Accueil > Revues > Médecine > Psychologie & NeuroPsychiatrie du Vieillissement > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
- Numéro en cours
- Archives
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Démence et interventions non médicamenteuses : revue critique, bilan et perspectives


Psychologie & NeuroPsychiatrie du vieillissement. Volume 4, Numéro 2, 135-44, Juin 2006, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Pascale Dorenlot , Fondation Médéric Alzheimer, Pôle Études, Paris.

Résumé : Les interventions non médicamenteuses auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de maladies apparentées sont un domaine de recherche en développement. Si le nombre d’essais prospectifs randomisés, la taille des échantillons, la précision des protocoles sont des aspects qui, aujourd’hui, ne confèrent qu’une portée limitée à certains types d’interventions, un certain nombre de pistes particulièrement prometteuses peuvent néanmoins être identifiées. Se dégagent ainsi, parmi les interventions cognitives, la réhabilitation cognitive individualisée \; parmi les interventions qui visent l’affect, les thérapies de réminiscence (incluant les aidants familiaux et le personnel d’accompagnement) \; parmi les interventions destinées aux aidants familiaux, celles qui proposent en parallèle une intervention aux personnes malades. Parmi les interventions environnementales et comportementales, les thérapies comportementales s’adressant aux aidants familiaux apparaissent notamment efficaces pour le traitement de la dépression, ainsi que certaines stratégies d’adaptation proposées aux aidants professionnels pour la prévention de troubles du comportement dans des situations de soin précises (toilette). Les impacts de l’environnement physique et de différentes formes de stimulation sensorielle apparaissent comme des stratégies prometteuses, qui mériteraient le développement d’essais prospectifs randomisés plus nombreux et plus précis.

Mots-clés : maladie d’Alzheimer, démence, intervention non médicamenteuse, réhabilitation cognitive, réminiscence, environnement, thérapie comportementale, stimulation sensorielle, aidant familial, essai prospectif randomisé

ARTICLE

Auteur(s) : Pascale Dorenlot

Fondation Médéric Alzheimer, Pôle Études, Paris

Les interventions non médicamenteuses mises en œuvre auprès de personnes atteintes de pathologies démentielles recouvrent des approches hétéroclites. Quatre grandes catégories d’interventions peuvent être définies : les interventions qui visent une amélioration des capacités cognitives des personnes atteintes par la sollicitation et l’entraînement de ces dernières, celles qui visent, dans une perspective psychodynamique, une amélioration de leur affect, celles qui, par une modification de l’environnement physique et humain (évitement d’éléments perturbants/enrichissement par des éléments stimulants/adaptation du comportement du personnel soignant) visent une meilleure adaptation à leur état, enfin celles qui visent, principalement, un accompagnement et une formation des aidants familiaux.Cette synthèse propose un bilan des évaluations menées à ce jour dans ces différents domaines d’intervention, afin d’en faire ressortir :
  • 1) les problèmes méthodologiques et enjeux de recherche généraux, communs aux différents types d’approches (définition des populations étudiées, clarification des objectifs des interventions, développement de critères de jugement adaptés, etc.) ;
  • 2) les types d’intervention qui, dans chacun de ces quatre domaines, apparaissent à ce jour comme les plus prometteurs, et les enjeux de recherche spécifiques qu’ils soulèvent ;
  • 3) enfin, dans chacun de ces quatre domaines, les éléments peu explorés qui mériteraient le développement de travaux scientifiques.
Nous n’avons pas tenu à sélectionner un certain nombre d’approches a priori, par exemple celles qui, comme les interventions cognitives, sont fondées sur un socle de connaissances relativement bien défini, au détriment d’autres, comme les approches environnementales globales ou les interventions de stimulation sensorielle qui ne comptent à ce jour qu’un nombre limité d’évaluations.Un tel survol reste bien évidemment parcellaire. Il ne permet ni de rentrer dans le détail de chaque intervention, ni de rendre compte de la totalité des interventions mises en œuvre sur le terrain, puisque seules un certain nombre d’entre elles ont fait l’objet à ce jour d’essais publiés.Nous espérons néanmoins que cette synthèse permettra de contribuer à une réflexion générale sur les moyens d’améliorer l’accumulation d’évidence dans ce domaine de recherche, qui reste aujourd’hui, face à l’efficacité limitée des thérapies médicamenteuses, un des axes essentiels d’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de démence et de leurs proches.

Enjeux généraux

Depuis une dizaine d’années, on assiste à un développement d’études visant à évaluer des interventions non médicamenteuses auprès de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. En termes d’effets significatifs démontrés dans des essais prospectifs randomisés, la somme de ces travaux offre, à ce jour, des résultats relativement modestes. Cette portée limitée apparaît souvent en contradiction avec la perception qu’ont les équipes, les proches et les personnes malades elles-mêmes de ces interventions. Ce hiatus est important à souligner. Il met en évidence, à notre sens, un certain nombre de limites dans la façon dont les évaluations sont menées, et incite à adapter et perfectionner les protocoles développés dans ce cadre.

La majorité des travaux actuels se caractérisent en effet par les aspects suivants :

  • un manque de précision quant aux caractéristiques des personnes malades mises à contribution dans les essais. En particulier, le type de pathologie démentielle dont elles sont atteintes n’est souvent pas spécifié. Sont regroupés sous le terme de démence des sujets atteints vraisemblablement de pathologies diverses (maladie d’Alzheimer, démence fronto-temporale, démence vasculaire, démence à corps de Lewy…). Ces différences ne sont pas toujours prises en compte dans les évaluations, voire même souvent non connues des évaluateurs. De même, le stade d’évolution, les médications, l’âge des sujets recrutés dans les essais ne sont pas toujours recensés et pris en compte dans l’évaluation des résultats ;
  • un manque de fondements théoriques sur lesquels les interventions évaluées prennent appui ;
  • une absence de clarté quant aux objectifs de certains essais évalués ;
  • une inadéquation fréquente entre l’objectif de l’intervention et les critères de jugement utilisés. On constate notamment une sur-utilisation des critères d’ordre cognitif, y compris dans des essais qui ne visent pas principalement l’amélioration des fonctions cognitives. Il apparaît nécessaire d’utiliser, voire de développer et de valider des instruments de mesure plus adaptés aux objectifs des essais (échelles de dépression, de qualité de vie, échelles écologiques individualisées, échelles mesurant les symptômes comportementaux, la densité des interactions verbales ou sociales, etc.) ;
  • une hétérogénéité des interventions portant un même label ;
  • un manque d’identification des aspects clés d’une intervention, responsables des effets testés, qui permettrait leur reproductibilité (aspect lié au manque de connaissances fondamentales) ;
  • une difficulté à développer des évaluations standardisées portant sur des interventions complexes (notamment environnementales), qui explique le nombre plus important d’essais portant sur les interventions les plus facilement standardisables (stimulation cognitive, programme psycho-éducatif à l’attention d’aidants familiaux).

Il n’en demeure pas moins que, au-delà de ces faiblesses méthodologiques et scientifiques multiples, les travaux effectués dans ce domaine offrent un certain nombre de résultats et de pistes de travail prometteuses.

Afin de prendre en compte l’ensemble des approches non médicamenteuses développées pour les personnes atteintes de pathologies démentielles, nous privilégions ici, de manière identique au choix sémantique effectué dans les pays anglo-saxons, le terme d’« intervention » plutôt que de « thérapie » non médicamenteuse [1, 2].

Les interventions qui visent la cognition

Ces interventions sont celles qui, parmi les approches non médicamenteuses, ont donné lieu aux évaluations les plus nombreuses. Elles visent une stabilisation, voire une amélioration de certaines fonctions cognitives, en particulier de la mémoire et de l’orientation spatio-temporelle, par un entraînement et des sollicitations répétées, ainsi que l’acquisition de nouvelles stratégies cognitives. La plupart d’entre elles fonctionnent sur la base de séances de groupes hebdomadaires ou bi-hebdomadaires. Elles comprennent essentiellement trois types d’interventions : les interventions de stimulation cognitive non spécifiques, les interventions d’orientation dans la réalité (ou de rééducation de l’orientation) et les interventions de réhabilitation (ou revalidation) cognitive.

Au cours des dix dernières années, ces interventions ont connu une évolution notable [3]. Les interventions dites de stimulation cognitive et d’orientation dans la réalité non spécifiques ont connu une perte de faveur progressive, notamment en raison d’un mode d’application jugé par certains de leurs promoteurs comme trop rigide [4]. En effet, dans un certain nombre d’interventions standardisées, visant l’amélioration de certaines fonctions cognitives, notamment de l’attention, de la fluence verbale, de la mémoire, par la répétition d’exercices dépouillés de contexte, il n’est tenu compte, ni de l’hétérogénéité des déficits cognitifs d’une personne malade à l’autre, ni de l’individualité de ses besoins. La personne malade, réduite à un état de « récepteur passif », dans un contexte imposé de « confrontation à la réalité », risque une mise en échec répétée [5]. Clare [6] souligne de plus que lorsque des effets positifs sont obtenus au cours d’une séance de stimulation cognitive non spécifique, ceux-ci ne sont pas nécessairement transférables dans le quotidien et n’impliquent donc pas forcément une amélioration significative du point de vue clinique.

Les interventions visant plus spécifiquement une rééducation de l’orientation (reality orientation therapy) ont connu une évolution similaire. Elles sont proposées soit en continu (rappels systématiques d’informations visant l’orientation spatio-temporelle, l’identité et les fonctions des personnes qui encadrent les résidents, signalisations, etc.), soit en séances ponctuelles (exercices de répétitions verbales à partir d’informations sur le lieu, l’identité des participants, le déroulé de la journée, etc.). Holden et Woods [7] insistent sur le fait qu’elles doivent être mises en œuvre, de même, dans une approche individualisée et centrée sur la personne. Les éléments visant le soutien de l’orientation spatio-temporelle doivent être proposés en faisant appel aux émotions qu’ils suscitent chez chaque individu.

On note ainsi une inflexion des approches cognitives, de la stimulation et de l’orientation spatio-temporelle non spécifiques, vers la troisième forme d’intervention, dite de réhabilitation (ou revalidation) cognitive [8, 9]. Ce dernier terme désigne une intervention visant à fournir des aides à la mémorisation face à des problèmes concrets définis, au préalable, par chaque personne malade et destinée à lui permettre de continuer à s’investir dans les activités qu’elle préconise. Les stratégies de mémorisation développées sur la base de ces objectifs concrets et individualisés, identifiés de concert avec la personne malade et éventuellement ses proches, s’appuient essentiellement sur la mémoire implicite. La méthode de récupération espacée (qui consiste à demander à la personne malade de retrouver l’information dans sa mémoire après un délai de plus en plus long) est utilisée, en particulier, dans un contexte d’apprentissage sans erreur (minimisation du risque d’erreur lors de l’apprentissage de nouvelles informations et compétences, par la mise à disposition d’indices et l’usage de choix forcés) [10]. Il convient de souligner que les séances de mémorisation ne constituent par ailleurs que l’un des axes d’une intervention plus globale s’appuyant également sur d’autres approches thérapeutiques (réminiscence, travail sur l’estime de soi, techniques de relaxation) et mettant à profit le soutien psychosocial généré par l’expérience de groupe [3]. Ces interventions cognitives de nouvelle génération ne visent plus, simplement, une amélioration des facultés cognitives. La mémoire est sollicitée dans le cadre d’une prise en charge globale. Les exercices de mémoire mis en œuvre visent à faciliter les interactions sociales que la personne malade aura désignées comme essentielles pour un maintien de son intégration et de sa qualité de vie.

Les évaluations des interventions effectuées viennent conforter cette inflexion. Spector et al. [4] présentent une méta-analyse dans laquelle les six études retenues, consacrées à des interventions d’orientation dans la réalité, rassemblant 125 individus atteints de démence1, montrent un effet significatif en termes d’amélioration de la cognition et de symptômes comportementaux. Sur la base de cette première revue, Spector et al. [11] ont développé une intervention conçue à partir des caractéristiques des programmes ayant montré les résultats les plus significatifs. Cette intervention propose des éléments d’orientation dans la réalité, mais dans une approche résolument « centrée sur la personne », c’est-à-dire favorisant l’apprentissage implicite, la répétition d’informations identifiées au préalable comme essentielles aux personnes malades, et dans une relation thérapeutique qui instaure une reconnaissance de leur vie émotionnelle et s’appuie sur celle-ci. Elle est couplée de séances dites de réminiscence. Testée dans une vaste étude randomisée comprenant 201 sujets atteints de démence (selon les critères du DSM-IV) dans 23 établissements, cette intervention a montré, par rapport au groupe contrôle, une amélioration significative des fonctions cognitives (amélioration de 0,9 point au MMSE et de 1,9 point à l’Adas-Cog), d’un niveau équivalent à celles rapportées dans les études d’évaluation de l’effet d’anticholinestérasiques. Plus encore, cette intervention montre un effet d’amélioration de la qualité de vie (mesurée à partir de l’échelle de qualité de vie QoL-AD utilisée directement auprès des personnes malades), en comparaison du groupe contrôle.

Dans le même esprit, à l’issue d’une méta-analyse effectuée sur 6 études randomisées de stimulation cognitive, Clare et al. [12] font valoir l’absence d’effets significatifs de ces séances et la nécessité de tester de manière dissociée et spécifique les approches de réhabilitation cognitive individualisée. Un tel projet est actuellement en cours.

Outre la nécessité de développer davantage d’études prospectives randomisées pour une meilleure évaluation des interventions dites de réhabilitation cognitive, précisant notamment les contenus des programmes les plus efficaces et les conditions du maintien de leur effet dans la durée, apparaît le besoin d’un développement de recherches théoriques afin de mieux comprendre les liens entre, par exemple, l’approche clinique par la réminiscence et l’approche cognitive de la mémoire autobiographique, ainsi que la sollicitation effective d’autres fonctions cognitives chez les personnes malades lorsque le contexte de prise en charge est plus individualisé. Un autre aspect peu abordé concrètement est l’étude de la variabilité de l’effet de ces interventions selon les différents types de démence.

Les interventions qui visent l’affect

Un certain nombre d’interventions, très hétéroclites quant à leurs fondements théoriques, leurs objectifs et leurs critères de jugement, peuvent être réunies parce qu’elles s’articulent, en priorité, autour d’un travail sur la vie émotionnelle des personnes atteintes.

Les plus anciennes de ces interventions sont les thérapies dites de réminiscence et de validation. La réminiscence se présente, en général, sous la forme de séances en petits groupes, au cours desquelles des souvenirs anciens, autobiographiques, de chacun des participants sont évoqués, divers médias (photographies, objets, musiques) servant à stimuler l’évocation du passé. De plus en plus, les interventions de ce type faisant l’objet d’essais randomisés proposent des interventions auxquelles les aidants familiaux et les membres de l’équipe de soin (lorsque les personnes sont institutionnalisées) sont associés.

Woods et al. [13] ont proposé une méta-analyse des évaluations de thérapies dites de réminiscence. Quatre études ont été retenues. Cette méta-analyse, effectuée auprès de personnes présentant des démences (d’étiologies diverses ou non spécifiées), situées en majorité à des stades d’évolution modérés à sévères, montre un effet significatif des séances de réminiscence en comparaison d’un groupe contrôle et d’un groupe exposé à du simple contact social. Bien que de format modeste, ces essais montrent une amélioration significative de la cognition et de la symptomatologie dépressive des personnes malades, de même qu’une réduction de leurs symptômes comportementaux (durant la durée de l’intervention). En outre, les auteurs constatent une réduction significative de la détresse psychique des aidants familiaux et une meilleure connaissance de l’histoire de vie des personnes malades par le personnel. Ces deux derniers aspects nous paraissent importants, au sens où ils sont susceptibles de contribuer pour une part notable aux résultats atteints auprès des personnes malades, notamment en termes comportementaux. Au vu de ces résultats prometteurs, les auteurs soulignent la nécessité de développer des études prospectives randomisées portant sur des programmes de réminiscence plus homogènes et dont les conditions de réalisation soient mieux cernées (notamment en ce qui concerne l’implication des aidants familiaux et du personnel soignant dans les séances), afin d’en évaluer de façon plus précise les effets.

Les approches dites de validation [14], qui visent à discerner, reconnaître et répondre aux émotions que la personne malade exprime, ont été évaluées par Neal et Briggs [15]. Dans cette méta-analyse, seuls trois essais ont pu être retenus, portant sur un ensemble de 116 personnes malades, les interventions de validation ayant été proposées sous forme de séances de groupe. Les résultats de cette revue sont mitigés. Outre une tendance à l’amélioration de la symptomatologie dépressive, aucun effet significatif n’a été noté. Il est possible que ce type d’approche, qui propose un mode de relation et de communication nouveau entre la personne malade et l’accompagnant, ne produise d’effets notables que lorsqu’il est appliqué de manière plus continue ou dans un contexte qui, de façon générale, vise à promouvoir un autre type de relation de soin.

Plus récemment, à la faveur du développement d’un diagnostic plus précoce et de l’émergence, parmi les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, d’un groupe de personnes encore conscientes d’une grande partie des difficultés qu’elles rencontrent [9], des approches de psychothérapie individuelle ont fait l’objet de tentatives d’application. Burns et al. [16] proposent le seul essai randomisé existant à notre connaissance pour ce type d’approche. Six séances de psychothérapie individuelle, visant à favoriser une adaptation à la maladie et à soutenir le maintien des relations sociales, notamment avec les plus proches, ont été proposées à des personnes situées à un stade précoce à modéré de maladie d’Alzheimer, complétées par des séances de résolution de problèmes à l’attention des aidants. Aucun effet significatif n’a été constaté en termes de cognition, de symptomatologie dépressive ou d’activités de la vie quotidienne chez les personnes malades, de même qu’en termes de santé subjective et symptomatologie dépressive chez les aidants familiaux. Outre la durée très limitée de cette intervention, ces résultats s’expliquent sans doute également par une inadéquation des échelles de mesure utilisées (une échelle de qualité de vie ou de mesure des interactions sociales serait sans doute plus en adéquation avec ses objectifs et ses effets probables). Plus fondamentalement, on peut s’interroger sur la pertinence d’une approche psychothérapeutique visant l’adaptation à un état, alors même que l’angoisse et le déni des personnes malades renvoient au caractère évolutif de la maladie. D’autres types d’interventions (notamment les groupes de parole et de socialisation proposés sur une plus longue durée) sont peut-être davantage susceptibles de répondre aux besoins émotionnels des personnes après le diagnostic. À notre connaissance, leur évaluation n’a pas encore été développée dans le cadre d’essais prospectifs randomisés [17].

Les interventions qui visent l’environnement

Une série d’interventions vise à adapter l’environnement, tant physique qu’humain, aux besoins ou caractéristiques des personnes atteintes de démence. Les objectifs et critères de jugement employés dans ce type d’interventions sont très divers. Cette approche a été mise en œuvre de façon globale (mise en place d’un environnement intégré comme dans les Cantous en France, les Domus au Royaume-Uni, les Group livings en Suède ou la Milieutherapie en Allemagne), ou de façon plus focalisée, pour l’amélioration d’un symptôme particulier (déambulation, agitation, incontinence urinaire…), par le biais de thérapies comportementales ou par des séances de formation du personnel soignant à l’approche environnementale.

Concernant l’approche environnementale globale, deux études mettent en évidence un effet significatif de leur mise en œuvre. Dean et al. [18] rapportent une amélioration des fonctions cognitives, des capacités fonctionnelles, de la communication chez des personnes atteintes de démence et intégrées à une unité de type Domus2, en comparaison d’un groupe résidant dans un long séjour hospitalier. Dans le même sens, Annerstedt et al. [19] montrent, à 6 mois, une amélioration de la cognition et de l’humeur de résidents transférés dans un group living en comparaison de personnes atteintes de démence (maladie d’Alzheimer et démence vasculaire) restées en milieu institutionnel non spécifique. À un an, les deux groupes présentent un déclin sur ces deux dimensions, mais qui apparaît moindre dans le groupe résidant en group living. Cette évaluation a été effectuée à partir de l’Organic brain syndrome scale (OBS), qui mesure notamment les états de confusion, la désorientation, la conscience de sa propre identité, l’état émotionnel et les troubles du comportement. Les capacités fonctionnelles ont été mesurées à l’aide de l’échelle de Katz. Les deux groupes de personnes suivis ont été randomisés selon l’âge, le type de démence (maladie d’Alzheimer et démences vasculaires seulement) et le stade d’évolution. Annerstedt souligne que l’effet de l’intégration au group living est différent selon que les personnes sont atteintes de démence vasculaire ou d’une maladie d’Alzheimer. Ainsi, ce sont les patients atteints de démence vasculaire qui présentent l’amélioration la plus marquée en termes de praxies et d’orientation spatiale lorsqu’ils sont intégrés au group living. Chez les personnes atteintes d’une maladie d’Alzheimer, l’impact de l’intégration au group living est surtout manifeste en termes d’amélioration de l’humeur (dépression et anxiété). L’auteur souligne également que le bénéfice de l’intégration à un tel type d’environnement est optimal à un certain stade d’évolution, lorsque les personnes sont encore mobiles.

Soulignons que les évaluations portant sur des projets environnementaux globaux restent difficilement interprétables et reproductibles, étant donné que les éléments clés concourant le plus aux effets constatés ne sont pas clairement identifiés. Dans les études d’Annerstedt sur les group living, l’échelle environnementale TESS a été utilisée. Mais outre les modifications de l’environnement physique (petites unités, objets familiers favorisant l’orientation et le sentiment de sécurité, proximité et bonne visibilité des éléments fonctionnels, proximité d’autrui, etc.), l’effet positif décrit est vraisemblablement également redevable d’une modification de la perspective du personnel travaillant en group living et qui a mené en partie les observations des résidents.

Des interventions environnementales plus focalisées ont également été évaluées. Les thérapies comportementales, développées en particulier par l’équipe de Teri, visent une adaptation de l’environnement humain, en première ligne des aidants familiaux, à des symptômes particuliers des personnes atteintes de démence. Teri et al. [20] montrent ainsi dans une étude prospective randomisée menée auprès de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, une amélioration significative, par rapport au groupe contrôle, de la symptomatologie dépressive (à partir de deux échelles d’hétéro-évaluation, la Cornell scale for depression in dementia et la Hamilton depression rating scale), de même que de la détresse psychique des aidants familiaux, dans des groupes (patients et aidants familiaux) exposés à une intervention visant spécifiquement la résolution de problème et la focalisation sur des activités plaisantes. Proctor et al. [21] rapportent une étude prospective randomisée effectuée à partir de 12 établissements auprès de personnes atteintes de démence, présentant avant l’intervention des symptômes comportementaux. Le recrutement a été effectué sur la base de la sélection, par le personnel de chaque établissement, des 10 résidents atteints de démence (type non spécifié) et présentant les troubles du comportement les plus difficiles à gérer selon le personnel. Ils montrent une amélioration significative à 6 mois de la symptomatologie dépressive et de la cognition des résidents, en comparaison des groupes contrôles. Dans le même esprit, Beck et al. [22] rapportent, dans une large étude effectuée dans 90 établissements auprès de résidents à un stade sévère de démence (type non spécifié), une intervention réussie de formation du personnel visant la résolution de problèmes et l’apprentissage de techniques d’augmentation de l’indépendance des résidents, notamment pour l’habillage (techniques de préparation à l’action ou prompting). Des études similaires ont de même montré une amélioration significative pour la prise des bains [23, 24] ou pour le réapprentissage de la continence urinaire [25]. Cette dernière étude, fondée sur la simple invitation, formulée par le personnel à intervalles réguliers, à utiliser les toilettes, a montré une amélioration tout à fait spectaculaire de la continence chez les résidents. De telles approches sont cependant souvent délaissées par le personnel après l’étude, qui préfère repasser à une gestion de l’incontinence plutôt que de poursuivre dans cette logique de prévention [26]. Ce dernier point invite à réfléchir également aux contraintes de travail et aux besoins de formation plus globaux du personnel en établissement pour assurer une mise en œuvre effective des interventions.

Une étude intéressante de Teri et al. [27] visant l’agitation a comparé, dans trois groupes de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer, un traitement par halopéridol, par trazodone et une intervention de formation du personnel à la résolution de problèmes comportementaux. Aucun de ces trois groupes n’a montré d’amélioration significative par rapport au groupe placebo. Les auteurs concluent à la nécessité du développement d’autres études pour mieux cerner l’efficacité des différents types d’intervention face aux problèmes d’agitation.

Assurément, l’approche environnementale nécessite, outre l’accumulation d’évaluations standardisées, le développement de travaux plus poussés qui interrogent, plus fondamentalement, les causes déclenchantes des problèmes de comportement liées à l’environnement, en lien avec d’autres facteurs (altérations cognitives, comorbidités somatiques, déficits sensoriels). Cohen-Mansfield a proposé à ce jour une des réflexions les plus poussées dans ce domaine. Elle montre notamment que les problèmes de comportement se manifestent dans les conditions environnementales suivantes : usage de contrainte physique, inactivité des résidents, résidents passant de nombreuses heures seuls, nombre de personnel peu élevé, pièces froides (notamment la nuit) [1, 28]. Concernant en particulier les hallucinations, elle souligne que celles-ci se manifestent davantage, tous types de démence confondus, chez les personnes qui ont des problèmes visuels et dont les sens ne sont pas stimulés. Elle souligne, de même, le rôle d’éléments modifiables (par exemple les miroirs) qui favorisent une interprétation incorrecte de l’environnement par la personne. Zeisel et al. [29] ont montré récemment, à partir de l’étude de 430 résidents issus de 15 unités de soins Alzheimer, une association négative significative entre le degré d’intimité et de personnalisation des environnements de soin et l’agitation ou l’agressivité des résidents (types de démence non spécifiés). De même, un taux de dépression plus élevé était associé à la présence de sorties non camouflées. Assurément, un fort potentiel d’amélioration de la qualité de vie des personnes malades et de leurs aidants réside dans une meilleure évaluation de l’impact de l’environnement. Le développement de travaux dans ce domaine bénéficierait de la mise en commun de connaissances plus précises sur les facteurs médicaux, psychologiques et environnementaux contribuant à des limitations fonctionnelles ou des symptômes comportementaux. Une étude distincte des effets selon le type de pathologie démentielle serait également susceptible d’offrir de meilleures pistes de compréhension des processus en jeu.

Enfin, un certain nombre de méta-analyses récentes visent à évaluer l’effet d’interventions de stimulation sensorielle, c’est-à-dire proposant un environnement enrichi aux personnes atteintes de démence.

Faute de qualité méthodologique, les cinq interventions de musicothérapie identifiées par Vink et al. [30] n’ont pu faire l’objet d’une évaluation globale. Dans un protocole faisant varier l’exposition à de la musique douce durant les déjeuners en salle collective, Goddaer et Abraham [31] ont observé une baisse significative des comportements d’agitation (verbale et physique) sur les résidents pendant les semaines où la musique était jouée. Aucun effet n’a en revanche été observé sur les comportements agressifs.

L’impact de l’aromathérapie a également fait l’objet d’une méta-analyse par Thorgrimsen et al. [32], mais seule une intervention [33] a pu être retenue. Cette dernière montre une baisse des symptômes comportementaux, en particulier de l’agitation, après application (par massage) d’huiles essentielles, sans que l’on sache si l’effet renvoie à la stimulation olfactive, tactile ou plus simplement à l’attention renforcée du personnel. Dans une revue portant sur trois essais randomisés, Burns et al. [34] ont montré un effet significatif des applications sur l’agitation.

Une revue de la littérature concernant les études de luminothérapie a été réalisée par Skjerve et al. [35]. Les 6 essais randomisés retenus montrent une amélioration significative des interventions (au reste très hétéroclites) sur certains troubles du sommeil et le rythme circadien.

Les interventions multi-sensorielles de type Snoezelen, alliant musique, stimulation tactile, visuelle et olfactive ont fait l’objet de deux méta-analyses [36, 37]. Toutes deux ne retiennent que deux essais randomisés, qui permettent de conclure à une diminution de l’apathie chez des résidents atteints de démence. Cet effet ne semble perdurer que sur la durée de l’intervention [38].

Assurément, ce domaine d’interventions apparaît prometteur et nécessite le développement d’essais plus nombreux. Notamment, il semble que l’effet des différents types de stimulation sensorielle utilisés soit sélectif et limité à un certain type de symptôme comportemental. Il serait intéressant que des évaluations futures permettent une plus grande précision des effets respectifs de ces différentes interventions. L’impact des interventions en fonction du type de démence, du stade d’évolution et d’autres caractéristiques environnementales mériterait d’être davantage analysé.

Les interventions qui visent les aidants familiaux

Les études portant sur des programmes d’interventions auprès d’aidants familiaux sont nombreuses. Dans leur méta-analyse de 2003, Brodaty et al. [39] ont sélectionné 30 études. Celles-ci montrent un effet significatif des interventions psycho-éducatives sur la détresse psychique des aidants familiaux, de même qu’une institutionnalisation plus tardive dans 4 des 7 études ayant pris en compte ce dernier critère. Les auteurs se sont également attachés à identifier plus précisément les caractéristiques des programmes montrant les effets les plus significatifs. Ils soulignent notamment que les interventions à destination des aidants familiaux dans lesquelles les personnes atteintes de démence sont également directement intégrées semblent être plus efficaces que celles qui se limitent à une offre singulière aux aidants familiaux. À partir d’une autre revue de la littérature, Pusey et Richards [40] insistent pour leur part sur le fait que les interventions comprenant l’apprentissage de techniques de résolution de problèmes et de gestion comportementale semblent plus efficaces. Selon Woods [41], il est probable que la durée de l’aide informelle assurée influe également sur l’effet des programmes évalués. Il suggère que les interventions caractérisées par une forte composante de soutien social seraient sans doute plus efficaces pour des aidants « débutants » et les interventions présentant une dimension de résolution de problèmes plus effectives auprès d’aidants assurant depuis plus longtemps une fonction d’aide.

Conclusion

La brève revue de littérature proposée met en évidence un certain nombre de lacunes théoriques et de limites méthodologiques, mais elle ouvre également un certain nombre de perspectives prometteuses. On note ainsi par exemple le lien entre le soutien des fonctions cognitives et une approche psychosociale de la personne malade, qui semble bénéficier de manière réciproque aux deux dimensions, cognitive et psychologique [6, 12], en tout cas auprès de personnes situées à un stade précoce de démence. De même, les interventions de type environnemental visant une amélioration des symptômes de comportement ou des capacités fonctionnelles offrent des pistes intéressantes. Des travaux conjuguant de manière plus précise des facteurs liés aux altérations neurologiques, au vécu de la maladie et enfin aux caractéristiques environnementales permettraient de maximiser les effets bénéfiques d’une adaptation de l’environnement. Parmi les interventions qui visent l’affect, les thérapies de réminiscence (incluant les aidants familiaux et le personnel d’accompagnement) et parmi les interventions destinées aux aidants familiaux, celles qui proposent en parallèle une intervention aux personnes malades, font valoir, pour leur part, l’intérêt d’une approche qui intègre une adaptation relationnelle de ceux (aidants, soignants) qui côtoient les personnes malades au quotidien.

L’impact de l’environnement physique et différentes formes de stimulation sensorielle apparaissent comme des stratégies prometteuses, qui mériteraient le développement d’essais prospectifs randomisés plus nombreux et plus précis.

Des projets ambitieux sont en cours. Ainsi, par exemple, le réseau européen Interdem, qui regroupe une trentaine d’équipes de recherche, vise à favoriser, par une harmonisation du contenu, des critères de jugement, des instruments de mesure utilisés dans l’évaluation d’un certain nombre d’interventions non médicamenteuses, le développement d’essais randomisés de taille plus importante. Certains membres de ce réseau sont responsables des méta-analyses d’interventions non médicamenteuses auprès de personnes atteintes de démence proposées régulièrement par la Cochrane Library.

À partir des indices que constituent les quelques éléments clés identifiés comme susceptibles d’avoir un impact particulièrement efficace, il reste à espérer que des travaux futurs permettront d’aboutir à une offre plus intégrée d’interventions incluant d’ailleurs, lorsque c’est indiqué, les traitements médicamenteux, susceptible de répondre aux besoins de soutien cognitif, psychologique, social et environnemental des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer et apparentées, et ce de manière adaptée à chaque stade de la maladie. C’est dans cette perspective que nous nous rapprocherons un peu plus du défi que constitue, pour l’instant, l’adaptation du modèle du handicap à des pathologies dont la caractéristique principale reste l’altération cognitive évolutive, pour une optimisation de la qualité de vie des personnes atteintes et de leurs proches.

Remerciements

Je remercie Linda Clare, Jiska Cohen-Mansfield, Bob Woods, Esme Moniz-Cook et John Zeisel pour leurs commentaires et les informations complémentaires transmises, qui ont permis d’enrichir de manière notable ce texte.

Références

1 Cohen-Mansfield J, Mintzer JE. Time for change : the role of non pharmacological interventions in treating behavior problems in nursing home residents with dementia. Alzheimer Dis Assoc Disord 2005 ; 19 : 37-40.

2 Woods B. Non-pharmacological interventions in dementia. Adv Psychiatr Treat 2004 ; 10 : 178-9.

3 Pradelli S. La réhabilitation cognitive aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer. Cahiers de la Fondation Médéric Alzheimer 2005 ; 1 : 116-20.

4 Spector A, Orrell M, Davies S, Woods B. Can reality orientation be rehabilitated? Development and piloting of an evidence-based programme of cognition-based therapies for people with dementia. Neuropsychol Rehabil 2001 ; 11 : 377-97.

5 Woodrow P. Intervention for confusion and dementia. 2. Reality orientation. Br J Nurs 1998 ; 7 : 1018-20.

6 Clare L. Cognitive rehabilitation for people with early stage dementia. In : Marshall MT, ed. Perspectives on rehabilitation and dementia. Londres : Jessica Kingsley, 2004 : 180-6.

7 Holden UP, Woods RT. Positive approaches to dementia care. 3rd edition. Edinburgh : Churchill Livingstone, 1995.

8 Clare L, Woods B. Editorial : a role for cognitive rehabilitation in dementia care. Neuropsychol Rehabil 2001 ; 11 : 193-6.

9 Clare L. La question de la conscience des troubles au stade précoce. Cahiers de la Fondation Médéric Alzheimer 2005 ; 1 : 121-31.

10 Clare L, Wilson BA, Breen K, Hodges JR. Errorless learning of face-name associations in early Alzheimer’s disease. Neurocase 1999 ; 5 : 37-46.

11 Spector A, Thorgrimsen L, Woods B, Royan L, Davies S, Butterworth M, et al. Efficacy of an evidence-based cognitive stimulation therapy programme for people with dementia : randomised controlled trial. Br J Psychiatry 2003 ; 183 : 248-54.

12 Clare L, Woods RT, Moniz-Cook ED, Orrell M, Spector A. Cognitive rehabilitation and cognitive training for early-stage Alzheimer’s disease and vascular dementia. Cochrane Database Syst Rev 2003 ; 4 ; (CD003260).

13 Woods R, Spector A, Jones C, Orrell M, Davies S. Reminiscence therapy for dementia. Cochrane Database Syst Rev 2005 ; 2 ; (CD001120).

14 Feil N. The validation breakthrough : simple techniques for communicating with people with “Alzheimer’s type dementia”. Baltimore : Health Professions Press, 1993.

15 Neal M, Briggs M. Validation therapy for dementia. Cochrane Database Syst Rev 2003 ; 3 ; (CD001394).

16 Burns A, Guthrie E, Marino-Francis F, Busby C, Morris J, Russell E, et al. Brief psychotherapy in Alzheimer’s disease : randomised controlled trial. Br J Psychiatry 2005 ; 187 : 143-7.

17 Sarre A, Bird M, Caldwell T. “Living with memory loss” : évaluation d’une expérience nationale de groupes de soutien en Australie. Cahiers de la Fondation Médéric Alzheimer 2005 ; 1 : 55-67.

18 Dean R, Briggs K, Lindesay J. The domus philosophy : a prospective evaluation of two residential units for the elderly mentally ill. Int J Geriatr Psychiatry 1993 ; 8 : 807-17.

19 Annerstedt L, Gustafson L, Nilsson K. Medical outcome of psychosocial intervention in demented patients : one-year clinical follow-up after relocation into group living units. Int J Geriatr Psychiatry 1993 ; 8 : 833-41.

20 Teri L, Logsdon RG, Uomoto J, McCurry SM. Behavioral treatment of depression in dementia patients : a controlled clinical trial. J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci 1997 ; 52 : 159-66.

21 Proctor R, Burns A, Powell HS, Tarrier N, Faragher B, Richardson G, et al. Behavioural management in nursing and residential homes : a randomised controlled trial. Lancet 1999 ; 354 : 26-9.

22 Beck C, Heacock P, Mercer SO, Walls RC. Improving dressing behavior in cognitively impaired nursing home residents. Nurs Res 1997 ; 46 : 126-32.

23 Sloane PD, Lindeman DA, Phillips C, Moritz DJ, Koch G. Evaluating Alzheimer’s special care units : reviewing the evidence and identifying potential sources of study bias. Gerontologist 1995 ; 35 : 103-11.

24 Burgio L. Interventions for behavioral complications of Alzheimer’s disease : behavioral approaches. Int Psychogeriatr 1996 ; 8(Suppl. 1) : 45-52.

25 Doody RS, Stevens JC, Beck C, Dubinsky RM, Kaye JA, Gwyther L, et al. Practice parameter : management of dementia (an evidence-based review). Report of the quality standards subcommittee of the American academy of neurology. Neurology 2001 ; 56 : 1154-66.

26 Schnelle JF, Ouslander JG, Simmons SF, Alessi CA, Gravel MD. The nighttime environment, incontinence care, and sleep disruption in nursing homes. J Am Geriatr Soc 1993 ; 41 : 910-4.

27 Teri L, Logsdon RG, Peskind E, Raskind M, Weiner MF, Tractenberg RE, et al. Alzheimer’s disease cooperative study. Treatment of agitation in AD : a randomized, placebo-controlled clinical trial. Neurology 2000 ; 55 : 1271-8.

28 Cohen-Mansfield J. Nonpharmacologic interventions for inappropriate behaviours in dementia : a review, summary and critique. Am J Geriatr Psychiatry 2001 ; 9 : 361-81.

29 Zeisel J, Silverstein NM, Hyde J, Levkoff S, Lawton MP, Holmes W. Environmental correlates to behavioral health outcomes in Alzheimer’s special care units. Gerontologist 2003 ; 43 : 697-711.

30 Vink AC, Birks JS, Bruinsma MS, Scholten RJ. Music therapy for people with dementia. Cochrane Database Syst Rev 2004 ; 3 ; (CD003477).

31 Goddaer J, Abraham IL. Effects of relaxing music on agitation during meals among nursing home residents with severe cognitive impairment. Arch Psychiatr Nurs 1994 ; 8 : 150-8.

32 Thorgrimsen L, Spector A, Wiles A, Orrell M. Aroma therapy for dementia. Cochrane Database Syst Rev 2003 ; 3 ; (CD003150).

33 Ballard CG, O’Brien JT, Reichelt K, Perry EK. Aromatherapy as a safe and effective treatment for the management of agitation in severe dementia : the results of a double-blind, placebo-controlled trial with Melissa. J Clin Psychiatry 2002 ; 63 : 553-8.

34 Burns A, Byrne J, Ballard C, Holmes C. Sensory stimulation in dementia. BMJ 2002 ; 325 : 1312-3.

35 Skjerve A, Bjorvatn B, Holsten F. Light therapy for behavioural and psychological symptoms of dementia. Int J Geriatr Psychiatry 2004 ; 19 : 516-22.

36 Chung JC, Lai CK, Chung PM, French HP. Snoezelen for dementia. Cochrane Database Syst Rev 2002 ; 4 ; (CD003152).

37 Verkaik R, van Weert JC, Francke AL. The effects of psychosocial methods on depressed, aggressive and apathetic behaviors of people with dementia : a systematic review. Int J Geriatr Psychiatry 2005 ; 20 : 301-14.

38 Baker R, Bell S, Baker E, Gibson S, Holloway J, Pearce R, et al. A randomized controlled trial of the effects of multi-sensory stimulation (MSS) for people with dementia. Br J Clin Psychol 2001 ; 40 : 81-96.

39 Brodaty H, Green A, Koschera A. Meta-analysis of psychosocial interventions for caregivers of people with dementia. J Am Geriatr Soc 2003 ; 51 : 657-64.

40 Pusey H, Richards D. A systematic review of the effectiveness of psychosocial interventions for carers of people with dementia. Aging Ment Health 2001 ; 5 : 107-19.

41 Woods B, Roth A. Effectiveness of psychological interventions for older people. In : Roth A, Fonagy P, eds. What works for whom : a critical review of psychotherapy research. New York : Guilford, 2005 : 425-46.

2 Les Domus promeuvent une participation active des résidents pour le maintien de leur indépendance, la compensation maximale de leurs déficiences par une adaptation environnementale et l’amélioration des relations avec l’équipe de soin, par la promotion d’un espace de vie qui réponde tant aux besoins des personnes malades que de l’équipe.1 Les sujets inclus présentaient une démence selon les critères du DSM-IV, sans que le type exact de démence soit spécifié.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]