ARTICLE
Les léiomyosarcomes des veines sont des tumeurs malignes très
rares développées à partir de la musculature lisse
de la paroi veineuse. Ces tumeurs sont le plus souvent localisées
à la veine cave inférieure qui est atteinte dans 50 % des
cas.
La première description d'un léiomyosarcome de la veine
cave inférieure revient à Perl en 1871 [1] lors de l'autopsie
d'une malade décédée d'une supposée néphrite.
En 1928, Melchior [1] réalisait la première résection
chirurgicale d'un léiomyosarcome des tiers inférieurs et
moyens de la veine cave inférieure avec ligature d'amont et d'aval
de la veine, sans signe de stase veineuse postopératoire. Avant
1954, huit cas seulement ont été rapportés dans la
littérature. En 1976, Bailey et al. [1] rapportent un cas
personnel et font une première revue de la littérature mondiale
qui conduit à une série de quarante-cinq cas. La fréquence
des léiomyosarcomes de la veine cave inférieure a augmenté
ces dernières années en raison du développement des
investigations complémentaires et de la réalisation systématique
des autopsies. Kieffer et al. en 1985, Bruyninckx et al.,
en 1986 et Griffin et Sterchi en 1987 retrouvent quatre-vingt-sept cas
[1]. En 1991, à l'occasion de la publication de trois cas personnels,
nous avons fait une nouvelle revue de la littérature qui nous a
permis de colliger cent quarante-quatre cas de léiomyosarcome de
la veine cave inférieure [1]. Nous avons pris contact avec les
auteurs des différents cas publiés afin d'obtenir des détails
sur les observations et surtout sur le devenir des patients qui ne figuraient
pas dans les articles initiaux. Nous avons fait ensuite une analyse uni-
et multifactorielle sur l'ensemble de la série afin de dégager
des facteurs pronostiques et de préciser le pourcentage de survie
des malades opérés d'une exérèse radicale
de la tumeur. Les résultats de ces études ont été
publiés en 1991. Enfin, en 1992, nous avons établi à
l'université de Rome La Sapienza un registre international des
léiomyosarcomes de la veine cave inférieure [2] afin d'être
en mesure d'inclure tous les nouveaux cas, de connaître leur histoire
naturelle et les facteurs pathogéniques qui s'y attachent et afin
d'en déduire les thérapeutiques les plus adaptées.
De l'étude des cent soixante-dix cas publiés [1, 3, 20],
il ressort que le léiomyosarcome de la veine cave inférieure
est plus fréquent chez la femme (82,4 % des cas soit un rapport
4/1) après la cinquième décennie (âge moyen
53,8 ± 13,6 ans, extrêmes 13 et 83 cm).
Le siège de la tumeur est variable : si l'on divise la veine
cave inférieure en trois segments, le segment inférieur
(segment I) au-dessous des veines rénales est intéressé
dans 37,7 % des cas. Le segment moyen (segment II) qui s'étend
de l'origine des veines rénales jusqu'à l'origine des veines
sus-hépatiques est le siège de la lésion dans 42,9
% des cas. Enfin, le segment supérieur (segment III) qui va des
veines sus- hépatiques jusqu'à l'oreillette droite concerne
21,2 % des lésions. Le siège de la lésion n'est pas
précisé dans 1,2 % des cas. Le léiomyosarcome peut
avoir le long de l'axe veineux un développement extraluminal (75,3
%) ou intraluminal (24,7 %). Dans le premier cas, la tumeur peut être
assez volumineuse et elle est généralement localisée
à la portion sous-hépatique de la veine cave inférieure
(elle intéresse le troisième segment dans 30,6 % des cas,
le deuxième segment dans 84,9 % des cas et le premier segment dans
88,1 % des cas). La tumeur peut être compressive et parfois envahir
les structures voisines. La veine cave peut être comprimée
par la tumeur, voire occluse aussi, si la couche intimale de la veine
reste normale. Le léiomyosarcome a, au contraire, un développement
intraluminal le plus souvent au niveau du segment supérieur de
la veine cave inférieure (69,4 % des cas à ce niveau, 15,1
% au segment moyen, 11,9 % au segment inférieur). La progression
de la tumeur dans la lumière de la veine se fait vers le haut,
dans le sens du courant veineux, pouvant atteindre dans certains cas l'oreillette
droite, le ventricule droit et l'artère pulmonaire. Le plus souvent,
la tumeur atteint la paroi veineuse seulement au niveau de sa base d'implantation.
Au-dessus, la lumière de la veine est occluse par la tumeur même
et au-dessous par une thrombose provoquée par la stase sanguine.
Dans certains cas, la tumeur a un développement mixte avec une
prédominance extravasculaire. Les métastases sont fréquentes,
hépatiques et pulmonaires.
Le léiomyosarcome de la veine cave inférieure peut avoir
des dimensions très variables (en moyenne 11 ± 5,3 cm, extrêmes
2 et 30 cm), sans qu'il y ait de grandes différences en fonction
du segment de la veine cave intéressé. Certains auteurs
ont établi une corrélation entre le volume de la tumeur
et son degré de malignité, les tumeurs les plus volumineuses
(supérieures à 2,5 cm) étant probablement malignes.
Dans l'analyse que nous avons faite, il n'y a pas de corrélation
entre ces deux variables.
Macroscopiquement, la tumeur se présente comme une masse bien
limitée, polylobée, de consistance dure à la coupe.
Elle a un aspect fasciculé blanc rosé. Sur le plan histologique,
la tumeur est constituée de cellules fusiformes, allongées
en lamelles avec dispositions cellulaires en tourbillon ou en formation
épithélioïde ou plus vaguement palissadique. Les cellules
ont une taille normale ou peu augmentée. La présence de
volumineux noyaux hyperchromatiques et de nombreuses mitoses rend le diagnostic
de malignité habituellement évident. Selon Varela Duran
et al. le caractère pathologique le plus important pour
définir le degré de malignité du léiomyosarcome
de la veine cave inférieure est représenté par le
nombre de mitoses observées dans chaque champ microscopique au
plus fort grossissement. Au cours des léiomyosarcomes bien différenciés,
le nombre de mitoses est de dix à vingt par champ ; au cours des
tumeurs à différenciation moyenne, le nombre de mitoses
augmente de 20 à 35 % mitoses et enfin, dans les formes peu différenciées,
on trouve plus de trente-cinq mitoses dans chaque champ. D'après
les données que nous avons recueillies, la tumeur était
bien différenciée chez trente-sept patients (21,8 %), moyennement
dans quarante-neuf cas (28,8 %) et peu chez quarante malades (23,5 %).
Dans quarante-quatre cas (25,9 %), il a été impossible de
définir le degré exact de différenciation de la tumeur.
Les signes cliniques de léiomyosarcome de la veine cave inférieure
sont souvent peu spécifiques. Ils peuvent précéder
le diagnostic de plusieurs années. Des tumeurs totalement asymptomatiques
ont parfois été découvertes fortuitement lors d'investigations
complémentaires ou d'actes chirurgicaux. Les signes cliniques dépendent
de la localisation de la tumeur, de sa taille, de son extension extra-
ou intravasculaire et de l'existence d'une éventuelle thrombose
veineuse associée, surtout en cas de thrombose aiguë. Le tableau
clinique est différent lorsque la thrombose atteint des veines
comme les veines rénales ou les veines sus-hépatiques. La
douleur est le symptôme le plus constant (68,2 %) mais ses caractères
sont très variables. Elle siège le plus souvent dans l'hypochondre
droit et, dans certains cas, elle est associée à l'existence
d'une masse palpable (45,9 % des cas). Des dèmes des membres
inférieurs sont présents dans 37,1 % des cas seulement car
l'occlusion de la veine cave inférieure se constitue lentement
et une circulation collatérale cavo-cave, parfois visible, a souvent
le temps de s'établir. La tumeur s'accompagne souvent d'une altération
de l'état général avec nausées (13,5 % des
cas), vomissements (9,4 %), perte de poids (28,2 %), asthénie (14,7
% des cas), anorexie (11,2 %), fièvre (10 %) et dyspnée
(13,5 %). Les tumeurs du segment III se manifestent dans 66,7 % des cas
par un syndrome de Budd-Chiari en raison de l'occlusion des veines sus-hépatiques.
Le tableau clinique peut être aigu avec ascite hémorragique
et insuffisance hépatique ou chronique avec hépatomégalie,
ascite et ictère. Dans les autres cas, la tumeur se manifeste par
un syndrome cave et un dème des membres inférieurs.
La douleur (62,7 %) est localisée à l'hypochondre droit.
Elle est souvent très violente. Il existe une perte de poids dans
28 % des cas. La dyspnée est fréquente (40 % des cas) par
extension de la tumeur aux cavités cardiaques droites. Une masse
abdominale palpable est parfois présente mais peu fréquente
(17 % des cas). Lors de l'atteinte du segment moyen de la veine cave,
la douleur est le symptôme le plus fréquent avec présence
d'une masse abdominale palpable dans 50,7 % des cas. L'altération
de l'état général (37 % des cas) avec perte de poids
(31 %) est fréquente. Les dèmes des membres inférieurs
(27,4 %) et les troubles du transit intestinal (20 %) sont plus rares.
Les tumeurs du segment inférieur, enfin, se manifestent par un
syndrome douloureux (62,7 %) et le plus souvent par une volumineuse masse
abdominale palpable (57,6 %). L'dème des membres inférieurs
atteint 28,8 % des patients et 15,1 % d'entre eux ont une altération
de l'état général. L'atteinte des vaisseaux rénaux
par la tumeur peut être révélée par une insuffisance
rénale ou une hypertension d'origine réno-vasculaire lorsque
la lésion provoque une sténose artérielle. Les examens
biologiques sont normaux en cas de léiomyosarcome de la veine cave
inférieure, sauf en cas d'insuffisance rénale ou hépatique.
Le diagnostic de léiomyosarcome de la veine cave inférieure
est souvent très difficile puisque cette tumeur est rare et ses
manifestations cliniques peu spécifiques. L'échographie
permet souvent de visualiser la tumeur comme une masse hypoéchogène
ou parfois kystique, bien délimitée des organes voisins
mais pouvant les comprimer. L'échographie ne permet toutefois pas
un diagnostic précis de la nature de la lésion et des rapports
exacts de la tumeur avec la paroi veineuse. Le scanner, davantage que
l'échographie, définit les limites de la masse tumorale
et permet également un bilan d'extension. Les limites du scanner
tiennent à la difficulté qu'il y a à distinguer un
cancer à développement intraluminal d'une thrombose ou aux
difficultés à définir l'extension exacte de la tumeur.
Actuellement, l'imagerie par résonance magnétique surmonte
ces difficultés et l'expression tridimensionnelle des images permet
de juger de la possibilité de réséquer la lésion.
Enfin, la cavographie est un examen indispensable pour définir
les limites proximales et distales de la tumeur et de l'étendue
de l'occlusion de la veine cave par rapport aux veines rénales
et aux veines sus-hépatiques et la présence éventuelle
d'une circulation collatérale associée. D'autres examens
peuvent être utiles comme la scintigraphie pulmonaire, hépatique
ou osseuse, la phlébographie transhépatique transcutanée
en cas de syndrome de Budd-Chiari, l'urétéro-pyélographie
rétrograde et l'examen radiologique de l'intestin. L'artériographie
peut également apporter des informations quant au siège
et à la vascularisation de la tumeur.
Traitement chirurgical
Le léiomyosarcome de la veine cave inférieure est une
tumeur peu sensible à la chimiothérapie et à la radiothérapie.
L'exérèse chirurgicale représente donc l'unique traitement
radical de cette lésion. Parmi les cent soixante-dix cas que nous
avons colligés, cinquante (29,4 %) ont été jugés
inopérables en raison du contexte ou de l'importance de la diffusion
de la maladie. Chez trente-deux patients (18,8 %), le diagnostic a été
fait à l'autopsie et dans dix-sept cas (10 %), après une
laparotomie exploratrice. Chez un patient, une chimiothérapie a
été faite après un diagnostic porté par l'imagerie
par résonance magnétique. Cent dix-neuf patients (70 %)
ont subi un traitement chirurgical considéré comme radical
chez cent trois d'entre eux (60,6 %) et palliatif chez seize (9,4 %).
La nature de l'acte chirurgical dépend surtout de la localisation
de la tumeur et de son développement extra- ou intravasculaire.
Tumeur du segment I (tableau
I)
Les tumeurs du segment I sont les plus faciles à traiter car
cette localisation permet souvent une exérèse complète.
La voie d'abord est une laparotomie médiane ou transversale. Une
résection partielle de la paroi de la veine cave est possible quand
la base d'implantation sur la veine cave est petite et le développement
de la lésion surtout extravasculaire. La faible utilisation des
prothèses est liée à la présence d'une circulation
collatérale ilio-lombaire souvent suffisante. Chez cinq patients
parmi les quarante-deux ayant subi une résection radicale, une
néphrectomie droite a été associée.
Tumeur du segment II (tableau
II)
La voie d'abord utilisée pour les tumeurs du segment II est une
laparotomie médiane ou sous-costale et, pour les tumeurs les plus
volumineuses, la thoraco-phréno-laparotomie. La principale difficulté
à ce niveau est la conservation du drainage veineux rénal.
En effet, du côté gauche, la circulation collatérale
veineuse est souvent suffisante par les veines lombaires ascendantes,
diaphragmatiques inférieures, surrénaliennes, gonadiques
et corticales, en sorte qu'il est possible de lier la veine rénale
sans problème. Pour le rein droit, en revanche, il est presque
toujours impossible de réaliser une simple ligature de la veine
en raison de l'absence de veine collatérale. Il est donc indispensable
de réimplanter la veine rénale en amont ou en aval sur la
veine cave inférieure et, éventuellement, après transplantation
du rein dans le pelvis. Parmi les vingt-trois malades ayant subi une résection
totale de la veine cave inférieure, il a été cinq
fois possible de conserver les deux veines rénales en raison de
la localisation de la tumeur qui se situait à cheval entre le segment
moyen et le segment inférieur. Chez trois patients, a été
associée à l'exérèse de la veine cave la ligature
des deux veines rénales en raison d'une circulation collatérale
suffisante. Une anastomose a été faite entre les deux veines
rénales dans un cas. Dans quatre cas, la résection de la
veine cave inférieure a été suivie de la mise en
place d'une prothèse en Dacron chez deux patients et en Gore-Tex
chez les deux autres. Chez les onze patients restants, a été
associée à l'exérèse de la veine cave inférieure
une néphrectomie droite. La veine rénale gauche a été
liée dans quatre cas et réimplantée dans la veine
cave inférieure chez cinq malades, quatre fois à l'anastomose
proximale et une fois à l'anastomose distale, dans tous les cas
avec une anastomose termino-terminale. Dans deux cas, la cavotomie a été
faite en bec de flûte avec conservation de la veine rénale
gauche et reconstitution de la veine cave inférieure par une prothèse
en Dacron.
Tumeur du segment III (tableau
III)
Les tumeurs du segment III de la veine cave inférieure sont les
plus difficiles à traiter chirurgicalement car la lésion
atteint souvent les veines sus-hépatiques et le foie. Quatre malades
seulement ont subi un traitement chirurgical radical. Dans deux cas, la
continuité de la veine cave inférieure a été
rétablie par l'interposition d'une prothèse en Gore-Tex
associée à une trisegmentectomie du lobe droit du foie dans
un cas (ce patient était vivant avec vingt-quatre mois de recul)
et à une lobectomie hépatique droite dans l'autre cas (le
malade est décédé quarante-huit mois plus tard de
métastases diffuses). Chez le troisième malade, à
l'exérèse de la tumeur qui était extraluminale, il
n'a pas été associé de résection d'un segment
de la veine cave inférieure (le malade était vivant dix
mois plus tard). Dans le dernier cas, une résection partielle de
la paroi veineuse suivie d'une cavographie avec un patch de Gore-Tex a
été réalisée. La transplantation hépatique
peut être un traitement radical. Elle n'a pas été
faite jusqu'à présent.
Analyse
des résultats
Les facteurs pronostiques des léiomyosarcomes de la veine cave
inférieure ont été évalués grâce
à des analyses uni- et multifactorielles. Les variables considérées
ont été l'âge, le sexe, la perte de poids, la présence
de douleurs abdominales, l'existence d'un dème des membres
inférieurs ou d'une masse abdominale palpable, la durée
des symptômes, le segment de veine cave inférieure où
siégeait la tumeur, le rapport entre la masse tumorale et la lumière
de la veine, la perméabilité ou la thrombose de la veine
cave inférieure, le traitement chirurgical, le grade histologique
de la tumeur, la présence de métastase et les traitements
associés. Nous avons considéré comme perdus de vue
les patients pour lesquels nous n'avons pas obtenu de renseignements par
rapport aux facteurs considérés et au suivi. Une deuxième
correspondance avec certains auteurs est en cours. Nous rapportons ici
les résultats obtenus après une première réévaluation.
Tous les malades non opérés ou soumis à des traitements
palliatifs non chirurgicaux sont décédés à
cause de leur tumeur après un temps d'observation moyen de 3 ±
4,8 mois (médiane 1 mois). Quatre malades ont été
perdus de vue à 1, 2 et 9 mois. Parmi les huit patients qui ont
subi une résection palliative de la tumeur, cinq sont décédés
après une moyenne de 21 ± 19,8 mois (médiane 13 mois)
et deux malades ont été perdus de vue après 50 et
60 mois.
Parmi les quatre-vingt-deux malades qui ont subi une résection
radicale, onze ont présenté une récidive
locale après un intervalle moyen de 24,5 ± 20,2 mois (médiane
12 mois). Chez vingt-cinq malades, ont été observées
des métastases à distance après une moyenne de 30,5
± 23 mois (médiane 25 mois). Une récidive locale était
associée à des métastases à distance chez
sept patients (moyenne 30,5 ± 17,8 mois, médiane 34 mois).
Vingt-six malades sont décédés en raison de leur
maladie après 36,8 ± 13,9 mois (médiane 36 mois). Quatre
malades sont décédés de cause différente après
3, 9, 26 et 61 mois d'évolution. Seuls dix-neuf patients sont encore
vivants à présent, douze sans récidive tumorale à
63,1 ± 56,9 mois (médiane 48 mois) et sept, malgré
la réapparition de la tumeur, à 84 ± 36,3 mois (médiane
90 mois). Trente et un malades ont été perdus de vue, vingt
et un sans signes de récidive (moyenne 31 ± 23,4 mois, médiane
10 mois), 2 après une deuxième opération pour récidive
locale à 6 et 36 mois et huit indemnes de récidive (moyenne
31 ± 23,4 mois, médiane 30 mois).
La survie actuarielle des malades qui ont suivi un traitement radical
a été de 27,9 % à 5 ans et de 14,2 % à 10
ans. Une différence statistiquement significative (p < 0,001)
existe entre les tumeurs du segment moyen (survie à 5 et 10 ans
de 48,3 et 34,4 %) et les tumeurs du segment inférieur (survie
à 5 et 10 ans de 9,3 et 0 %).
Au terme de cette analyse, les facteurs pronostiques négatifs
ou les facteurs de risque très élevés sont la localisation
de la tumeur au segment supérieur de la veine cave inférieure
(p < 0,01) et la présence d'une tumeur peu différenciée
(p < 0,06).
En effet, la plupart des malades souffrant d'une tumeur du segment supérieur
de la veine cave inférieure ont été inopérables
avec une survie médiane d'un mois.
Les facteurs pronostiques positifs associés à une plus
longue survie et à un intervalle libre plus important sans récidive
de tumeur sont la possibilité de réséquer radicalement
la tumeur (p < 0,01), la présence de douleur abdominale (p <
0,02) et l'absence de masse palpable (p < 0,01). Les autres facteurs
considérés n'ont pas d'implication statistiquement significative.
CONCLUSION Les
léiomyosarcomes de la veine cave inférieure sont des tumeurs
dont la croissance est lente qui peuvent prendre d'importantes dimensions
avant de se manifester cliniquement. L'extension aux organes adjacents et
les métastases sont des manifestations tardives de diagnostic. Ces
traits de développement nuisent au diagnostic précoce de la
tumeur REFERENCES
Jusqu'à la publication de notre travail dans Journal of Vascular
Surgery (1990) nous avions recensé 134 travaux originaux. Nous
prions les lecteurs de se rapporter aux références de ce
travail et présentons ici seulement les travaux publiés
depuis.
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