation d’une héparine de bas poids moléculaire (HBPM) administrée dans les 24 heures du début de l’AVC. Le bénéfice retrouvé en faveur de l’HBPM à 3 mois n’est pas significatif mais on enregistre par contre, une majoration du nombre d’AVC hémorragiques. Ces deux études suggèrent que le traitement anticoagulant administré à la phase aiguë de l’AVC n’est pas bénéfique même si ces résultats restent discutables du fait de la diversité des protocoles utilisés. Le traitement par l’aspirine permet par rapport au placebo une diminution de 21 % du risque de récidive d’AVC sans augmentation du risque d’AVC hémorragique. Il faut alors traiter environ 100 patients pour prévenir une récidive d’AVC à 2-4 semaines,

Recommandations

Avant de débuter un traitement anticoagulant en prévention secondaire, il convient d’effectuer un scanner cérébral pour éliminer une hémorragie et estimer la taille de l’infarctus [35]. Le traitement anticoagulant est contre-indiqué lors d’infarctus étendus (basés sur la symptomatologie clinique et les résultats du scanner), d’HTA non contrôlée ou en cas d’hémorragie (recommandations grade Ic). On propose alors l’administration précoce de 160 à 325 mg d’aspirine (recommandation grade Ia). Ce traitement par l’aspirine peut être entamé dans les 48 heures du début de l’AVC et être combiné à l’administration de faibles doses d’héparine sous-cutanée pour la prophylaxie des thromboses veineuses.

Cardioversion et risque embolique

L’incidence des accidents emboliques après cardioversion sans traitement anticoagulant est estimée à 5,3 %, contre 0,8 % en cas de traitement anticoagulant [36]. Le mode d’anticoagulation a été évalué dans l’étude ACUTE [37] qui a randomisé 1 222 patients avec une FA de plus de 2 jours. Un groupe a été anticoagulé pendant 3 semaines par des AVK (INR = 2 à 3) avant cardioversion, et un autre a été traité pendant une courte période par l’héparinothérapie après un contrôle de l’absence de thrombus par ETO. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux stratégies concernant le critère principal (AVC, AIT et embolie périphérique dans les 8 semaines). Par contre, le taux d’hémorragies était significativement plus bas dans le groupe ETO. Les accidents emboliques constatés en cas de traitement conventionnel au décours de cardioversion sont associés à un défaut d’anticoagulation suffisamment efficace. Dans une étude rétrospective portant sur 1 950 patients (et 2 639 cardioversions), aucun accident embolique n’a été rapporté quand l’INR au moment de la cardioversion était supérieur à 2,5 [38]. Le traitement par AVK doit être poursuivi au décours de la cardioversion pendant 4 semaines car cette dernière est suivie d’une sidération, dysfonction mécanique transitoire de l’oreillette et de l’auricule qui persiste pendant 4 à 6 semaines [39].

Place des HBPM

L’utilisation des héparines à bas poids moléculaire (HBPM) pour prévenir le risque embolique lors d’une cardioversion est de plus en plus répandue en pratique quotidienne, notamment pour sa facilité d’utilisation et pour son efficacité thérapeutique rapide, même si aucune molécule ne bénéficie d’une AMM pour cette indication. Leur évaluation est toujours en cours. La plupart des études sont des études de cohorte ou d’observations [40]. Les études randomisées actuellement disponibles sur leur emploi en période «péri-cardioversion », en attendant l’effet des AVK, ont inclus des populations de petite taille [41]. L’étude ACUTE II qui a inclus 200 patients compare actuellement de manière prospective sur une durée de 5 ans la faisabilité et l’efficacité de deux stratégies d’anticoagulation lors des cardioversions guidées par ETO, l’emploi d’héparine non fractionnée ou une HBPM [42]. Les résultats de cette étude devraient permettre de mieux préciser la place de ces dernières.

Une autre stratégie thérapeutique a été évaluée par une étude randomisée prospective récente [43]. Il s’agit d’une étude de non-infériorité évaluant deux schémas thérapeutiques sur 496 patients : cardioversion par stratégie conventionnelle (anticoagulation pendant 21 jours précédant la cardioversion) ou stratégie guidée par ETO. Dans chaque bras, on a comparé l’anticoagulation conventionnelle (héparine non fractionnée et AVK) aux HBPM utilisées avant et 28 jours après réduction. Il en résulte que les HBPM ne sont pas inférieures à la stratégie héparine non fractionnée-AVK concernant le critère principal (complications emboliques, mortalité de toutes causes et hémorragies majeures : 2,8 % versus 4,8 %, p < 0,05).

Actuellement en France, l’utilisation des HBPM en cas de FA est sous l’entière responsabilité du prescripteur, faute d’AMM. En effet, ces stratégies sont récentes : elles seront probablement intégrées dans les prochaines recommandations émanant des sociétés savantes. Les dernières recommandations concernant l’anticoagulation de la FA ont été publiées en 2001 et sont citées en annexe.

L’anticoagulation dans la pratique courante

Si l’anticoagulation dans la réduction de la FA, ou en prévention secondaire semble bien acceptée, le principe de la prévention primaire reste moins appliqué. Les motifs sont variables, et dans un questionnaire [44] proposé en 1996 auprès de médecins américains (tableau IV)( Tableau IV ), le risque hémorragique apparaissait en premier, suivi d’une évaluation du risque embolique considérée comme trop faible, et du refus du patient. Une revue de Samsa et al. en 2000 [45] auprès de médecins généralistes trouvait 65 % des patients sans anticoagulation, 13 % avec un INR trop bas, 6 % avec un INR trop haut, et seulement 15 % des patients correctement traités. En France, l’étude ALFA [3] ne trouvait pour la fibrillation atriale permanente que 9 % des patients dépourvus de traitement anticoagulant. Par contre, pour ceux en FA paroxystique, 44 % n’avaient aucune prophylaxie. Enfin, la récente publication de l’European heart survey on atrial fibrillation [46] montre dans les centres concernés une prophylaxie dans 86 % des cas, dont une anticoagulation orale pour 67 % des patients correspondant aux recommandations, et pour 49 % en dehors de celles-ci. Il faut en fait rajouter dans la décision le rôle du patient [47]. Les anticoagulations sans indication peuvent être liées au choix de ce dernier, plus effrayé par le risque potentiel d’accident embolique, même si très peu probable en l’absence de facteurs de risque, et inversement l’absence d’anticoagulation malgré les recommandations peut être lié au refus de la contrainte de la surveillance des anticoagulants. Une telle situation ne peut être modifiée que par une meilleure information médicale, l’établissement de consultations de suivi d’anticoagulation par un personnel spécialisé comme dans certains pays, et peut-être avec les nouveaux antithrombiques qui ne nécessitent plus de surveillance biologique mensuelle de leur efficacité.

En pratique, il y a deux catégories de patients : ceux avec facteurs de risques (âge et comorbidités), et ceux qui n’en ont pas. En particulier, l’âge moyen des patients inclus dans les grandes études citées démontrant l’importance de l’anticoagulation orale par antivitamines K est supérieur à 65 ans, se situant en moyenne à 69 ans [23], avec de fréquentes comorbidités associées, et les populations plus jeunes y sont difficilement individualisables. Cependant, les recommandations concernant les patients plus jeunes, sans comorbidité associée à la FA, proposent en prévention primaire de n’employer que l’aspirine. [1, 47]. La tendance actuelle reflétée par l’European heart survey qui consiste à placer systématiquement sous antivitamines K ce type de patient repose plus sur le principe de précaution, qui est un des paramètres de décision que l’on ne peut négliger, que sur les recommandations des sociétés savantes qui ne se basent que sur les données scientifiques. Les conférences de consensus commencent à envisager ce paramètre supplémentaire [47] dans leur arbre décisionnel.
Tableau IV Classement des 8 raisons de ne pas employer les AVK (enquête auprès des médecins américains) [44]). Moyenne du score chiffré de 1 (raison mise en premier) à 8 (raison mise en dernier)

• Risque hémorragique

2

• Risque embolique trop faible

3,4

• Refus du patient

3,6

• Inconvénients du monitorage

5,1

• Altération de la qualité de vie

5,2

• Supériorité de l’aspirine

5,2

• Coût

5,6

• Doute sur l’efficacité

6,8

Annexe Recommandations concernant le traitement antithrombotique des patients en FA [1]

Classe I

1. Un traitement antithrombotique (AVK ou aspirine) doit être proposé à tous les patients en FA, sauf en cas de FA isolée, pour prévenir les complications emboliques (niveau de preuve : A).

2. Il faut individualiser la sélection des antithrombotiques sur le risque absolu d’AVC et d’hémorragies et sur le risque relatif et le bénéfice pour chaque patient (niveau de preuve : A).

3. Le traitement chronique par AVK doit être fait avec des doses ajustées pour obtenir un INR cible de 2 à 3 pour les patients à haut risque, sans contre-indication aux anticoagulants (niveau de preuve : A).

a) La nécessité de l’anticoagulation doit être réévaluée à intervalle régulier (niveau de preuve : A).

b) L’INR doit être dosé au moins de façon hebdomadaire durant l’initiation du traitement et de façon mensuelle quand le patient est stable (niveau de preuve : A).

4. L’aspirine à la dose de 325 mg/j est une alternative pour les patients à faible risque ou ceux qui ont une contre-indication aux anticoagulants oraux (niveau de preuve : A).

5. Les anticoagulants oraux doivent être donnés aux patients porteurs de valvulopathies mitrales rhumatismales ou de prothèses valvulaires (mécaniques ou bioprothèses) (niveau de preuve : B). L’intensité de l’anticoagulation doit être basée sur le type de la prothèse mais ne doit pas être en dessous d’un INR cible de 2 à 3 (niveau de preuve : B).

Classe IIa

1. Viser un INR plus bas à 2 (1,6 à 2,5) en prévention primaire pour les AVC ischémiques et les embolies systémiques chez les patients âgés de plus de 75 ans considérés à haut risque de saignement mais sans franche contre-indication aux anticoagulants (niveau de preuve : C).

2. Le traitement antithrombotique en cas de flutter est en général identique à celui de la FA (niveau de preuve : C).

3. Le traitement antithrombotique doit être choisi de la même manière quel que soit le type de la FA (FA paroxystique, persistante ou permanente) (niveau de preuve : B).

Classe IIb

1. Interrompre le traitement anticoagulant pendant une période d’au plus une semaine pour une intervention chirurgicale ou diagnostique à risque de saignement, sans substituer par de 1’héparine pour les patients en FA sans prothèse valvulaire mécanique (niveau de preuve : C).

2. Administrer de l’héparine non fractionnée ou des HBPM en intraveineux ou sous-cutané respectivement pour les patients à haut risque ou quand les procédures à répétition nécessitent l’interruption des anticoagulants pendant plus d’une semaine (niveau de preuve : C).

3. Anticoaguler (INR cible = 2 à 3) les patients avec une coronaropathie sur les mêmes critères que les patients sans coronaropathie (niveau de preuve : C).

a) Une faible dose d’aspirine (moins de 100 mg/j) ou de clopidogrel (75 mg/j) peut être ajoutée aux anticoagulants, mais cette stratégie n’a pas été suffisamment évaluée et pourrait être associée à un risque hémorragique plus élevé (niveau de preuve : C).

4. Le traitement par aspirine est possible en prévention primaire des AVC pour les patients âgés de moins de 60 ans sans cardiopathie sous-jacente ou sans facteurs de risque thrombo-emboliques (FA isolée) (niveau de preuve : C).

Classe III

Anticoagulation au long cours en prévention des AVC pour les patients âgés de moins de 60 ans sans cardiopathie (FA isolée) et sans facteur de risque thromboembolique (niveau de preuve : C).

Recommandations de traitement antithrombotique pour prévenir les AVC ischémiques et les embolies systémiques lors de cardioversion de FA.

Classe I

1. Anticoaguler sans tenir compte de la méthode (électrique ou pharmacologique) utilisée pour restaurer le rythme sinusal (niveau de preuve : B).

2. Anticoaguler les patients en FA depuis plus de 48 h ou de durée inconnue pendant au moins 3 à 4 semaines (INR 2 à 3) (niveau de preuve : B).

3. Faire une cardioversion immédiate en cas de FA récente avec détresse hémodynamique (angor, infarctus, choc, œdème pulmonaire) sans attendre l’anticoagulation préalable (niveau de preuve C).

a) En l’absence de contre-indication, injecter l’héparine simultanément (niveau de preuve C) ;

b) Ensuite, anticoagulation orale pendant 3 ou 4 semaines (INR 2à3) (niveau de preuve C) ;

c) Des données limitées récentes sont en faveur des HBPM dans cette indication (niveau de preuve C)

4. La recherche par ETO d’un thrombus dans l’auricule gauche est une alternative à l’anticoagulation prolongée préalable habituelle (niveau de preuve B).

a) Anticoaguler les patients sans thrombus visible par héparine IV avant cardioversion, suivie d’une dose continue ajustée pour prolonger l’ICT de 1,5 à 2 fois le témoin (niveau de preuve B) ;

b) anticoaguler ensuite pendant au moins 3 à 4 semaines (INR 2 à 3) comme pour les patients avec cardioversion élective (niveau de preuve B) ;

c) Données limitées sur l’emploi d’HBPM dans cette indication (niveau de preuve C)

d) Les patients avec un thrombus décelé par ETO doivent être anticoagulés au moins 3 à 4 semaines avant et après restauration du rythme sinusal (niveau de preuve B).

Classe IIb

1. Cardioversion sans ETO pendant les premières 48 heures après le début de la FA (niveau de preuve C).

2. Anticoaguler le flutter comme pour la FA (niveau de preuve C).

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