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Purpura fulminans méningococcique de l‘enfant


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 15, Numéro 7, 397-402, Août-Septembre 2003, Urgence vasculaire



Auteur(s) : Francis Leclerc, Odile Noizet , Réanimation pédiatrique, hôpital Jeanne‐de‐Flandre, CHU, 59037 Lille cedex .

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ARTICLE

Auteur(s) : Francis Leclerc, Odile Noizet

Réanimation pédiatrique, hôpital Jeanne-de-Flandre, CHU, 59037 Lille cedex

Le purpura fulminans (PF) associe un état de choc septique, un purpura extensif et une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ; il est essentiellement d'origine méningococcique, bien que d'autres organismes puissent être en cause, notamment les pneumocoques chez les sujets splénectomisés et drépanocytaires [1]. En France, l'incidence des infections à méningocoque est en augmentation depuis 1997, avec une prédominance du sérogroupe B et un taux d'incidence maximum chez les enfants âgés de moins de 1 an [1]. En 2001-2002, deux foyers d'infections à méningocoque de sérogroupe C ont été observés (Puy-de-Dôme et Sud-Ouest). Bien qu'en baisse régulière, la mortalité du PF est encore de 20-25 % [1, 2], même si certaines séries récentes font état d'une mortalité de 6,5 % [3]. De 5 à 20 % des survivants développent des nécroses cutanées et/ou des ischémies des membres pouvant nécessiter des greffes de peau ou des amputations [1]. Le PF comporte, comme tout choc septique [4], une hypovolémie avec syndrome de fuite capillaire, une dysfonction myocardique et une atteinte microcirculatoire. Il s'en distingue, toutefois, par l'importance des lésions hémorragiques et surtout thrombotiques liées à une réaction de Sanarelli-Schwartzman [1]. Différents polymorphismes génétiques concernant la réponse inflammatoire et l'hémostase peuvent influencer la susceptibilité aux infections à méningocoque et leur sévérité [5] : polymorphisme du récepteur des IgG2, variant homozygote de la mannose binding lectine, génotype TNF2, génotype DD de l'enzyme de conversion de l'angiotensine, polymorphismes de l'interleukine 1B, génotype 4G/4G de l'inhibiteur de l'activateur du plasminogène (PAI1). Enfin, la résistance à la protéine C (PC) est associée au risque d'ischémie distale. La détection, au lit du malade, de ces polymorphismes pourrait aider à affiner les indications thérapeutiques.

Diagnostic des infections à méningocoques

Il importe de reconnaître les infections à méningocoque avant le stade de PF.

Circonstances diagnostiques

Chez un enfant fébrile, le diagnostic d'infection à méningocoque invasive est très difficile lorsque n'existe ni purpura (lésion qui ne s'efface pas à la vitropression) ni aspect « toxique » (teint gris ou pâleur, irritabilité, léthargie, changement de comportement vis-à-vis de l'entourage, refus alimentaire, modification du cri) [6]. Dans cette situation, la numération formule sanguine (NFS) ne permet pas de distinguer une infection à méningocoque d'une infection virale [1], laquelle peut constituer un facteur favorisant [6].
Devant tout purpura fébrile, le diagnostic de PF doit être évoqué, même si une infection bactérienne invasive en est rarement la cause.

Démarche diagnostique

Elle comporte les étapes suivantes :
– analyser l'aspect du purpura sur un enfant totalement nu : le caractère ecchymotique et/ou rapidement extensif signe de façon quasi certaine l'infection à méningocoque ;
– rechercher un aspect « toxique » : si sa présence n'est pas synonyme d'infection bactérienne invasive, son absence rend le diagnostic de PF peu probable ; l'impression des parents quant à la gravité de la situation est importante à prendre en compte [6] ;
– préciser le niveau de la fièvre : si elle est supérieure à 40 °C, une infection bactérienne invasive est plus probable, mais une fièvre inférieure à 40 °C (voire une hypothermie) ne l'exclut pas ;
– rechercher des signes de choc : tachycardie et polypnée (à interpréter en fonction de l'âge) [1, 4], allongement du temps de recoloration capillaire (TRC normal < 2-3 s) avec extrémités froides ou, au contraire, vasodilatation périphérique, agitation ou somnolence, alors que l'hypotension, tardive, n'est pas indispensable au diagnostic [4] ;
– rechercher des signes cliniques de méningite, en rappelant que les infections à méningocoque les plus graves sont les septicémies sans méningite [1, 6] ;
– réaliser NFS, taux de prothrombine (TP), protéine C réactive (CRP), procalcitonine (PCT), hémocultures.
Dans ce contexte de purpura fébrile, l'absence d'anomalies biologiques rend peu probable, sans l'éliminer [7], le diagnostic d'infection bactérienne invasive. La ponction lombaire est formellement contre-indiquée en cas de choc et de CIVD [6, 8].
Brogan et Raffles ont récemment proposé les critères ILL (irritability, lethargy, low capillary refill) pour les enfants ayant un purpura fébrile : sur une population de 55 enfants, cette association avait, pour la prédiction d'une infection bactérienne invasive, une sensibilité de 100 %, une spécificité de 60 %, une valeur prédictive positive de 20 % et une valeur prédictive négative de 100 % [7].

Traitement des infections à méningocoques

Deux notions sont essentielles : l'urgence du diagnostic et du traitement initial et l'expérience de l'équipe de réanimation qui doit intervenir tout au long de la prise en charge (figure 1) [3].

Suspicion de septicémie à méningocoque

Lorsqu'il existe un aspect « toxique » ou que le purpura est extensif ou ne comporte ne serait-ce qu'une seule ecchymose, il faut administrer sans retard (avant tout examen complémentaire) un antibiotique par voie intraveineuse ou intramusculaire (ceftriaxone 50 à 100 mg/kg ou céfotaxime 50 mg/kg ou, à défaut, amoxicilline 25 à 50 mg/kg) comme recommandé par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, et ce quel que soit l'état hémodynamique du patient, et faire transférer d'urgence l'enfant à l'hôpital en prévenant celui-ci [9]. En regroupant les études [1, 6] analysant l'effet de l'antibiothérapie administrée avant l'admission à l'hôpital sur la mortalité, on observe que celle ci était de 3,3 % chez les 691 patients traités précocement contre 9,0 % chez les 1 462 patients non traités précocement [odds ratio (OR) 0,36 ; intervalles de confiance à 95 % (IC 95 %) : 0,23-0,56]. L'administration d'un antibiotique avant les prélèvements bactériologiques réduit la proportion d'hémocultures positives de 50 à 5 % [6]. Toutefois, la recherche d'antigènes solubles (pour les méningocoques A, C, Y, W135) et, surtout, la recherche précoce d'ADN méningococcique par PCR permettent de faire la preuve de l'infection à méningocoque et d'en préciser le sérogroupe dans 50 à 85 % des cas [1].

Purpura fulminans

Évaluation de la gravité

Les quelques 28 scores spécifiques ne semblent pas plus performants que le PRISM, score de gravité général utilisé en réanimation pédiatrique [10]. En pratique, sont de mauvais pronostic : l'âge inférieur à 1 an, la rapidité d'évolution, l'absence de syndrome méningé, la sévérité du choc [1]. L'importance des lésions cutanées et des ischémies distales est à prendre en compte pour le choix thérapeutique ; certains enfants ont des lésions nécrotiques étendues sans ischémie distale, d'autres des signes d'ischémie, parfois sévères (figure 2). Toutes les associations sont possibles.

Transport de l'enfant

Le médecin régulateur du Samu envoie sur place une équipe du Smur avec un pédiatre s'il s'agit d'un jeune enfant [8]. Le transfert d'un patient ayant un PF, que ce soit du domicile vers l'hôpital ou d'un service d'accueil des urgences vers un service de réanimation, ne peut se faire qu'après mise en condition initiale [3, 8] avec l'aide téléphonique des médecins du service de réanimation destinataire ; il faut aussi disposer d'algorithmes tels que ceux largement diffusés au Royaume-Uni [6, 8].

Traitements conventionnels

L'antibiothérapie, la corticothérapie, le traitement du choc et les mesures générales doivent être rapidement mis en œuvre. Ceci influence le pronostic comme le suggère l'étude de Nadel et al. : chez des enfants ayant une septicémie à méningocoques, le délai médian entre le début de la maladie et la mise en route du traitement était de 12 heures chez les enfants survivants et de 18 heures chez les enfants décédés (p < 0,01) [11].

• Antibiothérapie
Elle fait appel au céphalosporines de troisième génération (céfotaxime ou ceftriaxone).

• Hémisuccinate d'hydrocortisone
Son administration, à la posologie de 100 mg/m2/j en quatre injections, a été recommandée par la XXe Conférence de consensus de la Société de réanimation de langue française (SRLF) [12]. Trois séries pédiatriques d'infections à méningocoque ont montré, à l'admission, des taux de cortisol significativement plus bas et des taux d'ACTH significativement plus élevés chez les non-survivants [1]. Aucune étude n'a, cependant, fait la preuve de l'efficacité (mortalité et séquelles) des corticoïdes au cours du PF.

• Immunoglobulines polyvalentes
D'après une méta-analyse récemment publiée, elles diminuent la mortalité du sepsis sévère et du choc septique [13]. Aucune donnée n'est toutefois disponible pour le PF.

• Mesures générales
La ventilation contrôlée, avec mise en place systématique d'une sonde gastrique, est très largement utilisée [4, 8] en évitant les sédatifs (notamment le midazolam) avant la correction de l'hypovolémie. L'hypoglycémie doit être systématiquement recherchée, particulièrement chez le nourrisson, et corrigée, ce qui améliore parfois l'état hémodynamique de façon spectaculaire ; il en est de même des autres troubles métaboliques, notamment de l'hypocalcémie présente dans 70 % des cas (tableau 1) [4, 8].

Tableau 1. Correction des troubles métaboliques au cours du purpura fulminans [4, 8]

Définition Traitement
Hypoglycémie Glucose < 0,55 g/L 3 mL/kg de glucose 10 % IVD, puis perfusion
Hypocalcémie Calcium total < 80 mg/L Ca++  < 40 mg/L 0,1 mL/kg de CaCl2 10 % en 30s IV
Acidose métabolique* pH < 7,2 1 mL/kg de bicarbonate 8,4 % en 20s IV
Hypokaliémie* K+ < 3,5 mEq/L 0,25 mEq/kg en 30s IV, sous contrôle ECG
Hypomagnésémie* Mg++  < 18 mg/L 0,2 mL/kg de MgSO4 50 % en 30s IV
Hypophosphorémie* Phosphore < 22 mg/L 0,2 mL/kg de phosphate de sodium en 30s IV
* La correction n'est pas systématique.
NB : estimation du poids (entre 1 et 10 ans) = 2 × (âge en années + 4).

• Traitement du choc
Le but est de restaurer la perfusion et l'oxygénation tissulaire [4, 8] en se donnant des objectifs précis (tableau 2). La pression artérielle moyenne, reflet de la pression de perfusion, est plus intéressante à surveiller que la pression artérielle systolique. La pression artérielle diastolique renseigne sur les résistances vasculaires systémiques ; la diurèse (mettre une sonde vésicale) est le témoin d'une bonne perfusion rénale [4, 8]. Enfin, l'index cardio-thoracique (ICT), mesuré sur le cliché de thorax de face, oriente de façon simple vers une hypovolémie (ICT < 0,40) ou une incompétence myocardique (ICT > 0,55) [12]. Il faut disposer d'au moins deux voies d'abord périphériques et, très rapidement, d'une voie veineuse profonde pour la mesure de la pression veineuse centrale et l'utilisation des catécholamines vasoconstrictrices [8, 12]. En cas d'abord vasculaire difficile chez l'enfant, la voie intra-osseuse doit être utilisée afin de ne pas retarder le traitement. L'algorithme de la XVe Conférence de consensus de la SRLF [12] est simple à utiliser : le remplissage vasculaire, aussi rapide que possible, est habituellement effectué par les colloïdes, initialement par un hydroxy-éthyl-amidon sans dépasser 35 ml/kg dans les premières 24 heures puis 20 ml/kg/jour (en préférant les amidons à faible degré de substitution comme l'Hesteril®), puis par de l'albumine à 4 % (parfois utilisée d'emblée) [4] ; le plasma frais congelé est peu utilisé comme soluté de remplissage mais l'est parfois pour corriger la CIVD [4, 8]. Après chaque bolus de 20 ml/kg, l'effet sur l'hémodynamique, et notamment sur la réduction de la tachycardie et l'amélioration de l'état de conscience et de la perfusion périphérique, doit être évalué, et les signes de surcharge (gros foie, bruit de galop, râles crépitants et augmentation des besoins en O2) doivent être recherchés [4, 8, 12]. Il faut souvent jusqu'à 60 ml/kg de remplissage durant la première heure, 120 mL/kg durant les 4 à 6 heures suivantes et, parfois, 200 mL/kg (soit près de trois masses sanguines) durant les 24 premières heures [1]. La dopamine est utilisée en cas de signes de choc persistant malgré le remplissage [4, 12]. En cas d'inefficacité, les drogues les plus utilisées sont la dobutamine et la noradrénaline (cette dernière, notamment, en cas de « choc chaud » [4]), souvent en association. L'adrénaline, proposée en cas d'incompétence myocardique résistante à la dopamine puis à la dobutamine [12], notamment en cas de « choc froid » [4], a des effets délétères sur la circulation splanchnique [4, 12]. La place des autres agents vaso-actifs (inhibiteurs des phospho-diestérases, vasopressine) n'est pas encore établie [4, 12]. La mesure des paramètres hémodynamiques par échocardiographie Doppler [1, 12] permet de mieux préciser les indications des catécholamines et de suivre l'évolution du profil hémodynamique ; l'examen échocardiographique renseigne sur l'état volémique, la fonction myocardique par la mesure de la fraction de raccourcissement du ventricule gauche et, indirectement, sur le niveau des résistances vasculaires systémiques ; l'échodoppler permet la mesure du débit cardiaque. La surveillance invasive de la pression artérielle nous paraît dangereuse, en raison du risque d'ischémie distale.

Tableau 2. Buts du traitement conventionnel du choc septique

Objectifs
A : airway  – Liberté des voies aériennes
B : breathing  – SaO2 > 92 %
C : circulation  – PAM > 70-80 mmHg (adulte)
   > 60 mmHg (4 à 10 ans)
   > 50 mmHg (6 mois à 4 ans)
   > 40 mmHg (0 à 6 mois)
 – PVC : 8 à 12 mmHg
 – Diurèse > 1 ml/kg/h
D : delivery  – Hémoglobine > 10 g/dL
 – SvO2 > 70 %
E : extraction  – pH > 7,4
 – Lactatémie normale
PAM :pression artérielle moyenne ; SaO2 :saturation en oxygène ; PVC : pression veineuse centrale. SvO2 :saturation en O2du sang veineux cave supérieur.

Traitements non conventionnels

Il s'agit de traitements coûteux dont l'efficacité n'est pas démontrée [2, 14].

• Médicaments agissant sur la cascade inflammatoire
Aucun n'est efficace, qu'il s'agisse des anticorps anti-HA1A [1] ou de la protéine recombinante augmentant la bactéricidie et la perméabilité (rBPI) [1]. Quant à l'épuration extrarénale, sa place, en dehors de l'insuffisance rénale secondaire à l'état de choc et de la surcharge hydrosodée, n'est pas connue [12].

• Moyens destinés à corriger les anomalies de l'hémostase
L'exsanguinotransfusion (ou la plasmaphérèse) n'a pas d'efficacité démontrée [1, 14]. L'administration d'antithrombine ou de protéine C activée ou non (seules ou associées) n'a pas fait l'objet d'études randomisées au cours du PF [14]. La PC activée diminue la mortalité du sepsis de l'adulte ; elle a des effets non seulement anticoagulants et profibrinolytiques mais aussi anti-inflammatoires [15]. L'activateur tissulaire du plasminogène (rTPA) a fait l'objet d'une étude rétrospective colligeant 60 cas de PF : l'impression d'amélioration du choc et de moindre gravité des amputations [14] nécessite d'autres études évaluant le rapport bénéfice-risque (notamment d'hémorragie intracérébrale). L'utilisation de ces médicaments n'a pas été recommandée par la XXIIe Conférence de consensus de la SRLF [12].

• Autres traitements
Pour induire une vasodilatation, le produit le plus utilisé est la prostacycline (ou un analogue, l'iloprost) qui ne peut être administrée qu'après restauration d'une hémodynamique centrale satisfaisante ; le bloc sympathique peut être envisagé en tenant compte du risque d'hématome. Enfin, la fasciotomie (en cas d'œdèmes compressifs) est rarement réalisée, et la place de l'oxygénothérapie hyperbare (sur les lésions ischémiques) et de l'oxygénation extracorporelle (en cas de choc réfractaire) n'est pas établie [1, 2, 4].

Évolution

Les deux tiers des décès surviennent dans les 18 premières heures suivant l'admission [1]. Les enfants qui survivent 24 à 48 heures après l'admission peuvent présenter des défaillances d'organes (syndrome de détresse respiratoire aiguë, insuffisance rénale) nécessitant une prise en charge spécifique [1, 12]. La guérison est obtenue le plus souvent sans séquelles viscérales, notamment neurologiques. Les greffes cutanées et les amputations doivent être réalisées par une équipe spécialisée incluant un chirurgien plasticien. Quatre à 10 jours après le début de la maladie, 10 à 20 % des patients présentent une recrudescence de la fièvre accompagnée d'un rash maculo-papuleux et parfois d'arthrite ou de péricardite non septiques et répondant bien au traitement par l'aspirine [1]. À distance, de rares atteintes osseuses (infarctus liés à la CIVD) avec déformations ou troubles de croissance des membres ont été observées [1].

Traitement préventif des infections à méningocoques

Prophylaxie

La prophylaxie des infections à méningocoque [9] chez les sujets contacts (incluant le personnel soignant, seulement s'il a réalisé du bouche à bouche ou une intubation sans masque de protection) fait appel à l'antibiothérapie (avant tout la rifampicine : 600 mg 2 fois par jour pendant 2 jours chez l'adulte, 10 mg/kg 2 fois/j chez l'enfant de 1 mois à 12 ans, et 5 mg/kg 2 fois/j chez l'enfant de moins de 1 mois) pour le méningocoque B, associée à la vaccination pour les méningocoques A, C, Y et W135. Elle a pour objectif d'éviter les cas secondaires dont la fréquence est estimée à environ 5 % du nombre total de cas et qui apparaissent, pour 60 % des cas, dans la semaine et, pour 87 % des cas, dans les 15 jours suivant le cas index [6, 9] ; la déclaration à la DDASS, obligatoire, doit donc être faite le plus rapidement possible. La circulaire ne recommande plus de prescrire une antibioprophylaxie aux malades ayant reçu une antibiothérapie curative [9].

Vaccination

On dispose du vaccin polysaccharidique A + C, peu immunogène avant l'âge de 18 mois, et du vaccin antiméningocoque C conjugué à la protéine mutante de la toxine diphtérique CRM197, efficace à partir de l'âge de 2-3 mois (MeningitecTM, MeninvactTM, MenjugateTM et Neisvac-CTM). Il n'existe pas de vaccin contre le méningocoque du groupe B.

Conclusion

Tout doit être fait pour que les infections à méningocoque soient traitées par antibiotique avant l'apparition du choc. Ceci nécessite une bonne formation des médecins et une meilleure information du public. Les médias, qui parlent souvent de la méningite, devraient souligner l'importance du purpura pour le diagnostic des formes septicémiques [6]. Il faut, comme au Royaume-Uni et en Norvège, apprendre aux parents à faire le test de la vitropression [1, 6] n

Références

1. Leclerc F, Noizet O, Dorkenoo A, et al. Purpura fulminans. Réanimation 2002 ; 11 : 222-30.

2. Leclerc F, Leteurtre S, Cremer R, Fourier C, Sadik A. Do new strategies in meningococcemia produce better outcomes ? Crit Care Med 2000 ; 28 (suppl. 9) : 60-3.

3. Booy R, Habibi P, Nadel S, et al. Reduction in case fatality rate from meningococcal disease associated with improved healthcare delivery. Arch Dis Child 2001 ; 85 : 386-90.

4. Carcillo J, Fields A. American College of Critical Care Medicine. Clinical practice parameters for hemodynamic support of pediatric and neonatal septic shock. Crit Care Med 2002 ; 30 : 1365-78.

5. Vermont CL, de Groot R, Hazelzet JA. Bench-to-bedside review : genetic influences on meningococcal disease. Crit Care 2002 ; 6 : 60-5.

6. Cartwright KAV. Early management of meningococcal disease. Infect Dis Clin North Am 1999 ; 13 : 661-84.

7. Brogan PA, Raffles A. The management of fever and petechiae : making sense of rash decisions. Arch Dis Child 2000 ; 83 : 506-7.

8. Pollard AJ, Britto J, Nadel S, DeMunter C, Habibi P, Levin M. Emergency management of meningococcal disease. Arch Dis Child 1999 ; 80 : 290-6.

9. Prophylaxie des infections invasives à méningocoques. Circulaire n° DGS/SD5C/2002/400 du 15 juillet 2002. Bull Epidemiol Hebd 2002 ; 39 : 189-95.

10. Leteurtre S, Leclerc F, Martinot A, et al. Can generic scores [PRISM, PIM] replace specific scores in predicting the outcome of presumed meningococcal septic shock in children ? Crit Care Med 2001 ; 29 : 1239-46.

11. Nadel S, Britto J, Booy R, Maconochie I, Habibi P, Levin M. Avoidable deficiencies in the delivery of health care to children with meningococcal disease. J Accid Emerg Med 1998 ; 15 : 298-303.

12. Recommandations pour la pratique clinique (Hypovolémies relatives ou absolues) et conferences de consensus(Épuration extrarénale continue, Catécholamines au cours du choc septique, Corticothérapie au cours du choc septique et du SDRA, Coagulations intravasculaires disséminées). http://www.srlf.org/.

13. Alejandria MM, Lansang MA, Dans LF, Mantaring JB. Intravenous immunoglobulin for treating sepsis and septic shock. Cochrane Database Syst Rev 2000 ; 2 : CD001090.

14. Leclerc F, Cremer R, Noizet O, Sadik A. Particularités pédiatriques des coagulations intravasculaires disséminées. Réanimation 2002 ; 11 : 656-66.

15. Bernard GR, Vincent JL, Laterre PF, et al. Efficacy and safety of recombinant human activated protein C for severe sepsis. N Engl J Med 2001 ; 344 : 699-709.

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