Accueil > Revues > Médecine > Sang Thrombose Vaisseaux > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Sang Thrombose Vaisseaux
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Lésions sous-clavières athéroscléreuses : la place du traitement endovasculaire


Sang Thrombose Vaisseaux. Volume 12, Numéro 2, 104-10, Février 2000, Mini-revues


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Jean-Marc Pernès, Service de radiologie vasculaire, hôpital Saint-Joseph, 75014 Paris. .

Résumé : Les sténoses sous-clavières lorsqu’elles sont symptomatiques représentent une excellente indication du traitement endoluminal. La fréquence d’un vol sous-clavier angiographique préalable explique la rareté de complications emboliques cérébrales (moins de 1 %). Le résultat immédiat au ballon seul est le plus souvent satisfaisant et la mise en place complémentaire d’une endoprothèse n’est justifiée que dans moins d’un tiers des cas. La qualité des résultats à distance (succès clinique à 10 ans supérieur à 80 %) doit faire privilégier le traitement endoluminal dans cette indication. En présence d’une occlusion sous-clavière prévertébrale, la fréquence de succès de la recanalisation mécanique a été nettement améliorée par le guide hydrophile et l’usage systématique des endoprothèses éventuellement de première intention semble améliorer les résultats immédiats et à distance. Néanmoins, en l’absence de résultats publiés sur de grandes séries, il n’existe pas actuellement d’argument absolu pour privilégier le choix du traitement endovasculaire par rapport à la chirurgie qui, au prix d’une morbidité supérieure, procure une perméabilité tardive connue et très satisfaisante.

Mots-clés : artères sous-clavières, sténose, angioplastie, stent, occlusion.

Illustrations

ARTICLE


La première observation rapportée d'angioplastie d'une lésion des troncs supra-aortiques remonte maintenant à près de 20 ans [1]. Celle-ci fut couronnée de succès et depuis cette période, les résultats d'environ 1 500 procédures ont été publiés avec des résultats globalement satisfaisants. Des interrogations subsistent à ce jour notamment :

­ sur le taux de morbidité de la procédure, qui est dominée par le risque d'accident vasculaire cérébral par migration embolique, le plus souvent au niveau de la fosse postérieure,

­ sur l'efficacité à long terme,

­ mais également sur les modalités techniques « idéales » pour optimiser la sécurité et l'efficacité de ces modes de traitement.

Principes du traitement

Les lésions des vaisseaux à destinée cervico-encéphalique sont dominées par la localisation sous-clavière qui est la plus fréquente. L'atteinte de l'artère sous-clavière gauche est 7 fois plus importante en fréquence qu'à droite. La proximité, voire l'extension à l'ostium, des artères vertébrales conditionne en partie le risque embolique lors des manipulations endovasculaires ainsi que le choix des modalités thérapeutiques. Celles-ci vont également diverger selon que la lésion causale est une sténose ­ cas de loin le plus fréquent ­, ou une occlusion, pratiquement toujours située en amont de l'artère vertébrale, au-delà d'un très court moignon proximal sous-clavier.

L'analyse des résultats de la littérature sur les séries publiées du traitement endovasculaire des troncs supra-aortiques montre un taux de complications vasculaires cérébrales par embolie de l'ordre de 1 % [1-3]. L'explication d'un chiffre que l'on peut juger, a priori, comme relativement faible d'événements cliniques est en grande partie liée à l'existence d'un vol sous-clavier. Des travaux déjà anciens [4] ont en effet montré, grâce à l'étude continue en écho-doppler du flux vertébral, qu'il fallait de 20 secondes à 20 minutes pour que, après angioplastie d'une sténose sous-clavière, le flux dans l'artère vertébrale homolatérale redevienne antégrade. Il est admis qu'en cas de production de débris emboliques, suivant l'angioplastie, ceux-ci migreraient dans la direction où le flux est le plus important, c'est-à-dire dans le bras, offrant ainsi un certain degré de protection de la circulation de la fosse postérieure, vis-à-vis d'une embolie potentiellement catastrophique. Ainsi l'absence d'un tel vol sous-clavier après procédure a bien été identifiée comme un facteur prédictif propre de risque embolique, comme l'a montré Sharma [5], pour qui le risque de complication embolique a été deux fois supérieur. Il paraît donc logique, comme le proposent plusieurs auteurs [6, 7], de provoquer, par des moyens pharmacologiques ou mécaniques, l'induction d'une hyperhémie réactionnelle dans la circulation du membre supérieur concerné, lorsque l'angiographie préalable note l'absence de vol sous-clavier, de façon à obtenir un phénomène transitoire de vol sous-clavier. En pratique, la mise en place d'un brassard à tension, gonflé au-dessus de la pression systolique du patient et dégonflé quelques secondes avant la déflation du ballon d'angioplastie est un moyen simple d'obtenir une hyperhémie brachiale suffisante pour inverser le flux dans l'artère vertébrale.

Le risque embolique qui reste donc la principale préoccupation de tout geste endovasculaire des troncs supra-aortiques est majoré en présence d'une lésion complexe, à type d'occlusion par exemple. Les améliorations récentes des techniques endoluminales (guides hydrophiles, endoprothèses) visent donc à minimiser ce risque, tout en facilitant la faisabilité et la réussite technique de la méthode. C'est le risque iatrogène embolique de la méthode qui conditionne en grande partie le type de voie d'abord, percutanée ou chirurgicale, la localisation de cette voie d'abord (abord fémoral, abord brachial, accès mixte, technique de kissing balloon).

Modalités de l'angioplastie

Si certaines étapes sont communes quelles que soient la lésion et sa localisation, d'autres sont spécifiques du type de lésion responsable.

Les étapes communes

Il s'agit essentiellement du traitement médical péri-opératoire et de l'appréciation du résultat, par une imagerie angiographique de qualité et par la prise des pressions avant et après dilatation.

Les principes du traitement antithrombotique sont dérivés de ceux qui sont établis dans l'angioplastie coronaire. Tous les patients doivent être placés en préopératoire sous aspirine à une dose variant de 100 à 300 mg/jour. Il n'existe pas de consensus pour la durée de ce mode de traitement, la tendance actuelle étant le maintien définitif d'un anti-agrégant plaquettaire. De même, on administre habituellement une héparinothérapie par voie systémique immédiatement au début de la procédure.

Une angiographie numérisée, par cathéter pigtail 5F positionné dans la racine de l'aorte, est systématique juste avant le début du geste interventionnel, permettant notamment la mesure précise du diamètre de l'artère lésée par quantification automatique. Elle précise en outre l'existence ou non d'un vol sous-clavier angiographique, qui conditionne en partie la réalisation technique du geste.

Traitement des sténoses de l'artère sous-clavière

Dans la grande majorité des cas, celles-ci siègent juste en aval d'un court moignon sain proximal et à distance respectable de l'ostium de l'artère vertébrale. Dans cette situation, la voie d'abord à privilégier est la voie percutanée fémorale qui permet, à l'aide d'un cathéter préformé 5F, le cathétérisme sélectif de l'ostium sous-clavier. Après franchissement précautionneux de la lésion par un guide à extrémité souple Bentson, le cathéter de pré-dilatation est avancé au-delà de la lésion, sur le guide, et un enregistrement des pressions de part et d'autre de la lésion est effectué. On procède ensuite à l'échange pour un guide rigide long (Rosen 2,60 mètres). Puis, le cathéter de dilatation 5F est positionné selon le principe du point fixe. Le diamètre le plus fréquent du ballonnet est de 8 mm. Une inflation manuelle à l'aide d'un manomètre est effectuée, généralement pendant une minute à la pression nominale du ballon, habituellement 6 atm. Un contrôle hémodynamique est ensuite effectué, par l'intermédiaire du cathéter à ballonnet laissé en place au-delà de la sténose après retrait du guide, ou par l'intermédiaire du cathéter de prédilatation qui a été remis en place sur ce dernier. Le contrôle angiographique s'effectue toujours guide en place, ce dernier devant être en permanence localisé à distance et en aval de la lésion que l'on vient de dilater. Ce contrôle angiographique s'effectuera au mieux à l'aide d'un cathéter pigtail 4F, positionné dans la racine de l'aorte à travers le désilet 7F fémoral (les introducteurs récents 7F à large lumière acceptent conjointement la présence d'un guide 0,035 et d'un cathéter 4F). Le résultat de la procédure est considéré comme satisfaisant lorsque la sténose résiduelle est inférieure à 30 % et que le gradient résiduel systolique de pression est inférieur à 10 mmHg. Lorsque tel n'est pas le cas, des inflations prolongées de 2 à 3 minutes, à basse pression peuvent permettre d'obtenir un meilleur résultat, ce qui est le cas dans 80 % des procédures (figures 1 et 2). Sinon, la persistance d'une sténose résiduelle justifie la mise en place d'une endoprothèse.

Le choix se portera plutôt sur une prothèse expandue sur ballon en présence d'une sténose calcifiée, située dans le segment médiastinal rectiligne de l'artère. Il est préférable de faire franchir la lésion par un désilet long de façon à faciliter le largage de l'endoprothèse. En présence d'une artère très tortueuse, en particulier au niveau du « toit » de la sous-clavière, une endoprothèse auto-expansive sera choisie. Dans tous les cas de figure, il faut éviter de couvrir l'ostium de la vertébrale.

Un cas particulier mérite d'être individualisé : lorsque la sténose sous-clavière affleure ou intéresse l'ostium de la vertébrale homolatérale, il est nécessaire de protéger celle-ci dans un premier temps par la mise en place d'un guide après franchissement de son ostium. Une seule voie d'abord, a priori fémorale, peut être utilisée : un guide 0,014'' de type coronaire est placé dans la vertébrale et l'angioplastie sous-clavière est effectuée selon la technique décrite plus haut. Une double voie d'abord brachiale et fémorale peut être envisagée lorsqu'il est nécessaire de dilater dans le même temps la lésion ostiale de la sous-clavière et une sténose vertébrale, préexistante ou provoquée par l'inflation du ballon dans la sous-clavière et la bascule de la plaque dans l'ostium vertébral. Dans ces conditions on utilisera la technique du double ballon par kissing en choisissant un ballon dont le diamètre est soit discrètement inférieur, soit égal à celui de l'ostium de la vertébrale, mais jamais supérieur dans la mesure où la fragilité de cette artère de faible épaisseur de paroi expose à une rupture en cas de surdilatation.

Rappelons enfin que, quelle que soit la localisation de la lésion à dilater, l'absence préalable d'un vol sous-clavier angiographique rend utile la réalisation d'une épreuve mécanique d'hyperhémie réactionnelle du bras par l'intermédiaire d'un brassard de pression gonflé au-dessus de la pression systolique du patient pendant l'inflation au ballon avec dégonflage de celui-ci quelques secondes avant la déflation du ballon lui-même.

Traitement des occlusionsde l'artère sous-clavière

Celles-ci débutent le plus souvent au ras de la naissance de l'artère et ne laissent donc qu'exceptionnellement un moignon proximal éventuellement accessible par voie basse, fémorale. C'est pourquoi la tentative de recanalisation est le plus souvent effectuée par voie haute, humérale, après mise en place d'un désilet 6F. Par la voie humérale, un cathéter de prédilatation 5F angulé, de type Picard ou vertébral, est positionné au contact de l'occlusion et le franchissement de celle-ci est réalisé par un guide 0,035'' hydrophile, angulé ou droit. Ces tentatives doivent être très précautionneuses car le risque de dissection sous-intimale est important. La mise en place d'un matériel d'angioplastie ne doit être décidée que lorsqu'on a la certitude absolue que le guide a retrouvé la vraie lumière aortique. Contrairement aux sténoses, où l'implantation d'une endoprothèse est rare, elle est fréquente, voire systématique pour de nombreux auteurs, après recanalisation mécanique d'une occlusion, à la fois pour minimiser le risque embolique, notamment distal dans le bras, et pour améliorer la perméabilité à distance. Idéalement, ce stenting devrait être effectué de première intention, c'est-à-dire sans pré-dilatation au ballon, dans l'espoir d'éviter la fragmentation du matériel thrombotique contenu dans l'occlusion. Si le franchissement par le guide a été relativement aisé, avec la sensation du caractère plutôt mou de l'occlusion, il semble logique de tenter la mise en place d'une endoprothèse auto-expansible de type Wallstent (figure 3). En cas de difficultés importantes de progression, il ne faut pas insister et retirer ce matériel. Ces réticences à la mise en place d'emblée d'une endoprothèse expliquent que l'attitude la plus communément admise, après franchissement de la lésion par le guide, est la réalisation d'une angioplastie a minima, à l'aide d'un ballon de taille inférieure à celle de l'artère, plus souvent 5 mm de diamètre, qui va permettre d'obtenir une reperméabilisation incomplète mais suffisante pour autoriser le positionnement secondaire d'un stent. L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de choisir au mieux le matériel à utiliser, et de le positionner très précisément pour éviter de couvrir l'ostium vertébral. La majorité des endoprothèses pouvant actuellement progresser à l'intérieur d'un désilet 6F, le largage peut se faire par voie humérale, éventuellement après mise en place d'un désilet long. Pour minimiser le risque d'embolisation distale, certains préconisent la réalisation d'une artériotomie humérale pour introduire le désilet à vue, pour limiter le risque embolique distal et pour compléter éventuellement le geste par une thromboaspiration ou par une thrombectomie à la sonde de Fogarty complémentaires.

Analyse des résultats

Lésions sténosantes

L'analyse de la littérature ne retrouve qu'une faible différence en termes de résultats immédiats et à distance selon que l'on compare, historiquement, la période 1981-1992 et la période suivante 1992-1999, où sont apparus les guides hydrophiles et les endoprothèses. Ainsi Becker [8], dans une revue en 1989 sur 456 patients, fait état d'un taux de réussite technique de 92 %. Dans une revue plus récente de la littérature en 1997,
Mac Namara [2] rapporte un taux
de réussite technique, sur près de 1 000 patients, de 95 %. Dans sa série personnelle de 64 patients, on note que l'utilisation d'une endoprothèse a été nécessaire dans environ 10 % des cas (9 sur 92 sténoses). Avec cette stratégie du traitement endovasculaire des sténoses ­ angioplastie au ballon, et endoprothèse uniquement en cas de résultat incomplet, qui, rappelons-le, représente 10 à 15 % des cas ­, le suivi actuariel à 10 ans fait état d'un succès clinique de 84 % défini comme la disparition des symptômes, et la persistance de la perméabilité appréciée par échographie-doppler ou par angiographie. D'autres séries [1-3] objectivent, sur des suivis relativement longs (40 mois en moyenne), un taux de resténose angiographique, nécessitant parfois une nouvelle angioplastie, de l'ordre de 15 %. Il n'existe pas d'étude randomisée comparant les résultats de l'endovasculaire et de la chirurgie sur des lésions équivalentes. Les améliorations technologiques, permettant d'obtenir un résultat « anatomique » après un résultat endovasculaire, et la possibilité du traitement des resténoses tardives, à condition d'un dépistage par une surveillance régulière, placent le traitement endovasculaire comme traitement de première intention dans la majorité des lésions sténosantes des troncs supra-aortiques proximaux.

Occlusions sous-clavières

Il apparaît ici indispensable de différencier les deux périodes précédemment définies car l'apparition des guides hydrophiles, qui facilitent la recanalisation mécanique, et des endoprothèses a modifié à l'évidence le taux de succès immédiat, et probablement la perméabilité tardive. Au cours de cette première phase, sur des effectifs beaucoup plus réduits que les sténoses sous-clavières, le taux moyen de réussite technique immédiate était de l'ordre de 60 % avec des extrêmes variant entre 14 et 100 %. Parallèlement, les résultats à distance, assez disparates, mentionnaient dans les plus grandes séries un taux de réocclusion et de resténose à six mois entre 20 et 50 % des patients traités initialement avec succès. On peut donc considérer qu'en termes d'intention de traiter, incluant les échecs techniques immédiats, le taux de perméabilité à un an était inférieur à 50 % [9].

Les études les plus récentes, du fait de l'utilisation des guides hydrophiles mais également de la courbe d'apprentissage des auteurs, font état d'un taux de recanalisation allant de 74 % pour Mac Namara [2], 87 % pour Duber [10], 100 % pour Dorros [1] et Martinez [11]. Peu de séries publiées proposent un recul notable renseignant sur l'apport à long terme de la mise en place systématique des endoprothèses ­ soit d'emblée, sans prédilatation, soit après angioplastie au ballon ­. Mathias [9] compare les deux périodes, avant et après endoprothèse Wallstent, et fait état d'un taux de resténose à trois ans de 20 % sur les 46 patients traités sans endoprothèse, alors qu'il ne retrouve pas d'aspect de resténose ou de réocclusion chez les 7 patients chez lesquels a été mise en place une endoprothèse. Martinez [11], dans sa série de 17 patients, retrouve une perméabilité actuarielle à 6 mois de 81 %. Ainsi, en l'absence d'un nombre suffisant de patients, d'un suivi à long terme encore documenté et d'étude randomisée comparant les résultats des endoprothèses et de l'angioplastie, il est difficile de dégager le bénéfice de telle ou telle technique. Toutefois, la supériorité des résultats à long terme des endoprothèses mises systématiquement dans les recanalisations d'occlusions iliaques ou coronaires, la médiocrité des résultats à distance des recanalisations sous-clavières sans stent (Duber), et les résultats de séries publiées [12, 13] militent pour la mise en place d'un stent après succès du franchissement au guide des occlusions sous-clavières. Le rôle de la mise en place d'un stent de première intention pour prévenir les accidents emboliques n'a pas non plus été évalué dans ce territoire, bien qu'il soit de plus en plus fréquent dans d'autres territoires, comme les sténoses de la carotide interne.

Complications

L'accident vasculaire cérébral est la complication la plus dramatique de l'angioplastie des troncs supra-aortiques. Il peut être le résultat d'une embolisation distale, dans le territoire vertébral pour les dilatations sous-clavières. Cette embolie peut être soit de nature athéromateuse, soit de nature cruorique. Cet accident vasculaire peut être également la conséquence d'une dissection post-angioplastie à l'origine d'une diminution du flux distal ou encore être le résultat d'une dissection ou d'un spasme engendré par un traumatisme local par le guide ou par l'extrémité du cathéter, notamment lors du cathétérisme de l'ostium des troncs supra-aortiques. Cet accident vasculaire cérébral peut se manifester sous forme d'un accident déficitaire sévère définitif ou d'un accident ischémique transitoire, dans le territoire vertébro-basilaire. L'étude des résultats de la littérature objective un chiffre, que l'on peut considérer comme très faible, de complication vasculaire cérébrale ­ de l'ordre de 1 % (Mac Namara [2] rapporte 0,4 % de complications neurologiques dans le registre de près de 1 000 angioplasties de sténoses sous-clavières). Curieusement, le chiffre ne semble pas différent après tentative de désobstruction d'occlusion complète sous-clavière. L'explication probable de ce taux faible tient sans doute à la grande fréquence de vol sous-clavier présent préalablement à l'angioplastie favorisant ainsi, du fait du caractère rétrograde du flux dans la vertébrale, la migration éventuelle de débris athéromateux plutôt dans la circulation du bras : Motarjeme [3].

Des embolies peuvent également survenir dans la circulation du membre supérieur, au niveau de l'artère humérale et en aval. Elles sont estimées à 0,3 % dans les séries traitant des sténoses sous-clavières, elles atteignent environ 2,5 % dans les séries d'occlusions recanalisées où la mise en place d'endoprothèses n'était pas systématique. Ceci souligne l'intérêt des méthodes préventives : mise en place d'emblée d'une endoprothèse auto-expansive sans prédilatation, ou éventuellement abord par artériotomie au bras, permettant le passage d'un cathéter de Fogarty dans l'hypothèse de débris résiduels.

La présence d'une dissection au siège de l'angioplastie ou à distance de celle-ci, alors qu'elle s'accompagne d'un retard de flux qui ne cède pas aux inflations prolongées, est une indication à la mise en place d'une endoprothèse, le plus souvent auto-expansive. D'autres complications, inhérentes à la technique de cathétérisme, sont possibles : hématome au point de ponction pouvant nécessiter des transfusions, complications générales à type de surcharge iodée, de réactions allergiques ou anaphylactiques au produit de contraste. On estime que le taux de complications globales majeures et mineures des procédures d'angioplastie des troncs supra-aortiques est de l'ordre de 4 %.

CONCLUSION

La présence d'une sténose localisée sur la portion proximale des gros vaisseaux à destinée cervico-encéphalique apparaît comme une excellente indication de l'angioplastie par ballonnet. La mise en place d'endoprothèses n'apparaît indispensable qu'en cas de résultat incomplet. La rareté des complications neurologiques (de l'ordre de 0,5 %), associée à un taux de perméabilité lointaine supérieur à celui de la chirurgie par revascularisation extra-anatomique, doit faire privilégier ce mode de traitement en présence d'une lésion segmentaire.

En matière d'occlusion sous-clavière prévertébrale, la faisabilité technique du geste a été améliorée par les guides hydrophiles, qui facilitent la recanalisation mécanique. L'usage systématique des endoprothèses, éventuellement un stenting primaire avant angioplastie au ballon, semble améliorer les résultats immédiats et à distance. La morbidité de ce geste semble comparable à celle du traitement des sténoses, avec des taux d'accidents vasculaires cérébraux de l'ordre de 1 % ; le risque d'embolisation dans le membre supérieur semble plus important (mais inférieur à 3 %), alors que la chirurgie de réimplantation sous-clavio-carotidienne fournit, au prix d'une morbidité supérieure, des résultats durables bien établis à long terme. Il n'existe donc pas actuellement, en dehors d'un risque chirurgical élevé justifiant une approche moins invasive, d'argument absolu pour privilégier le choix de l'une ou l'autre méthode.

REFERENCES

1. Dorros G, Lewin RF, Jamnadas P, Mathiak LM. Peripheral transluminal angioplasty of the subclavian and innominate arteries utilizing the brachial approach : acute outcome and follow-up. Cathet Cardiovasc Diagn 1990 ; 19 : 71-6.

2. McNamara TO, Lloyd E, Greaser III LE, Fisher JR, Gobin YP, Duckwiler G. Initial and long-term results of treatment of brachiocephalic arterial stenoses and occlusions with balloon angioplasty, thrombolysis, stents. J Invas Cardiol 1997 ; 9 : 372-83.

3. Motarjeme A. Percutaneous transluminal angioplasty of supra-aortic vessels. J Endovasc Surg 1996 ; 3 : 171-81.

4. Ringelstein EB, Zeumer H. Delayed reversal of vertebral artery blood flow following percutaneous transluminal angioplasty for subclavian steal syndrome. Neuroradiology 1984 ; 26 : 189-98.

5. Sharma S, Kaul U, Rajani M. Identifying high-risk patients for percutaneous transluminal angioplasty of subclavian and innominate arteries. Acta Radiol 1991 ; 32 : 381-5.

6. Memis A, Oran I, Ozbek SS. A simple method to avoid vertebral artery embolism during subclavian percutaneous transluminal angioplasty : provocative maneuver [letter]. Am J Roentgenol 1997 ; 168 : 569-70.

7. Nasim A, Sayers RD, Bell PR, Bolia A. Protection against vertebral artery embolisation during proximal subclavian artery angioplasty. Eur J Vasc Surg 1994 ; 8 : 362-3.

8. Becker GJ, Katzen BT, Dake MD. Noncoronary angioplasty. Radiology 1989 ; 170 : 921-40.

9. Mathias KD, Luth I, Haarmann P. Percutaneous transluminal angioplasty of proximal subclavian artery occlusions. Cardiovasc Intervent Radiol 1993 ; 16 : 214-8.

10. Duber C, Klose KJ, Kopp H, Schmiedt W. Percutaneous transluminal angioplasty for occlusion of the subclavian artery : short- and long-term results. Cardiovasc Intervent Radiol 1992 ; 15 : 205-10.

11. Martinez R, Rodriguez-Lopez J, Torruella L, Ray L, Lopez-Galarza L, Diethrich EB. Stenting for occlusion of the subclavian arteries. Technical aspects and follow-up results. Tex Heart Inst J 1997 ; 24 : 23-7.

12. Kumar K, Dorros G, Bates MC, Palmer L, Mathiak L, Dufek C. Primary stent deployment in occlusive subclavian artery disease. Cathet Cardiovasc Diagn 1995 ; 34 : 281-5.

13. Lyon RD, Shonnard KM, McCarter DL, Hammond SL, Ferguson D, Rholl KS. Supra-aortic arterial stenoses : management with Palmaz balloon-expandable intraluminal stents. J Vasc Interv Radiol 1996 ; 7 : 825-35.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]