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Éditorial


Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement. Volume 8, Numéro 3, septembre 2010, Éditorial

DOI : 10.1684/pnv.2010.0225


Auteur(s) : Christian Derouesné , .

ARTICLE

Auteur(s) : Christian Derouesné

Si nous ne pouvons pas voir clair, nous voulons du moins voir nettement les obscurités.Sigmund FreudInhibition, symptômes et angoisse

Trois articles de ce numéro attirent notre attention sur des perturbations du fonctionnement cognitif qui surviennent chez les sujets âgés et qui ne sont pas liées à des affections dégénératives cérébrales avec lesquelles il ne faut pas les confondre. La question est toutefois compliquée car, aussi bien le syndrome d'apnées du sommeil (Fannie et Hakki Onen) que la dépression (Alain Nicolas et al.), sont fréquemment associés à ces affections, notamment à la maladie d'Alzheimer (MA). Il reste que l'isolement de ces pathologies est nécessaire car leur traitement est possible et peut améliorer les troubles cognitifs, y compris chez les patients atteints de la MA.

Nathalie Damon-Perrière et al. nous introduisent à une pathologie rare d'expression essentiellement neurologique, l'atrophie multisystématisée, qui doit être distinguée, dans sa variante parkinsonienne, de la maladie de Parkinson et de la démence à corps de Lewy lorsque des troubles cognitifs sont associés.

Anne-Sophie Gillioz et al. posent le difficile problème des sujets parvenus au stade démence sévère. S'il est nécessaire et parfaitement légitime de chercher à améliorer la qualité de vie de ces patients, tout traitement visant à prolonger leur survie doit être soigneusement considéré d'un point de vue éthique. Rappelons qu'un des objectifs du traitement de la MA (la seule démence aujourd'hui accessible à la recherche d'un traitement à visée physiopathologique) est précisément de retarder l'apparition de la perte d'autonomie, les principales causes de mortalité, chez ces patients, étant liées à la survenue de pathologies également associées à l'âge (affections cardio- ou cérébro-vasculaires, cancer) réduisant ainsi la durée de la phase de dépendance complète.

L'article de Caroline Hommet et al. fait écho tout à la fois à un champ de recherche en plein développement comme à une polémique familiale actuelle largement médiatisée, mais que tous les spécialistes ayant en charge des patients âgés connaissent bien : quels sont les facteurs qui déterminent les prises de décision chez ces sujets, notamment lorsqu'il existe un doute (ou une certitude) sur l'existence d'une diminution du fonctionnement intellectuel, bref sur la notion de compétence récemment évoquée dans la revue à propos du vote des patients déments ? Cet article nous montre que les mécanismes cognitifs de la prise de décision sont complexes, nous auront certainement l'occasion d'y revenir, mais il ne faut pas perdre de vue que la motivation des décisions est, avant tout, une question affective : quel rôle peut-on attribuer aux fonctions exécutives dans l'affection qu'un patient porte à une personne ? Le sujet, même dément, n'aurait-il plus le droit d'aimer et de témoigner sa reconnaissance à la personne qui lui apporte le plus d'affection ?

L'article d'Ambre Piquard et al. souligne combien il est difficile d'évaluer certaines fonctions cognitives complexes comme les fonctions exécutives, en particulier dans la vie quotidienne. Il ne faudrait pas oublier que certains concepts de la psychologie cognitive, qui paraissent aujourd'hui bien établis (comme ceux de représentation, de fonctions exécutives, de ressources ou de réserve cognitives), sont des outils de pensée très utiles à la recherche, mais dont la réalité matérielle reste floue sinon hypothétique.


 

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