ARTICLE
L'hypertension artérielle pulmonaire primitive (HTAPP) est une
affection rare, de cause inconnue. Sa définition repose sur les
critères du National Institute of Health : mise en évidence,
par cathétérisme cardiaque droit, d'une pression artérielle
pulmonaire moyenne (PAPm) supérieure ou égale à 25
mmHg au repos ou supérieure ou égale à 30 mmHg à
l'exercice, en l'absence de toute étiologie responsable d'hypertension
artérielle pulmonaire secondaire (tableau
I). Certaines circonstances pathologiques sont classiquement associées
à l'HTAPP : prise d'anorexigènes et/ou de dérivés
amphétaminiques, phénomène de Raynaud isolé,
anomalies auto-immunes sans signes permettant un diagnostic précis
de collagénose, hypertension portale [1, 2]. Plus récemment,
l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) s'est
ajoutée à cette liste.
En effet, Kim et Factor [3] ont décrit en 1987 le premier cas d'hypertension
artérielle pulmonaire survenant au cours de l'infection par le
VIH chez un homme âgé de 40 ans séropositif homosexuel
ayant par ailleurs une glomérulonéphrite membrano-proliférative.
Par la suite, plusieurs autres cas d'hypertension artérielle pulmonaire
d'allure primitive ont été observés chez des patients
séropositifs hémophiles traités par concentrés
impurs de facteurs VIII, soulevant alors deux hypothèses : soit
l'existence d'une relation inédite entre le VIH lui-même
et l'hypertension artérielle pulmonaire, soit la possibilité
de dépôts dans les vaisseaux pulmonaires de particules étrangères
liées aux perfusions de facteur VIII [4]. La première hypothèse
a finalement été retenue car d'autres publications ont rapporté
cette complication chez des patients contaminés par voie sexuelle,
non hémophiles, non toxicomanes, et sans autre facteur de risque
vasculaire pulmonaire.
Depuis 1987, environ 120 cas d'HTAPP associée au VIH sont recensés
dans la littérature sous la forme de cas sporadiques ou de petites
séries regroupant moins de 20 patients. Cet article se réfère
également aux résultats de notre série comprenant
56 patients atteints d'HTAPP-VIH suivis dans le service de pneumologie
de l'hôpital Antoine-Béclère entre avril 1986 et janvier
1998.
Épidémiologie
Bien que vraisemblablement rare, la fréquence de l'HTAPP au cours
de la maladie VIH est difficile à établir avec précision
en l'absence de signes cliniques spécifiques et d'examen diagnostique
simple. Speich et al. [5] ont examiné de façon prospective
74 patients ayant des signes cardiaques et/ou respiratoires dans une cohorte
de 1 200 sujets infectés par le VIH ; l'échodoppler cardiaque
ayant dépisté 6 patients atteints d'hypertension artérielle
pulmonaire d'apparence primitive, les auteurs évaluent l'incidence
de cette complication à 8,1 % des patients symptomatiques (6/74)
et à 0,5 % de l'ensemble des patients (6/1 200). La même
incidence est estimée par Himelman et al. (0,5 %) [6] et
Opravil et al. (0,57 %) [7].
L'âge de survenue de l'HTAPP-VIH est de 32 ans en moyenne, variant
entre 2 et 56 ans. La prédominance féminine, bien connue
dans l'HTAPP isolée, est également observée dans
le contexte d'infection par le VIH si l'on considère les deux plus
importantes séries de la littérature : sex-ratio de 1,2/1
dans la série de Petitpretz et al. [8] portant sur 20 patients
et 1,7/1 dans celle d'Opravil et al. [7] portant sur 19 patients.
Cette modification du sex-ratio dans le sens d'une disparition de la prépondérance
masculine habituelle dans la population séropositive (homo et bisexualité
masculine, hémophilie) est insolite et suggère l'existence
de facteurs hormonaux dans la genèse de l'HTAPP associée
au VIH. Il faut toutefois souligner que, dans la revue de la littérature
récente de Mesa et al. [9], la prédominance est masculine
: sex ratio 1/1,6 sur 88 cas colligés.
L'HTAPP concerne tous les groupes à risque d'infection par le VIH,
mais les toxicomanes sont les plus fréquemment touchés puisqu'ils
représentent environ 42 % de l'ensemble des malades affectés
[9]. Ce fait est remarquable dans la mesure où la toxicomanie n'est
que le deuxième facteur de risque après l'homosexualité
masculine en Europe (où l'HTAPP-VIH a été le plus
souvent décrite).
Au vu des données de la littérature, l'HTAPP peut survenir
aux différents stades de la maladie VIH (seulement 26 % des patients
au stade sida) et n'apparaît pas liée au degré d'immunodépression
(lymphocytes CD4 à 306/mm3 en moyenne et supérieur
à 200/mm3 dans 58 % des cas publiés), ni aux
antécédents d'infections opportunistes [9]. L'HTAPP est
assez souvent inaugurale de l'infection virale : dans la série
de Petitpretz et al. [8] elle révèle la séropositivité
chez 5 des 20 patients, soit 25 % des cas. La sérologie HIV est
donc indispensable dans le bilan initial de toute HTAPP.
Diagnostic
La présentation clinique de l'HTAPP-VIH est semblable à
celle de l'HTAPP isolée, essentiellement dominée par la
dyspnée, alléguée par plus de 90 % des malades. Pétureau
et al. [10] insistent cependant sur le fait que la sensation de
gêne respiratoire peut être masquée chez les toxicomanes
en raison des effets dépresseurs centraux des opiacés et
de leur action vasodilatatrice qui peut améliorer temporairement
l'hypertension artérielle pulmonaire. La dyspnée est éventuellement
accompagnée de douleurs thoraciques, de syncopes d'effort, d'hémoptysie,
de toux ou d'dèmes des membres inférieurs. Une hypoxémie
modérée est possible le plus souvent supérieure à
60 mmHg.
Reconnaître l'hypertension artérielle pulmonaire est habituellement
simple : l'échodoppler cardiaque est un bon examen de dépistage,
mais le cathétérisme cardiaque droit demeure absolument
nécessaire au diagnostic d'hypertension artérielle pulmonaire
précapillaire (ce d'autant que des dysfonctions ventriculaires
gauches ne sont pas rares sur ce terrain), à son évaluation
thérapeutique (test en aigu aux vasodilatateurs) et à sa
surveillance évolutive. Le bilan initial s'attachera à éliminer
systématiquement les causes secondaires d'hypertension artérielle
pulmonaire précapillaire, en particulier une maladie thromboembolique
qui n'est pas exceptionnelle chez les sujets infectés par le VIH.
Le niveau de l'hypertension artérielle pulmonaire, mesuré
de façon invasive ou non, est connu chez 74 des 88 patients infectés
par le VIH regroupés dans la revue de la littérature de
Mesa et al. [9] : la PAP systolique est en moyenne à 68
mmHg (de 49 à 118 mmHg).
Évolution
Le pronostic de l'HTAPP-VIH est sombre et conditionné par l'aggravation
de l'HTAPP, responsable de 76 % des décès des patients de
la littérature, plutôt que par une complication de l'immunodépression
[9]. Petitpretz et al. [8] retrouvent un taux de survie de 46 %
à 2 ans qui n'est cependant pas significativement différent
de celui des patients atteints d'HTAPP pure. Opravil et al. [7]
retrouvent quant à eux une probabilité de survie de 58 %
à 1 an, 32 % à 2 ans et 21 % à 3 ans, significativement
moins bonne que celle des patients séropositifs sans HTAPP (médiane
de survie de 1,3 contre 2,6 ans).
Expérience de l'hôpital A.-Béclère
Dans notre expérience (tableaux
II et III, figure
1), la comparaison de 56 patients atteints d'HTAPP-VIH à
112 atteints d'HTAPP isolée montre que les patients séropositifs
sont significativement plus jeunes et qu'ils ont un délai entre
les premiers signes cliniques et la découverte de l'HTAPP plus
court, ce qui reflète probablement leur meilleure surveillance
médicale. En revanche, le retentissement fonctionnel de l'hypertension
artérielle pulmonaire et la fréquence des conditions pathologiques
classiquement associées sont identiques dans les deux groupes (phénomène
de Raynaud, prise d'anorexigènes et/ou de dérivés
amphétaminiques, présence d'anticorps antinucléaires)
ce qui laisse supposer que les patients infectés ou non par le
VIH ont la même « prédisposition » à développer
cette maladie. Par ailleurs, bien que sévère, le degré
d'hypertension artérielle pulmonaire dans le cadre de l'infection
par le VIH est plus bas qu'en cas d'HTAPP isolée, alors que le
pourcentage des patients séropositifs répondeurs en aigu
à l'époprosténol ou au NO est significativement inférieur,
et ce quelle que soit la définition de cette réponse vasodilatatrice.
Enfin, la survie des patients séropositifs est moins bonne que
celle des séronégatifs. Ainsi, nous pouvons supposer que
l'HTAPP associée au VIH a un niveau initial plus bas du fait d'un
diagnostic plus précoce, mais qu'elle évolue plus rapidement
que l'HTAPP isolée comme le prouveraient la survie moindre et la
quasi-absence de réponse vasodilatatrice artérielle pulmonaire
au moment du diagnostic.
Histologie
La répartition des différents types histologiques d'HTAPP
au cours de l'infection par le VIH est semblable à celle observée
dans l'HTAPP isolée. Une artériopathie plexogénique
classique ou une hypertrophie isolée de la média sont les
aspects les plus courants, trouvés dans 35 des 40 examens histologiques
publiés ; une artériopathie thrombotique est décrite
dans 3 cas [9, 11, 12] et une maladie veino-occlusive dans les 2 derniers
cas [13, 14]. Aucun cas d'hémangiomatose capillaire n'est par contre
signalé, eu égard probablement à la grande rareté
de cette forme histologique d'HTAPP et au peu d'examens anatomo-pathologiques
disponibles dans la littérature.
Traitement
Les possibilités thérapeutiques sont pauvres en dehors
du traitement conventionnel de l'HTAPP (limitation des efforts, anticoagulation
orale, diurétiques et oxygène si nécessaire).
La transplantation cardiopulmonaire est contre-indiquée sur ce
terrain. L'anticoagulation orale par antivitamines K qui a fait la preuve
de son efficacité dans l'HTAPP [2] devrait être systématique
chez les patients séropositifs, mais il existe souvent des contre-indications
: troubles de l'hémostase qui augmentent le risque hémorragique
(thrombopénie du VIH, hépatopathie concomitante) ou mauvaise
observance médicale qui rend difficile la surveillance de ce traitement
chez le toxicomane.
Les inhibiteurs calciques à fortes doses n'ont montré leur
bénéfice dans l'HTAPP que chez les patients répondeurs
en aigu aux vasodilatateurs [2] : leur utilisation est donc malheureusement
très limitée chez les sujets infectés par le VIH.
Il faut par ailleurs insister sur le fait que ce traitement, non dénué
de risques chez les non-répondeurs, ne devrait pas être essayé
aléatoirement sans avoir effectué au préalable un
test en aigu aux vasodilatateurs.
Il est clairement établi que l'époprosténol en perfusion
continue au long cours améliore considérablement la tolérance
à l'effort et la survie des patients ayant une HTAPP réfractaire,
même non-répondeurs, alors que l'amélioration des
paramètres hémodynamiques est plus modeste [2]. Au 1er
janvier 1998, 8 patients séropositifs bénéficiaient
de ce traitement dans notre série : l'analyse des premiers résultats
sont encourageants dans la mesure où l'on constate une amélioration
fonctionnelle notable à 6 semaines chez tous les malades. L'époprosténol
pourrait donc singulièrement modifier l'approche thérapeutique
et le pronostic de l'HTAPP-VIH comme celui de l'HTAPP isolée. Cependant,
ce traitement lourd, qui exige la mise en place d'un matériel veineux
implantable, est inutilisable chez le patient toxicomane non sevré
et comporte un risque infectieux à prendre en compte chez des patients
immunodéprimés.
L'effet du traitement antirétroviral sur l'évolution de
l'HTAPP reste pour le moment impossible à apprécier en l'absence
de données suffisantes dans la littérature. Dans leur étude
prospective, Opravil et al. [7] montrent une amélioration
hémodynamique apparente chez 2 patients, une stabilité chez
3 autres et une aggravation chez 1 seul patient sous traitement antirétroviral
chronique par AZT ou DDI. Cette étude, analysant des traitements
antirétroviraux habituellement peu efficaces en monothérapie
et évaluant l'hypertension artérielle pulmonaire de façon
non invasive par écho-doppler, reste cependant très discutable.
En revanche, dans notre expérience, le traitement antirétroviral
semble peu actif sur l'HTAPP, comme en attestent 2 cas où cette
complication apparaît ou s'aggrave sous trithérapie, par
ailleurs efficace sur le déficit immunitaire.
Physiopathologie
Les mécanismes pathogéniques de l'hypertension artérielle
pulmonaire dans un contexte d'infection par le VIH sont inconnus.
* La première hypothèse est que l'existence d'un cofacteur
lié à un comportement à risque particulier et non
le VIH lui-même soit responsable du développement de l'hypertension
artérielle pulmonaire. En effet les patients séropositifs,
notamment toxicomanes, ont souvent plusieurs facteurs de risque d'hypertension
artérielle pulmonaire intriqués : injection intraveineuse
de comprimés écrasés contenant des microcristaux
insolubles (essentiellement du talc) à l'origine d'embols de corps
étrangers dans les vaisseaux pulmonaires [15], consommation d'amphétamines
et/ou de cocaïne, cirrhose posthépatitique virale ou alcoolique.
L'existence de ces mécanismes lésionnels cumulés
pourrait expliquer la fréquence particulière de l'HTAPP
chez les patients toxicomanes. Cependant, des corps étrangers intravasculaires
chez des toxicomanes intraveineux ne sont objectivement incriminés
dans la littérature que dans 3 cas d'hypertension artérielle
pulmonaire compliquant l'infection par le VIH [16, 17]. Par ailleurs,
seuls 13 des 88 patients de la revue de la littérature de Mesa
et al. [9] ont une hépatopathie coexistante.
* La deuxième hypothèse consiste en une relation de cause
à effet, directe ou indirecte, entre l'hypertension artérielle
pulmonaire et l'infection par le VIH. À la lumière des données
de la littérature nous pouvons proposer quelques mécanismes
pathogéniques.
Il est intéressant de noter la découverte autopsique
chez 19 macaques sur 85 infectés par le SIV (simian immunodeficiency
virus qui est un lentivirus très proche du VIH) d'une artériopathie
pulmonaire caractérisée par des lésions de fibrose
et d'épaississement de l'intima et de la média, et par des
infiltrats inflammatoires périvasculaires [18]. De même,
une étude expérimentale sur un modèle murin de sida
montre que les souris infectées par le virus de la leucémie
murine LP-BM5 développent des lésions vasculaires pulmonaires
d'épaississement de la média associées à un
important infiltrat inflammatoire du poumon [19]. En revanche, il n'existait
pas dans ces deux modèles animaux de lésions plexiformes
comme chez l'homme (figure 2).
Ceci prouve donc que les anomalies de la circulation pulmonaire ne sont
spécifiques ni de l'espèce infectée ni du virus infectant
et qu'un même mécanisme pourrait être à l'origine
de l'hypertension artérielle pulmonaire dans ces trois espèces.
Mette et al. n'ont pas pu mettre en évidence le VIH
au niveau des vaisseaux pulmonaires de 3 patients par diverses méthodes
: recherche de particules virales par microscopie électronique,
de protéines p-24 et p-18 par immunohistochimie et de matériel
génique par hybridation in situ et polymerase chain reaction
[20]. Il en est de même pour Humbert et al. sur 2 autres
patients [21].
Le virus pourrait aussi agir de manière indirecte en favorisant
la libération, par des lymphocytes ou macrophages activés,
de médiateurs ayant un effet prolifératif sur les cellules
endothéliales ou musculaires lisses. Ce processus a déjà
été montré dans certaines complications du VIH, notamment
au cours du sarcome de Kaposi qui représente l'anomalie de l'angiogenèse
liée au VIH la mieux connue. Vogel et al. ont tout d'abord
montré qu'un gène régulateur du VIH-1, le gène
tat, provoquait sur des souris transgéniques des lésions
cutanées semblables à celles du sarcome de Kaposi [22].
Plus tard Nakamura et al. puis Ensoli et al. ont prouvé
que le produit de ce gène, la protéine tat, pouvait agir
comme un facteur de croissance stimulant in vitro la croissance
des cellules de sarcome de Kaposi [23, 24] ainsi que les cellules endothéliales
humaines de veine ombilicale [25]. De nombreuses autres cytokines et facteurs
de croissance ont été impliqués dans la pathogénie
du sarcome de Kaposi par le biais de mécanismes autocrines ou paracrines
[26] : TNF-* (tumor necrosis factor-*), interleukine-1,
interleukine-6, PDGF (platelet-derived growth factor), TGF-ß
(transforming growth factor ß), VEGF (vascular
endothelial growth factor). Par analogie avec le sarcome de Kaposi,
nous pouvons supposer que les lésions d'hypertension artérielle
pulmonaire associées au VIH seraient induites par la protéine
tat elle-même ou par l'un ou plusieurs des médiateurs cités
plus haut et dont certains ont été décrits dans la
genèse de l'HTAPP isolée [27]. Ainsi nous avons récemment
rapporté une expression accrue de l'ARN messager de la chaîne
A du PDGF et de la protéine PDGF (étudiée respectivement
par hybridation in situ et par immunohistochimie) dans le poumon
de 2 patients séropositifs porteurs d'hypertension artérielle
pulmonaire [21]. Notons néanmoins que l'expression de l'ARN messager
codant pour PDGF-A était élevée au cours des HTAPP
non liées au VIH et que ce facteur de croissance pourrait être
impliqué dans les formes primitives pures et viro-induites de la
maladie [21].
Enfin, on peut évoquer le rôle de l'endothéline-1
qui a déjà été incriminée dans l'HTAPP
isolée [27]. En effet, Ehrenreich et al. ont montré
que, in vitro, la gp-120, glycoprotéine d'enveloppe de VIH-1,
induisait une production d'endothéline-1 de façon dépendante
de la concentration et que, in vivo, les monocytes circulants des
patients séropositifs avaient une expression importante du gène
de l'endothéline-1, étudiée par PCR [28].
La responsabilité d'une co-infection virale, notamment par
l'herpèsvirus humain 8 (HHV 8), pourrait être également
envisagée dans le développement de l'HTAPP comme dans le
sarcome de Kaposi associé au VIH. En effet, des techniques de biologie
moléculaire ont mis en évidence la présence de séquences
génomiques de HHV 8 en particulier dans les cellules fusiformes
et les cellules endothéliales de la lésion de Kaposi par
PCR in situ [29]. Il n'y a actuellement aucune donnée dans
la littérature explorant cette éventualité dans l'HTAPP-VIH.
Toutefois, un argument épidémiologique plaide contre : le
sarcome de Kaposi associé au VIH touche quasi exclusivement les
homosexuels (HHV 8 est transmis par voie sexuelle), ce qui n'est pas le
cas de l'HTAPP-VIH. Notons enfin l'absence de séropositivité
HHV 8 chez les patients étudiés dans notre service [21].
Seule une faible proportion de patients séropositifs développe
une hypertension artérielle pulmonaire, ce qui laisse penser que
cette affection requiert une ou plusieurs prédispositions. L'une
d'entre elles serait le sexe féminin, ce qui expliquerait la relative
importance des femmes dans notre population et/ou une prédisposition
génétique. Effectivement, Morse et al. ont observé
une augmentation significative de la fréquence des allèles
HLA-DR6 et DR52 du complexe majeur d'histocompatibilité chez les
patients ayant une HTAPP-VIH [30].
CONCLUSION Bien
que rare actuellement, l'HTAPP est à évoquer systématiquement
devant certaines manifestations cardiorespiratoires survenant au cours de
l'infection par le VIH, car elle grève considérablement le
pronostic des patients affectés. Par ailleurs, une recrudescence
de cette complication dans la population infectée par le VIH est
à craindre dans l'avenir, avec l'amélioration de la survie
des malades séropositifs. Actuellement toujours rapidement fatale
en l'absence de thérapeutique radicale, l'HTAPP-VIH pourrait bénéficier
avec succès, tout comme l'HTAPP isolée, d'un traitement chronique
par époprosténol ; de nouvelles modalités d'administration
moins lourdes que la voie intraveineuse (voie sous-cutanée, nébulisée
ou orale) en cours d'évaluation dans l'HTAPP isolée seraient
particulièrement intéressantes chez les patients séropositifs.REFERENCES
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